Stephen Hawking

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Stephen William Hawking

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Image de Stephen Hawking réalisée par la NASA en 1974.

Naissance 8 janvier 1942 (72 ans)
Oxford (Royaume-Uni)
Domicile Royaume-Uni
Nationalité Drapeau du Royaume-Uni Britannique
Champs Cosmologie, physique (trous noirs), mathématiques appliquées
Institutions Chaire de professeur lucasien de mathématiques de l'université de Cambridge
Renommé pour ses travaux concernant les trous noirs, la cosmologie et la gravité quantique, ainsi que pour sa maladie, la dystrophie neuromusculaire
Distinctions Médaille Eddington (1975)
Prix Dannie Heineman (1976)
Médaille Albert-Einstein (1979)
Médaille d'or de la RAS (1985)
Prix Wolf de physique (1988)
Prix Prince des Asturies (1989)
Médaille Copley (2006)
Médaille présidentielle de la liberté (2009)

Signature

Signature de Stephen William Hawking

Stephen William Hawking (prononcé [ˈstvən ˈhɔːkɪŋ ] Prononciation du titre dans sa version originale Écouter), CBE, né le 8 janvier 1942 à Oxford, est un physicien théoricien et cosmologiste britannique.

Stephen Hawking est professeur de mathématiques à l'université de Cambridge de 1980 à 2009[1], membre du Gonville and Caius College, Cambridge et chercheur distingué du Perimeter Institute for Theoretical Physics[2]. Il est connu pour ses contributions dans les domaines de la cosmologie et la gravité quantique, en particulier dans le cadre des trous noirs. Son succès est également lié à ses ouvrages de vulgarisation scientifique dans lesquels il discute de ses propres théories et de la cosmologie en général, comme le best-seller Une brève histoire du temps (titre originel : A Brief History of Time), qui est resté sur la liste des records des best-sellers du Sunday Times pendant 237 semaines consécutives[3]. Hawking souffre d'une dystrophie neuromusculaire qui est attribuée à une sclérose latérale amyotrophique (SLA) ; sa maladie a progressé au fil des ans et l'a laissé presque complètement paralysé.

La clé des principaux travaux scientifiques de Stephen Hawking à ce jour est fondée, en collaboration avec Roger Penrose, sur l'élaboration des théorèmes des singularités dans le cadre de la relativité générale, et la prédiction théorique que les trous noirs devraient émettre des radiations, aujourd'hui connues sous le nom de radiations de Hawking (ou parfois radiations de Bekenstein-Hawking)[4]. C'est un physicien théoricien de renommée mondiale dont la carrière scientifique s'étend sur plus de 40 ans. Ses livres et ses apparitions publiques ont fait de lui une célébrité universitaire. Il est membre honoraire de la Royal Society of Arts[5] et membre à vie de l'Académie pontificale des sciences[6], bien qu'il ait affirmé ne pas croire en un dieu.

Biographie[modifier | modifier le code]

Stephen Hawking est né le 8 janvier 1942. Il est le fils du Dr Frank Hawking, un chercheur biologiste, et d'Isobel Hawking, une militante politique. Il a deux jeunes sœurs, Marie et Philippa et un frère adoptif, Edward[7]. Les parents vivaient dans le nord de Londres jusqu'au jour où ils ont déménagé à Oxford, Isobel était alors enceinte de Stephen, et ils désiraient un endroit plus sûr pour la naissance de leur premier enfant (Londres était attaquée par la Luftwaffe)[8]. Selon l'une des publications de Hawking, un missile V-2 a explosé à quelques rues de l'endroit où ils étaient[9].

Après la naissance de Stephen, la famille part s'installer à Londres, où son père dirige la division de parasitologie de l'Institut national de la recherche médicale[7].

En 1950, toute la famille déménage à St Albans dans le Hertfordshire. C'est à l'école de cette ville qu'il poursuit sa scolarité de 1950 à 1953. Si Stephen est un bon élève, il n'est pas un élève exceptionnel[7]. Lorsque, plus tard, on l’interrogea pour savoir s’il y avait un professeur qui l’avait inspiré, il nomma son professeur de mathématiques, Dikran Tahta[10]. Il conservera un lien affectif si fort avec cette école qu'il donnera même son nom à l'une de ses quatre maisons, ainsi qu'à une série de conférences scientifiques extrascolaires.

