Sonia Delaunay

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Sonia Delaunay

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Sonia Delaunay photographie de Lothar Wolleh

Nom de naissance Sara Ilinichtna Stern, ou bien Sophie Stern
Naissance 24 novembre 1885
Gradijsk, Ukraine Drapeau de la Russie Impériale Empire russe
Décès 5 décembre 1979 (à 94 ans)
Paris, Drapeau de la France France
Activités peinture, dessin, lithographie, gravure, collage, Haute couture, livres d'artiste, mural
Formation université de Karlsruhe, Académie de La Palette, quartier du Montparnasse, Paris
Maîtres Schmidt-Reuter
Mouvement artistique Fauvisme, Orphisme, Art abstrait, Simultanéisme
Récompenses officier de la légion d'honneur, chevalier de l'ordre des arts et lettres

Sonia Delaunay, née Sophie Stern ou bien Sara Illinichtna Stern[note 1] le 14 novembre 1885 à Gradzihsk en (Ukraine) et morte le 5 décembre 1979 à Paris, est une artiste peintre, d'origine ukrainienne[note 2]. Adoptée par un oncle maternel Henri Terk dont elle prend le nom, elle étudie assez peu les beaux-arts : le dessin à Karlsruhe pendant deux ans, puis à Paris à l'Académie de la Palette dans le Quartier du Montparnasse. Elle a été naturalisée française grâce à un premier mariage avec Wilhelm Uhde en décembre 1908.

Après une période fauve que lui ont sans doute inspirée Vincent van Gogh et Paul Gauguin, elle invente, avec son deuxième mari, une forme de peinture qu'Apollinaire définit du terme vague d'orphisme, qui ne correspond à aucune tendance réelle[note 3]. Sonia et Robert Delaunay ont surtout travaillé ensemble sur la recherche de la couleur pure et du mouvement des couleurs simultanées, une tendance qui a inspiré d'autres peintres après eux, notamment Fernand Léger et Jasper Johns.

De plus en plus orientée vers l'art l'art abstrait au fil des années, elle crée en 1946 le Salon des réalités nouvelles uniquement pour promouvoir l'abstraction. Elle le quitte en 1948

Elle laisse derrière elle une œuvre abondante qui comprend aussi des tissus imprimés, des livres d'artistes, des robes de haute couture dont la célèbre robe de Nancy Cunard. Sa première œuvre textile étant une couverture pour son fils Charles.

Les avis sont partagés sur l'appréciation de son œuvre textile. Michel Seuphor pense qu'on l'a peut-être trop cantonnée dans la mode : « Je regrette personnellement que pendant de longues années, Sonia Delaunay, au lieu de se vouer entièrement à la peinture, ait dispersé son talent en essayant d'introduire dans la mode les idées simultanéistes de sa peinture[1]. » Dans une appréciation plus récente, Jacques Damase rappelle que les motifs inventés sur tissus par Sonia ont induit une inspiration nouvelle dans la peinture : « Il n'est pas sans importance pour l'historien que ses œuvres soient antérieures à celles de Mondrian[2]. », et que les tissus sont encore source d'inspiration pour toute une génération de jeunes peintres[3]

Toujours associée à son mari Robert dans la peinture, la mode, ou des aventures monumentales comme la fresque destinée au Palais des chemins de fer pour l'Exposition internationale de 1937, elle est souvent exposée avec lui au Centre national d'art et de culture Georges-Pompidou, auquel elle a fait plusieurs donations. Si de nombreux musées dans le monde possèdent ses toiles, la majorité d'entre elles a été partagée en France entre le musée de Grenoble, le Musée d'art moderne de la ville de Paris, le Centre Pompidou, et la Bibliothèque nationale de France.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance et formation[modifier | modifier le code]

Bien que la famille Stern soit juive Sonia ne se rattache jamais à cette appartenance : « Mon père était ouvrier. A Gradjisk, en Ukraine, il travaillait dans une fabrique de clous. Je tiens de lui une grande intransigeance, l'horreur de la cupidité et de la mesquinerie (...) Mon oncle, le frère de ma mère m'avait ouvert un milieu de culture(...) mon père, lui, m'a légué l'honnêteté. À trois ans, une ligne de vie intérieure était tracée, je ne m'en suis jamais écartée[4]. » Concernant la judaïté de Sonia, la plupart des biographies ne la mentionnent pas. Sonia se considérait avant tout comme française et plus encore, comme parisienne « Je ne me sens bien qu'en France, et encore pas partout. Avant tout l'Île-de-France, c'est ce que j'aime le plus — Sonia Delaunay, propos recueilli par Jacques Damase en 1978[5]. »

À l'âge de cinq ans, Sonia est adoptée par son oncle Terk qui est avocat à Saint-Pétersbourg[6], à la demande de son oncle lui-même[4]. La mère de Sonia n'a tout d'abord pas acceptée l'adoption complète, elle a seulement confié à Henri Terk l'éducation de l'enfant dès l'âge de trois ans[4]. Deux ans plus tard, définitivement adoptée par les Terks, Sonia vit dans un milieu cultivé. Elle passe ses vacances en Finlande où l'oncle a une maison, en Suisse, en Italie, en Allemagne[7].

Bal du moulin de la Galette que Sonia découvre dans le livre de Julius Meier-Graefe

Dans ce milieu où il est de bon ton de parler français, ou allemand, l'enfant, puis la jeune fille, découvre une certaine forme de luxe, avec des serviteurs, mais aussi les arts. Son oncle possède une belle collection de tableaux qui attire l'attention de Sonia. C'est son professeur de dessin du lycée de Saint-Pétersbourg qui conseille à sa famille de l'envoyer étudier à Karlsruhe. Elle arrive en Allemagne en 1903 et étudie le dessin avec le professeur Schmidt-Reuter[7] pendant deux hivers. Au cours de ses vacances en Finlande, elle découvre le livre de Julius Meier-Graefe consacré à l'impressionnisme « qui lui donne envie de vivre au pays où son nés les Canotiers et le Bal du moulin de la Galette d'Auguste Renoir[8]. »

Quand elle arrive à Paris en 1905, Sonia a à peine vingt ans. Elle s'installe dans une pension au quartier latin avec quatre jeunes filles russes[9]. Elle suit les cours de l'Académie de La Palette à Montparnasse où enseignent cinq maîtres néo-classiques : Charles Cottet, Edmond Aman-Jean, George Desvallières, Lucien Simon et Jacques-Émile Blanche, qui corrigent l'un après l'autre les toiles des élèves, ce qui selon Sonia, crée une confusion dans l'esprit des élèves[9].

Elle préfère donc s'en écarter. Elle travaille seule, et elle part à la découverte de Paul Gauguin, Pierre Bonnard, Vuillard, André Derain qui sont exposés dans une galerie proche de La Madeleine : la galerie Bernheim[10]. Ces peintres ont fondé un nouveau style : le fauvisme qui l'enthousiasme, mais qu'elle veut dépasser. Selon Jacques Damase, « Même en dehors du fauvisme, Sonia appartient, par la couleur de ses premiers tableaux à l'espèce des grands fauves. Sa force de création est instinctive comme la puissance animale[10]. »

Période fauve et rencontres[modifier | modifier le code]

Son premier tableau Philomène[11] (1907) a fait partie de l'exposition Le Fauvisme ou l'épreuve du feu au Musée d'Art moderne de la Ville de Paris, en 1999-2000. C'est une huile sur toile, de 92 × 54,5 cm conservée au Centre national d'art et de culture Georges-Pompidou, Paris[12] aux couleurs fortes, cernées de noir. L'œuvre est classée par Evguénia Pétrova[note 4], dans le « pré-fauvisme » naturel de la peinture russe « dont les orientations sont peut-être encore plus sauvages que ce que l'on observe chez les fauves[13]. »

Alors que les fauves étaient dénoncés par le critique d'art Louis Vauxcelles au Salon d'automne de 1905, (il est l'inventeur du mot fauve[14]), Sonia, elle, trouve que les fauves ne vont pas assez loin, en particulier Pierre Matisse, dont elle considère que les œuvres sont un compromis pour bourgeois[10].

