Nicolas Poussin

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Nicolas Poussin

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Autoportrait, 1650
(Musée du Louvre, Paris).

Naissance 15 juin 1594
Les Andelys, Normandie,
Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Décès 19 novembre 1665 (à 71 ans)
Rome, Flag of the Papal States (pre 1808).svg États pontificaux
Nationalité Française
Activités Artiste peintre
Maîtres Quentin Varin
Mouvement artistique Classicisme

Œuvres réputées

L'Enlèvement des sabines
L'Inspiration du Poète

Nicolas Poussin, né au hameau de Villers, commune des Andelys, le 15 juin 1594, mort à Rome le 19 novembre 1665, est un peintre français du XVIIe siècle, représentant majeur du classicisme pictural. Actif aussi en Italie à partir de 1624. Peintre d'histoire, compositions religieuses, mythologiques, à personnages, ou encore de paysages animés. Il fut l'un des plus grands maîtres classiques de la peinture française et un "génie européen", comme le rappelle l'exposition Nicolas Poussin de 1994 à Paris, à l'occasion de la célébration du quatrième centenaire de sa naissance[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Nicolas Poussin quitte à 18 ans la demeure familiale en raison de la désapprobation de ses parents quant à son choix d'une carrière d'artiste peintre. Il se rend à Paris sans ressources, trouve comme protecteur un gentilhomme de Poitiers, entre dans l'atelier de Ferdinand Elle de Malines, puis de Georges Lallemant de Lorraine, mais n'y reste pas longtemps. Ayant rencontré des dessins originaux de Raphaël et de Jules Romain, il les étudie avec ardeur : c'est là réellement sa première école.

Il parcourt à pied le Poitou, revient à Paris, tombe malade d'épuisement et de fatigue, avant d'aller se rétablir aux Andelys, puis de revenir dans la capitale avec le dessein de partir pour Rome, en vue de s'y perfectionner. Il tente vainement deux fois ce voyage : la première fois il parvient à Florence, mais est contraint de s'arrêter ; la seconde, à Lyon.

C'est à son retour de Florence, et logeant à Paris, qu'il fait la connaissance de Philippe de Champaigne, avec lequel il participe en particulier à la décoration du palais du Luxembourg. Il effectue différents et brefs séjours dans les ateliers d'autres peintres ; il ne suit pas de cours académique et à ce titre il est considéré comme un artiste autodidacte. Il gagne sa vie avec quelques commandes.

Concourant en 1623 pour une suite de six tableaux racontant la vie de saint Ignace de Loyola commandés par les jésuites, il remporte le prix et attire ainsi l'attention du Cavalier Marin, poète à la cour des Médicis qui lui procure des entrées auprès des riches familles romaines et l'occupe aux dessins tirés de son poème d'Adonis.

Il entreprend une troisième fois le voyage de Rome où il arrive en 1624 et étudie les antiques avec le sculpteur François Duquesnoy, auquel l'infortune l'avait attaché ; Poussin venge, par ses éloges publics et savants, Le Dominiquin de l'oubli où on le laissait, sans toutefois heurter son rival, le Guide, dont il se plaisait à louer les qualités.

Vers cette époque et probablement à l'instigation de quelques Italiens jaloux, Nicolas Poussin est attaqué par des soldats près de Monte-Cavallo et reçoit une blessure à la main, qui heureusement n'a pas de suites fâcheuses. Devenu malade, il n'a qu'à se louer des soins plus qu'hospitaliers de la part de la famille de Jacques Dughet, son compatriote, pâtissier de son état, chez lequel il recouvre la santé. Il épouse, en 1629, une des filles de son hôte, Anne-Marie. N'en ayant pas d'enfants il adopte un jeune frère de sa femme qui héritera de son nom et de son talent pour le paysage : Gaspard Dughet, dit Poussin.

Plaque commémorative Nicolas Poussin à San Lorenzo in Lucina.