Hawking a toujours été intéressé par la science[7]. Il s'inscrit à l'université d'Oxford, avec l'intention d'étudier les mathématiques, bien que son père eût préféré qu'il aille en médecine. Étant donné que les mathématiques n'étaient pas proposées, Hawking choisit alors la physique. Ses intérêts au cours de cette période sont la thermodynamique, la relativité et la mécanique quantique. Son professeur de physique, Robert Berman, déclara plus tard dans le New York Times Magazine :

« Il est uniquement nécessaire pour lui de savoir que quelque chose peut être fait, et il peut alors le faire sans chercher à voir comment d'autres personnes l'ont fait. [...] Il n'a pas eu un grand nombre de livres, et il n'a pas pris de notes. Bien entendu, son esprit est complètement différent de ceux de ses contemporains.[7] »

Hawking arriva alors à un examen final d'évaluation à la frontière entre la première et la seconde classe d'honneur, un examen oral. Berman a dit de l'examen oral :

« Et bien sûr, les examinateurs ont été assez intelligents pour réaliser qu'ils parlaient à quelqu'un de plus intelligent que la plupart d'entre eux[7]. »

Après avoir obtenu son diplôme B.A. à Oxford en 1962, il est resté pour étudier l'astronomie. Il a décidé d'arrêter quand il trouva que l'étude des taches solaires ne l'attirait pas et qu'il était plus intéressé par la théorie que par l'observation[7]. Il a quitté Oxford, avec les honneurs, pour Trinity Hall où il a participé à l'étude de l'astronomie théorique et la cosmologie théorique.

Presque dès son arrivée à Cambridge, il a commencé à développer les symptômes de la sclérose latérale amyotrophique (appelée familièrement aux États-Unis la maladie de Lou Gehrig et en France la maladie de Charcot), une maladie des neurones moteurs qui lui a enlevé presque tout contrôle neuromusculaire. Au cours de ses deux premières années à Cambridge, il ne s'est pas distingué, mais après la stabilisation de sa maladie et avec l'aide de son tuteur de doctorat, William Dennis Sciama, il est retourné travailler sur sa thèse de doctorat[7]. Il a révélé qu'il ne voyait pas beaucoup l'intérêt d'obtenir un doctorat s'il devait mourir bientôt. Hawking a déclaré plus tard que le véritable tournant a été son mariage avec Jane Wilde en 1965, une étudiante en langue[7]. Après avoir obtenu son doctorat, Stephen est devenu chercheur à Gonville and Caius College (Cambridge). L'étude des singularités, concept physique et astronomique récent, permet au chercheur de développer différentes théories, qui le mèneront plus tard du Big Bang aux trous noirs.

Hawking a été l'un des plus jeunes membres élu de la Royal Society en 1974, a été fait commandeur de l'ordre de l'Empire britannique en 1982, et est devenu Compagnon d'Honneur en 1989. Hawking est un membre du Conseil des auteurs de The Bulletin of the Atomic Scientists.

Le professeur Hawking en vol dans un avion zéro-g.

Les travaux de Hawking ont été réalisés en dépit de l'aggravation de la paralysie causée par la SLA. En 1974, il est devenu incapable de se nourrir ou de sortir du lit par lui-même, tandis que son élocution était fortement altérée par sa maladie, de sorte que seules les personnes le connaissant bien pouvaient encore le comprendre. En 1985, il a contracté une pneumonie et a dû subir une trachéotomie pour mieux respirer, ce qui l'a rendu définitivement incapable de parler. Walt Woltosz, un informaticien de Californie, a construit un dispositif permettant à Hawking d'écrire sur un ordinateur avec un commutateur dans sa main, tandis qu'un synthétiseur vocal parle pour lui, lisant ce qu'il vient de taper[11]. Ayant perdu l'usage de ses mains, il utilise depuis 2001 les contractions des muscles de sa joue détectées par un capteur infrarouge fixé à une branche de ses lunettes, pouvant ainsi sélectionner les lettres une par une sur un clavier virtuel d'une tablette Lenovo ThinkPad dont un curseur balaie en permanence l'alphabet, puis sélectionner des mots grâce à un algorithme prédictif. Ce système lui permet d'exprimer cinq mots à la minute et de donner des cours à l’université de Cambridge jusqu’en 2009. Face à l’aggravation de son état, Intel met au point depuis une nouvelle interface de contrôle basée sur la reconnaissance faciale des mouvements de ses lèvres et sourcils[12]. La nécessité de toujours peser ses mots (au risque d'en effacer d'autres dans le vocabulaire automatique) n'a pas nui à son style, d'une grande limpidité[réf. nécessaire].

