Château des ducs de Bretagne

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Château des ducs de Bretagne
Image illustrative de l'article Château des ducs de Bretagne
Vue générale aérienne
Période ou style Médiéval, Renaissance
Type Château fort - Forteresse
Début construction XIIIe siècle
Fin construction XVIe siècle
Propriétaire initial François II de Bretagne
Destination initiale Résidence ducale
Propriétaire actuel Commune de Nantes
Destination actuelle Musée, lieu d'exposition et de concerts
Protection Logo monument historique Classé MH (1840)
Site web www.chateaunantes.fr/fr
Coordonnées 47° 12′ 56″ N 1° 32′ 59″ O / 47.215555556, -1.54972222247° 12′ 56″ Nord 1° 32′ 59″ Ouest / 47.215555556, -1.549722222  
Pays Drapeau de la France France
Région historique Bretagne
Région Pays de la Loire
Département Loire-Atlantique
Commune Nantes

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Château des ducs de Bretagne

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(Voir situation sur carte : Nantes)
Château des ducs de Bretagne

Le château des ducs de Bretagne est un ensemble architectural situé à Nantes, constitué d’un rempart du XVe siècle et d’édifices divers bâtis du XIVe au XVIIIe siècle, classé monument historique depuis 1840.

Après avoir été résidence ducale sous le duc François II et la duchesse Anne, le château est devenu une forteresse royale, siège du gouverneur de Nantes et prison royale, puis caserne à partir du XVIIIe siècle.

Devenu propriété de la ville de Nantes en 1915, le château est affecté à un usage touristique et muséal depuis 1924, notamment sous la direction de Joseph Stany-Gautier, conservateur jusqu’en 1969. De 1990 à 2007, le château a bénéficié d’une rénovation de grande ampleur et est depuis le siège d’un nouveau musée consacré à l’histoire de Nantes.

Localisation[modifier | modifier le code]

Le château des ducs de Bretagne est situé à l’extrémité Est de la vieille ville, en contrebas de la cathédrale Saint-Pierre.

Actuellement, il est bordé au nord et à l’ouest par la rue Prémion, la place Marc-Elder et la rue des États ; à l’est par la place Duchesse-Anne ; au sud par le cours John-Kennedy, qui jusqu’aux années 1930 était un bras de la Loire, le bras de l’Hôpital.

Le château se trouvait en effet au bord de la Loire, qui alimentait ses douves ; tout près de lui, côté ville, se trouvait le port Maillard (l’actuelle « allée du Port-Maillard ») et côté faubourg, le quai de Richebourg (l’actuelle « allée Commandant-Charcot »).

Le château, situé sur la première ligne d’omnibus en 1826, sur la première ligne de tramway en 1879, est actuellement desservi par la Ligne 1 du nouveau tramway et la Ligne 4 du Busway de Nantes à la station « Duchesse Anne - Château des Ducs de Bretagne ».

Histoire du château de Nantes[modifier | modifier le code]

XIIIe siècle, le premier château[modifier | modifier le code]

À partir de 1207, Guy de Thouars, veuf de Constance, duchesse de Bretagne et à ce titre régent du duché, fait construire le premier château dit « de la Tour Neuve » au pied de l'enceinte gallo-romaine de la ville alors circonscrit à l'actuel quartier du Bouffay, remplaçant ainsi le château du Bouffay. Il s'agit d'une tour circulaire en schiste de vingt mètres de diamètre. Guy de Thouars cherche à affirmer le pouvoir des ducs face à celui des évêques de Nantes. Pierre Mauclerc (époux de la duchesse Alix de Thouars, fille de Guy de Thouars) et son fils Jean Ier de Bretagne étendent les fortifications de la cité et agrandissent le château. Élément essentiel du système défensif de la ville, il protège un bras de la Loire, lieu d'intenses activités commerciales[1].

XIVe siècle, le château des Montfort[modifier | modifier le code]

Tour du Vieux Donjon

Durant la seconde moitié du XIVe siècle, le « Chastel de la Tour Neuve » est agrandi par Jean IV de Bretagne, qui fait bâtir plusieurs tours polygonales en granit. La taille du château correspond au rôle stratégique et politique que Nantes représente à cette époque. La tour dite du « Vieux Donjon » est seul vestige de cette époque qui subsiste au XXIe siècle[1].

