Parti travailliste (Royaume-Uni)

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Parti travailliste
Labour Party
Image illustrative de l'article Parti travailliste (Royaume-Uni)
Logo officiel
Présentation
Chef Ed Miliband
Fondation 27 février 1900
Siège One Brewer's Green
Londres
Chef adjointe Harriet Harman
Idéologie Social-démocratie
Social-libéralisme
Progressisme
Troisième voie
Affiliation européenne Parti socialiste européen
Affiliation internationale Internationale socialiste
Couleurs Rouge
Site web www.labour.org.uk
Représentation
Députés
255 / 650
Eurodéputés
20 / 73
Lords
217 / 788

Le Parti travailliste (anglais : Labour Party) est un parti politique britannique de centre gauche.

Le Parti travailliste a été fondé en 1900 par les syndicats. À partir des années 1920, il devance le Parti libéral et devient l'un des deux partis principaux du Royaume-Uni avec le Parti conservateur. Il accueille traditionnellement une grande diversité d'opinions, de fortement socialistes à sociales-démocrates mais a pris un tournant centriste dans les années 1990 et 2000 sous la direction de Tony Blair puis Gordon Brown, au pouvoir de 1997 à 2010.

Le Parti travailliste forme actuellement l'opposition officielle à la Chambre des communes. Son chef est depuis le 25 septembre 2010, Ed Miliband. Le Parti travailliste dirige un gouvernement minoritaire au pays de Galles et est le principal parti d'opposition au Parlement écossais.

Idéologie[modifier | modifier le code]

Le Parti travailliste a initialement été fondé comme un moyen pour les syndicats d'être représentés au sein du Parlement britannique. Il ne s'est revendiqué socialiste qu'à l'adoption des premiers statuts du parti en 1918. Cet élément socialiste, la « Clause IV » originale, revendiquait la nationalisation des « moyens de production, distribution et échange ». Bien qu'un tiers de l'industrie britannique ait été nationalisé après la Seconde Guerre mondiale, la droite du parti a commencé à partir des années 1950 à questionner l'objectif d'étendre la propriété publique, notamment autour du chef du parti Hugh Gaitskell. Une tentative de modifier la « Clause IV » a échoué en 1959 et ce n'est que sous le leadership de Tony Blair en 1994[1] que l'objectif de nationalisation de l'économie est supprimé dans l'idée qu'il repoussait des électeurs potentiels[2].

Les manifestes électoraux du Parti travaillistes ne contiennent plus le mot « socialisme » depuis 1992. La nouvelle version de la « Clause IV », bien qu'affirmant toujours l'attachement au socialisme démocratique[3],[4], ne mentionne plus la propriété publique de l'industrie. À sa place, elle plaide pour « l'entreprise de marché et la rigueur de la concurrence » avec des « services publics de qualité » eux-mêmes pas nécessairement au sein du secteur public[5]

Histoire[modifier | modifier le code]

Fondation[modifier | modifier le code]

L'origine du Parti travailliste remonte à la fin du XIXe siècle, au moment où apparait la nécessité d'une représentation politique pour le prolétariat urbain qui vient d'acquérir le droit de vote. Des syndicalismes se rapprochent de la politique et le Parti libéral soutient quelques-uns de ces candidats issus du monde du travail : le premier candidat « Lib-Lab » est George Odger, candidat lors d'une élection partielle à Southwark. De plus, plusieurs petits groupes socialistes se forment à la même période dans l'objectif d'entrer en politique, comme le Parti travailliste indépendant, la Fabian Society (intellectuels de classe moyenne), la Social Democratic Federation (marxiste)[6] ou le premier Parti travailliste écossais.

Lors des élections générales de 1895, le Parti travailliste indépendant présente 28 candidats mais n'obtient que 44 325 voix. Keir Hardie, leader du parti, est alors convaincu que pour être représenté au Parlement, il est nécessaire pour ces mouvements de gauche de s'unir.

Labour Representation Committee[modifier | modifier le code]

Keir Hardie, l'un des fondateurs du Parti travailliste et son premier dirigeant.

