Ignorance

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L'ignorance est un décalage entre la réalité et une perception de cette réalité, décalage qui est la conséquence d'une croyance ou d'un fait avéré de ne pas savoir. C'est une notion importante du bouddhisme et de la culture occidentale.

L'approche bouddhiste[modifier | modifier le code]

Pour le bouddhiste, l'ignorance est un concept important. Cette ignorance est décrite comme un voile. Elle induit les passions et cause les renaissances. C'est le concept de l'avidyā.

L'approche occidentale[modifier | modifier le code]

Dans l'allégorie de la caverne de Platon, la première phrase est : « Représente-toi de la façon que voici l'état de notre nature relativement à l'instruction et à l'ignorance ». L'état d'ignorance dans cette approche héritée de l'école pythagoricienne est associée à deux aspects de la condition de l'homme plongé dans l'obscurité :

  • l'ignorance invincible, faisant l'objet d'un plaidoyer d'innocence
  • l'obscurantisme

Molière a traité ce sujet dans Les Femmes savantes et Le Bourgeois gentilhomme. Dans la Critique de la raison pure, Kant a crédité « les observations et les calculs des astronomes » de nous avoir « appris bien des choses étonnantes », dont la plus importante est qu'elle nous a « découvert l'abîme de l'ignorance, dont la raison humaine, sans [cette connaissance], n'aurait jamais pu se représenter qu'il était aussi profond ; et la réflexion sur cet abîme, dit-il encore, doit produire un grand changement dans la détermination des fins ultimes à assigner à notre usage de la raison. »[1].

Depuis le XXe siècle, ce concept joue un rôle important en économie, en particulier dans le domaine de la veille stratégique et de l'intelligence économique.

On distingue :

  • L'ignorance savante, c'est celle de celui qui « sait qu'il ne sait pas »
  • L'ignorance profonde c'est celle de celui qui « ne sait pas qu'il ne sait pas ».

Dans la langue allemande, on distingue l'ignorance fortuite, « das Nichtwissen » (le non savoir), de l'ignorance volontaire, « das Totschweigen » (le fait de passer sous silence). Cette proposition est discutable. En allemand, "Ignoranz" peut signifier aussi une sorte d’inculture assumée, entachée d’obscurantisme et de trivialité.

Des travaux ont contribué à l'élaboration d'une épistémologie de l'ignorance qui montre que ces deux types d'ignorance entretiennent des rapports complexes, y compris chez les chercheurs scientifiques. Ainsi, une conceptualisation des ignorances et de leur gestion intellectuelle a été entreprise dans Les ignorances des savants, par Roger Lenglet et Théodore Ivainer[2].

Dans l'industrie, l'application d'un coefficient d'ignorance permet de garantir la sécurité de tout ou partie d'un système technique.

Citations[modifier | modifier le code]

  • Platon fait dire à Socrate dans le Second Alcibiade :"... nous avons tort de blâmer ainsi l'ignorance à la légère, sans ajouter que c'est l'ignorance de certaines choses...".
  • Jérôme Touzalin : "La foi repose toujours sur l'ignorance".

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Références[modifier | modifier le code]

  1. Note de la Critique de la Raison pure, « L'idéal de la raison pure », 2e section: « De l'idéal transcendantal », A575/B603.
  2. Les ignorances des savants, éditons Maisonneuve et Larose, 1996