Roman graphique

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L'expression « roman graphique », ou « graphic novel » en anglais, désigne une bande dessinée, généralement longue, sérieuse et ambitieuse, destinée à un lectorat adulte. Apparue aux États-Unis dans les années 1960 et popularisé dans les années 1980, elle est aujourd'hui souvent utilisée pour éviter la connotation enfantine et frivole du terme « bande dessinée », particulièrement dans les pays où celle-ci est appelée « comics »[1]. Alors que les bande dessinées traditionnelles avaient du mal à être vendues en librairie généraliste, la création de cette catégorie leur a permis de s'y installer. De même, les médias occidentaux ont contribué à populariser les « romans graphiques » en utilisant ce terme préférentiellement à celui de « bande dessinée ».

Ces bandes dessinées peuvent être fictionnelles ou non, en noir et blanc ou en couleur, de pagination variable, bien que dépassant souvent les standards locaux (44 à 48 pages pour la bande dessinée franco-belge, une trentaine de page pour le comic book américain). Elles n'appartiennent généralement pas à un genre de bande dessinée précis, sinon celui appelé par défaut « roman graphique », ni ne fonctionnent en séries, bien qu'un roman graphique puisse être découpé en plusieurs volumes ou, parfois, donner lieu à une suite. De manière encore plus large, aux États-Unis, ce terme tend à désigner un simple format : toute bande dessinée publiée en un volume épais hors du circuit traditionnel des comic books. Le caractère flou de ce terme a conduit certains auteurs à le moquer ou le rejeter pour l'hypocrisie qu'il peut induire.

L'association de la bande dessinée à la littérature est cependant plus ancienne que le terme « roman graphique » puisque dès l'entre-deux-guerres, Frans Masereel qualifiait ses histoires de « romans sans paroles ». Dans le domaine francophone, Casterman a créé la collection « Les romans (A SUIVRE) » en 1978 et Dargaud « B.D. Roman » en 1980 avant que le terme « roman graphique » ne commence à s'imposer à la fin des années 1980, dans le cadre de quête de légitimité littéraire de la bande dessinée[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

Durant l'entre-deux-guerres, Frans Masereel, Otto Nückel et Lynd Ward inventent des récits sans mots, constituant uniquement une suite d'images, en général des bois gravés. Masereel appelle cela des « romans sans parole », et Nückel une « histoire en images ».

États-Unis[modifier | modifier le code]

Aux États-Unis, le terme « graphic novel » désigne à l'origine les bandes dessinées nord-américaines destinées à un autre lectorat que les magazines publiés dans les stands. Un pacte avec Dieu (A Contract With God, 1978) de Will Eisner, est considéré comme l'un des tout premiers graphic novels anglo-saxons. Des auteurs comme Dave McKean, Frank Miller ou Neil Gaiman sont des auteurs qui publient couramment des romans graphiques.

Pour certains[Qui ?], le terme ne concerne pas les séries publiées dans un premier temps en épisodes bien que d'autres disent que la prépublication est dans la droite ligne des romanciers du XIXe siècle comme Charles Dickens, qui furent d'abord publiés en feuilleton dans les journaux puis en roman.

L'expression graphic novel est actuellement utilisée aux États-Unis pour éliminer la connotation enfantine et humoristique des termes comic et comic book. De même, en français, le terme « bande dessinée » est utilisé par plusieurs historiens[Qui ?] pour désigner certaines œuvres anglo-saxonnes, afin de distinguer les travaux dits sérieux des autres.

Ainsi, bien qu'à l'origine il s'agissait d'une seule histoire, on retrouve actuellement des compilations appelées TPB (Trade paperbacks regroupant plusieurs épisodes d'une même série), des anthologies, et même des compilations regroupant plusieurs auteurs et dessinateurs. Bien souvent les histoires sont maintenant conçues pour s'étaler sur plusieurs numéros afin de constituer une histoire unique dans le trade paperback, ce terme étant le plus employé.

Europe[modifier | modifier le code]

L'un des premiers romans graphiques européens est sans doute Fils de Chine de Lécureux et Gillon, prépublié dans le journal communiste Vaillant entre 1950 et 1955. Mais c'est avec la publication de Barbarella de Jean-Claude Forest (1962-64) en France, et surtout des récits de Hugo Pratt en Italie, notamment La Ballade de la mer salée (1967-1969), que le roman graphique a considérablement participé à la transformation de la bande dessinée en Europe. En France plusieurs éditeurs vont alors innover : couverture souple, choix du noir et blanc, formats inhabituels et affranchissement des normes de pagination habituelles (l'album cartonné d'environ 50 pages). Casterman publie une collection sous le simple titre « les romans (A SUIVRE) ». Chez d'autres éditeurs, s'ajoutent également d'autres collections innovatrices : Roman BD chez Dargaud, Encrage chez Delcourt, Tohu Bohu aux Humanoïdes associés, Romans graphiques au Seuil, Denoël graphique chez Denoël.

D'un graphisme plus radical, certaines de ces créations ne font plus appel à la structure traditionnelle de la bande dessinée (planche divisée en cases contenant des phylactères) et donnent parfois une part plus importante au texte. Les dernières décennies ont vu l'affirmation du succès de bandes dessinées destinées aux adultes, abordant des thèmes nouveaux (intimistes, biographiques, familiaux, politiques, sociaux) et développant des intrigues complexes et des personnages au comportement parfois ambigu.

Diffusion mondiale du terme[modifier | modifier le code]

Critiques[modifier | modifier le code]

Œuvres notables[modifier | modifier le code]

Adaptations cinématographiques[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Gravett (2005), p. 8.
  2. Thierry Groensteen, « La tentation littéraire », Le Monde, 27 janvier 1989.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Documentation[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]