Jane Hawking (née Wilde), la première femme de Hawking, a pris soin de lui, jusqu'en 1991, lorsque le couple s'est séparé. Ils ont eu trois enfants : Robert (1967), Lucy (1969), et Timothy (1979). Hawking s'est marié à son infirmière, Elaine Mason (qui a déjà été mariée à David Mason, le concepteur de la première version de l'ordinateur parlant d'Hawking), en 1995. En 2004, sont publiés les comptes rendus de plusieurs procès-verbaux impliquant Elaine dans des affaires de maltraitance à son égard[13]. En octobre 2006, Hawking a demandé le divorce de sa seconde épouse[14].

En 1999, Jane Hawking a publié un mémoire, Music to Move the Stars, détaillant sa propre relation à long terme avec un ami de la famille avec lequel elle se mariera plus tard. La fille de Hawking, Lucy, est une romancière. Leur fils aîné, Robert, émigre aux États-Unis, se marie, et a un enfant, George Edward Hawking.

En premier lieu, Roger Penrose et lui construisent la structure mathématique répondant à la question d'une singularité comme origine de l'Univers. Ensuite, à partir des années 1970, Hawking approfondit ses recherches sur les densités infinies locales, et ses études sur les trous noirs ont fait progresser bien d'autres domaines. Enfin, la théorie du tout, visant à unifier les quatre forces physiques, est au centre des recherches actuelles de Hawking. Le but est de démontrer que l'Univers peut être décrit par un modèle mathématique stable, déterminé par les lois physiques connues, en vertu du principe de croissance finie mais non bornée, modèle auquel Hawking a donné beaucoup de crédit.

Son handicap lourd ne saurait expliquer à lui seul le grand succès de ses recherches ; Hawking a cherché à vulgariser son travail, et son livre Une brève histoire du temps est l'un des plus grands succès de littérature scientifique. En 2001, paraît son deuxième ouvrage, L'univers dans une coquille de noix qui vulgarise le dernier état de ses réflexions, en abordant la supergravité et la supersymétrie, la théorie quantique et théorie-M, l'holographie et la dualité, la théorie des supercordes et des p-branes, etc. Il s'interroge également sur la possibilité de voyager dans le temps et sur l'existence d'univers multiples. En 2007, il écrit un livre, avec sa fille, Georges et les secrets de l'univers, premier tome de la trilogie qu'il écrira avec elle.

Recherches[modifier | modifier le code]

Hawking donnant une conférence pour les 50 ans de la NASA.

Les principaux domaines de recherches de Hawking sont la cosmologie et la gravité quantique.

À la fin des années 1970, lui et son ami et collègue de Cambridge, Roger Penrose, ont appliqué un nouveau modèle mathématique complexe, qu'ils ont créé à partir de la théorie d'Albert Einstein sur la relativité générale[15]. Cela a conduit Hawking à prouver en 1970 le premier de nombreux théorèmes sur les singularités ; tels les théorèmes capables de fournir un ensemble de conditions suffisantes à l'existence d'une singularité dans l'espace-temps. Ce travail a montré que, loin d'être une curiosité mathématique qui ne figure que dans des cas particuliers, les singularités sont assez génériques dans la relativité générale[16].

Résumé succinct de ses recherches[modifier | modifier le code]

La radiation Hawking[modifier | modifier le code]

Article détaillé : radiation Hawking.

Au milieu des années 1960, alors qu'il poursuit ses études de physicien en vue d'obtenir son doctorat, Hawking démontre que la théorie de la relativité générale d'Einstein implique que l'espace et le temps ont eu un commencement, le Big Bang, et une fin, les trous noirs.

Ces conclusions le conduisent à découvrir dès 1963 que les trous noirs ne seraient pas si noirs que cela, mais qu'ils seraient capables d'émettre un rayonnement, le rayonnement Hawking. La réaction initiale de la communauté scientifique ne fut pas très positive.