La période fauve de Sonia est très importante . Elle y laisse éclater son goût des couleurs vives comme dans Jeune fille endormie[15] (1907, huile sur toile et support bois, 46 × 55 cm, tableau non localisé)[16], ainsi que dans le Nu jaune (1908, huile sur toile 65 × 98 cm, conservée au Musée des beaux-arts de Nantes)[17]. Dans ses Cahiers inédits, Robert Delaunay dit de cette peinture éclatante : « Venue de l'Orient vers l'Occident, elle porte en elle cette chaleur, cette mysticité caractéristique et classique, et sans se briser au contact occidental, au contraire, se recréé en trouvant son expression constructive par ce frottement, s'amplifie et se développe en une transformation où les éléments qui composent son art se transfusent en un art nouveau, qui a ses caractéristiques(…) Elle possède à l'état atavique la couleur[18]. »

Sa force de la couleur lui permet de déborder tous les enseignements académiques ou théoriques par un besoin incompatible avec les formules, par cette fougue anarchique qui se transforme par la suite en force ordonnée[19].

Ces couleurs vont réveiller, plus tard, la tendance sombre dans laquelle Robert s'enferme avec ses tours Eiffel (1909-1910)[20]. Sous l'influence de Sonia, il se relance dans des couleurs plus franches (Fenêtres, puis l'équipe de Cardiff, puis les formes circulaires Soleil)[21].

Pendant les années 1907-1908, Sonia prend également des leçons de gravure avec le peintre Grossman qui habite l'Île Saint-Louis et qui lui présente le collectionneur et galeriste allemand, Wilhelm Uhde. C'est dans la galerie de Uhde, rue Notre-Dame-des-Champs qu'elle va rencontrer par la suite Robert Delaunay[22].

En 1908, Sonia a sa première exposition personnelle à la galerie Uhde[7]. Wilhelm Uhde et elle décident de faire un « mariage amical » (mariage blanc)[6]. Ils se marient à Londres le 5 décembre 1908.

À partir de cette période elle commence ses premières « tapisseries-broderies », et à la galerie Uhde, elle rencontre, outre Robert Delaunay, Pablo Picasso, Derain, et Georges Braque[7]. Dans le moment-même où, selon Robert, on était « …en plein fauvisme, gauguinisme, et où l'exotisme fleurissait aux Indépendants, dont Matisse prenait la bannière du goût français en canalisant toute cette peinture slave qu'il assaisonnait au goût littéraire parisien (…)[23]. », Sonia opère en 1909, une brisure avec ses tapisseries au point passé, qui apportent, dans leurs moyens expressifs, une délivrance à perspective très proche[23].

Sonia, Robert, et Charles[modifier | modifier le code]

Rue des Grands-Augustins où Sonia et Robert Delaunay ont eu leur atelier jusqu'en 1935

Ayant divorcé de son premier mari, Sonia épouse Robert Delaunay le 15 novembre 1910 à la mairie du 6e arrondissement de Paris[24]. Le couple s'installe au 3 rue des Grands-Augustins où il garde un atelier jusqu'en 1935[7]. Le 8 janvier 1911, naît leur fils Charles. Le couple vit dans un enthousiasme bouillonnant : la naissance du bébé ne les empêche pas de créer, l'enfant étant, selon Sonia, très calme. Robert et elle peuvent travailler librement[25].

Pendant les premières années du mariage, le couple mène une vie très au-dessus de ses moyens, et dépense le double de ses revenus. Une tante de Sonia lui verse une petite rente, la mère de Robert, qui en avait promis autant ne peut le faire, car elle n'a plus un sou. Cela ne les empêche pas de recevoir beaucoup de gens, des poètes, des peintres et en particulier Madame Epstein qui leur fait connaître Vassily Kandinsky[26].

Dans son autobiographie, Charles Delaunay écrit, à propos de cette période : « Je ne conserve pas le moindre souvenir de cet atelier(…) J'ai toutefois du mal à imaginer comment pouvaient y cohabiter un couple de jeunes mariés, un nouveau-né, sa gouvernante, et les visiteurs, parfois fort excentriques, qui défilaient à toute heure du jour et de la nuit[27]. »

En 1911, Sonia réalise sa première œuvre abstraite avec du textile . C'est une couverture pour son fils Charles : un assemblage de coupons de diverses couleurs vives, dans la tradition ukrainienne. Elle joue ici avec les couleurs des tissus comme dans sa peinture[28]. « Charles à sa naissance, en janvier 1911, a eu un lit Empire. Je l'ai bordé avec une couverture composée de bouts de tissus. Les paysannes russes font comme ça. En observant la disposition des fragments d'étoffes, mes amis s'exclamèrent : « mais c'est cubiste [29] ! » » Par ailleurs, Sonia continue à jouer avec les couleurs pour des collages, des reliures de livres en papier appliqués et en déchets de tissus. Elle peint aussi des coffrets, des abat-jour et des voilettes simultanées, tandis que Robert commence à appliquer la théorie de Chevreul (le contraste simultané des couleurs), à sa peinture[30]<.

Apollinaire dit, à propos du couple : « En se réveillant, les Delaunay parlent peinture[31]. » Sonia considère qu'il n'exagérait pas : « Nous nous sommes aimés dans l'art comme d'autres couples se sont unis dans la foi, dans le crime, dans l'alcool, dans l'ambition politique. La passion de peindre a été notre lien principal[31]. »

Apollinaire a donné au mouvement pictural fondé par les Delaunay en 1911 le nom d'orphisme. Il semble qu'Apollinaire n'ait pas bien mesuré le sens de ce qu'il voyait.

« C'est effectivement Apollinaire qui avait inventé le terme « orphisme », (culte rendu à Orphée). Il l'avait employé publiquement lors d'une conférence sur la peinture moderne prononcée à l'occasion du Salon de la section d'or en octobre 1912. Qu'entendait-il par là ? Il semble que lui-même ne l'ait jamais très bien su et plus encore qu'il n'ait pas très bien su quelles limites assigner à cette nouvelle tendance [32]. »

Œuvre[modifier | modifier le code]

1912-1917 Peinture et objets[modifier | modifier le code]

Au printemps 1912, les Delaunay s'installent dans la vallée de Chevreuse. Robert travaille à la série Fenêtres tout en faisant des recherches sur la peinture pure. Il rédige alors le texte-manifeste La Lumière[33] tandis que Sonia peint ses premières toiles de contrastes simultanés. À l'automne, Apollinaire leur présente Blaise Cendrars pour lequel Sonia réalise une première reliure peinte qui servira de point de départ au premier livre simultané La Prose du Transsibérien et de la petite Jehanne de France qui est présenté l'année suivante, et qui bénéficie d'un très large écho en 1913. Le livre est exposé simultanément à Paris, Londres, New York, Pétrograd, ainsi qu'au premier salon d'automne de Berlin, où il est accompagné des tableaux et des affiches simultanées de Sonia[23]. « Deux mètres de long pour un poème. Éclatante carte routière verticale qui entraîne l'œil du lecteur simultanément dans la danse chromatique et la musique des mots. C'est le premier livre-objet[34]. » Il illustre un poème de Blaise Cendrars. Le texte a été composé en un dizaine de corps différents.

La carrière de Sonia est maintenant lancée. Sa peinture se développe de concert avec celle de Robert. Elle peint les Prismes électriques (1914), (250 × 250 cm, huile sur toile [35]), Études de lumière, le boulevard Saint-Michel (1913)[18].

Le couple mène par ailleurs une vie agréable. Tous les jeudis ils se rendent au bal Bullier, à Montparnasse. Sonia en fera un tableau : Le Bal Bullier de 95 × 390 cm en 1913[36]. Le « beau monde » s'y mêle aux midinettes. C'est là que Sonia porte ses premières robes simultanées et Robert un costume du même style conçu par sa femme<[37]. Les Delaunay font sensation en dansant le tango. Mais c'est surtout à partir de 1923 que les robes de Sonia vont connaître un engouement sans précédent. Bernard Dorival considère qu'elle a su élever les arts réputés mineurs à la hauteur du grand art[38].