En 1899, Thomas R. Steels, membre du syndicat des travailleurs des chemins de fer, propose à sa section que le Trades Union Congress (TUC) convoque un congrès spécial d'unification des organisations de gauche au sein d'un organisme unique qui soutiendrait des candidats aux élections. La motion réunit les voix nécessaires au sein du TUC et le congrès se tient au Memorial Hall de Farringdon Street les 26 et 27 février 1900. La rencontre voit la participation d'une large partie des organisations de travailleurs et de gauche — les syndicats représentaient environ un tiers des délégués[7].

Après débat, les 129 délégués adoptent la motion de Hardie afin d'établir « un groupe distinct des travailleurs au Parlement, qui aura ses propres consignes de vote et s'accordera sur ses politiques qui intégreront la possibilité de coopérer avec tout parti qui serait engager dans la promotion de lois dans les intérêts des travailleurs »[8]. Ainsi est créé le Labour Representation Committee (LRC) destiné à coordonner le soutien aux députés affiliés aux syndicats et représentant la classe ouvrière[9]. Le LRC n'avait pas de chef et Ramsay MacDonald en est élu secrétaire. Mais il éprouve des difficultés à garder unis les différentes opinions au sein du LRC et les élections anticipées de 1900 se tiennent trop rapidement pour que le LRC puisse réellement faire campagne[10]. Seulement 15 candidats sont présentés mais deux sont toute de même élus : Keir Hardie au pays de Galles et Richard Bell en Irlande[11].

Le soutien pour LRC s'accroit en 1901 à la suite du cas de la vallée de la Taff, un différend entre des grévistes et une compagnie de chemin de fer qui se termine par l'obligation pour le syndicat de payer 23 000 £ de dommages. Le jugement rend de fait les grèves illégales puisqu'il permet aux employeurs d'en faire supporter le coût aux syndicats. L'apparente connivence du gouvernement conservateur d'Arthur Balfour avec les intérêts industriels intensifie le soutien au LRC contre un gouvernement qui semble n'avoir que peu d'intérêt pour ouvriers[11].

Plaque à Caroone House, 14 Farringdon Street.

Lors des élections de 1906, le LRC remporte 29 sièges, aidé par un pacte secret entre Ramsay MacDonald et le whip du Parti libéral Herbert Gladstone afin d'évider une division des voix entre les candidats travaillistes et libéraux contre les conservateurs[11]. Lors de leur première réunion après les élections, le 15 février 1906, les députés adoptent formellement le nom Labour Party. Keir Hardie est élu président du parti parlementaire avec une voix d'avance sur David Shackleton.

Dans les premières années, le Parti travailliste indépendant fournit la majorité de la base militante car le Parti travailliste ne dispose pas d'adhérents propres avant 1918 mais existe comme une coalition d'organismes affiliés. La Fabian Society est alors à l'origine de la réflexion intellectuelle du parti[11].

Premières années[modifier | modifier le code]

Les élections de 1910 voient l'élection de 42 députés travaillistes à la Chambre des communes, une performance compte tenu du fait qu'une année auparavant la Chambre des Lords avaient rendu le jugement Osborne interdisant aux syndicats de financer les campagnes électorales et les salaires des députés travaillistes. Les libéraux, au gouvernement, ne sont pas prêts à revenir sur cette décision judiciaire par une loi et introduisent à la place un salaire pour les députés afin de contourner la nécessité d'impliquer les syndicats. Mais en 1913, face à l'opposition syndicale, le Trade Disputes Act autorise les syndicats à financer de nouveau les députés travaillistes.

Pendant la Première Guerre mondiale, le Parti travailliste se divise entre soutiens et opposants au conflit, mais ces derniers sont de plus en plus nombreux au fil du temps. Ramsay MacDonald, opposant à la guerre, démissionne comme leader du Parti travailliste parlementaire et Arthur Henderson le remplace comme principale dirigeant au sein du parti. Il entre rapidement au cabinet de guerre de Herbert Henry Asquith, devenant le premier travailliste nommé ministre.

En dépit, du soutien majoritaire du Parti travailliste pour la coalition, le Parti travailliste indépendant joue un rôle important dans l'opposition à la conscription via des organisations comme la No-Conscription Fellowship alors que le British Socialist Party, affilié au Parti travailliste, organise un certain nombre de grèves non officielles.

Arthur Henderson démissionne du gouvernement en 1917 alors qu'au sein du parti certains en appellent à son remplacement par George Nicoll Barnes. La croissance de la base militante et de l'organisation du Parti travailliste se reflètent dans les résultats des élections après la guerre alors que le mutualisme crée son propre parti, le Co-operative Party. Le Co-operative Party et le Parti travailliste trouvent par la suite un accord.