La radiation Hawking correspond à un rayonnement de corps noir, elle est émise dans toutes les directions et conduit à deux conclusions :

  • d'une part, ce rayonnement renverse la définition même du trou noir puisque dans ce cas-ci, il libère des particules dans l'espace ;
  • d'autre part, ce phénomène conduit finalement à son évaporation quantique et sa disparition dans un intense flash d'énergie pure.

Les mini trous noirs[modifier | modifier le code]

En 1971, Hawking avance l'hypothèse que le phénomène du Big Bang aurait dispersé dans l'espace des micro trous noirs d’une masse d’environ 109 tonnes et de la taille d'un proton ainsi que des trous noirs plus massifs et de la taille d'une montagne. Des trous noirs aussi massifs que dix millions de masses solaires pourraient également résider au centre des galaxies, ce qui expliquerait l'intense énergie émise par les radiogalaxies et les quasars.

L'entropie des trous noirs[modifier | modifier le code]

Article détaillé : entropie des trous noirs.
Trou noir : vue d'artiste

Mais à force de calculs, il découvre également qu'en appliquant les lois de la physique quantique à la cosmologie, il peut déterminer la dimension des singularités, ces « points de densité et de courbure d'espace-temps infinis » prédits par la relativité générale et que l'on ne peut pas traiter mathématiquement. Il réalise que l'horizon des événements des trous noirs (la limite sous laquelle rien ne peut s'échapper) ne peut pas diminuer lorsqu'il attire de la matière. Si on prend une analogie avec la thermodynamique dit-il, c'est exactement ce que dit la deuxième loi de la thermodynamique : « dans un système isolé, l'entropie (son degré de désordre) ne peut pas décroître ». D'autres disent plus simplement que le chaos augmente. Dans une singularité, le système thermodynamique est totalement désordonné car le tenseur de Weyl est dominant, il tend même vers l’infini, ce qui permet à Hawking de conclure que son entropie est maximale. Mais son confrère, Jacob Bekenstein de l'université de Princeton lui répond qu'il ne s'agit pas seulement d'une analogie, l'horizon des événements représente la mesure de l'entropie du trou noir. Il s'ensuit un échange d'arguments par articles interposés jusqu'à ce qu'Hawking lui fasse remarquer que si un trou noir présente une entropie, il a donc aussi une température, et s'il a une température, il doit émettre un rayonnement, mais que par définition un trou noir n'émet rien, aucun rayonnement. C'est alors qu'Hawking va plus loin dans ses calculs et découvre qu'un trou noir peut finalement émettre un rayonnement de manière constante.

Il pense tout d'abord avoir fait une erreur de calcul et garde ses travaux pour lui : « Je craignais, dit-il, que Bekenstein ne le découvre, et ne l'utilise comme argument pour appuyer sa propre théorie ». Finalement Hawking le convainc de l'exactitude de son résultat et qu'on peut utiliser la physique quantique pour expliquer le mécanisme de rayonnement qui porte aujourd'hui son nom. Bekenstein s'y plie à contrecœur, disant que c'est « fondamentalement exact mais d'une manière à laquelle je ne m'attendais certainement pas ».

Plus tard, Hawking aborde cette question avec moult détails dans la première version de son livre « Trous noirs et bébés univers », puis il supprime ce passage et se contente d'indiquer que Jacob Bekenstein lui a fait une « suggestion cruciale ». On lui attribue la volonté de tourner la théorie de Bekenstein en dérision (en la traitant de « scandaleuse » ou d'« insensée ») pour accroître la valeur de ses propres résultats. Même son directeur de thèse, le Dr Dennis Sciama, juge « son ton méprisant face au travail de Bekenstein ». Finalement tout le travail de son concurrent est oublié.

La perte d'information dans un trou noir[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Théorème de calvitie.