XVe siècle, le château de François II et d'Anne de Bretagne[modifier | modifier le code]

En 1466, François II de Bretagne décide de reconstruire le château. Le nouvel édifice sera à la fois la résidence principale de la cour ducale et une forteresse militaire capable de résister au pouvoir royal. Une double vocation marquée côté cour par un palais résidentiel de tuffeau blanc aux façades raffinées (le Grand Gouvernement, la tour de la Couronne d'Or, le Grand Logis) et, côté ville, par sept tours massives de schiste et de granit reliées par des courtines et 500 mètres de chemin de ronde.

À la mort de François II en 1488, sa fille, Anne de Bretagne, qui sera reine de France de 1491 à 1514, par ses deux mariages successifs avec Charles VIII et Louis XII, reprend les travaux. Elle renforce notamment la forteresse, côté Loire, en construisant la tour du Fer à Cheval, impressionnant bastion d'artillerie. En 1514, le château revient à sa fille Claude, mariée à François Ier. Pour loger la famille royale, il s'enrichit d'un nouveau bâtiment de style Renaissance : le Logis du Roy, que l'on appelle aujourd'hui le Petit Gouvernement. En 1532, l'édifice devient propriété royale à l'occasion de l'union de la Bretagne à la France.

Du XVIe au XVIIIe siècle[modifier | modifier le code]

Sous les ducs Claude de France, François III et Henri, François Ier de France est usufruitier du duché. Sous son impulsion et au cours des XVIe et XVIIe siècles, le château est choisi comme résidence bretonne des rois de France. Un lieu de prestige qui place Nantes au rang des grandes villes de province, mais qui surtout est un moyen d'affirmer la mainmise de la monarchie française sur ce lieu symbolique[1].

Le rôle militaire du château n'a pas disparu. Ainsi, à partir de 1582, dans un contexte de guerres de religion, le duc de Mercœur, gouverneur de Bretagne, renforce les défenses du château. Soucieux de protéger la ville contre les attaques protestantes venant du Poitou, il fait édifier une terrasse d'artillerie et deux ouvrages de défense en forme d'éperon, appelés bastions. Ces derniers sont équipés de terrasses pour recevoir les canons. Au XXIe siècle, ces transformations ne sont plus visibles qu'au bastion nord et à la Courtine du Levant, où Mercœur a fait apposer ses emblèmes[1]

Le 30 avril 1598, Henri IV séjourne au château lors de sa venue dans la cité pour la signature de l'Édit de Nantes[1] . La signature du célèbre édit ne se fera cependant pas au château, mais selon une tradition populaire, dans la Maison des Tourelles, édifice qui se situait quai de la Fosse et fut détruit au cours de la seconde guerre mondiale, lors d'un bombardement sur la ville[2],[3].

Le Cardinal de Richelieu fait procéder à la militarisation des terrasses des tours d'entrée. Depuis cette période les vitraux et les murs de la chapelle portent les armes du cardinal. Le bâtiment entame sa fonction de prison pour détenus prestigieux. En 1654, le Cardinal de Retz, chef de la Fronde, s'échappe du château où il est détenu[4].

Le 5 septembre 1661, alors que la cour est réunie au château des ducs par Louis XIV pour les États généraux, le surintendant Nicolas Fouquet est arrêté par d'Artagnan, qui conduit un détachement de Mousquetaires gris. Nicolas Fouquet est conduit au château d'Angers où il sera enfermé quelque temps.

Après avoir logé princes, cours et rois, l'édifice, peu à peu délaissé, change d'usage, devient caserne et prison. Il va subir différents dommages ainsi que des transformations importantes : incendie du Grand Gouvernement en 1670 et reconstruction dans le style classique de l'époque sur ordre de Louis XIV[4] ; transformation du château en arsenal au XVIIIe siècle, avec construction du bâtiment du Harnachement pour abriter l'artillerie[4] ; explosion de la tour des Espagnols le 25 mai 1800, entraînant la destruction de la chapelle et des archives.

XIXe et XXe siècles[modifier | modifier le code]

Classé monument historique en 1840[5],[6], le château est vendu par l'État à la ville de Nantes en 1915. En 1924 s'y installe un musée municipal consacré aux arts décoratifs, complété après-guerre de nouvelles salles abritant les collections du musée d'art populaire régional, puis celles du musée des Salorges.