II est chargé de quelques travaux par le cardinal Francesco Barberini, neveu du pape Urbain VIII, et trouve un protecteur affectueux et constant dans le chevalier Pozzo, de Turin ; il reçoit des commandes pour Naples, l'Espagne et la France, est lié avec Jacques Stella, à Rome. Plusieurs invitations pour se rendre en France lui sont faites, et il ne les accepte que lorsque son ami le plus dévoué, Paul Fréart de Chantelou, vient le chercher en 1640. Les plus grands honneurs l'attendent dans sa patrie : Louis XIII et Richelieu lui demandent de superviser les travaux du palais du Louvre ; il est nommé premier peintre du roi et directeur général des embellissements des maisons royales.

La jalousie de Vouet et les petites persécutions des amis de cet artiste font éprouver à Nicolas Poussin le besoin de revoir sa famille ; il demande un congé et repart pour Rome en 1642, avec Gaspard Dughet et Lemaire, en promettant de revenir. La mort de Richelieu et celle de Louis XIII lui font considérer ses engagements comme rompus : il ne revient plus en France, ne cessant pas toutefois de travailler pour elle, et donnant par ses conseils une nouvelle impulsion à son école, ce qui le fera considérer comme le rénovateur de la peinture sous Louis XIV. Nicolas Poussin meurt à Rome le 19 novembre 1665. Il y est enterré dans la basilique San Lorenzo in Lucina.

Son œuvre[modifier | modifier le code]

Le jugement de Salomon (lavis, 1648-49).

La richesse de ses compositions et la beauté de ses expressions l’ont fait surnommer Le peintre des gens d'esprit. Il recherchait le bon goût de l'antique en y associant quelquefois ou en y ramenant les formes de la nature et celles de l'art ; Nicolas Poussin s'attacha principalement aux beautés expressives, comme peignant par un trait vif et précis le langage de la pensée et du sentiment : aussi recherchait-il dans l'antique ce beau idéal ou intellectuel, en même temps que moral, qui lui faisait choisir les sujets historiques les plus propres aux développements nobles et expressifs de la composition et du style. Dans ses excursions au sein de Rome, dans ses nombreuses promenades solitaires, il méditait partout, observait et notait sur ses tablettes tout ce qui frappait sa vue et son imagination, afin de donner à l'antique, son modèle, la diversité, la vie et le mouvement qui lui manquaient. Il s'instruisait des théories de la perspective dans Matteo Zaccolini, de l'architecture dans Vitruve et Palladio, de la peinture dans Alberti et Léonard de Vinci ; il apprenait l'anatomie non seulement dans Vésale, mais dans les dissections de Nicolas Larche ; le modèle vivant dans l'atelier du Dominiquin, l'élégance des formes dans celui d'André Secchi, enfin les plus beaux faits de poésie et d'histoire dans Homère et Plutarque et surtout dans la Bible. Grande science pour les usages et les costumes des Anciens. Il répéta souvent le même sujet en le multipliant par une disposition nouvelle. Nicolas Poussin reçut à Rome une des plus grandes faveurs que l'on accordât aux artistes étrangers : ce fut d'être employé à peindre un tableau représentant le Martyre de saint Érasme, pour être copié en mosaïque, à la basilique de Saint-Pierre de Rome.Dans la seconde période de sa vie, Poussin exécuta rarement des tableaux de grande dimension : d'une conception vive, d'un esprit précis, ses toiles même les plus petites renferment un poème entier. En avançant en âge, il adoucit un peu sa manière, tout en l'agrandissant; son pinceau devint plus moelleux, l'harmonie plus parfaite, la composition plus riche. On lui reproche d'avoir parfois trop divisé ses compositions et dispersé sa lumière, ce qui nuit à l'ensemble des lignes et à l'effet du clair-obscur.Paysages riants et variés, sites riches, naturels et vrais, belle imitation des différents phénomènes de la nature. Tour à tour grave et doux, agréable et sévère, il nous émeut, nous élève dans les diverses scènes qu'il nous représente, et sympathise avec les émotions qu'il fait naître en nous. Possédant, pour la peinture religieuse, la foi qui inspire le génie et le talent qui exécute, Poussin mérite l’une des premières places parmi les peintres de l'école française. D'un caractère généreux et reconnaissant, d'une philosophie douce et religieuse, moins ami des honneurs que de son repos, menant une vie retirée, paisible et très laborieuse ; ami zélé, à qui rien ne coûtait pour obliger ; d'une modestie égale à sa modération, d'un esprit grave, spirituel, noble, franc et affable, d'une raison droite et saine, Nicolas Poussin posséda tout le génie d'un artiste immortel, toutes les vertus de l'honnête homme.

