Jean-Auguste-Dominique Ingres

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Jean-Auguste-Dominique Ingres

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Autoportrait, 1804, Musée Condé, Chantilly.

Naissance
Montauban
Décès (à 86 ans)
Paris
Nationalité Drapeau de la France France
Activités Artiste-peintre
Formation Académie de Toulouse
Maîtres Joseph Roques, Jacques-Louis David
Élèves Amaury-Duval, Théodore Chassériau, Hippolyte Flandrin
Mouvement artistique Néo-classicisme
Influencé par Raphaël
Influença Edgar Degas, Jean-Léon Gérôme, Auguste Renoir, Pablo Picasso
Récompenses Prix de Rome

Œuvres réputées

La Grande Baigneuse, La Grande Odalisque, Œdipe explique l'énigme du sphinx

Jean-Auguste-Dominique Ingres, né le à Montauban et mort le à Paris[1], est un peintre français néo-classique du XIXe siècle.

Biographie[modifier | modifier le code]

Son père, Jean-Marie-Joseph Ingres, peintre et sculpteur, a favorisé ses penchants artistiques. Il est formé à l’Académie de Toulouse, où il entre à l’âge de 11 ans, par Jean Suau, puis se rend à Paris, en 1796, pour étudier sous la direction de David. Il s’éloigne de son classicisme par son dévouement à un idéal de beauté fondé sur de difficiles harmonies de lignes et de couleurs. Il peint le portrait d'amis ainsi que de Pierre-François Bernier, qu'il connaît de Montauban. Il remporte le Prix de Rome en 1801 au cours de sa deuxième tentative, avec Les Ambassadeurs d'Agamemnon. En juin 1806, il se fiance[2] avec Marie-Anne-Julie Forestier.

En 1806, Ingres découvre à Rome Raphaël et le Quattrocento, qui marquent définitivement son style. Ces années de travail sont les plus fécondes avec les nus, parmi lesquels La Baigneuse, les paysages, les dessins, les portraits et les compositions historiques. Il est en pleine possession de son art et son séjour à Rome est aussi l'occasion de tisser des liens amicaux avec les grands commis de l'administration impériale : le comte de Tournon et sa mère, Edmé Bochet et sa sœur Cécile Bochet madame Henry Panckoucke, Hippolyte-François Devillers, le baron de Montbreton de Norvins, .... En France, cependant, ses toiles peintes en Italie ne plaisent pas. L’artiste décide alors de rester à Rome. Il se marie en 1813 avec Madeleine Chapelle (1782-1849), une jeune modiste habitant Guéret. Ingres réalisa 10 portraits de sa femme. Mais le plus célèbre tableau sur lequel elle apparait est Le Bain turc. Madeleine est l'odalisque aux bras levés qui s'étire au premier plan. Le tableau a été réalisé en 1862 après le décès de Madeleine. Elle fut peinte d'après un croquis qu'Ingres avait réalisé en 1818.

Tombe d'Ingres, Cimetière du Père-Lachaise, Paris, buste réalisé par Jean-Marie Bonnassieux (1810-1892).

À la chute de Napoléon Ier, des difficultés économiques et familiales l’entraînent dans une période assez misérable pendant laquelle il peint, avec acharnement, tout ce qu’on lui commande. Il sollicite ses amitiés romaines et ses bonnes relations avec les Panckoucke et les Bochet lui font rencontrer Charles Marcotte d'Argenteuil, ami d'Edouard Gatteaux, ami proche d'Ingres. Très vite, Charles Marcotte d'Argenteuil devient un proche du peintre, jusqu'à devenir un de ses principaux mécènes jusqu'à son décès en 1864. Après la mort de Madeleine, ce dernier ira même jusqu'à lui présenter sa nièce, Delphine Ramel, qu'Ingres épousera le 15 avril 1852. De ce mariage, viendra la décision d'acheter la maison de Meung-sur-Loire avec son nouveau beau-frère Jean-François Guille, notaire et conseiller général du Loiret, où il se retirera tous les étés pour bénéficier de la douceur et de la lumière de la Loire.

