Gravelines

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50°59′14″N 2°07′42″E / 50.98722, 2.12833

Gravelines

Le beffroi de Gravelines
Le beffroi de Gravelines

Gravelines#Héraldique
Détail
Administration
Pays France
Région Nord-Pas-de-Calais
Département Nord
Arrondissement Dunkerque
Canton Gravelines
Code Insee abr. 59273
Code postal 59820
Maire
Mandat en cours
Bertrand Ringot
2008-2014
Intercommunalité Dunkerque grand littoral
Démographie
Population 11 828 hab. (2006)
Densité 522 hab./km²
Gentilé Gravelinois(es)
Géographie
Coordonnées
géographiques
50° 59′ 09″ Nord
         2° 07′ 42″ Est
/ 50.9858, 2.1283
Altitudes mini. 0 m — maxi. 25 m
Superficie 22,66 km²

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Gravelines (Grevelingen en néerlandais, du germanique grabaninga = le canal) est une commune française, située dans le département du Nord et la région administrative Nord-Pas-de-Calais.

La commune a été classée trois fleurs Image:Ville fleurie.svgImage:Ville fleurie.svgImage:Ville fleurie.svg au concours des villes et villages fleuris[1].

Sommaire

[modifier] Géographie

Gravelines dans son canton et son arrondissement

[modifier] Situation

Gravelines jouit d’une position stratégique à la limite de la Flandre maritime en bordure de la mer du Nord aux bouches de l' Aa aux portes de l'Artois. Avec cinq capitales à moins de 350 km.

[modifier] Communications

Le tunnel sous la Manche, le TGV et l’Eurostar, les liaisons autoroutières A16, A25.

[modifier] Héraldique

Armes de Gravelines (Nord)

Les armes de Gravelines se blasonnent ainsi :D'or au lion de sable lampassé de gueules, à la bordure endentée du même.

[modifier] Administration

L'hôtel de ville de Gravelines
Place Charles Valentin
Liste des maires successifs
Période Identité Parti Qualité
2008 2014 Bertrand Ringot PS Conseiller général
2001 2008 Bertrand Ringot PS Conseiller général
1995 2001 Léon Panier SE ...
1989 1995 Albert Denvers PS Député, conseiller général
1983 1989 Albert Denvers PS Député, conseiller général
1977 1983 Albert Denvers PS Député, conseiller général
1971 1977 Marguerite Denvers-Sockeel PS ...
1965 1971 Marguerite Denvers-Sockeel PS ...
1959 1965 Albert Denvers PS Député, conseiller général
1953 1959 Albert Denvers PS Député, sénateur
1947 1953 Albert Denvers PS Sénateur, conseiller général
1944 1947 Victor Cirot ... ...
1942 1944 Charles Auguste Merlen ... ...
1935 1941 Hector Vendiesse ... ...
1932 1935 Charles Cirot ... ...
1929 1932 Hector Vendiesse ... ...
1919 1929 Daniel Haemers ... ...
1904 1919 Urbain Valentin ... ...
Toutes les données ne sont pas encore connues.

La Commune de Gravelines, est constituée de quatre lieux:

  • Gravelines centre : c'est le centre-ville ceint par les fortifications
  • Les Huttes : c'est l'ancien petit village de pêcheurs, il existait déjà sous l'Ancien Régime. Il se situe à 1 km du centre-ville sur la route de Dunkerque.
  • Petit-Fort-Philippe : petit hameau qui s'est développé au bord du canal, au cours du XIXe siècle. Il se situe à 1 km du centre-ville au bord de la mer. C'est aujourd'hui la station balnéaire de Gravelines.
  • Pont de Pierre : c'est un quartier résidentiel neuf à 1,5 km du centre-ville, autrefois parsemé de fermes.

