Essentialisme

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L'essentialisme est une appellation imprécise qui recouvre les doctrines qui s'attachent à l'étude de l'essence — ce qui fait qu'un être est ce qu'il est — par opposition aux contingences, ce qui est accidentel, dont l'absence ne remet pas en cause la nature de cet être. Le terme n'a pas la même signification selon qu'il soit employé en biologie, en sociologie ou en philosophie.

En biologie (essentialisme contre nominalisme)[modifier | modifier le code]

En biologie, l’essentialisme est une conception selon laquelle les diverses espèces animales et végétales diffèrent entre elles par essence, ce qui implique la reconnaissance de discontinuités dans la nature. Cette conception s'oppose au nominalisme, selon lequel seuls les individus et les populations d’individus existent, considérant que les catégories ne sont que des abstractions construites par l’homme au sein d'un vaste continuum de formes dans la nature.

De même, l'essentialisme désigne des natures féminine et masculine différentes par essence, ce qui s'oppose au constructionnisme.

Critiques de l'essentialisme[modifier | modifier le code]

Selon ses détracteurs[Qui ?], l'essentialisme biologique servirait de base idéologique au ségrégationnisme, en considérant des différences établies pour la commodité pratique comme différences de « nature » entre les hommes. En d'autres termes, des repères purement conventionnels seraient confondus avec des différences qualitatives et « naturelles ». Selon les critères retenus pour établir ces discriminations, on parlera alors de sexisme, de racisme, d'homophobie

En sociologie (essentialisme contre constructionnisme)[modifier | modifier le code]

L'essentialisme désigne en sociologie l'idée selon laquelle hommes et femmes sont différents par essence, c'est-à-dire selon laquelle leur nature (féminine ou masculine) détermine non seulement leur physiologie, mais toutes sortes d'aptitudes et de goûts personnels. La notion opposée est le constructionnisme.

La position essentialiste en ce domaine considère que l'innéité biologique prévaut nécessairement dans le comportement d'un individu sur les acquisitions ultérieures qu'il a pu faire ou construire.

Essentialisme et genre[modifier | modifier le code]

Le féminisme essentialiste (ou féminisme différentialiste ) considère qu'il n'y a pas lieu de distinguer sexe et genre, puisque le sexe d'une personne détermine le genre correspondant[1].

La notion américaine de « french feminism » correspond à un mouvement de défense des femmes qui met en avant les qualités et les valeurs traditionnellement attribuées à ce sexe.[réf. nécessaire]

En philosophie (essentialisme contre existentialisme)[modifier | modifier le code]

En philosophie, l’essentialisme est le nom de la conception de l'homme qui s'oppose à l’existentialisme. L'essentialisme philosophique vise à accorder le primat à l'essence sur l'existence, et ne suppose pas de libre arbitre de l'individu, alors considéré comme produit de déterminismes qui le définissent et dont il ne peut s'extraire. L'essentialisme tend à réactualiser un débat opposant la nature et la culture.

En humour[modifier | modifier le code]

En humour, l’essentialisme désigne le courant du pétrole qui s'oppose au gazole.

Crédit d'auteurs[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Naomi Shor Cet essentialisme qui n'(en) est pas un"En termes moins abstraits et plus pratiques, un(e) essentialiste, dans le contexte du féminisme, est celle ou celui qui, au lieu de prendre soin de séparer les pôles du sexe et du genre, situe le féminin [...] au même lieu que l’appartenance au sexe féminin [...]"