Si un trou noir est capable de rayonner, ce n’est pas pour autant que cette radiation contient une information sur le trou noir. La particule émise peut être quelconque tant que sa longueur d’onde est supérieure au quart de la circonférence du trou noir (celle de l’horizon des événements). En fait, en absorbant tout jusqu’à la lumière, le trou noir devient une censure cosmique comme le disait Penrose, ne libérant aucune information sur ses propriétés. Du moins Hawking le pensait à l’époque. Mais ceci n’étant qu’une solution théorique tirée de ses calculs, il fait le pari avec Kip Thorne contre John Preskill que les trous noirs constituent la phase terminale de l’univers et emprisonnent à jamais tout ce qui passe à leur proximité sans libérer la moindre information. Le 21 juillet 2004, il admet avoir perdu son pari et admet, avec Leonard Susskind, que l’information apparemment captive pourrait rester concentrée sur l’horizon d’un trou noir, donc sur une surface, par analogie avec un hologramme qui concentre une information sur une image à trois dimensions, également sur une surface[17].

Schéma d’un trou de ver de masse négative

Les trous de ver[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Trou de ver.

Hawking et Einstein décrivent également les « trous de ver » (wormholes), des fluctuations quantiques dans l’espace-temps qui, à l’image des tunnels, permettent de prendre des raccourcis dans l’espace-temps. Cette théorie est reprise et vulgarisée par les médias, bien que rien ne prouve que ces trous de ver existent et que personne ne soit capable de dire si ces entités qui ont une échelle subatomique peuvent se maintenir à l’échelle macroscopique sans s’effondrer en raison de leur instabilité intrinsèque.

La flèche du temps et l'univers sans bord[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Flèche du temps.

En 1983, Hartle et Hawking abordent également la question de la flèche du temps. Hawking propose (ceci n’étant pas déduit d’un principe physique fondamental) la conjecture d’un univers sans bord (no-boundary) qui n’aurait pas de frontière, prenant naissance dans un temps imaginaire pour éviter l’écueil des infinis et des instants zéro asymptotiques et inatteignables. Hawking explique que c’est la seule manière d’entrevoir le commencement de l’univers d’une manière totalement déterminée par les seules lois de la science, sous-entendant que le « Créateur » n’y joue aucun rôle dominant.

La théorie de l'inflation[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Inflation cosmique.

Nouvelle théorie sur les trous noirs[modifier | modifier le code]

Stephen Hawking est sur le devant de la scène en juillet 2004 en présentant une nouvelle théorie sur les trous noirs qui va à l'encontre de sa propre ancienne théorie, perdant ainsi un pari que lui et Kip Thorne avaient fait avec John Preskill, un physicien des particules. Classiquement, on peut montrer que l'information qui passe par l’horizon d'un trou noir est perdue pour notre univers. Ce fait est connu sous le nom de théorème de calvitie. Le problème avec ce théorème est qu'il implique que le trou noir émet les mêmes radiations quel que soit ce qui y rentre. Ainsi, si un état pur quantique est jeté dans un trou noir, un état mélangé en ressortira. Ceci va à l'encontre des règles de la mécanique quantique et est connu sous le nom de paradoxe de l'information perdue des trous noirs (en).

Hawking avait auparavant spéculé que la singularité au centre du trou noir pouvait former un pont vers un « bébé univers » dans lequel l'information perdue pouvait passer ; de telles théories sont très populaires dans la science-fiction. Mais d'après la nouvelle idée de Hawking, présentée à la 17e Conférence internationale sur la relativité générale et la gravitation, le 21 juillet 2004 à Dublin, les trous noirs finissent par transmettre, de manière désordonnée, l'information de toute la matière qu'ils avalent[18].

Ayant conclu que l'information est conservée, Hawking concède qu'il a perdu son pari, cédant à Preskill son encyclopédie. Toutefois, Thorne reste dubitatif vis-à-vis de la démonstration de Hawking et refuse de contribuer à la récompense.

En juillet 2005, l'annonce de Hawking a donné lieu à une publication dans la revue Physical Review et largement débattue dans la communauté scientifique[19],[20].

En 2014 Stephen Hawking déclare à la revue Nature, après sa conférence à l’Institut Kavli pour la physique théorique à Santa Barbara en Californie[21] :

« Il n’y a pas de trou noir... le concept de trou noir est incompatible avec la physique quantique. »

« On ne peut rendre compte parfaitement de ces astres curieux tant que nous n’avons pas élaboré une théorie de la gravité unifiée, capable de concilier les lois de la physique quantique des échelles subatomiques avec la relativité générale qui rend compte de l’astronomie. »

Actuellement, deux théories sont en confrontation : la théorie des cordes et celle des boucles[21].