Avec le Representation of the People Act de 1918, presque tous les hommes et la plupart des femmes de plus de 30 ans obtiennent le droit de vote, triplant presque l'électorat de 7,7 millions d'électeurs en 1912 à 21,4 millions en 1918. Ce changement permet une percée de la représentation travailliste au Parlement[12].

Le Parti communiste de Grande-Bretagne se voit refuser son affiliation au Parti travailliste en 1921 et 1923[13]. Quant au Parti libéral, il décline rapidement et souffre d'une importante scission qui permet au Parti travailliste d'attirer une grande partie des électeurs libéraux. Lors des élections de 1922, le Parti travailliste remporte 142 sièges et arrive en deuxième position : il devient l'opposition officielle au gouvernement conservateur. Ramsay MacDonald, revenu en grâce, devient le premier chef officiel du Parti travailliste.

1924 : premier gouvernement travailliste[modifier | modifier le code]

Ramsay MacDonald : premier Premier ministre travailliste en 1924 et 1929-1931.

La campagne pour les élections générales de 1923 a lieu autour des propositions protectionnistes des conservateurs mais, bien qu'ils remportent le plus de voix et de sièges, ils perdent leur majorité au Parlement. Ainsi, avec le soutien des libéraux d'Asquith, Ramsay MacDonald devient le premier Premier ministre travailliste en janvier 1924 formant un gouvernement travailliste en dépit du fait que les travaillistes ne disposent que de 191 députés (moins d'un tiers de la Chambre des communes).

Le gouvernement MacDonald se maintient grâce au soutien des libéraux et ne peut faire adopter aucune législation socialiste par la Chambre des communes. La seule loi importante adoptée est le Wheatley Housing Act qui lance un programme de construction de 500 000 maisons pour les louer à des familles de la classe ouvrières.

Bien qu'il y ait peu de grèves pendant son mandat, MacDonald tente de les arrêter rapidement. Quand des membres de la direction du Parti travailliste critiquent le gouvernement, il répond que « les allocations publiques, la défiance envers le gouvernement national, les grèves pour des hausses de salaires, les grèves du zèle ne sont pas le socialisme mais en plus elles rendes confus l'esprit et lapolitique du mouvement socialiste[14],[15]. »

Le gouvernement tombe après neuf mois, lorsque les libéraux votent en faveur d'une commission d'enquête sur le cas Campbell, un vote dont MacDonald avait fait un vote de confiance. Les élections générales de 1924 qui s'en suivent voient la publication, quatre jour avant le vote, la « lettre Zinoviev » dans laquelle Moscou parle d'une révolution communiste en Grande-Bretagne. Malgré cela, le vote travailliste se maintient et c'est l'effondrement du Parti libéral qui permet aux conservateurs de remporter une large victoire.

Dans l'opposition, MacDonald continue sa politique de présentation du Parti travailliste comme une force modérée. Pendant la grève générale de 1926, le parti s'oppose à la grève générale arguant que la meilleure façon d'obtenir des réformes sociales est par le vote[16].

1929-1931 : deuxième gouvernement travailliste[modifier | modifier le code]

Aux élections générales de 1929, le Parti travailliste devient le premier parti avec 287 sièges et 37,1 % des voix mais MacDonald dépend toujours du soutien libéral pour son gouvernement minoritaire. Il nomme au gouvernement Margaret Bondfield, ministre du Travail, la première femme membre du cabinet au Royaume-Uni.

Le krach de 1929 puis la Grande Dépression ont lieu juste après la prise de pouvoir du nouveau gouvernement. À la fin de 1930, le chômage a plus que doublé à 2 millions et demi de personnes[17] sans que le gouvernement n'ait de réponse efficace. Durant l'été 1931, le gouvernement se divise sur la question de savoir s'il faut réduire la dépense publique. Alors que la situation économique se détériore, MacDonald forme un gouvernement national avec les conservateurs et les libéraux.

