Jalousie

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Flirt et jalousie, de Haynes King (1831-1904)

La jalousie est une émotion secondaire et représente des pensées et sentiments négatifs d'insécurité, de peur et d'anxiété concernant une perte anticipée de valeurs personnelles qu'un individu perçoit. La jalousie est un mélange d'émotions comme la colère, la tristesse, la frustration et le dégoût. La jalousie ne doit pas être confondue avec l'envie.

La jalousie est familièrement liée aux relations humaines. Elle est observée chez les enfants âgés de cinq mois ou plus[1],[2],[3],[4]. Certains témoignages exposent qu'elle est perçue dans toutes les cultures[5], cependant, d'autres exposent qu'elle appartient à une culture spécifique[6].

Sommaire

Approches philosophiques[modifier]

Vision girardienne[modifier]

Selon la théorie mimétique de René Girard, la jalousie est un moment dans la dynamique du désir humain. Celui-ci est par nature mimétique, c'est-à-dire que notre désir est emprunté à un modèle, qui désire ou possède l'objet avant nous, et dont l'être nous fascine. Le jaloux est convaincu que l'être jalousé le devance dans la possession de l'objet et lui en interdit l'accès. La complaisance à entretenir ce sentiment vient de ce que l'existence de l'obstacle que constitue le rival jalousé, renforce la valeur de l'objet de la rivalité, laquelle renforce la fascination qu'exerce l'être du rival supposé heureux qui est l'idéal non-conscient du sujet.

Selon Henri Laborit[modifier]

Henri Laborit utilise une autre approche selon laquelle il n’existe en soi ni de jalousie ni d’instinct de la propriété, mais plus simplement que nous construirions au fil du temps, et parfois dès la très petite enfance, des modèles associant la notion de privation à celle de douleur, et cherchons ensuite inconsciemment à créer des conditions évitant ces risques de douleur.

Jalousie amoureuse[modifier]

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La jalousie amoureuse est une émotion empreinte d'agressivité qui est la conséquence de la peur de perdre l'être aimé ou l'exclusivité de son amour, au profit d'une autre personne – sentiment qui peut être fondé sur l'imagination et non sur des faits. Quand elle est permanente ou excessive, la jalousie est une forme de paranoïa et est attachée à une relation « amoureuse » sur un mode possessif voire exclusif. Dans Othello ou le Maure de Venise, William Shakespeare fait décrire à Iago la jalousie comme un « monstre aux yeux verts qui produit l’aliment dont il se nourrit ».

La jalousie amoureuse ne peut naitre si les partenaires ont une relation de confiance, mais cette notion reste subjective chez le jaloux. La jalousie est d'autant plus importante que la personne jalouse a le sentiment que son équilibre psychologique repose sur le fait d'être lié à la personne désirée : la jalousie est donc une problématique d'attachement propre au jaloux qui a un besoin d'être rassuré, alors même, qu'à tort ou à raison, le sentiment peut être fondé sur l'imagination. Il est à noter que le jaloux reproduit généralement les mêmes schémas vis-à-vis de tous ses partenaires. Le jaloux peut alors être effacé dans le couple : il cherche à posséder son partenaire à tout prix et pour éviter de perdre son partenaire, il se met rarement en opposition en acceptant des compromis. Mais ce comportement peut alors renforcer davantage son sentiment d'insécurité notamment lorsque le partenaire conserve une liberté à l'extérieur du couple, le jaloux ne devenant plus l'unique bénéficiaire de son partenaire. Il s'agit alors de forme pathologique de la jalousie, la paranoïa.

La jalousie amoureuse est souvent apparentée à la possession, éventuellement à la haine, c'est ce qui en fait sa force ; ce sentiment existe chez les hommes et les femmes. Par exemple, une personne jalouse déteste voir ou imaginer son partenaire passer du temps avec d’autres personnes, pas seulement parce qu'elle est privée de sa présence, mais aussi parce qu’elle s'estime seule bénéficiaire légitime de l’attention de son partenaire. C'est un sentiment d'exclusivité qui peut priver le partenaire de liberté.

