Céramique japonaise

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La céramique japonaise (陶磁器, Jp. tojiki; ou 焼きもの, Jp. yakimono; 陶芸, Jp. tōgei), l'une des formes d'art les plus anciennes du Japon, remonte à la période néolithique (11 000 ans av. J.-C.). La production s'est poursuivie sans discontinuer jusqu'à l'époque actuelle, donnant une large gamme de terres cuites brutes ou vernissées, poteries, grès et porcelaines à partir de techniques importées de Chine.

Vase à flammes de la période Jōmon, 3000–4000 av. J.-C.
Poterie de la période Yayoi

Historique[modifier | modifier le code]

Origines et préhistoire[modifier | modifier le code]

Dès le Néolithique, les premières poteries de terre molle furent fabriquées à la main et cuites sur feu ouvert. Le décor était constitué de bandes d'argiles ajoutées ou de bandes en relief dont les motifs étaient créés par des incisions de l'ongle. Parfois les décors étaient limités à l'embouchure du vase, mais le plus souvent, ces décors allaient de l'embouchure au milieu du corps. D'après les preuves archéologiques, ces poteries furent parmi les premières réalisées au monde.
Les émigrants continentaux du IIIe siècle av. J.-C., au commencement de la période Yayoi, introduisirent l'usage de la roue et la culture du riz. Le four anagama, dans lequel le grès est chauffé à haute température puis embelli avec une laque de cendres, est produit à cette période. La poterie japonaise (陶芸, tōgei?), également appelée yakimono (焼き物?, litt. « chose cuite ») fut énormément influencée par la Chine et la Corée.

Du Moyen-âge à l'époque moderne[modifier | modifier le code]

Plat à décor Imari, Arita, Japon, XVIIIe siècle
Vase en grès Sumigawa, époque Meiji, Japon
Plat en céramique Oribe avec couvercle, début du XVIIe siècle
Plat Nabeshima, ca. 1690-1710

Les fours médiévaux permirent d'affiner la production de grès qui était encore produit à la fin du XXe siècle, particulièrement dans le centre d'Honshu près de la ville de Seto dans la préfecture d'Aichi. Les articles issus de cette production étaient si couramment utilisés que seto-mono devint le terme générique pour la céramique au Japon. Les campagnes coréennes de Toyotomi Hideyoshi à la fin du XVIe siècle furent surnommées les « guerres de la céramique » à cause de l'importation de potier coréens qui fut la contribution principale de la Corée. Ces potiers introduisirent une variété de techniques nouvelles et de styles dans leur artéfacts qui étaient particulièrement appréciés pour la cérémonie du thé. Il découvrirent également au nord de l'île de Kyushu les ingrédients nécessaires à la production de porcelaine. Bientôt le daimyo put recevoir les invités de ses banquets avec de la porcelaine japonaise.
Vers la fin du XIXe siècle, à l'époque Meiji, une large production de grès destinés à l'exportation se développa dans la région de Tokyo. Ces céramiques prirent le nom de Sumida Gawa en référence à la rivière du même nom située dans le district d'Asakusa. Le style particulier de ces céramiques, aux couleurs vives et aux décors en relief, fut mis au point vers 1890 par le potier Inoue Ryosai I, premier membre d'une dynastie qui allait exporter la majorité de sa production essentiellement vers les États-Unis.

Du XXe siècle à nos jours[modifier | modifier le code]

L'intérêt pour l'art humble des potiers de village progressa dans un mouvement de retour aux traditions dans les années 1920 grâce aux maîtres potiers tels que Shōji Hamada et Kanjirō Kawai (河井 寛次郎, Kawai Kanjirō?) du mouvement Mingei. Ces artistes étudièrent les techniques traditionnelles de laques afin de les conserver pour le futur.

Un nombre d'établissements se mirent sous l'égide de la Division de la Protection des Biens Culturels. Les fours à Tamba, donnant sur Kōbe, continuèrent de réaliser la production quotidienne utilisée pendant la période Tokugawa, tout en y ajoutant des formes modernes. La plupart de la production des villages était faite anonymement par des potiers locaux pour l'usage de la population. Les modèles locaux, indigènes et importés tendent à rester les mêmes. À Kyūshū, les fours établis par les Coréens au XVIe siècle, tels que celui de Koishiwara (小石原?) et ses dépendances d'Onta (小鹿田?), perpétue la fabrication d'articles ruraux coréens de l'époque. À Okinawa, la production villageoise continua sous plusieurs maîtres tel Jirō Kaneshiro (金城 次郎, Kaneshiro/Kinjō Jirō?) qui fut honoré comme un mukei bunkazai (無形文化財?, litt. « trésor culturel vivant »).

Les maîtres modernes des fours traditionnels utilisent toujours les anciennes formules pour la poterie et la céramique pour atteindre de nouvelles limites dans l'accomplissement à Shiga, Ige, Karatsu, Hagi, et Bizen. Masao Yamamoto de Bizen et Kyūsetsu Miwa (三輪 休雪, Miwa Kyūsetsu?) de Hagi furent designés comme mukei bunkazai. Seulement une demi-douzaine de potiers ont été honorés depuis 1989, pour leurs articles ou comme créateurs de techniques supérieures de lustrage ou de décoration. Deux groupes sont chargés de préserver les articles des anciens fours distingués.