Le château est réquisitionné officiellement le 8 mai 1943 par les troupes allemandes d'occupation, qui construisent un bunker dans son enceinte pour y abriter un central téléphonique.

L'état de dégradation du Grand Logis entraîne sa fermeture en 1970[7].

Les travaux de rénovation[modifier | modifier le code]

Le Grand Logis et la Tour de la Couronne d'Or, après rénovation

Depuis le début des années 1990, la ville de Nantes a mis en œuvre un programme de restauration et d'aménagement pour mettre en valeur ce site, emblématique de l'Histoire de Nantes et de la Bretagne. Après quinze années d'importants travaux de restauration et trois années de fermeture au public, le château a rouvert le vendredi 9 février 2007.

Architecture et décoration[modifier | modifier le code]

Conçu comme une forteresse dans le contexte de lutte pour l'indépendance du duché de Bretagne, le système défensif du château est composé de sept tours reliées par des courtines et un chemin de ronde. Sur cour, un ensemble de bâtiments résidentiels construits en pierre de tuffeau contrastent par leur blancheur et leur raffinement sculpté avec les murailles extérieures.

Le château et la Loire[modifier | modifier le code]

Le bras de la Loire, situé au pied du château est, dès l'Antiquité, une voie navigable essentielle pour la circulation des hommes et des marchandises. Vers 1860, un quai est construit pour permettre de charger et décharger des bateaux et fait office d'entrepôt à ciel ouvert. La ligne de chemin de fer Nantes-Saint-Nazaire, aménagée en bord de Loire, n'a pas encore remplacé le fleuve pour le transport de marchandises. Dans la première moitié du XXe siècle, les comblements font disparaître l'eau du centre du Nantes. Un aménagement paysager est conçu autour du château et des douves purement décoratives sont creusées.

Façades extérieures[modifier | modifier le code]

Entrée entre la tour du Pied-de-Biche et de la Boulangerie, surmontée du campanile
  • les accès : l'entrée principale, situé place Marc-Elder, point vulnérable de la forteresse, possède une herse et deux portes protégées par des ponts-levis à bascule (une grande pour le passage des charrettes et des cavaliers, une plus petite pour le passage des hommes à pied), qui furent récemment restitués lors de la restauration du château. Les deux autres entrées fortifiées historiques, moins connues, sont la poterne de la Loire, sur la façade sud du château, construite par Anne de Bretagne entre 1491 et 1494, et le pont de Secours, sur la façade nord. Ces deux entrées furent également remises en service lors des travaux de restauration.
  • les tours du Pied-de-Biche et de la Boulangerie : ces tours jumelles datent de 1466, année de construction du château par François II. Elles encadrent et protègent l'entrée principale par le pont-levis. La tour de la Boulangerie porte les armes de la duchesse, un écu d'hermine, surmonté de la couronne ducale. Une devise y est également inscrite : « Amavi » (« j'ai aimé » en latin). Il s'agit d'une libre déclinaison (tardive) de la devise des ducs de Bretagne Monfort et de l'ordre de l'Hermine « À ma Vie ». La devise personnelle d'Anne de Bretagne en qualité de reine de France est la formule béarnaise « Non mudera », je ne varierai pas. Quant à la devise personnelle de son père François II, on pense qu'il s'était choisi l'écrit épicurien gravé à l'intérieur d'un bijou de son trésor « Il n'est trésor que de liesse ».
  • la tour des Jacobins : ainsi nommée car elle faisait face au couvent du même nom, elle est parfois appelée tour des Anglais, car elle a servi à emprisonner des soldats anglais au cours du XVIIIe siècle. Est conçue pour résister aux tirs de l'artillerie et adaptée à l'usage des armes à feu. Elle possède neuf chambres de tir aménagées dans l'épaisseur du mur et dotées de canonnières. Un bâtiment la surmontait au XVe siècle[8].
  • la tour du Vieux Donjon : unique vestige visible du château dit de « la Tour Neuve », cette tour polygonale a été construite au XIVe siècle par le duc de Bretagne Jean IV de Monfort.
  • les autres tours : on compte par la suite, dans le sens inverse des aiguilles d'une montre, la tour du Port, la tour de la Rivière et la tour du Fer à Cheval.
  • le campanile : situé côté douves, ce campanile hérissé, d'une flèche puis d'une lanterne surplombe l'entrée. À la suite d'un incendie en 1670, le couronnement détruit du campanile est reconstruit, composé d'un fronton avec, en son centre, une horloge. En 1800, l'explosion de la tour des Espagnols détruit une aile du Grand Gouvernement et le campanile disparaît. Le nouveau campanile a été rétabli entre les tours jumelles à l'occasion de la récente restauration. Réalisé à partir d'un dessin de 1715, il respecte à la lettre les volumes de son « ancêtre ». Avec ses six tonnes et ses huit mètres de haut, il est travaillé dans du chêne de France et taillé de manière traditionnelle, gage de qualité et de longévité.
  • la courtine de la Loire : construite entre 1491 et 1494 par Anne de Bretagne, cette partie de l'enceinte protégeait le château du côté fleuve. Elle est percée d'une entrée fermée à l'origine par une herse, qui était utilisée pour sortir discrètement du château et permettre à certains visiteurs d'arriver par voie d'eau. Au début du XVIe siècle, François Ier ordonne des travaux : ajout d'un bâtiment sur cour s'appuyant sur les remparts, le Petit Gouvernement, et transformation de la partie haute de la courtine. Crénelée, elle est ornée de gargouilles et de mâchicoulis ornés du F de François Ier.