La jalousie se produit dans le cadre d’une relation à trois (ce qui la différencie de l'envie ou d'être envieux), lorsque quelqu’un (l'individu jaloux, qui peut être de n'importe quel sexe) estime qu’une deuxième personne se comporte pour un tiers (une troisième personne, un groupe, voire une chose) d’une façon qui menace selon lui à tort ou à raison la relation du couple et plus particulièrement sa place dans le couple. Le jaloux en conçoit du ressentiment, des reproches, des doutes, qu’il adresse aux deux autres, avec généralement une focalisation sur la deuxième personne. L'essence du comportement jaloux ne réside pas dans cette inquiétude, parfois imaginaire, pour le couple, ni dans le fait d'agir, mais dans l'intensité émotionnelle excessive qui l'accompagne et qui compromet le succès de cette action.

Les conséquences peuvent nuire l'équilibre et la communication dans le couple, le jaloux exprimant parfois la possession de façon permanente, excessive, exclusive ou récurrente représentant souvent une jalousie maladive, ainsi la jalousie est une forme de paranoïa. Le jaloux se sent libéré de sa jalousie uniquement lorsqu'il passe du temps avec son partenaire seul, ce qui à terme compromet la liberté du partenaire, chez qui la frustration peut naître avec le temps. La jalousie évolue souvent par crise (délires).

Les comportements de la seconde personne suscitant la jalousie chez la première varient : regards, propos, dons d’objet(s), petites attentions, etc... le jaloux traduisant ce comportement par de la jalousie, il y a souvent chez le jaloux une confusion entre pensées et réalité. La jalousie peut même être suscitée par un comportement ordinairement considéré anodin (simplement regarder une personne dans la rue, par exemple).

On peut parfois être jaloux de tout un groupe, même s'il s'agit très souvent d'envie et non de jalousie dans le cas présent.

Le jaloux a un comportement qui se caractérise par du dénigrement, de la dégradation, des propos. Il s'efforce de démontrer qu'il existe et qu'il est méritant dans ce que vous accomplissez. Le jaloux lutte constamment contre vous et est prêt à convaincre votre entourage de l'y aider.

La jalousie est très souvent justifiée et vécue comme étant une preuve d'amour de la part du jaloux (au lieu de la confiance), contribuant ainsi à créer un climat de chantage affectif : être jaloux devient alors une validation du sentiment amoureux, et son contraire peut alimenter le sentiment de paranoïa.

Dans la culture populaire[modifier]

De nombreux proverbes évoquent la jalousie et ses conséquences à travers les âges.

Ainsi en Afrique francophone, et plus particulièrement en Côte d'Ivoire, l'expression "Les jaloux vont maigrir" symbolise la force de la jalousie, travaillant le jaloux jusque dans ses chairs. Cette expression a été popularisée par le chanteur Mokobe du groupe 113 dans sa chanson au titre éponyme.

Références[modifier]

  1. (en) Draghi-Lorenz, R. (2000). Five-month-old infants can be jealous: Against cognitivist solipsism. Paper presented in a symposium convened for the XIIth Biennial International Conference on Infant Studies (ICIS), 16–19 July, Brighton, Royaume-Uni.
  2. (en) Hart, S. (2002). Jealousy in 6-month-old infants. Infancy, 3, 395–402.
  3. (en) Hart, S. (2004). When infants lose exclusive maternal attention: Is it jealousy? Infancy, 6, 57–78.
  4. (en) Shackelford, T.K., Voracek, M., Schmitt, D.P., Buss, D.M., Weekes-Shackelford, V.A., & Michalski, R.L. (2004). Romantic jealousy in early adulthood and in later life. Human Nature, 15, 283–300.
  5. (en) Buss, D.M. (2000). The Dangerous Passion: Why Jealousy is as Necessary as Love and Sex. New York: Free Press.
  6. (en) Peter Salovey. The Psychology of Jealousy and Envy. 1991. ISBN 978-0-89862-555-4

Annexes[modifier]

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Articles connexes[modifier]

Bibliographie[modifier]

  • P. Chardin L'amour dans la haine ou la jalousie dans la littérature moderne : Dostoïevski, James, Svevo, Proust, Musil, Genève, Droz, 1990.
  • D. Lagache, La Jalousie amoureuse, PUF, 1948
  • Alain Robbe-Grillet, La Jalousie, aux Éditions de Minuit, 1957
  • F. Monneyron (dir.), La Jalousie, L'Harmattan, 1996 (colloque de Cerisy)
  • F. Monneyron, L'Ecriture de la jalousie, ELLUG, 1997

Liens externes[modifier]