Guillaume Apollinaire fait du couple Delaunay au bal Bullier de véritables stars. Dans un article publié le 1er janvier 1914 au Mercure de France sous le titre Les Réformateurs du costume[39], le poète écrit : « Il faut aller voir à Bullier, le jeudi et le dimanche, Mr et Mme Robert Delaunay, peintres, qui sont en train d'y opérer la réforme du costume. L'orphisme simultané a produit des nouveautés vestimentaires qui ne sont pas à dédaigner[40]. »

En août 1914, la femme du directeur des chemins de fer français entraîne les Delaunay en Espagne. Ils étaient alors en vacances à Fontarabie. Sonia considère ce séjour, qui va durer sept ans[41], comme de grandes vacances, une immense bouffée d'air[42]. À Madrid ils partagent un appartement avec cette femme et ses enfants. Robert en fait un tableau La Femme nue. En 1915-1916, le couple s'installe au Portugal où les entraînent le peintre américain Samuel Halpert et le portugais Eduardo Vianna[43], puis à Vigo en Espagne[41]. Pendant toute cette période, Sonia, éblouie par les couleurs, développe les applications décoratives de l'art simultané (robes, objets, décors), tandis que Robert s'oriente vers la nature morte[44]. Sonia peint aussi des toiles : Les Chanteurs de flamenco, Danses espagnoles Danseuses de flamenco[45] où le

«  mouvement vibratif des couleurs crée le mouvement mécanique - Robert Delaunay[46]. »

De cette époque datent les affiches-poèmes, la première Zénith marque l'avènement du poème tableau. Sonia l'a réalisée sur un poème de Cendrars. Au Portugal, Sonia a également réalisé des Natures mortes portugaises et le Marché au Minho où elle recherche l'unité et la simplification selon Robert[46]. Les peintures portugaises sont présentées en 1916 à la première exposition personnelle de Sonia Delaunay, à la galerie Nya Konstgalleriet de Stockholm[18]<pour laquelle l'artiste a réalisé la couverture du catalogue[47]. C'est une sorte d'autoportrait, avec le nom de l'artiste dessiné au-dessous[43]. Une reproduction de cette couverture, (33,5 × 45 cm) a été vendue en 2007 à Paris pour 6 250 €[48]. L'exemplaire original, au pochoir polychrome à la cire sur papier, 33,7 × 45,7 cm est conservé à la Bibliothèque nationale de France[49]

La série des danseuses de 1917 est un ensemble de peintures fluides qui sont inspirées à Sonia par sa rencontre avec Serge de Diaghilev, créateur des Ballets russes et le danseur Nijinsky, l'année où le couple retourne à Madrid[50]. Sonia, Robert et Serge vont admirer les danseuses de flamenco : « Les danses me touchaient plus que Robert. Nijinsky nous accompagnait et Diaghilev voulait travailler avec nous. Mais nous nous demandions : quel spectacle monter avec le créateur des ballets russes[50]? ». 1917 est aussi l'année de la fin du régime tsariste en Russie, et de la fin des revenus de Sonia, la famille Terk est ruinée.

1918-1923 le spectacle et la décoration[modifier | modifier le code]

Danseuse de flamenco Inmaculada Ortega. Le flamenco a inspiré à Sonia la série des Danseuses lors de son séjour à Madrid

« L'œuvre des Delaunay dans le domaine du théâtre, procède de la même démarche artistique que celle qui les amena à faire des projets d'affiches, des reliures, des couvertures, à illustrer des livres et à intégrer l'art à tous les domaines de la vie moderne[51]. »

Leur volonté délibérée de créer le mouvement par le contraste des couleurs les prédisposait à se tourner vers la danse et le ballet théâtral[51]. Par ailleurs le couple cherche des applications à ses découvertes en arts décoratifs[46].

C'est de la rencontre avec Diaghilev que naît l'inspiration. Diaghilev décide de reprendre le ballet Cléopâtre déjà présent à Saint-Péterbourg en 1908 sous le titre Nuit d'Égypte[note 5]. Diaghilev aime beaucoup l'emploi de la couleur comme élément dramatique, il propose aux Delaunay de collaborer avec lui. Mais Robert et Sonia veulent garder leur indépendance et ils se limitent à la réalisation des décors dont Robert fait la maquette, et des costumes créés par Sonia[52]. Il existe plusieurs versions des dessins des costumes de Cléopâtre par Sonia Delaunay, dispersés chez des collectionneurs privés ou dans des galeries, notamment la galerie Artcurial[53] : Costume pour Cléopâtre (aquarelle sur papier, 57 × 36,5 cm, collection particulière[54], porté par l'actrice Tchenicheva, ainsi que le costume pour Léonide Massine dans le rôle de l'esclave favori de Cléopâtre (aquarelle sur papier, 1918, 49,5 × 36,5 cm, collection particulière Paris[55].) Ce rôle a été tenu à Paris par Vaslav Nijinski tandis que celui de Cléopâtre était interprété par Ida Rubinstein. En 1919, la reprise du spectacle a un succès fou à Londres[56].

L'expérience théâtrale des Delaunay se poursuit avec Léonide Massine pour lequel Robert esquisse les décors du ballet Football (1918) et plus tard, pour le ballet Le Triomphe de Paris (1928-1929). Sonia conçoit les costumes du ballet Les Quatre saisons[51], et ceux de l' Aida de Giuseppe Verdi[57] dont le célèbre costume pour Amneris porté par la cantatrice Aga Lahowska (aquarelle sur papier, 1920, 57 × 39 cm, collection particulière)[58]. Mais elle a d'autres projets Sonia ouvre à Madrid la Casa Sonia qui a beaucoup de succès. L'artiste devient la décoratrice attitrée de l'aristocratie espagnole[59]. En 1919, elle refait entièrement la décoration du Petit Casino de Madrid et crée les costumes de la première revue qui y est présentée[59], notamment le costume en forme de pétales de fleur pour la vedette Gaby (encre de Chine sur papier, 1919, 23,5 × 18 cm, Bibliothèque nationale de France)[60]. Cette même année, Robert et Sonia exposent conjointement leurs œuvres à l'Asociacion de artistas Vascos de Bilbao, qui est aujourd'hui le Museu Gustavo de Maetzu y Whitney. Dans cette même ville, un défilé de mode des créations de Sonia au Majestic Hall est organisé[59].

À partir des années 1920, sans abandonner la peinture qui lui sert de moteur, Sonia met toute l'énergie de ses recherches dans le costume. Robert et Sonia reviennent à Paris en 1920 et s'installent à Paris, boulevard Malesherbes[61].

Le couple participe à de nombreuses soirées d'artistes où les danseuses portent les costumes de Sonia. En 1923 à La Licorne, au 110 rue La Boétie, au cours de la soirée du 29 avril, la danseuse roumaine Lizica Codréano (Codréanu en roumain)[note 6] improvise une danse sur le Mouvement Perpétuel de Francis Poulenc. Elle porte un costume de Sonia[62]. La Soirée du cœur à barbe qui a lieu au Théâtre Michel, rue des Mathurins le 6 juillet 1923 est animée par une troupe composée d'amateurs russes dirigés par Iliazd. Elle présente devant Jean Cocteau du théâtre d'avant-garde. La danseuse Lizica Codréanu porte un costume de Sonia, qui a aussi réalisé les costumes pour la pièce de Tristan Tzara : Cœur à gaz[63]. Cette soirée du Cœur à barbe, très agitée, s'est terminée par un pugilat[note 7].

Cœur à gaz marque une étape dans le resserrement des amitiés de ce que Sonia appelle la bande à Delaunay composée entre autres, de Tristan Tzara, Georges Auric (qui crée la musique de la pièce), Philippe Soupault, René Crevel, Joseph Delteil[64]. « Cette bande, dont le point de ralliement était La Closerie des Lilas se déplaçait toujours ensemble, comme une équipe de rugby[65]. » Un temps amis avec le clan d'André Breton, la bande à Delaunay s'en sépare lors du schisme entre les dadaïstes (Tzara) et les surréalistes (Breton)[66]. Dans son autobiographie, Sonia précise qu'à leur retour à Paris, les Delaunay ont été snobés par d'anciens amis, mais, heureusement soutenus par Diaghilev qui les a mis en avant lors d'un concert, ils retrouvent leurs amis, y compris Fernand Léger que Robert avait traité de « salaud » parce qu'il avait exposé au salon d'Automne un grand tableau avec des Disques pratiquement plagié sur ceux des Delaunay[65].