Le 24 août 1931, MacDonald soumet la démission de son gouvernement et conduit certains de ses ministres dans la formation du gouvernement national avec les autres partis. Pour cette action, MacDonald et les ministres travaillistes sont exclus du Parti travailliste. Ils forment l'Organisation nationale travailliste. Le reste du Parti travailliste, dirigé par Arthur Henderson, et quelques libéraux forment l'opposition. Les élections générales de 1931 sont un triomphe pour le gouvernement national alors que le Parti travailliste perd 225 sièges et n'en remportent que 52.

Années 1930 : dans l'opposition[modifier | modifier le code]

Arthur Henderson, élu en 1931 pour succéder à MacDonald, perd son siège lors des élections générales de 1931. Le seul ancien ministre travailliste à garder son siège, le pacifiste George Lansbury, devient alors chef du parti.

Les travaillistes connaissent une nouvelle scission en 1932 quand le Parti travailliste indépendant, qui depuis plusieurs années divergeait de la ligne de la direction travailliste, se désaffilie du Parti travailliste avant de, progressivement, disparaitre.

Lansbury démissionne de la chefferie en 1935 après un désaccord sur la politique étrangère. Il est rapidement remplacé par son adjoint, Clement Attlee, qui reste chef du parti pendant deux décennies. Le Parti travailliste connait un rebond lors des élections générales de 1935 où il remporte 154 sièges et 38 % des voix, son meilleur score.

Alors que la menace de l'Allemagne nazie se fait de plus en plus forte à la fin des années 1930, les travaillistes abandonnent progressivement leurs positions pacifistes et soutiennent le réarment, en particulier sous l'influence d'Ernest Bevin et Hugh Dalton qui, en 1937, persuade le parti de s'opposer à la politique d'apaisement de Neville Chamberlain[17].

1940-1945 : coalition de guerre[modifier | modifier le code]

Lorsque Neville Chamberlain démissionne au printemps 1940, le nouveau Premier ministre Winston Churchill décide d'inviter les autres partis à une union nationale similaire à celle de la Première Guerre mondiale : le Parti travailliste participe au cabinet de guerre et Clement Attlee est nommé lord du Sceau Privé puis Vice-Premier ministre.

D'autres travaillistes participent au gouvernement de guerre : le syndicaliste Ernest Bevin est ministre du Travail et dirige l'économie de guerre et l'allocation de la main-d'œuvre, Herbert Morrison est secrétaire à l'Intérieur, Hugh Dalton est ministre de la Guerre économique puis président du Board of Trade et A.V. Alexander est premier lord de l'Amirauté, poste qu'il occupait déjà dans le précédent gouvernement travailliste.

1945-1951 : réformes du gouvernement Attlee[modifier | modifier le code]

Clement Attlee, Premier ministre de 1945 à 1951.

À la fin de la guerre en Europe, en mai 1945, le Parti travailliste décide de ne pas répéter l'erreur des libéraux en 1918 et, sur l'insistance des syndicats, quitte le gouvernement pour contester les élections générales de 1945 en opposition aux conservateurs de Churchill. À la surprise de nombreux observateurs[18], les travaillistes remportent une très large victoire avec presque 50 % des voix et 159 sièges de plus que la majorité absolue[19].

Le gouvernement de Clement Attlee se révèle être un des gouvernements britanniques les plus radicaux du XXe siècle, appliquant des politiques économiques keynésiennes, nationalisant d'importantes industries et infrastructures y compris la Banque d'Angleterre, les mines, les aciéries, l'électricité, le gaz et les transports intérieurs (dont les chemins de fer et les canaux). Le gouvernement développe un État providence conçu par William Beveridge sensé s'occuper des Britanniques « du berceau au cercueil »[20]. Encore aujourd'hui, les travaillistes considères que la création en 1948 du National Health Service (NHS) sous le ministre de la Santé Aneurin Bevan comme sa réalisation la plus importantes[21].

Le gouvernement Attlee engage également le processus de décolonisation de l'Empire britannique en accordant leurs indépendances à l'Inde et au Pakistan en 1947, suivis par la Birmanie et Ceylon l'année d'après. Lors d'une rencontre secrète en janvier 1947, Attlee et six ministres dont le secrétaire aux Affaires étrangères Ernest Bevin décident de lancer le développement de l'arsenal nucléaire britannique[17], en opposition aux positions pacifistes et anti-nucléaires d'une large partie du Parti travailliste.