Polémiques[modifier | modifier le code]

  • Hawking a affirmé qu'il serait « plus enthousiasmant » que le Large Hadron Collider échoue à trouver le boson de Higgs, dont la découverte est un des objectifs prioritaires, ce qui lui a valu un échange vif avec Peter Higgs, qui avait prédit l'existence de cette particule en 1964[22].
  • Hawking suscite une controverse lors de la parution en 2011 de son livre Y a-t-il un grand architecte dans l'univers ?. Il lui est notamment reproché de faire la confusion entre sciences, philosophie et vocabulaire religieux et de présenter la théorie M unifiant gravitation et forces électromagnétiques et nucléaires, comme « celle recherchée en vain par Einstein »[23].
  • Afin de protester contre le traitement réservé par l’État hébreu aux palestiniens, Hawking décide de se retirer d'une conférence annuelle organisée en juin 2013 en Israël et intitulée « Faire face à demain 2013 ». Il devait y intervenir aux cotés de personnalités telles que l'ancien président américain Bill Clinton et de l'ancien premier ministre britannique Tony Blair. Par cet acte, le scientifique officialise son soutien à la campagne de boycott académique d'Israël. En effet, Hawking avait déjà dénoncé en 2009 l'opération Plomb durci menée pendant trois semaines par Israël dans la bande de Gaza, qualifiant de « disproportionnée » la réponse apportée par l’État hébreu aux tirs de roquettes palestiniens. « La situation ressemble à celle qui prévalait en Afrique du sud avant 1990 et ne peut continuer », avait-il déclaré sur la chaîne Al-Jazeera[24],[25].

Science-fiction[modifier | modifier le code]

  • Stephen Hawking n'a jamais caché l'intérêt qu'il porte à l'univers de Star Trek. Il joue son propre rôle dans le prologue de l'épisode Descent, Part I de la série Star Trek: The Next Generation, engagé dans une partie de poker avec Isaac Newton et Albert Einstein. Dans l'épisode final de cette même série, le personnage de Data est titulaire de la chaire lucasienne, celle-là même qu'occupe Hawking à Cambridge, à la suite de Newton. Il est également amateur de la série britannique Red Dwarf, qu'il commente notamment dans un documentaire consacré aux dix ans de cette série.
  • La série Masters of Science Fiction est présentée oralement par Stephen Hawking.
  • Stephen Hawking a préfacé l'ouvrage : La physique de Star Trek, ou comment visiter l'univers en pyjama de Lawrence M. Krauss.
  • Dans l'œuvre de Dan Simmons, Les Cantos d'Hypérion, certains vaisseaux spatiaux sont équipés de système de propulsion « Hawking », leur permettant d'atteindre des vitesses supraluminiques.

Référence dans les médias[modifier | modifier le code]

Beaucoup de ses apparitions médiatiques participent à la construction collective mais aussi sa propre construction du « mythe du génie solitaire »[26].

Biopics[modifier | modifier le code]

  • Sa jeunesse et ses études sont évoquées dans un téléfilm de la BBC, Hawking, diffusé en 2004. Il y est interprété par Benedict Cumberbatch.

Évoqué ou parodié[modifier | modifier le code]

  • On peut apercevoir une caricature de Stephen Hawking dans la vidéo humoristique Epic Rap Battle of History: Albert Einstein VS Stephen Hawking, où il se livre à un duel verbal basé sur des préjugés le concernant[27].
  • ZUN, le créateur de Touhou Project, a composé le thème « 車椅子の未来宇宙 » (qui pourrait être traduit par « Futur Univers du Fauteuil Roulant ») en référence à Stephen Hawking.
  • Il est caricaturé dans le film Super Héros Movie en tant que docteur pervers.
  • Dans le film Avengers, l'agent Coulson compare Bruce Banner à Stephen Hawking.
  • Dans la série fantastique Lost : Les Disparus, le personnage de Heloise Hawking est nommé en référence au scientifique, à l'instar d'autres personnages nommés selon des scientifiques et penseurs célèbres (Hume, Locke, Faraday, Alpert).
  • Dans la série britannique The IT Crowd, Maurice Moss fait un canular à sa supérieure en lui présentant une boîte censée contenir l'entièreté de l'Internet mondial et qui aurait été donnée par Stephen Hawking lui-même.
  • Dans le livre Nouvelle Terre d'Eckhart Tolle, ce dernier décrit sa rencontre avec Stephen Hawking à la fin des années 70, à l'université de Cambridge, alors que le pronostic vital d'Hawking n'était à l'époque que de quelques années. Tolle décrit qu'il ne vit dans les yeux d'Hawking aucune « trace de misère intérieure » et compris « qu'il avait renoncé à la résistance, qu'il vivait dans le lâcher-prise » (il fait référence à la résistance intérieur à ce qui est)[28].
  • Dans les jeux vidéo [Shin Megami Tensei], le savant paralytique Steven, personnage récurrent qui a inventé le Programme d'Invocations de Démons ainsi qu'un réseau de téléportation empruntant une dimension parallèle, est une référence à Stephen Hawking.