1923-1935 Tissus et robes simultanées[modifier | modifier le code]

Sonia continue à participer à des spectacles jusqu'en décembre 1968, date à laquelle elle produit les décors et les maquettes des affiches pour le ballet de Félix Blaska : Danses concertantes de Stravinsky[67]. Mais c'est surtout vers la mode qu'elle va appliquer le résultat de ses recherches en peinture. « Si tout le monde s'accorde à reconnaître que les couleurs qu'elle a appliquées aux robes de femme, aux voitures, aux affiches, ont donné à la rue son visage moderne, on sait moins que, consciemment ou non, la peinture contemporaine lui doit nombre de ses découvertes [68]. » Jasper Johns et d'autres artistes reprendront le concept des rayures qu'elle a inventées à partir de 1925[68] On peut rapprocher certaines œuvres de Johns, notamment « Unitled-I »[69], des dessins réalisés par Sonia en 1922, soie imprimée no 287, « Collection-I » reproduite dans le livre de Jacques Damase sur la mode et les tissus imprimés[70].

La grande aventure des robes commence en 1923, lorsqu'un soyeux de Lyon commande à Sonia des dessins de tissus simultanés. Elle fait cinquante dessins, avec des rapport colorés et des formes géométriques pures[68]. Elle pense qu'il est préférable de les imprimer elle-même ce qui l'amène à se lancer dans la production et à ouvrir une boutique, un atelier de couture, une maison de tissu, avec des vitrines, des dépliants publicitaires[71]. Robert Delaunay écrit, au sujet de ces dessins : « Elle créa ses harmonies, ses rythmes colorés dans la vie même (...) à la façon des poèmes de couleur. Elle ne copie pas l'ancien, elle invente, dans l'atmosphère, dans la lumière du pays.(...) C'est bien le rythme de la vie moderne, son prisme, son illumination, les couleurs de son fleuve[72]. »

Le 24 mai 1924, Sonia présente, à la Soirée du Claridge où l'ancien Corps des Pages de Russie donne un bal de bienfaisance, un défilé de mode avec des costumes illustrant un poème de Joseph Delteil La Mode qui vient. « L'apparition de ce groupe souleva les applaudissements de la mondaine assemblée[73]. » Mais son plus grand triomphe a lieu l'année suivante, lorsqu'elle installe une boutique simultanée sur le Pont Alexandre-III avec le concours du couturiers Jacques Heim pour l'Exposition Internationale des Arts Décoratifs de 1925[61]. Elle a décoré la boutique et des mannequins présentent ses modèles. Le Tout-Paris se presse aux portes de la boutique[74]. L'année suivante, paraît à la librairie des arts décoratifs un album intitulé Sonia Delaunay, ses peintures, ses objets, ses tissus simultanés, ses modes avec un texte de André Lhote et des poèmes de Cendrars, Delteil, Tzara Soupault, qui rendent hommage à son esprit créateur de peintre et de décoratrice[75]. Un exemplaire de ce livre se trouve au Metropolitan Museum of Art de New York[76]

Toutefois, dans une lettre adressée à Jacques Damase en mai 1968, Sonia fait une mise au point sur les rapports entre sa peinture et sa mode :

« Tous ces travaux étaient créés pour les femmes et toujours avec une idée de construction par rapport au corps. Ce n'était pas des copies de tableaux transposés sur la femme comme l'ont fait d'autres couturiers avec Piet Mondrian ou les peintres du Op'art[77]. »

Sonia crée des robes assorties aux voitures ou l'inverse. En 1924, elle crée une Bugatti simultanée : la Bugatti Type 35[78]. En 1925, elle-même conduit une Citroën B12 qu'elle a décorée des motifs assortis à ses jupes, robes et manteaux[79]. Et dans les années 1960, c'est la Matra 530 qu'elle va décorer.

En 1927, Sonia donne une conférence à la Sorbonne, à la section Art plastique dirigée par Maurice Raynal où elle développe la notion de forme géométrique dans le vêtement et son maniement commode. En cette période, les motifs géométriques de l'artiste sont achetés dans le monde entier, repris et copiés, et ceci jusqu'à nos jours[80].

En 1930, les effets de la crise économique américaine se font sentir en France. Sonia décide de fermer son atelier et de se consacrer à la peinture[81]. C'est l'année où Robert Delaunay crée la toile Rythmes sans fin entrant ainsi dans sa période dite « inobjective ». Sonia s'associe à lui dans les recherches tous deux collaborent dans ce que Sonia nomme le « combat pour l'art abstrait[82].. »

La soif d'entreprendre de Sonia cache un faux sens des affaires qui apparaitra après la mort de Robert : ni l'un, ni l'autre et encore moins leur fils Charles, ne savent entasser l'argent ni faire carrière[83]. Ils n'ont pas non plus d'entregent, ils ne savent pas se vendre et ne cherchent pas à se vendre, ce qui explique pourquoi Sonia a dû se démener pour faire reconnaître la peinture de son mari à partir de 1946 en organisant une rétrospective à la galerie Louis Carré[84].

Sonia et Robert : œuvres confondues[modifier | modifier le code]

tubes lumineux que les Delaunay ont utilisé comme matériau pour leur publicités lumineuses

Tout comme Sonia, Robert s'est toujours intéressé à la décoration, et aux couvertures d'ouvrages dont la plus significative est celle qu'il a exécutée pour le premier numéro de la revue de Yvan Goll : Surréalisme parue en 1924[85]. Robert a travaillé de concert avec Sonia sur les affiches publicitaires. C'est dans ce dernier domaine qu'ont déjà porté les travaux du couple dans les années 1920 où Robert a réalisé Garçon, un Byrrh (1924, gouache et encre de Chine, 49,6 × 64 cm), Projet d'affiche Dubonnet (1924, gouache et encre de Chine 50 × 65 cm) dont s'inspirera le graphiste Cassandre pour son affiche Dubonnet[86]. En même temps, Sonia réalise le Projet d'affiche pour le chocolat B[ensdorp] (aquarelle, 1922, 32 × 25 cm), Projet d'affiche pour les cosmétiques Oja (Encre de Chine et gouache sur papier calque, 1924, 27 × 20,7 cm), Projet d'affiche pour Zig-Zag, papier à cigarette (1936, gouache, 27 × 21 cm)[87]. En 1914, elle avait déjà réalisé un Projet d'affiche Dubonnet, papier découpé et collé, 32,5 × 46,5 cm, Musée national d'art moderne, donation Delaunay 1963<[88]

Les affiches lumineuses vont devenir un nouveau sujet de recherche pour le couple à partir de 1935, grâce aux lampes « Mica-tubes » qui ouvrent de grandes de possibilités pour les artistes d'avant-garde. En 1935, les Delaunay, qui ont un stand au « Salon de la lumière », y déploient des disques et rubans lumineux qui font dire à Jean Cassou, dans le journal Marianne du 24 octobre 1935 : « Désormais les artistes vont pouvoir écrire, sentir, penser, dessiner, crier en tubes luminescents" [86] ».

Le projet d'affiche de Sonia pour le papier à cigarette Zig-Zag est un des projets d'affiches lumineuses qu'elle réalise à l'occasion du concours lancé par la Compagnie parisienne de distribution d'électricité[89]. Elle en propose d'autres : Projet d'affiche lumineuse pour les couleur Linel (1936, gouache, 30 × 26,5 cm) et Projet d'affiche Mica-tube, un ruban de lumière (gouache, 1936, 21 × 31,3 cm)[90]. C'est elle qui remporte en 1936 le premier prix de l'affiche lumineuse du concours de la compagnie parisienne[7]. Jusqu'en 1937, elle en produit plus d'une dizaine[90].

1937, année de l' l'Exposition internationale de 1937, est aussi l'année des « grands travaux » des Delaunay, en même temps que celle des tensions sociales et internationales.

