Pontormo

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Pontormo
Illustration du De Vite de Vasari

Jacopo Carucci (Pontorme, près d'Empoli, 24 mai 1494 - Florence, 2 janvier 1557), connu sous le nom de Jacopo da Pontormo, ou plus simplement le Pontormo, est un peintre italien de l'école florentine et l'un des représentants les plus importants du mouvement maniériste dans la peinture du XVIe siècle.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jacopo Carrucci est fils d'un peintre du nom Bartolomeo di Jacopo di Martino Carrucci et de Alessandra di Pasquale di Zanobi. Il est orphelin à 10 ans. Il est envoyé à Florence, où il passera le reste de sa vie. En 1511, il entre dans l'atelier d'Andrea del Sarto, puis dans celui de Léonard de Vinci et de Piero di Cosimo. Il n'y reste que quelques années et par la suite (1514 -1516) il va s'inspirer surtout du style d'Andrea del Sarto, dont il imite tout d'abord le style narratif et les rythmes bien ordonnés.

Portrait de Cosme de Medicis
1518, Musée des Offices

Il fut peintre à la cour du duc Cosme de Médicis dont il fit le portrait en 1518, et décore pour lui la grande salle de la villa de Poggio a Caiano.

Dans la La pinacothèque (installée dans le grand réfectoire du palais) de la chartreuse de Galluzzo, il peint cinq fresques des Scènes de la Passion extraites du grand Cloître (1523-1525) pendant son séjour à la Certosa pour échapper à l'épidémie de peste qui sévissait à Florence.

De 1525 jusqu'à 1528, il a travaillé à la décoration de la chapelle Barbadori (ou Capponi), dans l'Église Santa Felicita (Florence). Elle fut conçue par Filippo Brunelleschi au XIVème siècle, mais la décoration fut confiée à Pontormo par Ludovico Di Gino Capponi. La peinture de la voûte a disparu mais on peut toujours voir Les Quatre Évangélistes dans les pendentifs et deux de ses plus grands chefs-d'œuvre  : La Vierge et l’archange Gabriel sur le mur de côté et le retable de La Déposition au-dessus de l'autel. Ce dernier, enserré dans sa belle gloire dorée, avec ses dimensions surréalistes de corps allongés et empêtrés et sa gamme de couleurs irisées, constitue une des œuvres les plus importantes des débuts du maniérisme.

Il est réputé pour ses poses contorsionnées, ses perspectives forcées, ses couleurs acides et stylisées, ses personnages aux yeux écarquillés et aux expressions inquiètes.
Le siège de Florence par les armées impériales en 1529 et la mort d'Andrea del Sarto l'année suivante, interompent la phase expressive de sa vie et Pontormo sombre dans un profond désespoir qu'il avait jusque là réussi à contenir. Il s'engage dans une entreprise titanesque commandée par les Médicis : la décoration de l'abside de l'église de san Lorenzo. Ces fresques dont on ne connait que les cartons préparatoires ont complètement disparu.
C'est dans le domaine du portrait qu'il aboutit à des résultats heureux et drables. Figés dans de sposes, ses personnages se détachent sur un fond fermé, "sans issu" et les couleurs métalliques, parfois éblouissantes, transforment les figures en images d'elle-mêmes[1]. Pendant les deux dernières années de sa vie (de mars 1554 à novembre 1556) il rédige un énigmatique journal[2] qui mêle notes sur son alimentation, sa santé, sa vie publique et sur l'avancée des travaux des fresques[3] pour le chœur de la basilique San Lorenzo de Florence.

Bronzino fut son élève.