Les travaillistes remportent les élections générales de 1950 mais avec une majorité réduite à cinq sièges. Peu de temps après, la défense devient un sujet de divisions au sein du parti, en particulier les dépenses militaires (qui atteignent 14 % du PIB en 1951 durant la guerre de Corée[22]) qui poussent à faire des économies sur d'autres postes. Le chancelier de l'Échiquier Hugh Gaitskell introduit des paiements à la charge des patients pour les soins dentaires et ophtalmologiques du NHS, poussant Bevan et Harold Wilson à démissionner du gouvernement au nom du principe de gratuité sur lequel le NHS a été créé.

Aux élections générales de 1951, les travaillistes perdent de peu face aux conservateurs malgré le fait qu'ils soient en tête en nombre de voix. Mais la plupart des réformes introduites par le gouvernement travailliste de 1945-1951 sont acceptées par les conservateurs et font partie du « consensus d'après-guerre » qui dure jusqu'à la fin des années 1970.

Années 1950 : dans l'opposition[modifier | modifier le code]

Après la défaite de 1951, le Parti travailliste passe 13 années dans l'opposition. Attlee en demeure le chef jusqu'à sa retraite en 1955. Son remplaçant, Hugh Gaitskell, associé à l'aile droite du parti, fait face à des oppositions internes à la fin des années 1950 et au début des années 1960 et les travaillistes perdent les élections générales de 1959.

En 1963, la mort soudaine de Gaitskell ouvre la voie à Harold Wilson.

1964-1970 : le premier gouvernement Wilson[modifier | modifier le code]

Une baisse de la croissance économique et une série de scandale atteignent le gouvernement conservateur au début des années 1960. Le Parti travailliste revient au pouvoir avec une majorité de 4 sièges en 1964, mais améliore cette majorité à 96 aux élections 1966.

Harold Wilson : Premier ministre en 1964–1970 et 1974–1976

Le gouvernement Wilson met en place plusieurs réformes avec le secrétaire à l'Intérieur Roy Jenkins comme l'abolition de la peine de mort en 1964, la légalisation de l'avortement et de l'homosexualité en 1967 et l'abolition de la censure théâtre l'année qui suit. Le gouvernement travailliste étend également l'école ouverte à tous (comprehensive schools) et créé l'Open University.

Toutefois, le gouvernement doit faire face à un important déficit commercial qui crée une crise monétaire et pousse à une dévaluation de la livre. Les travaillistes perdent les élections générales de 1970 face aux conservateurs d'Edward Heath.

1970-1974 : dans l'opposition[modifier | modifier le code]

Le Parti travailliste retourne dans l'opposition en 1970 mais conserve Harold Wilson à sa tête. Le gouvernement de Heath rencontre rapidement des problèmes en Irlande du Nord et un conflit avec les mineurs en 1973 qui le pousse à restreindre la consommation d'électricité. Le premier choc pétrolier cause une forte inflation et une récession mondiale.

Les travaillistes reviennent au pouvoir avec Wilson quelques semaines après les élections générales de février 1974 en formant un gouvernement minoritaire avec le soutien des unionistes nord-irlandais. En octobre 1974, Wilson convoque de nouvelles élections et parvient à gagner une majorité, mais de seulement 3 sièges.

1974-1979 : retour au gouvernement[modifier | modifier le code]

Durant la majorité de son mandat, le gouvernement fait face à de sérieux problèmes économiques avec un majorité précaire à la Chambre des communes alors que le Parti travailliste est divisé sur la question de l'adhésion du Royaume-Uni à la Communauté économique européenne à laquelle le pays a adhéré en 1972. Un référendum en 1975 confirme l'adhésion avec le soutien des deux tiers des électeurs.

James Callaghan : Premier ministre en 1976–1979.

La popularité personnelle de Harold Wilson demeure relativement haute mais il démissionne brutalement en 1976 et est remplacé par James Callaghan.

Les gouvernements Wilson et Callaghan tentent de contrôler l'inflation (qui atteint 23,7 % en 1975[23]) par une politique de restriction des salaires. L'inflation est réduite à 7,4 % en 1978[11],[23] mais cette politique tend les relations entre le gouvernement et les syndicats.

Des pertes lors d'élections partielles et la scission du Parti travailliste écossais font qu'en 1977 Callaghan ne contrôle plus qu'une minorité à la Chambre des communes. Un arrangement est négocié avec David Steel, chef du Parti libéral, mais ce Lib-Lab Pact ne dure qu'un an. Par la suite, le gouvernement négocie avec des petits partis comme le Parti national écossais (SNP) ou le Plaid Cymru.