Façades intérieures[modifier | modifier le code]

Le Grand Logis
  • le Grand Logis : réalisé sous François II par Mathelin Rodier et Jean Perréal, ce bâtiment est un lieu de résidence pour le duc de Bretagne et sa cour. Édifiées sous le règne d'Anne, duchesse de Bretagne puis reine de France, les lucarnes témoignent par leur décor sculpté de l'union de la Bretagne à la France : le porc-épic de Louis XII fait face au lévrier d'Anne. Les lucarnes sont de style gothique flamboyant[9].
Les loggias de la tour de la Couronne d'or
  • la tour de la Couronne d'Or : la tour de la Couronne d'Or relie le Grand Logis au Grand Gouvernement. Elle est édifiée sous François II et achevée sous sa fille Anne de Bretagne, tient son nom de la proximité du puits, surmonté de fers forgés symbolisant la couronne ducale. La tour est haute de quarante mètres. Quatre loggias sur deux niveaux, qui sont des pièces ouvertes sur l'extérieur, agrémentent les étages élevés de la tour. Elles sont principalement réservées à la détente, la parade et permettent d'assister aux fêtes dans la cour. Elles constituent un élément décoratif nouveau, issu des premières influences italiennes.
  • le Grand Gouvernement : ce corps de bâtiment, autrefois appelé le Palais Ducal, a été reconstruit sur ordre de Louis XIV suite à un incendie. Il s'appelle aujourd'hui le Grand Gouvernement, en souvenir du gouverneur de Bretagne Charles de La Porte, duc de la Meilleraye, qui décide de s'y installer au XVIIe siècle. Mutilées pendant la Révolution, les armoiries de Louis XIV ont été restaurées en 1999.
  • la partie détruite : le 25 mai 1800, une violente explosion, déclenchée par l'effondrement d'un plancher vermoulu sur lequel étaient stockées trois tonnes de poudre, anéantit la tour des Espagnols, le bâtiment du Lieutenant du Roi ainsi que la chapelle et la salle des archives, qui se trouvaient dans le prolongement du Grand Gouvernement. On déplore également 60 morts, 108 blessés et une centaine de maisons du voisinage endommagées. Les militaires reconstruisent un mur en schiste pour combler la brèche. Son aspect le plus sombre le distingue du mur médiéval, qui présente en alternance des blocs de granit et de fines assises de schiste. Les fondations de la tour sont toujours visibles de nos jours dans les douves.
Le Petit Gouvernement
  • le Petit Gouvernement : de style Renaissance, il garde ses cheminées de brique et d'ardoise d'origine. Construit sur ordre de François Ier, il sert de « logis du roi » lors de ses séjours à Nantes. Il communique par les combles avec le chemin de ronde. François Ier obtient en 1532, grâce à son épouse Claude de France, l'« union perpétuelle » entre la France et la Bretagne. Le Petit Gouvernement se prolonge par le Pavillon de la Rivière.
La conciergerie
  • la conciergerie : ce bâtiment a été édifié au début du XVIIIe siècle afin de loger le lieutenant du Roi puis les bureaux de l'arsenal. Il est devenu la conciergerie du château en 1924 lors de la transformation du site en musée.
  • le Harnachement : ce bâtiment abrite des expositions temporaires.