Joseph en Égypte (1517-1618)
Londres, The National Gallery
Saint Jean l'évangéliste, v. 1525
fresque de la chapelle Capponi
Église Santa Felicita (Florence)

Œuvres[modifier | modifier le code]

La Visitation, 1528-1529
Presbytère de Carmignano
  • Chartreuse de Galluzzo (pinacothèque), 1523-1525
    • Prière dans le jardin des oliviers
    • Jésus devant Pilate
    • Montée au Calvaire
    • Déposition de croix
    • Résurrection
  • Les Quatre évangélistes, 1526, Église Santa Felicita (Florence)
  • Déposition, 1526, Église Santa Felicita (Florence)
  • La Vierge à l'Enfant avec sainte Anne entre saint Pierre, saint Sébastien, le bon larron et saint Benoït, 1527-1529, bois, 228 × 176 cm, Musée du Louvre, Paris. Retable destiné au maître-autel de l'église conventuelle de Sant'Anna in Verzaia à Florence[4].
  • La Visitation, 1528-1529, 202 × 156 cm, Presbytère des Saints Michel et François, Église de Carmignano[6]
  • Le Martyre de saint Maurice et de la légion thébaine ou des onze mille martyrs, huile sur bois (1529-1530), 65 × 73 cm, Galerie Palatine, Palais Pitti, Florence. Conçu pour les religieuses de l'Hospice des Innocents
  • Portrait d'un hallebardier, 1528-1530, huile sur panneau transposé sur toile, 92 × 72 cm, J. Paul Getty Museum, Los Angeles[7]
  • Portrait d'Amerigo Antinon, v. 1531, Musée du palais Mansi, Lucques[1]
  • Monsignor della Casa[8], Huile sur bois, 1541-1544, 102 × 79 cm Samuel H. Kress Collection, National Gallery of Art, Washington
  • Vierge à l'Enfant, huile sur panneau, 75 × 62 cm (redécouverte en 2006 par le professeur Alain Béjard et Dimitri Joannidès, Alicem Institute du Luxembourg)
  • Les œuvres de Pontormo à la Galerie des Offices de Florence[9]
    • Portrait de Cosme l'ancien, huile sur bois (1518-1519), 87 × 65 cm
    • Portrait musicien, huile sur bois (1518-1519), 88 × 67 cm. Provient de la collection de Léopold de Médicis
    • Saint Antoine Abate, huile sur bois (fin 1520), 47 × 41 cm
    • Adam et Ève chassés du paradis terrestre, (1520), 43 × 31 cm
    • La Vierge sur un trône avec l'Enfant et les saints Jérôme et François, huile sur bois (1522), 73 × 61 cm
    • La Cène d'Emmaüs (1525), 230 × 173 cm. Exécuté pour les moines de la chartreuse du Galluzo
    • Naissance de saint Jean Baptiste, huile sur bois (1526), plateau d'accouchée
    • La Charité ou La Vierge à l'Enfant et le petit saint Jean, huile sur bois (1527-1528), 89 × 74 cm
    • Léda et le cygne
    • Portrait de Maria Salviati, huile sur bois (1537)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Stefano Zuffi, Le Portrait, Gallimard,‎ 2001 (ISBN 2-07-011700-6), p.88-91
  2. Jacopo da Pontormo, journal (traduit de l'italien par Fabien Vallos), éd. MIx. 2008
  3. Jean-Claude Lebensztejn : Le Dossier Pontormo, publié en 1979, Ed. Macula et en 1984
  4. a et b Vincent Pomarède, 1001 peintures au Louvre : De l’Antiquité au XIXème siècle, Musée du Louvre Editions,‎ 2005, 589 p. (ISBN 2-35031-032-9), p.309-310
  5. Giovanna Nepi Sciré, La Peinture dans les Musées de Venise, Editions Place des Victoires,‎ 2008, 605 p. (ISBN 978-2-8099-0019-4), p. 139
  6. Raphaël Pic, « Jésus au bout des pinceaux », Muséart, no 98,‎ décembre 1999, p.78
  7. John Walsh, Chefs d’oeuvre du J. Paul Getty Museum : Peintures, Thames & Hudson,‎ 1997 (ISBN 2-87811-128-1), p. 31
  8. Monsignor della Casa
  9. Mina Gregori, Le Musée des Offices et le Palais Pitti : La Peinture à Florence, Editions Place des Victoires,‎ 2000, 685 p. (ISBN 2-84459-006-3), p. 202-208
Giorgio Vasari le cite et décrit sa biographie dans Le Vite :
sous le nom de Iacopo da Puntormo, page 574 - édition 1568
138 le vite, jacopo pontormo.jpg

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