En échange, ces partis nationalistes demandent une dévolution du pouvoir vers l'Écosse et le pays de Galles. Des référendums ont lieu en mars 1979 : les électeurs gallois rejettent la création d'une Assemblée autonome alors que les Écossais l'acceptent de peu mais sans atteindre le quorum de 40 % des inscrits. Quand le gouvernement refuse de créer l'Assemblée écossaise, le SNP retire son soutien au gouvernement : le gouvernement Callaghan perd un vote de confiance à une voix le 28 mars 1979 et des élections sont convoquées.

Dans l'hiver précédent, des grèves importantes avaient eu lieu (conducteurs de camions, cheminots, ouvriers automobiles, agents des gouvernements locaux et des hôpitaux) en faveur de hausses de salaires, durant ce qu'on a appelé l'« Hiver du mécontentement ». Aux élections générales de 1979, le Parti travailliste est défait par les conservateurs dirigés par Margaret Thatcher.

Chefs[modifier | modifier le code]

Symboles[modifier | modifier le code]

Le drapeau rouge est le premier symbole du Parti travailliste.
The Red Flag est l'hymne du Parti travailliste. La musique est la même que Mon beau sapin.

Le Parti travailliste est depuis longtemps identifié au rouge, une couleur traditionnellement liée au socialisme et au mouvement ouvrier. Le congrès du parti a officiellement adopté les couleurs rouge et or en 1931[24]. Depuis la création du parti, le drapeau rouge est son symbole officiel. Le drapeau est associé au socialisme ainsi qu'à l'idée de révolution. La rose rouge, symbole de la social-démocratie a été adoptée comme symbole du parti en 1986[25]

Le drapeau rouge a inspiré la composition de The Red Flag, l'hymne du parti qui est changé à la fin des congrès[26],[27],[28].


Résultats électoraux[modifier | modifier le code]

Élection Voix Sièges Résultat
1900 62 698 1,8%
2 / 670
Opposition (gouvernement conservateur)
1906 321 663 5,7%
29 / 670
Opposition (gouvernement libéral)
1910 (jan.) 505 657 7,6%
40 / 670
Opposition (gouvernement libéral minoritaire)
1910 (déc.) 371 802 7,1%
42 / 670
Opposition (gouvernement libéral minoritaire)
1918 2 245 777 21,5%
57 / 707
Opposition (gouvernement de coalition)
1922 4 076 665 29,7%
142 / 615
Opposition (gouvernement conservateur)
1923 4 267 831 30,7%
191 / 625
Gouvernement travailliste minoritaire
1924 5 281 626 33,3%
151 / 615
Opposition (gouvernement conservateur)
1929 8 048 968 37,1%
287 / 615
Gouvernement travailliste minoritaire
1931 6 339 306 30,8%
52 / 615
Opposition (gouvernement national)
1935 7 984 988 38,0%
154 / 615
Opposition (gouvernement national)
1945 11 967 746 49,7%
393 / 640
Gouvernement travailliste
1950 13 266 176 46,1%
315 / 625
Gouvernement travailliste
1951 13 948 883 48,8%
295 / 625
Opposition (gouvernement conservateur)
1955 12 405 254 46,4%
277 / 630
Opposition (gouvernement conservateur)
1959 12 216 172 43,8%
258 / 630
Opposition (gouvernement conservateur)
1964 12 205 808 44,1%
317 / 630
Gouvernement travailliste
1966 13 096 629 48,0%
364 / 630
Gouvernement travailliste
1970# 12 208 758 43,1%
288 / 630
Opposition (gouvernement conservateur)
1974 (fév.) 11 645 616 37,2%
301 / 635
Gouvernement travailliste minoritaire
1974 (oct.) 11 457 079 39,2%
319 / 635
Gouvernement travailliste
1979 11 532 218 36,9%
269 / 635
Opposition (gouvernement conservateur)
1983 8 456 934 27,6%
209 / 650
Opposition (gouvernement conservateur)
1987 10 029 807 30,8%
229 / 650
Opposition (gouvernement conservateur)
1992 11 560 484 34,4%
271 / 651
Opposition (gouvernement conservateur)
1997 13 518 167 43,2%
419 / 659
Gouvernement travailliste
2001 10 724 953 40,7%
413 / 659
Gouvernement travailliste
2005 9 562 122 35,3%
356 / 646
Gouvernement travailliste
2010 8 601 441 29,1%
258 / 650
Opposition (gouvernement conservateur-libéral)
  • Premières élections sous le Representation of the People Act 1918 : tous les hommes de plus de 21 ans et la plupart des femmes de plus de 30 ans peuvent voter
  • Premières élections au suffrage universel : toutes les femmes de plus de 21 ans peuvent voter.
  • # Droit de vote étendu pour les 18-20 ans.