Musées et tourisme[modifier | modifier le code]

Le musée actuel regroupe les collections de plusieurs musées antérieurs.

Les musées antérieurs[modifier | modifier le code]

La municipalité décide l'utilisation du château comme musée en 1921. En 1922, Joseph Stany-Gauthier, professeur à l'École des Beaux-Arts de Nantes, est nommé conservateur. En 1924, sont ouverts deux musées : Arts et traditions populaires et Arts décoratifs, utilisant des collections de l'École des Beaux-Arts.

Musée des Arts et traditions populaires

Joseph Stany-Gauthier met l'accent sur le premier musée, consacré principalement aux productions du littoral sud de la Bretagne (notamment un intérieur de maison du Bourg de Batz), accessoirement de la lisière Vendéenne (intérieur maraîchin acquis en 1929). En 1939, le château est le lieu d'un congrès de folklore celtique en présence de Georges Henri Rivière, directeur du Musée national des arts et traditions populaires de Paris.

Musée des Tissus

Les collections étaient orientées selon deux grands pôles : l'Orient et l'Occident. Tapisseries coptes, tissus de la Perse sassanide, tissus byzantins et musulmans, tapis d'Asie mineure, retraçaient l'évolution des civilisations orientales. La genèse de l'Occident se fondait sur les productions de Sicile et des républiques italiennes, bientôt relayées par l'essor artistique français. Les productions lyonnaises occupaient une place prépondérante avec les dessinateurs ornemanistes Pillement, Philippe de la Salle ou Dugourc. Le XIXe siècle est illustré par les commandes impériales et royales puis le XXe siècle avec des talents tels que Raoul Dufy et Sonia Delaunay.

Musée des Salorges

Ce musée fondé en 1923 à l'initiative de la famille Amieux ouvre en 1928 sous la direction de Bernard Roy dans le bâtiment de la plus vieille conserverie nantaise, celle de Joseph Colin. Il devient municipal dans les années 1930. Il est consacré à l'activité commerciale et industrielle de Nantes. Il est fortement touché par les bombardements de 1943. Après la guerre, Bernard Roy ne réussit pas à obtenir la reconstruction de l'ancien bâtiment. Les collections subsistantes sont transférées au musée Dobrée, puis au château. Joseph Stany-Gauthier réoriente cependant la présentation vers l'aspect "navigation" (le musée des Salorges devient "musée de la Marine") au détriment de l'aspect nantais.

Musée archéologique de Loire-inférieure

Ce musée a été créé en 1931 dans le Petit-Harnachement en complément des collections du musée Dobrée. Avec l'agrandissement de ce dernier dans les années 1970, les salles du Petit-Harnachement sont devenues inutiles et donc fermées. Certaines pièces phares du musée archéologique du château, notamment des mosaïques trouvées dans la crypte de la cathédrale, n'ont toutefois jamais été présentées au Musée Dobrée.

Musée de Nantes par l'image

Ce musée fonctionne des années 1920 aux années 1960 dans le bâtiment de la porte Saint-Pierre, avec en particulier une maquette du port. Après sa fermeture, les collections sont transférées au château.

Les musées du château de Joseph Stany-Gauthier à Daniel Samson[modifier | modifier le code]

Après la mort de Joseph Stany-Gauthier en 1969, le nouveau conservateur, Pierre Chaigneau (jusqu'en 1977) est critique par rapport à son prédécesseur, en particulier sur le mode de présentation, plutôt traditionnel. Il envisage un musée double : productions populaires (artisanales) et productions industrielles.

À la fin des années 1980, son successeur, Daniel Samson, propose une restructuration des collections municipales avec six musées dont trois au château. La municipalité opte finalement pour un musée unique autour de l'histoire de Nantes.

Le musée d'histoire de Nantes[modifier | modifier le code]

Le musée d'histoire de Nantes occupe 32 salles du château rénové. Jalonné de dispositifs multimédias, le musée présente plus de 850 objets de collection. En proposant des clefs de lecture de la ville qui mettent en perspective passé, présent et avenir, le château et son musée s'inscrivent dans une vision actuelle du patrimoine. Un portrait de la ville en sept grandes séquences est présenté au public :

  • Le château, Nantes et la Bretagne de l'Antiquité jusqu'au XVIIe siècle
  • Nantes, fille du fleuve et de l'océan
  • Le négoce et l'or noir au XVIIIe siècle
  • Nantes en Révolution
  • Un port colonial et industriel (1815-1940)
  • La nouvelle forme d'une ville (1940-1990)
  • Une métropole atlantique, aujourd'hui et demain

Le parcours s'achève par une vision de la ville, création multimédia d'un artiste contemporain. Pierrick Sorin est le premier artiste invité.