« l'Allemagne, l'URSS, l'Espagne, l'Italie, et même la France, se défient dans un concours de néo-classicisme grandiloquent, avec des bâtiments lourds et agressifs à l'opposé de l'objectif initial de l'exposition qui était de regrouper tout ce qui unit les hommes et rien de ce qui les sépare[91]. »

La France n'est pas plus novatrice que les autres pays, à l'exception de quelques réalisations comme Le Palais de l'air et des chemins de fer décoré par Robert et Sonia Delaunay, et le pavillon de la lumière de Robert Mallet-Stevens[91].

Léon Blum a voulu que l'avant-garde soit présente à l'exposition internationale de 1937. Il confie la décoration du Palais des chemin de fer et du palais de l'air à Robert et Sonia à la condition qu'ils fassent travailler cinquante peintres chômeurs. L'entreprise gigantesque est constituée d'une peinture de 780 m2 pour le palais de l'air, et une composition de 1 772 m2 pour le palais des chemins de fer auquel s'ajoutent des bas reliefs de couleur et un panneau de 150 m2. Réunis dans un garage de la porte Champerret, les artistes ont vécu et travaillé en commun. Il y a notamment : Jean Bertholle, Léopold Survage, Roger Bissière, Alfred Manessier[91].

Pour le Palais des chemins de fer, Sonia exécute plusieurs grandes peintures murales de 225 mètres carrés chacune<[92], parmi lesquelles : Voyages lointains[93]. Sonia a créé d'autres peintures monumentales de très grand format, aujourd'hui disparues notamment Moteur d'avion, Hélice et tableau de bord et elle obtiendra la Médaille d'or[7] . Il ne reste, de ses peintures monumentales, qu'une Étude pour Portugal, peinture murale, gouache sur papier, 38 5 × 93 cm, aujourd'hui conservée au National Museum of Women in the Arts, Washington[94],.

L'année suivante (1938), elle réalise en ciment coloré la porte monumentale du premier Salon d'Art mural[95], et dont les motifs s'apparentent déjà à l'Art Cinétique[96].

La réalisation la plus révolutionnaire des Delaunay se trouve au Palais de l'air, édifié sur l'Esplanade des Invalides où Robert Delaunay a conçu une passerelle circulaire, qui permet d'être tout près de deux avions de chasse suspendus au milieu de cercles chromatiques réalisés conjointement par Robert et Sonia[97].

La dernière œuvre commune des Delaunay a été d'organiser le premier salon d'art abstrait : Les Réalités Nouvelles à la galerie Charpentier en 1939, avec Nelly van Doesburg[note 8] qui assure le secrétariat, Fredo Sidès qui en est le président et Yvanohé Rambosson<[98]. Le salon, qui réunit tous les artistes inobjectifs selon la définition de Robert, devient ensuite le Salon des réalités nouvelles qui selon Sonia « marquait la fin du rackett (sic) des surréalistes[99]. » Mais Robert est déjà affaibli par la maladie, et le voyage dans le midi que leur conseillent les Arp et Alberto Magnelli n'améliorera pas son état. Il meurt le 25 octobre 1941 à Montpellier.

Sonia sans Robert[modifier | modifier le code]

Grasse, un îlot de paix pour Sonia Delaunay

De 1941 à 1944, Sonia rejoint les Arp et les Magnelli à Grasse. Les Arp possède une maison entourée d'oliviers dont la vue s'étend jusqu'à la mer : « avec Sophie Taeuber et Suzy et Alberto Magnelli, notre petit groupe formait un îlot de paix et d'amitié qui créait une atmosphère favorable au travail[100]. » Elle réalise des lithographies avec Arp et Magnelli, mais aussi des gouaches, et ils retrouvent d'autres artistes au café : Springer et les Stahly avec lesquels ils échangent leur œuvres, « ils étaient leurs seuls clients et collectionneurs ».

Sonia a commencé une compilation du travail de Robert Delaunay, réunissant ses notes (Robert ne classait rien). Elle a emmené dans sa malle une quantité impressionnante de documents, les notes du peintre qu'elle rassemble pour faire la partie technique du livre sur Robert dont Joseph Delteil rédige le texte[101]. En réalité, de 1941 à 1946, elle a une idée fixe : mettre en valeur l'œuvre de Robert qui n'a pas été appréciée à sa juste valeur, « parce qu'il dérangeait trop de monde dit Joseph Delteil[102]. »

En même temps, elle continue à peindre, elle exposera dès 1945 à Paris, à la Galerie René Drouin avec le groupe Art concret de Theo van Doesburg[98]. Mais pour la première fois, elle réalise qu'elle est en danger parce qu'elle est juive. À Grenoble, le 12 janvier 1942 où elle rencontre le directeur du musée des beaux-arts, Andry-Farcy, les gens lui demandent  si elle n'a pas d'ennuis, étant israélite. « Au cours de cette conversation se dissimulait un danger auquel il fallait parer. Le danger que l'on essaie de me dépouiller de tout sous prétexte de religion et d'avoir des toiles pour rien[102]. » Ce n'est pas tant pour sa vie qu'elle a peur, mais pour l'œuvre de Robert. Il semble toutefois douteux que Sonia ait caché les tableaux de Robert, ou les siens au Musée de Grenoble, contrairement à ce qui est affirmé ici Musée de Grenoble raconté dans 'L'Express

En 1944, à Toulouse, elle retrouve de vieilles connaissances : Tzara, Cassou, Uhde et elle décore le centre de la Croix-Rouge[98]. Et dès son retour à Paris, elle prend contact avec Louis Carré avec lequel elle organise à la fois une rétrospective Robert Delaunay en 1946, et le deuxième Salon des réalités nouvelles.

Son œuvre, à partir de là, redevient abondante, et son activité augmente. En 1947, elle crée ses premières études pour L'Alphabet avec des comptines de Jacques Damase[103], elle expose l'année suivante avec Sophie Taeuber à la galerie des deux îles, et en 1949 elle participe au IVe « Salon international de l'art mural ». Mais elle n'est toujours pas satisfaite de la place accordée à Robert. Surtout quand on lui fait remarquer qu'elle ne sait pas s'y prendre :

« J. me dit que je ne sais pas manœuvrer, que je devrais faire des expositions partout comme le fait Madame Kandinsky (...) Mais l'œuvre de Robert est très restreinte. J'ai peu de tableaux. Il faut commencer par une rétrospective qui pourra aller ailleurs après[104]. »

Elle obtient tout de même un hommage à Robert à la galerie Maeght en 1949 intitulée : Les premiers maîtres de l'art abstrait. En 1950, au Salon du Jazz, elle organise la section arts plastiques où exposent la plupart des artistes d'avant-garde[98].

« L'activiste » Sonia reprend un peu de vie. Elle s'occupe, avec Jean Cassou et Georges Salles, de la donation Constantin Brâncuși au Musée national d'art moderne en 1951, participe à la fondation du Groupe Espace en 1953, la même année, elle a une exposition personnelle à la galerie Bing, et elle participe à l'exposition Le Cubisme, 1907-1919 au Musée d'art moderne de Paris. En 1955, c'est la Rose Fried Gallery de New York qui lui organise une exposition personnelle[98].

Une nouvelle carrière va commencer pour elle Pourtant, dans son autobiographie écrite avec Jacques Damase et commentée par lui, à partir de 1946, elle parle très peu de ses propres réalisations . Il n'est question que de Robert, et de l'avancement de son travail de compilation.

L'artiste Sonia va cependant être reconnue et honorée de son vivant.

Sonia Delaunay : les vingt cinq dernières années[modifier | modifier le code]

16 Rue de Saint-Simon, plaque commémorant le dernier domicile des Delaunay à Paris, où Sonia a fini ses jours

En 1955, Sonia obtient enfin ce qu'elle veut : Robert est reconnu comme un des tout premiers peintres de son époque. Le Musée Solomon R. Guggenheim lui consacre une grande exposition, qui va aller les mois suivants à l'Institute of contemporary art de Boston[105], puis la même année, au Musée d'art moderne et d'art contemporain de Liège[105] et au musée des beaux arts de la ville de Parisref[106].

De son côté, Sonia réalise une porte monumentale pour Berliet au Salon automobile de 1957, et 260 de ses œuvres sont exposées à la Kunsthalle de Bielefeld en Allemagne (Rhénanie-du-Nord-Westphalie) qui édite en 1960 son jeu de cartes simultanées[98]. Cette même année, en France, elle est décorée de la médaille de chevalier des arts et lettres[98]. L'année suivante, le Musée des beaux-arts de Lyon expose plus de 160 œuvres de Robert et Sonia.