Nombre de membres de la famille Marcotte seront de fidèles acheteurs comme Philippe Marcotte de Quivières et ses frères Marcotte de Sainte-Marie et Marcotte de Genlis, le baron Charles Athanase Walckenaer, Alexandre Legentil et le baron Hubert Rohault de Fleury, tous deux initiateurs du projet de la Basilique du Sacré-Cœur de Montmartre, Cécile Bochet devenue madame Henry Panckoucke et baronne Morande-Forgeot, et le clan Ramel.

Il trouve finalement le succès en France avec la présentation, lors du salon de 1824, du Vœu de Louis XIII, destiné à la cathédrale de Montauban. Il devient directeur de l’Académie de France à Rome de 1835 à 1840. Appelé, le , à faire partie du Sénat impérial, il y vota jusqu'à sa mort conformément aux vœux du pouvoir[3]. Il avait été fait grand officier de la Légion d'honneur ([4]).

Ingres attache au dessin une grande importance et déclarait à ce sujet : « Une chose bien dessinée est toujours assez bien peinte »[5]. La galerie de portraits réalistes qu’il laisse, constitue un miroir de la société bourgeoise de son temps, de l’esprit et des mœurs d’une classe à laquelle il appartient et dont il trace les vertus et les limites. Ingres s’intéresse beaucoup à la texture des vêtements et des étoffes (velours, soie, satin, cachemire…) qu’il intègre dans ses œuvres de façon à ce que la classe sociale du personnage représenté soit mise en valeur. Il s’inspire, à ses débuts, des techniques droites et raides de l’art grec, avant de se convertir à une approche des courbes et des drapés réalistes. Ingres aimait tellement les courbes qu’il rajouta quelques vertèbres à sa Grande Odalisque. Dominique Ingres est aussi violoniste et devient, durant un temps, deuxième violon à l’Orchestre du Capitole de Toulouse. De ce loisir naît l’expression « violon d’Ingres ». Ingres est enterré au cimetière du Père-Lachaise à Paris (23e division)[6]. Suite à la volonté de l'artiste de léguer à sa ville natale une grande partie de ses dessins (4 500) ainsi que certains objets personnels, le Musée Ingres ouvre ses portes à la moitié du XIXe siècle dans l'enceinte de l'ancien palais épiscopal de Montauban ; Armand Cambon, Montalbanais élève d'Ingres, fut son exécuteur testamentaire et le premier conservateur du musée.».

Principales œuvres[modifier | modifier le code]

Son œuvre recouvre essentiellement trois genres, la peinture d’histoire, essentiellement lors de son séjour italien, les portraits, même s’il considérait ce genre comme mineur et les nus féminins.

Élèves[modifier | modifier le code]

Ingres a formé de nombreux élèves, parmi lesquels : Louis Adolphe Besnard, peintre d'histoire, Clément Boulanger , Théodore Chassériau, Michel Dumas, Amaury-Duval, Hippolyte Flandrin (1829 - 1864), Émile Hirsch, Romain Cazes, Louis Janmot, Alexandre Mauvernay, Charles Nègre, peintre puis photographe, Clément Pruche, caricaturiste, Louis Adolphe Salmon (1806 - 1895), second Grand prix de Rome de gravure en 1834 et Jules-Claude Ziegler.