[modifier] Démographie

Évolution démographique
(Source : INSEE[2])
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006
7720 8167 9039 11 576 12 336 12 481 11 828
Nombre retenu à partir de 1962 : population sans doubles comptes

[modifier] Histoire de la ville

Gravelines, porte des Pays-Bas
La défaite de l'Invincible Armada au large de Gravelines
La siège de Gravelines en 1644
Le chenal de Gravelines

[modifier] Origine

Au temps de la conquête romaine, le Pays des Morins dont Gravelines faisait partie, était envahi par les eaux. L'histoire de la ville ne commence réellement qu'en 800 après l'assèchement du Blootland, ou une chapelle dédiée à Saint Willebrord un évèque anglo-saxon y est construite.

[modifier] Prospérité et misère au Moyen-âge

  • Vers le milieu du XIIe siècle le comte de Flandre,Thierry d'Alsace, décide de donner à son domaine une porte sur la mer. Il y établit un port en canalisant les eaux de l'Aa et y font construire une maison forte qui lui sert de résidence. Créée entre 1159 et 1163, La ville reçoit d’abord le nom de Nieuwpoort que l’on doit traduire par Ville Neuve puis celui de Graveningis, l’une des anciennes appellations de cette contrée, nom qui va progressivement se transformer en Gravelines. Port de pêche aux harengs, port de transit pour le sel, les fruits et le vin, Gravelines acquiert une place de tout premier ordre et une grande prospérité d’autant que les terres environnantes s’assèchent, permettant ainsi le développement de la culture et de l’élevage. Le commerce qu'y entretiennent les marchands de Saint Omer, permet à la nouvelle ville de devenir un important port sur le littoral.
    La ville semble connaître la prospérité grâce au commerce et à la pêche mais elle est très vite confrontée aux tourments de l’Histoire. En effet à de multiples reprises Gravelines se fait ravagée pour des raisons politico militaires.
  • Dès le XIIIe siècle, les activités de la cité déclinent. L'ensablement de l'estuaire de l'Aa rend le port difficile d'accès. La ville peine également à se remettre des raids français effectués à plusieurs reprises par les soldats de Philippe Auguste et de Philippe le bel:
  • En 1212, Philippe-Auguste, Roi de France, ravage la ville pour punir le comte de Flandre de ne pas s’allier à lui contre les Anglais.
  • En 1302, sous Philippe le Bel, Oudard de Maubuisson prend la ville et la saccage à nouveau, de même que les Anglais en 1383 après la prise de Calais (guerre des urbanistes et des clémentins). Elle se relève lentement, un nouveau chenal est creusé au nord-est de la ville.
  • au Xve siècle, elle fut le théâtre de la réconciliation des maisons d'Orléans et de Bourgogne, où Philippe réconcilié emmène le duc d'Orléans à Saint-Omer, où il lui fit épouser Marie de Clèves, dont il paya la dot.

[modifier] La porte d'entrée des Pays-Bas

Gravelines est une ville frontière située sur le fleuve de l'Aa qui sert de limite entre la Flandre et le Calaisis. Enjeu stratégique, elle est d'abord fortifiée par les ducs de Bourgogne. Au XVIe siècle, l'empereur Charles Quint fait réédifier le château et lance un vaste programme de bastionnement. Son fils Philippe II continue les travaux et fait construire sur la dune le fort qui portait son nom (en ruines au 18e siècle).

À cause de son enjeu et de sa situation géographique, la forteresse de Gravelines fut à de nombreuses reprises attaquée :

  • le mai 1213, Philippe Auguste choisit le site de Gravelines pour embarquer son immense armée pour envahier l'Angleterre. Durant un mois, attendant le comte de Flandre, le roi y demeure. Le 22 mai, le prélat du pape arrive à Gravelines lui annoncer qu'Innocent III a condamné l'invasion de l'Angleterre et le débarquement est annulé.
  • Du 24 avril au 17 septembre 1383, Henry Spencer, évêque de Norwich entreprend une expédition en Flandre qui commence et se termine à Gravelines libérée par l'intervention du roi de France Charles VI.
  • Le 13 juillet 1558, le comte d'Egmont gagna, au profit des Espagnols, une grande bataille sur les Français. Après la prise de Calais par le duc de Guise, une offensive française avait été lancée sur la Flandre par le maréchal de Thermes.
  • À cause de son emplacement géographique, Gravelines connut le passage d'armées ennemies : Valentin de Pardieu devient gouverneur de Gravelines en 1574 [3]. En 1598, il fait construire un fort entre la ville et Le Havre et fait entrer des troupes espagnoles dans la ville.
  • Le 29 juillet 1588, la flotte anglaise coule l'Invincible Armada espagnole au large de la ville.

