Commission Warren

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Page de couverture du rapport de la Commission Warren

La Commission présidentielle sur l'assassinat du Président Kennedy, connue sous le nom de Commission Warren est une commission présidentielle américaine créée par un décret du président Lyndon Johnson du 29 novembre 1963 pour enquêter sur les circonstances de l'assassinat du président Kennedy intervenu 7 jours plus tôt.

La commission tient son nom officieux de son président, Earl Warren, alors président de la Cour suprême des États-Unis.

Son rapport final de 888 pages fut présenté au président Johnson le 24 septembre 1964 et fut rendu public trois jours plus tard. Il concluait que Lee Harvey Oswald avait agi seul dans l'assassinat du président Kennedy et la blessure du gouverneur du Texas John Connally. Dès leur publication, les conclusions de ce rapport ont prêté à fortes controverses, le travail de la commission fut critiqué point par point par certaines études ultérieures et conforté par d'autres.

Création de la commission[modifier | modifier le code]

Après le meurtre de Lee Harvey Oswald, suspect arrêté après l'assassinat du Président, par Jack Ruby, le nouveau Président, Lyndon Johnson, décida, après diverses consultations, qu'il convenait de regrouper les différentes enquêtes en cours sous l'autorité d'une commission d'enquête fédérale.

Par décret présidentiel du 29 novembre 1963, le Président créa la Commission qui devait être présidée par Earl Warren. Les autres membres de la Commission étaient :

Arlen Specter, futur sénateur de Pennsylvanie, travaillait comme juriste pour la Commission.

Pendant les 10 mois que dura son enquête, la Commission entendit le témoignage de 552 témoins et étudia les rapports de 10 agences fédérales. Les audiences se tenaient à huis-clos, sauf lorsque le témoin demandait que celle-ci soit publique (seuls deux témoins émirent ce souhait).

400 personnes travaillaient pour la Commission et elle a coûté 10 millions de dollars.

Elle remit son rapport le 27 septembre 1964, 5 semaines avant les élections présidentielles. Celui-ci était constitué d'un volume contenant son rapport et ses conclusions flanqué de 26 volumes abritant les témoignages et les pièces à conviction, soit un total de plus de 16 000 pages.

Conclusions de la Commission[modifier | modifier le code]

La Commission affirma qu'elle n'avait pu trouver aucun élément de nature à démontrer l'existence d'un complot et conclut que Lee Harvey Oswald est seul responsable de l'assassinat.

La Commission affirma que Oswald avait tiré trois balles du cinquième étage du bâtiment connu sous le nom de Texas School Book Depository, étage où trois étuis de munitions furent retrouvés, ainsi que le fusil d'Oswald avec une munition chambrée.

La commission conclut :

  • que l'ensemble des blessures causées aux occupants de la limousine avait vraisemblablement été causé par deux balles et qu'un tir avait donc totalement manqué la voiture, mais ne put déterminer quel était le tir; la Commission d'enquête du Congrès sur les assassinats de 1979, le House Select Committee on Assassinations ou HSCA, conclut de son côté que deux tireurs et non pas un seul avaient causé les blessures;
  • que le premier tir à avoir causé des blessures avait frappé le président dans le haut du dos, était ressorti par sa gorge et avait vraisemblablement causé les blessures du gouverneur John B. Connally.

Ce second point est connu sous le nom de théorie de la balle unique (ou théorie de la balle magique par ses détracteurs) et est particulièrement important parce que le délai entre les blessures non fatales du président et celles du gouverneur est insuffisant pour permettre à un tireur de recharger.

Suites[modifier | modifier le code]

Lors de sa sortie en 1964, l'ensemble des dossiers de la commission furent déclarés secrets pour une période de 75 ans (jusque 2039). Depuis lors, cependant, la grande majorité des dossiers a été rendue publique et les dernières pièces devront l'être en 2017.

Les résultats obtenus par la commission ainsi que ses méthodes ont été durement critiqués dans les années qui suivirent.

Trois autres enquêtes menées par les autorités américaines ont abouti également à la conclusion que le président avait été tué par deux tirs provenant de derrière lui : un panel d'experts rassemblés par le procureur général Ramsey Clark en 1968, une commission d'enquête présidentielle sur les activités de la CIA en 1975 connue sous le nom de Commission Rockefeller, (du nom de son président) et le HSCA en 1979. Les conclusions du HSCA étaient cependant que l'assassinat du président était vraisemblablement le résultat d'une conspiration et qu'un quatrième tir avait été effectué face à la limousine présidentielle mais avait manqué sa cible. Toutefois, ces conclusions sur un quatrième tir ont été également critiquées, notamment parce qu'elles reposent essentiellement sur des preuves sonores dont l'interprétation est incertaine.

Les conclusions de la Commission Warren sont de manière générale fort critiquées, et si la majorité des citoyens américains pensent que Oswald a abattu le Président Kennedy, la majorité pense également que Oswald faisait partie d'une conspiration et donc ne croient pas la thèse officielle défendue par la Commission.

En novembre 2013, l'ancien président français, Valéry Giscard d'Estaing, rapporta des confidences de Gerald Ford, selon lesquelles la commission était persuadée que ce n'était pas un crime isolé mais bien "quelque chose d'organisé". Cependant, lui aurait précisé Gérald Ford, la commission n'avait pas pu découvrir "par qui" [1].

Dans la culture[modifier | modifier le code]

Dans le film I... comme Icare (1979), la commission Heiniger possède globalement le même rôle que la commission Warren.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]