Cornelis Cornelisz van Haarlem

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
La Chute des Titans (1588)
Banquet des officiers de la compagnie de Saint-Georges (1599)
La Chute de l'Homme (1592)

Cornelis Corneliszoon van Haarlem (1562-1638), ou simplement Cornelis Cornelissen, est un peintre et un dessinateur maniériste flamand de la fin du XVIe siècle et du début du XVIIe.

Une béguine et un moine, 1591, Cornelis van Haarlem (1562–1638), Frans Hals Museum, Haarlem

Biographie[modifier | modifier le code]

Cornelis est né en 1562 dans une famille aisée de Haarlem. Ses parents ayant fui la ville lors du siège espagnol (décembre 1572 - juillet 1573), l'enfant fut confié au peintre Pieter Pietersz (v.1540-1603), qui l'éleva et lui apprit son art.

Après un voyage en France – où il ne put aller plus loin que Rouen à cause d'une épidémie de peste – (1579) et un séjour anversois d'un an destiné à parfaire sa formation sous la direction du maître Gillis Congnet (1538-1599), il revint à Haarlem où il s'installa définitivement vers 1580-81. C'est en 1583 qu'il y reçut sa première grande commande, le portrait de groupe des membres d'une milice bourgeoise : Le Banquet de la Garde civique de Haarlem. La même année, Cornelis rencontra Hendrik Goltzius et Carel van Mander avec lesquels il fonda l'Académie de Haarlem. En 1588, la diffusion de cinq de ses œuvres par l'entremise de gravures de Goltzus lui apporta une certaine célébrité. Cornelis fut plus tard nommé peintre de la ville de Haarlem et, en 1630, il participa à la réorganisation de la guilde locale de Saint-Luc (corporation des peintres) en réformant ses statuts médiévaux dans l'esprit de la Renaissance. Il fut également le régent de l'hospice des vieillards de Haarlem entre 1613 et 1619. Il mourut à Haarlem en 1638.

Ses œuvres – souvent signées du monogramme CH[1] – reflètent bien les travaux de l'Académie de Haarlem par une approche naturaliste, redevable de la pratique du dessin d'après nature comme de l'étude des sculptures antiques et qui a rapidement supplanté l'influence maniériste de Spranger.

Il a réalisé non seulement des sujets bibliques ou mythologiques, mais aussi des portraits et des nature-mortes. L'artiste possède un humour assez particulier: comme l'a noté Jacques Foucart, ses nudités ont souvent la plante des pieds sales[2] et Vénus a les ongles noirs ! Voir Le Baptême du Christ et La Vénus et Adonis du musée des beaux-arts de Caen illustrés ici.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Portrait de Dirck Volkertsz. Coornhert (v.1580-1600) - Amsterdam, Rijksmuseum.
  • La Première famille (Noé et sa famille) (v.1582-1592) - Quimper, musée des beaux-arts.
  • La Charité (v. 1583) - Valenciennes, musée des beaux-arts.
  • La Chute des Titans (1588) - Copenhague, Statens Museum for Kunst.
  • Deux compagnons de Cadmus dévorés par un dragon (1588) - Londres, National Gallery.
  • Le Baptême du Christ (v.1588) - Paris, musée du Louvre.
  • Le Massacre des Innocents (1590) - Amsterdam, Rijksmuseum.
  • Le Massacre des Innocents (1591) - Haarlem, Frans Hals Museum.
  • Le Moine et la nonne (1591) - Haarlem, Frans Hals Museum.
  • La Chute de l'Homme (1592) - Amsterdam, Rijksmuseum.
  • Le Déluge (1592) - Brunswick
  • Les Noces de Thétis et Pélée (1593) - Haarlem, Frans Hals Museum.
  • Bethsabée au bain (1594) - Amsterdam, Rijksmuseum.
  • Adam et Ève (1597) - Darmstadt
  • Le Banquet des officiers de la compagnie de Saint-Georges (1599) - Haarlem, Frans Hals Museum.
  • Vénus et Adonis (1614) - Caen, musée des beaux-arts.
  • L'Humanité avant le déluge (v. 1615) - Toulouse, musée des Augustins.
  • Allégorie du repentir (1616) - Strasbourg, musée des beaux-arts.
  • Cérès, Bacchus, Vénus et l'Amour (1624), huile sur cuivre, Lille, palais des beaux-arts.
  • Le Bon samaritain (1627) - coll. privée.
  • Le Jugement de Pâris (1628) - Budapest, musée des beaux-arts.

Galerie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La barre horizontale du H n'est pas rectiligne mais forme un v(an) au centre.
  2. Ceci n'a pas toujours été apprécié des marchands et des restaurateurs de tableaux ont fait office de pédicures !

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Carel van Mander, Le Livre de peinture, textes présentés et annotés par Robert Genaille, Hermann, Paris, 1965, p. 196-200.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Liens externes[modifier | modifier le code]