Apparitions ou Caméo[modifier | modifier le code]

  • Il apparaît dans un épisode des Simpson en 1999, intitulé Les Gros Q.I. (saison 10), ainsi que dans les épisodes Une grosse tuile pour un toit (saison 16) Petit Papa Noël super flic (saison 18) et « Elementary School Musical » (Saison 22). Il apparaît aussi dans un épisode de la deuxième saison et dans le deuxième long-métrage de la série Futurama ainsi que dans le dessin animé Mes parrains sont magiques. On peut également le voir dans un épisode de la série Dilbert et dans un clip parodique de celui de Chamillionaire : White and Nerdy de « Weird Al ». Il apparaît aussi dans un épisode des Griffin (Family Guy, saison 3, épisode 15), intitulé À vos marques ! Prêt ! Trichez.
  • En 1993, il apparaît en personne, jouant son propre rôle dans la première scène de l'épisode 26, "Descent" de la saison 6 de la série Télévisée américaine Star Trek : La Nouvelle Génération, lors d'un programme de divertissement holographique du personnage du Lieutenant Commandeur Data.
  • On peut l’entendre dans la chanson Keep Talking du groupe Pink Floyd de l'album The Division Bell. Comme sa maladie l’empêche de parler, il utilise dans la vie de tous les jours un synthétiseur vocal qui renvoie une voix synthétique. Le groupe a donc samplé cette voix à partir d’une publicité pour une compagnie téléphonique qu’Hawking avait enregistrée.
  • Dans l'épisode 21 de la saison 5 de The Big Bang Theory intitulé : « The Hawking Excitation », Stephen Hawking joue son propre rôle et parle de la théorie intéressante mais néanmoins faussée de Sheldon Cooper ; dans l'épisode 6 de la saison 6, Stephen Hawking joue à un jeu sur iPad contre Sheldon Cooper, on peut entendre sa voix à la fin de l'épisode où il se moque de Sheldon. De nombreuses mentions de lui sont également faites dans d'autres épisodes de la série.
  • En juillet 2014, il fait une apparition en tant qu'invité surprise dans le spectacle des Monthy Python : Monthy Python Live (Mostly).

Œuvres[modifier | modifier le code]

Il a écrit, entre autres :

Distinctions et honneurs[modifier | modifier le code]

Stephen Hawking recevant un fac-similé de manuscrits d'Einstein de l'article qui définit sa fameuse équation, après qu'Hawking a donné une conférence publique à l'université hébraïque de Jérusalem le 14 décembre 2006.

