Radicalisme (Royaume-Uni)

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Le radicalisme au Royaume-Uni est une idéologie politique née à la fin du XVIIIe siècle et qui perdura tout au long du XIXe siècle. Elle peut être classée à l'extrême-gauche de l'échiquier politique britannique de l'époque[réf. nécessaire]. Elle fut le modèle pour le radicalisme français qui lui emprunta sa dénomination dans les années 1830 quand le terme « républicain » était interdit en France.

Les radicaux britanniques apparurent dans les années 1760, soit au moment du décollage de la révolution industrielle. Leurs principales revendications étaient le suffrage universel masculin, l'égalité religieuse (principalement l'émancipation des catholiques), la suppression de l'esclavage dans les colonies et le libre échange.

Ils connurent une éclipse durant la révolution française où ils furent considérés comme jacobins et pourchassés. À la fin des guerres napoléoniennes, les corn laws entraînèrent une forte hausse du prix des céréales et donc une crise sociale. Les radicaux organisèrent alors l'agitation politique en multipliant meetings et manifestations dont une entraîna le massacre de Peterloo. Les lois d'exception qui suivirent (Six Acts) pourchassèrent à nouveau les radicaux.

Cependant, le gouvernement britannique accorda diverses réformes dans les années 1820 : abaissement des droits de douane, autorisation de faire grève (1828), émancipation des catholiques et en 1832, une première réforme électorale sur fond d'agitation radicale qui continuait à réclamer le suffrage masculin lors de manifestations. À Bristol, la répression fit dix morts et une centaine de blessés. Pour les radicaux, comme Francis Place, cette réforme ne faisait que supprimer les pires excès du système précédent. Ils furent donc à l'origine du chartisme.

Le chartisme se scinda au début des années 1840 entre une branche modérée qui voulait poursuivre le mouvement sur la base des pétitions et du lobbying au parlement et une branche plus radicale qui poussait à l'action révolutionnaire, en lien avec la question irlandaise. Une partie des radicaux militèrent aussi pour l'abolition des corn laws.

Dans les années 1850-1860, une partie des radicaux se rapprocha du parti whig pour former le parti libéral en 1859. Ceux qui restèrent à l'extrême-gauche du parti libéral apportèrent un soutien appuyé à Gladstone principalement pour protester contre la politique coloniale de Benjamin Disraeli. Ils furent cependant déçus par la politique de Gladstone au gouvernement au début des années 1880. Le renouveau de l'agitation, lié aux problèmes sociaux des ouvriers et à la question irlandaise, résulta dans le Bloody Sunday de 1887. Les plus radicaux s'engagèrent dans les mouvements socialistes qui naissaient à ce moment-là, comme la Social Democratic Federation de Henry Hyndman.