Au XVIIe siècle, la place connaît une série de conflits qui la détruisent. Gaston, frère de Louis XIII assiège et prend la place en 1644. L'archiduc Léopold assiége la citadelle et la prend en 1652. En 1654, les trois-quarts des habitations sont détruites par l'explosion de la poudrière du château. Enfin, attaquée de nouveau en 1658, elle est reprise par le maréchal de La Ferté et le futur maréchal de Vauban[4].

[modifier] Gravelines, ville française

Après le traité des Pyrénées (1659), Gravelines reste à la France mais ses murs perdent de leur valeur du fait du recul de la frontière. La ville demeure une ville de garnison jusqu'au début du XXe siècle.

Au début du 19 ème siècle, Le phare est au bout d'une longue perche, et mal-aisément aperçu de loin ; il ne peut aider à conduire que des marins bien informés de l'état de Yestrau : c'est le nom qu'on donne à ces parages ; il induirait plutôt les autres en erreur, et ne serait propre qu'à causer des naufrages, mais (en 1825) « malgré le mauvais état de son port, Gravelines fait un commerce assez considérable avec l'Angleterre. Ce commerce consiste en beurre, en noix , en pommes et surtout en œufs. Des barques et des charrettes arrivent tous les jours chargées de ces objets ; elles viennent de l'intérieur de la France et jusque des environs de Paris ; on en forme la cargaison de bâtiments de trente à quarante tonneaux, qui partent régulièrement toutes les semaines pour Douvres et pour Londres. Les œufs valent quelquefois 70 à 80 fr. le mille. La quantité qu'on en exporte fait croire aux Flamands que les Anglais ne peuvent se passer d'omelettes, et l'on ne manque jamais à Gravelines de leur en servir, quand ils débarquent directement dans ce port, ou qu'ils y passent, soit en allant de Calais à Dunkerque, soit en retournant de Dunkerque à Calais (Le seul département du Nord peut fournir par an 53 à 54 millions d'oeufs , dont la majeure partie se consomme dans le pays ; le reste passe en Angleterre) ».[5]

Au XIXe siècle, Gravelines voit la ressource halieutique locale se raréfier. (On fait ici la pêche de la morue , du hareng, du maquereau ; mais tous ces poissons, qui se tenaient volontiers jadis sur nos cotes, se rejettent depuis plusieurs années sur la cote d'Angleterre. Nos pécheurs en souffrent beaucoup commente F.J. Grille[6].
Les hameaux extra-muros se développent néanmoins grâce à la pêche à Islande. L'un d'entre eux réussit même à obtenir son indépendance. Il s'agit de Grand-Fort-Philippe qui se transforme en commune indépendante en 1884. Un chantier naval y est renommé pour la construction des petits navires ; il « fait venir son bois de la Norvége, en attendant que nos directeurs-généraux des forêts aménagent celles que nous possédons encore, et en fassent planter de nouvelles » précise F.J. Grille en 1825.

Aujourd'hui, Gravelines n'est plus la ville réputée miséreuse qu'elle fut durant une grande partie de son histoire. L'installation de la plus grande centrale nucléaire d'Europe (6 réacteurs) sur son territoire a complètement métamorphosé sa physionomie, grâce notamment à la taxe professionnelle versée par EDF.

[modifier] Langue régionale

Du fait d'une importante émigration en provenance de l'Artois, Gravelines s'est très tôt habitué à une forme de parlé picard spécifique du littoral plus ou moins intercompréhensible avec les autres formes de picard parlées dans le reste de la région Nord - Pas de Calais, tandis qu'à quelques kilomètres de là, à Bourbourg, on parlait encore flamand en 1800.

Les habitants de Gravelines, comme d'ailleurs tous les habitants du Nord - Pas de Calais, appellent "patois" leur forme de parlé picard.