L'artiste reprend sa production composite de livres illustrés : Juste présent (huit eaux-fortes sur un texte de Tristan Tzara, 1961), illustration des poèmes de Arthur Rimbaud Stéphane Mallarmé, Arthur Rimbaud, Blaise Cendrars, Joseph Delteil, Philippe Soupault, et de nouveau Tzara Poésie des mots et des couleurs tout cela en 1962, année où elle expose des gouaches à la galerie Denise René[98].

En 1963, elle fait don de 117 œuvres de Robert et d'elle-même au musée d'art moderne de la ville de Paris, qui seront présentées au Louvre[107]. À partir de là, sa vie est rythmée par une abondante production, des expositions nombreuses : Galerie nationale du Canada en 1965, grande rétrospective au Musée d'art moderne de la ville de Paris en 1967, fondation Gulbenkian de Lisbonne avec Robert en 1972[98]. Elle poursuit en outre sa recherche sur le tissus et les tapis, qui sont exposés au Musée d'art moderne de la ville de paris en 1972 et au Musée d'art et d'industrie de Saint-Étienne en 1979.

Malgré tout cela, Sonia écrivait en 1978 : « je ne sais pas définir ma peinture. Ce n'est pas un mal, car je me méfie des classifications et des systèmes. Comment et pourquoi définir ce qu'on a sorti avec ses tripes — Sonia Delaunay, Journal[108] . » Michel Seuphor lui rend un hommage appuyé en déplorant que la critique l'ait si longtemps maintenue dans l'ombre de Robert « Toujours à côté de lui pour le soutenir (...) elle est peintre aussi, et à certains moments, elle put même paraître en avance sur lui. La belle illumination colorée qu'elle fit pour la Prose du Transsibérien est de la même époque que Les Fenêtres de Robert. En 1914, elle acheva une très grande peinture : Rythmes simultanés[note 9], que je tiens pour le chef-d'œuvre du genre et qui, exposé au Salon des réalités nouvelles en 1948, fut considéré par bien des visiteurs — je me compte parmi eux — comme la plus belle pièce des sept cents peintures abstraites qui étaient là[109]. »

Sonia Delaunay est la première femme à avoir eu, de son vivant, une rétrospective au musée du Louvre (1964) au Pavillon de Marsan, exposition inaugurée par André Malraux[98]. Elle a reçu la distinction d' officier de la Légion d'honneur (1975), et elle a réalisé le projet d'affiche de l'UNESCO cette même année où le Musée national d'art moderne lui a de nouveau rendu hommage avec une rétrospective[98].

Mais ses donations, en accord avec son fils Charles, ont été tout aussi abondantes et nombreuses, ce que les héritiers ont contesté après la mort de Charles Delaunay. Plusieurs procès ont eu lieu. La justice a laissé aux musées le droit d'exploiter les œuvres reçues[110]. En revanche, Jacques Damase a été déchu de ses droits, ruiné, et il a dû fermer sa galerie rue de Varenne, ainsi que l'annonçait le journal des arts en 2008[111].

Le Musée national d'art moderne, le Centre Georges-Pompidou et la Bibliothèque nationale de France possèdent la majorité des œuvres de Sonia Delaunay. Deux mille d'entre elles y ont déjà été scannées et répertoriées (dont Le Bal Bullier). Il s'agit de la première tentative destinée à faire connaître l'étendue de l'œuvre de cette artiste qui a participé aux mouvements déterminants du XXe siècle dont l'Art abstrait, Dada, Cercle et carré et pour laquelle il n'y a toujours pas de catalogue raisonné.

Liste des œuvres de Sonia Delaunay[modifier | modifier le code]

Il n'existe pas encore de catalogue raisonné intégral des œuvres de Sonia Delaunay[112]. C'est le plus souvent à la suite d'expositions Robert et Sonia que l'on peut compléter les informations. La liste ci-dessous est donc loin d'être exhaustive. Elle comprend les peintures, les affiches, les œuvres graphiques, les objets, les livres illustrés, les pièces de vêtement ou les tissus, en majorité provenant de plusieurs donations de Sonia Delaunay, et de Charles et Sonia Delaunay, soit à la Bibliothèque nationale de France, soit au Musée d'art moderne, mais aussi des achats du Centre Pompidou et du Musée des arts décoratifs de Paris.

1910
  • Portrait de Tchouiko (poète russe), eau-forte tirée en bistre, 18,5 × 17,3 cm Musée national d'art moderne[115], donation Charles et Sonia Delaunay. D'autres portraits du poète russe ont été peints par Sonia en 1907 et 1908 (non localisés).
1911
1912
1913
1914
1915-1916
  • Esquisse de dessin pour le journal Vogue, aquarelle, crayon graphite, et crayon de couleur, sur deux feuilles de papier collées 16,4 × 16,4 cm, Centre Pompidou, Musée national d'art moderne.
  • Dessin pour le catalogue de l'exposition de Stockholm, peinture à la cire sur papier, 16,4 × 16,4 cm collection particulière[7]
  • Autoportrait, pochoir polychrome à la cire, 33,7 × 45,7 cm pour la couverture du catalogue de l'exposition de Stockholm, avec au plat supérieur, un autoportrait et au plat inférieur l'inscription S. Delaunay-Terk, Paris, BNF [54] voir l'Autoportrait.
  • Le Marché au Minho, 1915, peinture à la cire sur toile 216 × 197 cm, Centre Georges Pompidou, Donation Sonia Delaunay et Charles Delaunay (1964) voir le marché au minho. La toute première version du tableau a été vendue à Drouot en 2011 pour 4 596 340 euros voir la toute première version
  • Le Marché au Minho peinture à la cire de plus petit format, 50 × 65 cm, peint avant le précédent. Ce tableau a été vendu en 2002 à un collectionneur privé pour 456 750 € marché au Minho vendu
  • Marché de Minho 2, Portugal, peinture à la cire, papier marouflé sur toile, 75 × 91 cm, collection privée[note 10].
1916
  • Composition danseuse, aquarelle et crayon de couleur sur papier, 29,5 × 22,5 cm, Musée national d'art moderne Centre Pompidou Paris [125] exécutée à Vigo, Espagne[54]
  • Nature morte portugaise, huile sur toile, 68,5 × 95 cm, Centre pompidou, Paris[126]
  • Nature morte portugaise, huile à la cire sur papier, collection privée, 66,04 × 92,08 cm, Nature morte portugaise
  • Nature morte portugaise, aquarelle sur papier, 24 × 32,5 cm, collection privée, provenance : succession Sonia Delaunay, nature morte aquarelle
  • Série des danseuses de flamenco, toutes ne sont pas répertoriées, on ne connaît pas leur nombre, les formats ne sont pas précisés.
1917-1918
Suite de tableaux de la série les danseurs comprenant danseuses de Flamenco et chanteurs de Flamenco[18],[7].
1918-1920
  • Costume pour Cléopâtre, aquarelle sur papier 57 × 36,5 cm, collection privée[54].
  • Costume pour Cléopâtre, aquarelle, peinture métallique et crayon sur papier 47 × 32,7 cm Metropolitan Museum de New York, don de William S. Lieberman, 2005. Cléopâtre au Met
  • Costume pour Léonide Massine dans le rôle de l'esclave aquarelle sur papier 49 × 36 cm[55], collection privée
  • Costumes pour trois égyptiens, gouache sur papier, 21 × 26,5 cm[55]
  • Costume pour la vedette Gaby encre de Chine sur papier, 23 × 18 cm, BNF aperçu de Gaby
  • Costume d'Amneris pour l'Aida de Verdi (1920), aquarelle sur papier, 57 × 39 cm, BNF, France[58]
1923-1925
  • Rideau poème brodé pour l'appartement du boulevard Malesherbes avec un poème de Soupault écrit sur le tissu[7].
  • Costume pour danseuse aux disques, gouache sur papier 34 × 25,4 cm pour la danseuse Lizica Codéranu lors de la soirée à La Licorne (Mouvement perpétuel, musique de Francis Poulenc[62]aperçu du costume au disque
  • Danseuse aux disques, aquarelle sur papier, 31,6 × 14,6 cm[62]
  • Costume d'homme pour Cœur à gaz, aquarelle sur papier, 43 × 29
  • Costume de femme pour Cœur à gaz, aquarelle sur papier 40.2 × 29 [note 11]
  • Costume d'homme pour le gala de l'hôtel Claridge, (1924, gouache, pastel sur crayon graphite, 29 × 16,9 cm[73], aperçu du costume d'homme
  • Robe damier, aquarelle et encre de Chine sur papier, 36 × 25 cm, BNF Paris aperçu de la robe damier
  • Premiers tissus simultanés pour une maison de Lyon[7]
  • De nos oiseaux de Tristan Tzara, reliure du livre en cuir cousu, 15,4 × 12,7 cm, Centre Pompidou, Musée national d'art moderne donation Sonia Delaunay et Charles Delaunay 1964[7]
1925-1928
  • Les Robes simultanées ce sont les dessins, peintures, huiles sur toiles, aquarelles, de l'énorme quantité de robes simultanées créées par Sonia. On y trouve les robes poèmes et les robes Carnaval de Rio. Beaucoup de robes apparaissent sur le site du Cooper–Hewitt, National Design Museum section de la de la Smithsonian Institution de Washington, qui en possède trois cents pièces[127]. Parmi cet ensemble :
1926-1945
  • Pierrot éclair, (1926) aussi intitulé : Sans titre, Aquarelle et crayons sur papier, 22,8 × 19,4 cm, Centre Pompidou - Musée national d'art moderne, donation Sonia Delaunay et Charles Delaunay 1964
1946-1979
  • Rythme coloré, 1946, format non précisé, huile sur toile, collection privée, États-Unis[130]
  • Composition, 1955, huile sur toile, 160 × 215,5 cm, Centre Pompidou Collection, Musée national d'art moderne
  • Écran de soie, 1958, peinture sur soie, 41,5 × 60,3 cm aperçu
  •  Triptyque 1963, huile sur toile 99,7 × 200 cm, Tate Gallery achat en 1966 Tate gallery
  • Composition en rouge bleu noir et blanc, 1964 (pas de visuel)
  • Jojo, 1969, paravent de cire, Musée d'art de Haïfa, Haïfa, [Israël]
Œuvre graphique, œuvre gravé