L'astéroïde (7672) Hawking a été nommé en son honneur.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Associated Press, « Stephen Hawking to retire from prestigious post »,‎ 24 octobre 2008
  2. (en) « Stephen Hawking accepts post at Ontario institute », CTV.ca
  3. (en) Stephen Hawking, A Brief History of Time, Bantam Books,‎ 1988 (ISBN 0-553-38016-8).
  4. (en) « Particle creation by black holes », Project Euclid
  5. (en) « Honorary Fellows of the Royal Society of Arts »
  6. (en) Michael Mason, « Alliance, Many of the greatest minds of science meet regularly in Vatican City to counsel the pope on the hot topics of the day' », Discover Magazine, Discover Magazine,‎ septembre 2008, p. 43.
  7. a, b, c, d, e, f, g, h et i Current Biography, 1984, New York City, H. W. Wilson Company (en),‎ 1984
  8. (en) John J. O’Connor et Edmund F. Robertson, « Stephen William Hawking », dans MacTutor History of Mathematics archive, université de St Andrews (lire en ligne).
  9. Dr. Hawking, Stephen W. 1994. Black Holes And Baby Universes and Other Essays. Bantam Books, London. ISBN 0-553-37411-7.
  10. (en) G. Hoare et E. Love, « Dick Tahta », The Guardian,‎ 5/01/2007
  11. (en) Michael White & John Gribbin, Stephen Hawking : A Life in Science, National Academies Press,‎ 2002, p. 236–37
  12. Marc Zaffagni, « Un nouveau dispositif de communication d'Intel pour Stephen Hawking », sur Futura-Sciences,‎ 29 janvier 2013
  13. (en) « Police plan to ask Stephen Hawking about abuse claims », Telegraph.co.uk,‎ 25 janvier 2004 (lire en ligne)
  14. (en) « Hawking and second wife agree to divorce », Telegraph.co.uk,‎ 9 janvier 2007 (lire en ligne)
  15. (en) « Origins of the universe: Stephen Hawking's J. Robert Oppenheimer Lecture », University of California, Berkeley
  16. (en) Stephen Hawking et Roger Penrose, « The Singularities of Gravitational Collapse and Cosmology », Proceedings of the Royal Society A, vol. 314, no 1519,‎ janvier 1970, p. 529–548 (DOI 10.1098/rspa.1970.0021, lire en ligne)
  17. Pour la Science, no 377, mars 2009.
  18. GR Conference website
  19. (en) Article du blog de Luboš Motl consacré à la résolution d'Hawking du paradoxe de l'information pour les trous noirs]
  20. Citations scientifiques de l'article de Hawking d'après la base de données SPIRES
  21. a et b Azar Khalatbari, « Stephen Hawking : "les trous noirs n'existent pas" », sur sciencesetavenir.fr,‎ 27 janvier 2014 (consulté le 20 juin 2014).
  22. (en) Chris Irvine, Large Hadron Collider: 'God particle' theorist Peter Higgs attacks Stephen Hawking, The Telegraph, 11 septembre 2008
  23. Sylvestre Huet, « Hawking versus Dieu », sur Libération,‎ 16 septembre 2010
  24. (en) Harriet Sherwood et Matthew Kalman, « Stephen Hawking joins academic boycott of Israel », sur theguardian.com,‎ 8 mai 2013 (consulté le 16 avril 2014).
  25. « Le physicien Stephen Hawking soutient le boycott académique d'Israël »,‎ 8 mai 2013 (consulté le 16 avril 2014).
  26. Hélène Mialet, « William X et Mister H. Repenser l’acteur de l’invention », Documents pour l'histoire des techniques, no 17,‎ 8 novembre 2010, p. 134-148 (lire en ligne)
  27. [1]
  28. Nouvelle Terre p.180 (2005) (ISBN 978-2-89626-007-2).
  29. Ce titre reprend la phrase de Leopold Kronecker : « Dieu a fait les nombres entiers, tout le reste est l'œuvre de l'homme. »

Chroniques de l'univers : http://www.france5.fr/emission/chroniques-de-lunivers, dimanche 10 novembre, 13h40, rediffusion jeudi 28 novembre, 15h41, Une vie extraterrestre, Épisode 1, Culture Infos - Documentaire Etats-Unis 2010, 54 min par le physicien et cosmologiste Stephen Hawking, Réalisateur Martin Williams, "L'univers renferme des formes de vie tellement inattendues et insolites qu'on ne les reconnaît pas forcément comme telles. Il est aussi envisageable que des êtres extraterrestres aient une durée de vie tellement courte qu'ils disparaissent presque aussitôt après être apparus."

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Stephen Hawking, My Brief History, Random House,‎ 2013, 144 p. (lire en ligne) (autobiographie)
  • (en) Hélène Mialet, Hawking Incorporated : Stephen Hawking and the Anthropology of the Knowing Subject, University of Chicago Press,‎ 2012, 272 p. (lire en ligne)
  • (en) Kristine Larsen, Stephen Hawking : a biography, Greenwood Publishing Group,‎ 2005, 165 p. (lire en ligne)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]