[modifier] Patrimoine

La poudrière abritant l'actuel musée de l'estampe d'ans l'enceinte de l'arsenal
La porte aux boulles


  • L'enceinte fortifiée fut conçue sous Charles Quint et les rois d'Espagne, qui la dotèrent de bastions d'angle couverts par un système de demi-lunes, de fossés en eau profonde et de contregarde. Elle fut légèrement remaniée par Vauban à la fin du XVIIe siècle.
  • Le château, appelé aujourd'hui l'arsenal, date du XVIe siècle, et a été restauré par Vauban après l'explosion de la poudrière en 1654.
  • L'église Saint Willibrord fut en grande partie détruite par un ouragan sous le Premier Empire (effondrement de la flèche et du clocher). Édifiée en 1598, l'église Saint-Willibrord était de type hallekerque. Aujourd'hui, seule la façade est d'origine, avec un remarquable portail renaissance. A l'intérieur, dans la chapelle du bas-côté droit, on trouvera un retable datant du début XVIIe siècle. Des lambris, un buffet d'orgues orné d'instruments de musique entrelacés et une belle chaire de bois sculpté du XVIIe siècle constituent un ensemble de belle qualité. L’église contient également les tombeaux de Claude Berbier du Metz (gouverneur) et de la famille Du Hamel. Celui de Valentin de Pardieu[7], l'un des plus prestigieux gouverneurs de Gravelines, a été détruit.
La citerne militaire
La caserne Varenne
Un corps de garde

[modifier] Personnalités liées à la commune

[modifier] Économie

  • La centrale nucléaire de Gravelines est la seconde centrale la plus productive d’Europe, avec 35 TWh produits par an, après la Centrale nucléaire de Zaporijjia (Ukraine) qui produit 37 à 38 TWh/an et la plus puissante ex-aequo avec celle-ci (6 réacteur de 910MW toute les 2).
  • Aluminium Dunkerque appartenant au groupe Alcan.
  • Aquanord : ferme aquacole, leader français de la production de bars et de dorades.

Au total, ce sont plus de 300 entreprises qui sont implantées sur la commune de Gravelines.

[modifier] Culture

Le canal de Gravelines, vu de la flaque des espagnols par Georges Seurat, 1890.
  • Musée du dessin et de l'estampe originale
  • La médiathèque
  • La scène Vauban
  • L'école de musique
  • Les bals de carnaval

[modifier] Sports

[modifier] Jumelages

Drapeau de l'Allemagne Biblis (Allemagne)
Islande Fáskrúðsfjörður (Islande)
Angleterre Dartford (Angleterre)

[modifier] Voir aussi

Wikimedia Commons propose des documents multimédia libres sur Gravelines.

[modifier] Liens externes

[modifier] Sources

  • Franck Lechenet, Éditions Cadré Plein ciel, livre sur Vauban : Plein Ciel sur Vauban (ISBN 978-2-952857017) pages 120 à 123.

[modifier] Notes

  1. Site officiel des Villes et Villages Fleuris
  2. Gravelines sur le site de l'Insee
  3. Collection des mémoires relatifs à l'histoire de France, page50, de Claude Bernard Petitot et Alexandre Petitot
  4. Martin Barros, Nicole Salat et Thierry Sarmant. Vauban - L’intelligence du territoire. Éditions Nicolas Chaudun et Service historique de l'armée, Paris, 2006. Préface de Jean Nouvel. 175 p, ISBN 2-35039-028-4, p 166
  5. Description du département du Nord Par François Joseph Grille (d'Angers) paris, Ed Sazerac & Duval, 1825-1830 (livre commencé en 1824)
  6. Description du département du Nord Par François Joseph Grille (d'Angers) paris, Ed Sazerac & Duval, 1825-1830 (dans les pages consacrées à Gravelines)
  7. Annales du Comité flamand de France, Page 223, Conservatoire national des arts et métiers (France), 1855
  8. Histoire de la ville de Doullens et des localités voisines, page 244 d' Antoine-Joseph Warmé - 1863 - 559 pages


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