La majorité des œuvres graphiques de Sonia Delaunay sont à la galerie Artcurial qui proposait en 2011 plus de 1600 pièces à la vente. Voir la liste sur le site de la galerie : œuvres graphiques de Sonia Delaunay. Elles datent pour la plupart des années 1970.

Une centaine de pièces de l'œuvre gravé sont conservées à la Bibliothèque nationale de France. Elles comprennent des gravures en taille-douce, des lithographies, des pochoirs, des sérigraphies et des affiches imprimées allant de 1912 aux années 1970[131]

Sonia Delaunay a réalisé en 1967 une décoration unique sur une voiture de sport Matra 530, à la demande du PDG de cette firme, Jean Luc Lagardère . Vendue aux enchères au profit de la recherche médicale avec cinq autres voitures du même type décorées par des artistes contemporains, la Matra 530 "Sonia Delaunay" a ensuite été rachetée par Matra et on peut l'admirer au musée de la firme, à Romorantin.

Reliures, liste partielle[132]
  • Les Pâques, poème de Blaise Cendrars papier découpé sur pleine reliure souple en peau retournée (BNF)
  • Recueil de poésies de Nicolas Minsky, papiers découpé et gouache sur demi-reliure en chagrin noir (Musée national d'art moderne, Paris)
  • Œuvres complètes de Guy Laforgue, Mercure de France, Paris, papiers découpés sur pleine reliure de basane brune (BNF)
  • Œuvres complètes de Arthur Rimbaud, Mercure de France, Paris, papiers découpés sur pleine reliure de basane brune (BNF)
  • L'Hérésiarque et Cie de Guillaume Apollinaire papiers découpés sur demi-reliure de basane brune (BNF)
  • Alcools de Guillaume Apollinaire, peinture sur pleine reliure en peau retournée beige, collection particulière
  • Méditations esthétique, Apollinaire, peinture sur pleine reliure de basane, collection particulière
  • Les Tranplantés de Ricciotto Canudo, fragments de tissus collés sur demi-reliure de basane beige clair (BNF)
  • Nos oiseaux de Tristan Tzara, cuirs cousus noirs, blancs, rouges, sur reliure souple, Musée national d'art moderne
  • Montjoie, 1968, reliure huile sur cuir et encre sur papier 31 × 28,4 cm,Hirshhorn Museum and Sculpture Garden, Washington DC, aperçu de Montjoie

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Delaunay par eux-mêmes[modifier | modifier le code]

  • Sonia Delaunay et André Lhote, Sonia Delaunay: ses peintures, ses objets, ses tissus simultanés, ses modes, Librairie des Arts Décoratifs, Paris, 1925.
  • Robert Delaunay, Sonia Delaunay, et Arthur Allen Cohen, The New Art of Color: The Writings of Robert and Sonia Delaunay, New York: Viking Press, 1978.
  • Sonia Delaunay, Nous irons jusqu'au soleil, Robert Laffont, Paris, 1978.
  • Charles Delaunay, De la peinture au jazz, Paris, W,‎ 1985, 271 p. (ISBN 2-86-887004-X)

Ouvrages à leur sujet[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Sur trois biographies en français, on trouve comme nom de naissance : Sophie Stern dans le livre: Nous irons jusqu'au soleil, Paris, Robert Laffont,‎ 1978 (ISBN 2-221-00063-3), p. 219, dans l'autre livre : Jacques Damase, Sonia Delaunay, mode et tissus imprimés, Paris, Jacques Damase,‎ 1991 (ISBN 2-904632-34-4), p. 171, et dans le troisième : Georges Le Rider, Florence Callu, Jean Toulet, Sabine Coron, Sonia & Robert Delaunay, Paris, éditions de la Bibliothèque nationale de France,‎ 1977 (ISBN 2-7177-1388-3), p. 3. Cependant, l'article de Evguénia Pétrova mentionne, dans l'ouvrage : le Fauvisme ou l'épreuve du feu : catalogue de l'exposition au Musée d'Art moderne de la Ville de Paris, 29 octobre 1999-27 février 2000, Paris, Paris musées,‎ 2000 (ISBN 2-87900-463-2), p. 451, le nom de naissance Sara Illinichtna Stern. Il est donc nécessaire de respecter les deux versions
  2. Elle revendique cette origine dans sa biographie où sa ville natale est bien orthographiée Gradzihsk, et ne mentionne pas sa religion qui sera secondaire dans sa vie. « Mon père était ouvrier à Gradzihsk, en Ukraine, il travaillait dans une fabrique de clous - Nous irons jusqu'au soleil. p. 12 »
  3. « Le vocable d'Orphisme ne correspond à aucune tendance réelle, mais regroupe seulement et de manière tout à fait arbitraire, un nombre très variable de personnalités extrêmement différentes, souvent même opposées : les Delaunay, Marcel Duchamp, Vassily Kandinsky. Il est donc impossible de retracer l'histoire d'un mouvement pictural qui n'a jamais existé en tant que tel, la seule histoire que l'on puisse valablement raconter étant celle du terme lui-même — Michel Laclotte, Jean-Pierre Cuzin, Dictionnaire de la peinture, p. 631. »
  4. Madame Pétrova était en 2000, vice-directeur du Musée national russe de Saint-Pétersbourg, Collectif fauvisme, section Le fauvisme et les sources folkloriques du primitivisme russe, p. 382
  5. chorégraphie de Michel Fokine, musique de Anton Arenski, Alexandre Taneïev, Nikolaï Rimski-Korsakov, Mikhaïl Glinka, Alexandre Glazounov, Modeste Moussorgski, Nicolas Tcherepnine, décors et costumes de Léon Bakst
  6. Lizica Codreanu (1901-1993) est une danseuse d'avant-garde d'origine roumaine. Elle a notamment dansé sur des musiques de Erik Satie, porté des costumes de Brancusi voir Lizica dans un costume de Brancusi
  7. . La présence de Cocteau avait indisposé Paul Éluard qui y était quand même venu en compagnie de André Breton et de ses amis, qui s'affrontèrent avec ceux de Tzara : la police dut intervenir
  8. pianiste née à La Haye en 1899, morte à Meudon en 1975, elle était l'épouse de Theo van Doesburg, elle a participé à l'expérience Dadaiste. On trouvera plus de détails sur sa biographie en néerlandais Nelly van Doesburg
  9. tableau intitulé d'abordRythmes simultanés, mais dont le titre a été changé pour ne pas confondre avec la série de Rythmes réalisée par Robert dans les années 1937-1938 - Pierre Francastel, p. 805
  10. les différentes versions du marché au Minho ont donné lieu à une étude : Charles Georg, Les marchés au Minho de Sonia Delaunay, Bulletin du Musée d'art et d'histoire de Genève, Bd. XIII, 1965, no 5
  11. l'ensemble des costumes pour Cœur à gaz a été réuni par Jacques Damase dans un seul ouvrage illustré de 13 lithographies en couleurs de Sonia Delaunay, d'après les costumes des acteurs de 1923. C'est la première édition illustrée de la pièce dadaïste. L'ouvrage est tiré à 125 exemplaires signés et numérotés par l'artiste. Catalogue Jacques Damase 1986-1987, p. 28