Liste de ses œuvres[modifier | modifier le code]

L'Enlèvement des Sabines, musée du Louvre.

Sa cote[modifier | modifier le code]

  • L’Agonie au jardin ou Le Christ au jardin des Oliviers, huile sur cuivre, 60,3 par 47 cm, adjugée 6 712 500 $, vente chez Sotheby's à New York le 28 janvier 1999, voir Prix record pour un Poussin, article anonyme, publié page 23 dans L’Estampille l’Objet d’Art, de mars 1999.
  • La Fuite en Égypte, huile sur toile, 146 par 216 cm, 1657. Acquis en 2007 par le musée du Louvre, la mairie de Lyon, la région Rhône-Alpes et la participation de 18 mécènes pour le prix de 17 millions d'euros.

Postérité[modifier | modifier le code]

L'historien d'art Chennevières crée le terme de poussinistes et rubénistes pour évoquer la querelle entre rubénistes (les coloristes qui privilégient la force de la sensation) et poussinistes (les dessinateurs qui privilégient la forme) qui s'inscrit dans la querelle des Anciens et des Modernes[2].

Iconographique[modifier | modifier le code]

Littéraire[modifier | modifier le code]

Honoré de Balzac en fit l'un des protagonistes de sa nouvelle Le Chef-d'œuvre inconnu.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (fr)Dictionnaire Bénézit 1999, p. 191
  2. Michèle-Caroline Heck, Le rubénisme en Europe aux XVIIe et XVIIIe siècles, Brepols,‎ 2005, p. 162

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Signature de Poussin
  • (en) Anthony Blunt, Nicolas Poussin, Pallas Athene Publishing, Londres, 1995.
  • Nicolas Poussin, actes du colloque international, Paris 19-21 septembre 1958, Paris, Centre national de la recherche scientifique, 1960, 2 vol.
  • Germain Bazin, Anthony Blunt, Charles Sterling, Nicolas Poussin, catalogue de l'exposition au musée du Louvre, 1960, Paris, Édition des musées nationaux, 1960.
  • Oskar Bätschmann, Poussin, dialectique de la peinture, Zurich 1982, Flammarion Paris 1994 et 2010.
  • Dictionnaire Bénézit, Dictionnaire critique et documentaire des peintres,sculpteurs, dessinateurs et graveurs de tous les temps et de tous les pays, vol. 11, éditions Gründ,‎ janvier 1999, 13440 p. (ISBN 2700030214), p. 191-194
  • Anthony Blunt, Les Dessins de Poussin, Hazan, 1988 (The Drawings of Poussin, Yale University Press, 1979).
  • André du Bouchet, L'Emportement du muet, Paris, Mercure de France, 2000.
  • E. Gandar, Les Andelys et Nicolas Poussin, réimpr. de l'éd. de 1860, éd. de Fontenelle, 1991 (ISBN 2-85019-020-9)
  • Otto Grautoff, Nicolas Poussin, sein Werk und sein Leben, 2 volumes, Munich, 1914.
  • Henry Keazor, Poussins Parerga. Quellen, Entwicklung und Bedeutung der Kleinkompositionen in den Gemälden Nicolas Poussins, Schnell & Steiner, Regensburg 1998, (ISBN 3795411467)
  • Henry Keazor, Nicolas Poussin 1594-1665, Taschen, Hong Kong, Köln, London et al., 2007, (ISBN 3822853194) / (ISBN 978-3822853191)
  • Alain Mérot, Poussin, Paris, Hazan, 1990.
  • Pierre Rosenberg et Renaud Temperini, Poussin “Je n'ai rien négligé”, Paris, Gallimard, coll. « Découvertes » / Réunion des musées nationaux, 1994.
  • Jacques Thuillier, Poussin, Paris, Flammarion, 1994.
  • Jean-Louis Vieillard-Baron, Et in Arcadia ego. Poussin ou l'immortalité du Beau, Éditions Hermann, 2010

Liens externes[modifier | modifier le code]