Dans la vieille capitale, Kyōto, la famille Raku continue de produire les bols à thé qui firent la joie de Hideyoshi. À Mino, on continue d'utiliser la formule classique de l'époque Azuchi Momoyama pour faire des articles à thé de type seto, tels que la laque cuivre-vert d'Oribe et la laque laiteuse des articles de Shino. Les artistes potiers expérimentent sans fin dans les universités d'arts à Kyōto et Tōkyō pour recréer la porcelaine traditionnelle et ses décorations sous la conduite de maîtres de céramique tels que Yoshimichi Fujimoto (藤本 能道, Fujimoto Yoshimichi?), un mukei bunkazai. Les anciens fours à porcelaine autour d'Arita sur l'île de Kyushu étaient encore maintenus par la lignée de Sakaida Kakiemon XIV et Imaizume Imaiemon XIII, fabricants héréditaires de porcelaine du clan Nabeshima ; les deux dirigeaient des groupes désignés mukei bunkazai.

En contraste, à la fin des années 1980, beaucoup de maîtres potiers ne travaillaient plus pour des fours majeurs ou anciens, mais fabriquaient des articles classiques un peu partout au Japon. Un exemple notable est Seimei Tsuji (辻 清明, Tsuji Seimei?), qui importait son argile de la région de Shiga mais réalisait ses poteries dans la région de Tōkyō.

Un nombre important d'artistes s'occupèrent à redécouvrir le style de décoration et de laque chinois, spécialement la bleu-vert celadon et vert eau qingbai. L'une des laques chinoises préférées au Japon est la laque brun chocolat tenmoku qui couvre les bols à thé rapportés du Sud de la Chine de la dynastie Song (au XIIe et XIIIe siècle) par les moines Zen. Pour leurs utilisateurs japonais, ces articles brun chocolat ont incarné le Zen esthétique de wabi (la simplicité rustique). Aux États-Unis, un exemple notable de l'utilisation de la laque de tenmoku se trouve dans les pots cristallins innovants créés par l'artiste japonais Hideaki Miyamura.

Styles de poteries japonaises[modifier | modifier le code]

  • Arita-yaki ou Imari-yaki – produit dans la préfecture de Saga. Introduite par des potiers coréens au début de la période Edo.
  • Bizen-yaki – produit dans la préfecture d'Okayama. Également appelé Inbe-yaki. Une poterie brun rougeâtre originaire du VIe siècle.
  • Hagi-yaki – produit dans la préfecture de Yamaguchi. Parce que cuite à une température relativement basse, elle est fragile et transmet rapidement la chaleur de son contenu.
  • Karatsu-yaki – produit dans la préfecture de Saga. La poterie la plus produite du Japon occidental. Originaire du XVIe siècle. Grandement influencé par les potiers coréens.
  • Kutani-yaki – produit dans la préfecture d'Ishikawa.
  • Mino-yaki – produit dans la préfecture de Gifu. Comprend Shino-yaki, Oribe-yaki, Setoguro, et Ki-Seto.
  • Onda-yaki – produit à Kyushu. Produit par des familles de pères en fils. La production s'effectue toujours sans électricité.
  • Raku-yaki – produit dans la préfecture de Kyōto. Il y a un proverbe de la hiérarchie des modèles en céramique utilisés pour la cérémonie du thé : « D'abord, Raku. En second lieu, Hagi. Troisièmement, Karatsu.
  • Ryumonji-yaki – produit dans la préfecture de Kagoshima. Commencé par les potiers coréens il y a quatre cents ans.
  • Satsuma-yaki – produits dans l'ancienne province de Satsuma, aujourd'hui préfecture de Kagoshima, et dans d'autres régions.
  • Seto-yaki – produit dans la préfecture d'Aichi, la poterie japonaise la plus produite. Parfois le terme Seto-yaki (ou Seto-mono) est utilisé pour indiquer n'importe quelle poterie japonaise. Voir dans ce style la porcelaine Noritake.
  • Shigaraki-yaki – produit dans la préfecture de Shiga. Un des styles les plus vieux du Japon. Célèbre pour ses poteries de tanuki.
  • Souma-yaki – produit dans la préfecture de Fukushima. Une image d'un cheval (uma ou koma), qui est très abondant dans cette région, est le motif habituel. Ainsi, il est parfois appelé Soumakoma-yaki.
  • Tamba-yaki – produit dans la préfecture de Hyôgo. Également appelé Tatekui-yaki. Une des six sortes les plus vieilles au Japon.
  • Tokoname-yaki – produit dans la préfecture d'Aichi. Souvent des vases à fleur, des bols à riz et des tasses à thé.
  • Tobe-yaki – produit à Shikoku. Souvent de la vaisselle bleu cobalt.
  • Yokkaichi-Banko-yaki – produit dans la préfecture de Mie. Souvent des tasses à thé, des théières, des bases à fleur et des services à saké. Originaire du XIXe siècle.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Christine Shimizu, Le grès japonais, Paris, Massin,‎ 2001, 172 p. (ISBN 2707204269)
  • Christine Shimizu, La porcelaine japonaise, Paris, Massin,‎ 2002, 125 p. (ISBN 2707204250)
  • Christine Shimizu, Toji, Avant-garde et tradition de la céramique japonaise, Paris, Réunion des Musées Nationaux,‎ 2006, 215 p. (ISBN 2711851222)
  • (en) Samuel J. Lurie et Béatrice L. Chang, Fired with Passion : Contemporary Japanese Ceramics, États-Unis, Eagle Art Publishing Inc,‎ 2006, 245 p. (ISBN 978-1-89164-038-4)
  • Georges Le Gars, Imari, Paris, Massin,‎ 2004
  • Henry Trubner, Japanese Ceramics: A Brief History, in "Ceramic Art of Japan", Seattle, USA, Seattle Art Museum, 1972,Library of Congress Catalogue No.74-189738
  • Tsuneko S. Sadao and Stephanie Wada, Discovering the Arts of Japan: A historical Overview, Tokyo-NewYork-London, KODANSYA INTERNATIONAL,2003, ISBN 4-7700-2939-X