Références[modifier | modifier le code]

  1. Seuphor 1971, p. 30
  2. Damase 1991, p. 7
  3. Ferrier et Le Pichon 1988, p. 728
  4. a, b et c Damase et Delaunay 1978, p. 12
  5. Damase et Delaunay 1978, p. 174
  6. a, b, c et d Le Rider et al 1977, p. 3
  7. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k et l Damase 1991, p. 171
  8. Damase et Delaunay 1978, p. 17
  9. a et b Damase et Delaunay 1978, p. 19
  10. a, b et c Damase et Delaunay 1978, p. 20
  11. voir Philomène
  12. a et b Fauvisme 2003, p. 387
  13. Fauvisme 2003, p. 382
  14. Fauvisme 2003, p. 26
  15. voir Jeune fille endormie
  16. a et b Leal 2003, p. 55
  17. a et b Fauvisme 2003, p. 395
  18. a, b, c et d Francastel 1958, p. 200
  19. Damase 1991, p. 6
  20. Ameline et Rousseau 1999, p. 183
  21. Ameline et Rousseau 1999, p. 201-211
  22. Damase et Delaunay 1978, p. 22
  23. a, b, c et d Francastel 1958, p. 201
  24. Ameline et Rousseau 1999, p. 29
  25. Damase et Delaunay 1978, p. 33
  26. Damase et Delaunay 1978, p. 32
  27. Charles Delaunay (1987), p.3
  28. Jean-Louis Ferrier, Yann Le Pichon (1988), p. 247
  29. Sonia Delaunay citée dans Delaunay Sonia et Robert, catalogue d'exposition , MNAM, 1984, p. 178.
  30. Damase et Delaunay 1978, p. 35
  31. a et b Damase et Delaunay 1978, p. 34
  32. Laclotte et Cuzin 1987, p. 659
  33. Ameline et Rousseau 1999, p. 3è
  34. Ferrier et Le Pichon 1988, p. 143
  35. voir Les Prismes
  36. a et b voir le tableau Le Bal Bullier
  37. Damase et Delaunay 1978, p. 36-37
  38. Hoog et Dorival 1967, p. 5
  39. Ameline et Rousseau 1999, p. 254
  40. Ameline et Rousseau 1999, p. 255
  41. a et b Ameline et Rousseau 1999, p. 49
  42. Damase et Delaunay 1978, p. 72
  43. a et b Le Rider et al 1977, p. 7
  44. Damase et Delaunay 1978, p. 73
  45. Danseuses espagnoles et chanteur de Flamenco
  46. a, b et c Francastel 1958, p. 203
  47. couverture du catalogue de l'exposition de Stockholm
  48. voir
  49. Le Rider et al 1977, p. 1183
  50. a et b Jacques Damase, Sonia Delaunay (1978), p. 77
  51. a, b et c Le Rider et al 1977, p. 73
  52. Damase et Delaunay 1978, p. 78
  53. œuvres graphiques de Sonia Delaunay, dessins de costumes
  54. a, b, c et d Le Rider et al 1977, p. 75
  55. a, b et c Le Rider et al 1977, p. 76
  56. Damase et Delaunay 1978, p. 77
  57. Damase et Delaunay 1978, p. 78-79
  58. a et b Le Rider et al 1977, p. 78
  59. a, b et c Le Rider et al 1977, p. 8
  60. Damase 1991, p. 66
  61. a et b Le Rider et al 1977, p. 11
  62. a, b et c Georges Le Rider et al. (1977), p. 78
  63. Le Rider et al 1977, p. 81
  64. Damase et Delaunay 1978, p. 85
  65. a et b Damase et Delaunay 1978, p. 84
  66. Le Rider et al 1977, p. 54
  67. Le Rider et al 1977, p. 91
  68. a, b et c Daniel Abadie cité par Damase 1991, p. 57
  69. concept des rayures repris par Jasper Johns
  70. Damase 1991, p. 162
  71. Damase et Delaunay 1978, p. 96
  72. Francastel 1958, p. 207
  73. a et b Le Rider et al 1977, p. 83
  74. Ferrier et Le Pichon 1988, p. 246
  75. Damase 1991, p. 68
  76. livre hommage à Sonia 1926
  77. Damase 1991, p. 72
  78. Bugatti simultanée
  79. citroën simultanée de Sonia et costume assorti
  80. Damase et Delaunay 1978, p. 99
  81. Damase 1991, p. 70
  82. Damase et Delaunay 1978, p. 108
  83. Damase et Delaunay 1978, p. 1149
  84. Le Rider et al 1977, p. 19
  85. Le Rider et al 1977, p. 125
  86. a et b Le Rider et al 1977, p. 126
  87. Le Rider et al 1977, p. 131
  88. a et b Le Rider et al 1977, p. 103
  89. Le Rider et al 1977, p. 132
  90. a et b Le Rider et al 1977, p. 133
  91. a, b et c Ferrier et Le Pichon 1988, p. 358
  92. Le Rider et al 1977, p. 141
  93. voir une peinture murale Voyage lointain
  94. voir Étude pour Portugal
  95. Le Rider et al 1977, p. 140
  96. voir le motif cinétique reproduit d'après Sonia Delaunay Composition III
  97. Ferrier et Le Pichon 1988, p. 359
  98. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j et k Damase 1991, p. 172
  99. Damase et Delaunay 1978, p. 120
  100. Damase et Delaunay 1978, p. 130
  101. Damase et Delaunay 1978, p. 131
  102. a et b Damase et Delaunay 1978, p. 139
  103. voir la lettre A
  104. Damase et Delaunay 1978, p. 171
  105. a et b Francastel 1958, p. 875
  106. Francastel 1958, p. 876
  107. Damase et Delaunay 1978, p. 199
  108. Damase et Delaunay 1978, p. 206
  109. Seuphor 1971, p. 29
  110. la donation Delaunay reste à l'état,la donation de Sonia attaquée par les héritiers
  111. Jacques Damase
  112. pas de catalogue raisonné dans les pistes biographiques
  113. a, b et c Le Rider et al 1977, p. 167
  114. voir Finlandaise
  115. Le Rider et al 1977, p. 35
  116. a et b Francastel 1958, p. 199
  117. Leal 2003, p. 32
  118. voir contrastes simultanés version huile sur toile
  119. voir Dubonnet
  120. Leal 2003, p. 35
  121. Le Rider et al 1977, p. 102 103
  122. voir prismes électriques
  123. voir le Bal Bullier, Prismes électriques, Marché au Minho
  124. voir le tableau p. 18 confronté au premier disque simultané de Robert Delaunay
  125. Composition danseuse répertoriée
  126. répertorié sans image
  127. robes simultanées
  128. Le Rider et al 1977, p. 86
  129. bibliothèque Luis Ángel Arango
  130. Rythme coloré
  131. Le Rider et al 1977, p. 167 168
  132. Le Rider et al 1977, p. 105-112

Liens externes[modifier | modifier le code]