Nombre d'adhérents[modifier | modifier le code]

Le Parti travailliste revendique 450 000 adhérents (2006). Il en comptait 250 000 en 1995. Cette progression spectaculaire est due pour l'essentiel à une campagne d'adhésion par téléphone à prix réduit (10 £) lancée par Tony Blair en 1997.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Philip Gould The Unfinished Revolution: How New Labour Changed British Politics Forever, London: Hachette digital edition, 2011, p.30 (originally published by Little, Brown, 1998)
  2. Martin Daunton "The Labour Party and Clause Four 1918–1995", History Review 1995 (History Today website)
  3. « Labour Leadership Election 2010 », Labour Party (consulté le 12 mai 2010)
  4. « How we work – How the party works », Labour.org.uk (consulté le 31 mai 2013)
  5. Tudor Jones Remaking the Labour Party: From Gaitskell to Blair, London: Routledge, 1996, p.107
  6. Martin Crick, The History of the Social-Democratic Federation
  7. The formation of the Labour Party – Lessons for today, Jim Mortimer, 2000.
  8. « a distinct Labour group in Parliament, who shall have their own whips, and agree upon their policy, which must embrace a readiness to cooperate with any party which for the time being may be engaged in promoting legislation in the direct interests of labour. »
  9. « History of the Labour Party » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), 27 février 2010. Consulté le 13 avril 2010
  10. Wright T. & Carter M, (1997) "The People's Party" Thames & Hudson, ISBN 0-500-27956-x
  11. a, b, c, d et e Thorpe, Andrew (2001) A History Of The British Labour Party, Palgrave, ISBN 0-333-92908-x
  12. Rosemary Rees, Britain, 1890–1939 (2003), p. 200
  13. « Red Clydeside: The Communist Party and the Labour government [booklet cover] / Communist Party of Great Britain, 1924 », Glasgow Digital Library (consulté le 13 avril 2010)
  14. Taylor, English History: 1914–1945, p 213-4
  15. « public doles, Poplarism [local defiance of the national government], strikes for increased wages, limitation of output, not only are not Socialism, but may mislead the spirit and policy of the Socialist movement. »
  16. Martin Pugh, Speak for Britain!: A New History of the Labour Party (2011) ch 8
  17. a, b et c Davies, A.J. (1996) To Build A New Jerusalem: The British Labour Party from Keir Hardie to Tony Blair, Abacus, ISBN
  18. « 1945: Churchill loses general election », BBC News,‎ 26 juillet 1945 (lire en ligne)
  19. « 1945: Churchill loses general election », BBC News,‎ 26 juillet 1945 (lire en ligne)
  20. « cradle to grave ».
  21. « Proud of the NHS at 60 » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?). Consulté le 2015-01-29
  22. Clark, Sir George, Illustrated History Of Great Britain, (1987) Octupus Books
  23. a et b (en) Anthony Seldon et Kevin Hickson, New Labour, old Labour: the Wilson and Callaghan governments, 1974–79, Routledge,‎ 2004, 64– p. (ISBN 9780415312813, lire en ligne)
  24. "Labour Party Annual Conference Report", 1931, p. 233.
  25. « The long and the short about Labour's red rose », The Telegraph,‎ 26 juin 2001 (lire en ligne)
  26. Erreur de référence : Balise <ref> incorrecte ; aucun texte n’a été fourni pour les références nommées bbc.
  27. Simon Hoggart, « Red Flag rises above a dodgy future », The Guardian,‎ 28 septembre 2007 (lire en ligne)
  28. http://www.telegraph.co.uk/news/politics/labour/8796628/Ed-Miliband-sings-The-Red-Flag-and-Jerusalem-at-the-Labour-Party-Conference.html