Postérité[modifier | modifier le code]

Son influence se ressent dans la peinture académique et jusque chez les impressionnistes Auguste Renoir et Edgar Degas. Celui-ci a possédé près de vingt tableaux du peintre. Au XXe siècle, Pablo Picasso fait plusieurs fois référence à son œuvre avec, en particulier, une Grande odalisque d’après Ingres peinte en 1907 et déclare : « Il est notre maître à tous ». Dans un autre genre, Man Ray a repris le thème des nues de dos dans son célèbre Violon d’Ingres (vers 1920), photographie d’une modèle dénudée sur laquelle il a dessiné les ouïes de l’instrument de musique. D’autres artistes contemporains, dont Martial Raysse, ont réutilisé ses peintures les plus célèbres. On peut aussi citer Gérard Collin-Thiébaut et son œuvre Ingres, La Grande Odalisque, Transcription (puzzle en carton de 69 × 84 cm, de 1 500 pièces, réalisé en 2008) ou encore Stéphane Lallemand et sa photographie La Grande Odalisque (tirage Lightjet sous diasec, 100 × 160 cm, 2007).

Collections publiques[modifier | modifier le code]

Expositions[modifier | modifier le code]

Le musée du Louvre a proposé une rétrospective de l'œuvre du peintre dans le cadre de l'exposition Ingres, présentée dans le Hall Napoléon du 24 février au 15 mai 2006[8]. Une exposition « Ingres et l’Antique » a été présentée du au au musée de l'Arles et de la Provence antiques à Arles.

Du 21 mars au 29 juin 2008, le Musée Ingres de Montauban a présenté l'exposition Ingres, Ombres permanentes. Belles feuilles du musée Ingres de Montauban - présentée à l'automne au musée de la Vie romantique, Hôtel Scheffer-Renan, Paris

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Bohumir Mraz, Ingres, dessins, éd. Cercle d'Art, 2003, (ISBN 9782702201725)
  • Bohumir Mraz, Ingres, mines de plomb, plume, crayon noir, Cercle d'Art, 1990 (ISBN 978-2702202623)
  • Vincent Pomarède, Stéphane Guégan, Louis-Antoine Prat, Eric Bertin, dir., « Ingres (1780-1867) », catalogue de l’exposition du musée du Louvre - Coédition Gallimard / musée du Louvre Éditions, 408 pages, 325 illustrations en couleurs, Paris, 2006 (ISBN 2-35031-051-5)
  • Catherine Lépront, Ingres, ombres permanentes - Belles feuilles du musée Ingres de Montauban, 157 pages, catalogue de l'exposition du Musée Ingres à Montauban, éd. Le Passage, mars 2008 (ISBN 978-2-84742-114-)9
  • Jean-Pierre Cuzin, Dimitri Salmon, Ingres, regards croisés, 288 pages, 455 illustrations, publié en 2006 à l'occasion de l'exposition au musée du Louvre. Coédition Mengès - RMN. Ingres, ses maîtres, ses élèves, ses influences dans l'art contemporain (ISBN 978-2-84459-129-6)
  • Gaëtan Picon, Ingres, Skira, 1980 (ISBN 2-605-00003-6)
  • Georges Vigne, Les dessins secrets de Monsieur Ingres, Toulouse, 1997, Le Pérégrinateur Éditeur.
  • Christian Jamet, Monsieur Ingres et Magdeleine, roman, Paris, L'Harmattan, 2004.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Paul Le Vayer, Recueil des inscriptions parisiennes : 1881-1891 (lire en ligne)
  2. Le départ d'Ingres pour Rome en septembre mit progressivement fin à ce premier amour.
  3. « Ingres (Jean-Auguste-Dominique) », dans Robert et Cougny, Dictionnaire des parlementaires français,‎ 1889 [détail de l’édition]
  4. « Notice no LH/1335/27 », base Léonore, ministère français de la Culture
  5. Ingres par le CNDP
  6. Paul Bauer, Deux siècles d'histoire au Père Lachaise, Mémoire et Documents,‎ 2006 (ISBN 978-2914611480), p. 427-428
  7. http://musees.angers.fr/collections/uvres-choisies/musee-des-beaux-arts/ingres-paolo-et-francesca/index.html
  8. Critique de l'exposition par Didier Rykner, sur le site de La Tribune de l'Art, 30 avril 2006.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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