Le 2 juin 2000, lors de la vente aux enchères des archives de la chanteuse Barbara à Cheverny, la partition manuscrite de la chanson Nantes est préemptée par le ministère de la Culture pour le compte de la ville de Nantes. Ce document est maintenant exposé dans le château des ducs de Bretagne.

Le circuit des remparts[modifier | modifier le code]

La création d'un circuit complet des remparts, la mise en place d'un premier accès par les douves et d'un second par une passerelle, l'arrangement d'un jardin dans les douves, la mise en lumière nocturne participent à la renaissance du site. Les 500 mètres de chemin de ronde sur les remparts fortifiés offrent des points de vue sur les bâtiments, la cour, les douves, mais aussi sur la ville : la tour LU, l'emplacement du bras de la Loire qui baignait le château avant les comblements des années 1930, la cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul et le quartier Bouffay.

Le château la nuit[modifier | modifier le code]

Éclairages nocturnes
Château des ducs de Bretagne, entre 1890 et 1905. Entrée du pont dormant, encadrée par la tour du Pied-de-Biche et celle de la Boulangerie. La troisième tour est la tour des Jacobins.

L'éclairage nocturne valorise le site dans sa complexité architecturale au sein du tissu urbain. À l'entrée principale par le pont dormant, une lumière chaude, orangée, jaillit de l'intérieur au niveau des courtines. Dans le jardin des douves, l'éclairage de la contre-escarpe octroie une lumière plus sombre. Sur la façade sud, une lumière mouvante glisse sur l'imposante muraille…

Cette mise en lumière a valu à ses concepteurs, Sylvie Sieg et Pierre Nègre de l'« Atelier Lumière », le Trophée européen Lumiville 2007, prix de la conception lumière.

Personnalités liées au château des ducs de Bretagne[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Le château a servi de décor pour le film Jean Chouan de Luitz-Morat (1926)[12].

Galerie[modifier | modifier le code]

L'entrée du château
Façade du château
Vue panoramique de la cour du château

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Ouvrage Collectif Musée Nantes, Château des ducs de Bretagne ; Musée d'histoire de Nantes, Nantes, Musée d'histoire de Nantes,‎ 2007, 107 p.
  • Guy Saupin, Le Château des ducs de Bretagne, Nantes, Musée d'histoire de Nantes,‎ 2007, 20 p.
  • Guy Saupin, "Le château des ducs", dans Didier Guyvarc’h, La Mémoire d’une ville. 20 images de Nantes, Nantes-Histoire/Skol Vreizh, Morlaix, 2001.
  • Ouvrage Collectif Flohic, Le Patrimoine des communes de la Loire-Atlantique, vol. 2, Charenton-le-pont, Flohic éditions,‎ 1999, 1383 p. (ISBN 2-84234-040-X)
  • Armel de Wismes, Le vieux Nantes, Nantes, Infolio,‎ 1992, 65 p. (ISBN 9782909449005) Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e Pétré-Grenouilleau 2008, p. 40
  2. Baron Gaëtan de Wismes, « Les personnages sculptés des monuments religieux et civils de Nantes », p. 99.
  3. Pied 1906, p. 123
  4. a, b et c Pétré-Grenouilleau 2008, p. 41
  5. « Classement du château des ducs de Bretagne », base Mérimée, ministère français de la Culture. Consulté le 15 mars 2012.
  6. Voir la Liste des monuments historiques de 1840.
  7. Dépliant Ouest France - Château des ducs de Bretagne.
  8. Panneau de renseignement du château des ducs de Bretagne.
  9. Armel de Wismes 1992, p. 30
  10. Guide du routard - Pays de la Loire, 2001 - 2002
  11. Nantes, Guy Ganachaud, Hervé Boulé, Éditions Ouest France.
  12. Antoine Rabaste, Il était une fois à l'Ouest : Nantes et Saint-Nazaire sous les projecteurs, Nantes, éditions Coiffard,‎ 2013, 256 p. (ISBN 978-2-91933-929-7), p. 252.