Vérité

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Vérité (homonymie).
Le Christ et Pilate - La Vérité? Qu'est ce que la Vérité ?, toile de Nikolaï Gay.

La vérité (mot dérivé du latin veritas, « vérité », dérivé de verus, « vrai »)[1] est généralement définie comme la conformité ou la fidélité d'une idée ou d'un jugement avec son objet, autrement dit comme la conformité de ce que l'on dit ou pense avec ce qui est réel[2].

La diversité des interprétations du mot a engendré par le passé et jusqu'à maintenant bien des controverses. Les réflexions de penseurs et de philosophes au cours des siècles constituent autant d'écoles différentes.

Vérité dans le domaine philosophique[modifier | modifier le code]

Distinction entre Vérité et Réalité[modifier | modifier le code]

Le mot « vérité » a longtemps eu le même sens que le mot de « réalité ». Les deux termes sont équivalents par exemple au Moyen Âge. Il s'agit de voir la réalité «vraie», la réalité «nue», dépourvue des artifices qui la dissimulent. Pourtant cette équivalence doit être brisée :

S'il est possible de s'interroger sur la réalité d'un objet physique que je puis voir ( par exemple une maison) , cela a-t-il du sens de dire qu'elle est « vraie » ?
S'il est possible d'avoir à l'esprit des représentations imaginaires ( par exemple le Rêve ) qui n'existent pas dans la réalité, on est forcé de constater qu'elles ont bien une certaine forme de réalité dans notre esprit.

On est forcé d'admettre qu'à coté de l'idée de « Vérité correspondance » existe aussi une forme de « Vérité cohérence » qui fait que l'on peut entendre par « vérité » un caractère de la connaissance, et de la connaissance seulement. Ce caractère, dont l'erreur est l'opposé, appartient aux perceptions, idées, aux représentations, ou au jugement, et réside dans l'affirmation ou la négation de ce qui est.

Différents sens[modifier | modifier le code]

  1. La vérité matérielle, qui est l'adéquation entre ce qui est et le jugement que l'on énonce dans une proposition : cette adéquation est validée par l'expérience. Mais la nature de ce type de vérité est variable, car elle peut être qualifiée de vérité objective, relative, subjective, ou encore projective etc., suivant la théorie de la connaissance que l'on soutient (réalisme, relativisme, criticisme, constructivisme, etc.).
  2. La vérité formelle, qui est la validité des conclusions d'un système hypothético-déductif, procédant suivant des règles de déduction à partir de postulats et d'axiomes admis. Cette vérité est indépendante du contenu des propositions (voyez l'article logique) et dépend de son accord avec les lois de l'entendement. Dans ce cas, la vérité est une vérité de correspondance, et elle est a priori car elle ne dépend pas de l'expérience.
    Ce dernier point permet d'introduire une distinction : les vérités purement formelles et a priori sont appelées des vérités analytiques. Ces vérités sont nécessaires et ne nous apprennent rien sur le monde. Les vérités tirées de l'expérience sont quant à elle des vérités synthétiques, car nous lions des termes qui supposent pour des êtres dont l'existence est contingente.
  3. La vérité métaphysique qui, remontant d'une hypothèse à ses conditions, suppose l'existence d'un référent ontologique existant en soi. Dans ce cas, on distingue vérité absolue et vérité relative.
  4. La vérité d'une croyance ou d'une opinion, qui est la vérité d'une proposition qui s'accorde à un ensemble de croyances qui lui préexistent. Ce genre de vérité est souvent appelé vérité cohérente.

L'origine de l'idée de Vérité[modifier | modifier le code]

Platon veut que le discernement du vrai et la vérité même, placés hors du domaine des opinions et de sens, n'appartiennent qu'à la pensée et à l'intelligence.

Martin Heidegger, dans des analyses remontant jusqu'aux premiers pré-socratiques, a exhumé le sens originaire du concept de Vérité comme Alètheia, qui n'est pas encore un concept de relation mais l'expression du surgissement hors du retrait, de l'étant en soi[pas clair]. Ce premier sens, a été, pour lui, perdu avec Platon et Aristote et l'idée de Vérité a subi depuis son origine plusieurs transformations pour aboutir en dernier à la vérité-certitude que procure l'illusion de la calculabilité universelle qui est celle de maintenant[3].

Michel Foucault, dans ses cours au Collège de France [4] avait coutume de dire que la vérité n'est ni absolue, ni stable , ni univoque .

«La Vérité a une histoire qui en Occident se divise en deux périodes : l'age de la Vérité-foudre et celui de la Vérité-ciel ».
La Vérité-foudre est celle qui est dévoilée à une date précise, sur un lieu déterminé et par une personne élue des dieux comme par exemple l'oracle de Delphes, les prophètes bibliques ou encore aujourd'hui le pape catholique parlant «ex cathedra». Ce premier âge dure depuis des millénaires et a suscité des lignées de zélateurs , fléaux des hérésiarques, et inlassables bâtisseurs d'inquisitions.
La Vérité-ciel est en revanche établie pour tous, toujours et partout : c'est celle de la science, de Copernic, de Newton et d'Einstein. Ce second âge , fondé sur la raison scientifique , commence pour ainsi dire au XVIII° siècle mais possède également ses « grands prêtres». Et Michel Foucault n'excluait pas qu'un jour ceux-ci n'en viennent à défendre leur propre vision des choses et leurs prérogatives en ayant recours à des arguments peu différents des ceux des adeptes des âges obscurs. [5]

Accord de jugement[modifier | modifier le code]

Selon l'une des plus anciennes conceptions de la vérité, que l'on trouve par exemple chez Aristote[6], la vérité est « l'accord de nos jugements de perception ou de connaissance avec la réalité ». Ailleurs, Aristote dit également « dire de ce qui est que cela est, et dire que ce qui n'est pas que cela n'est pas, c'est dire la vérité »[7]. Une idée peut être appelée fausse si elle ne correspond à rien de réel ni de possible (par exemple, des idées de chimères, de centaures, de dieux, etc.) ou vraie en ce sens qu'elle correspond à des choses réelles (par exemple, les idées d'homme ou de cheval). Dans cette conception classique, la vérité est une « qualité ». Selon William James, il y a d'une part la réalité, d'autre part des jugements qui sont en accord avec celle-ci ; il n'existe pas une troisième « chose » qui serait la vérité. La vérité est le caractère que prennent certains jugements, et rien de plus. Par suite, la vérité n'est pas une donnée toute faite, elle se fait, elle est le fruit de l'effort et de la recherche.

Mais c'est dans le jugement exprimant une connaissance seul que semblent résider l'erreur et la vérité proprement dites. Il n'y a erreur que pour celui qui affirme l'existence de la chimère et du centaure, de même il n'y a vérité que pour celui qui nie leur existence, ou qui affirme par exemple celle de l'homme ou du cheval. Une telle théorie de la vérité repose sur l'idée que celle-ci doit être en adéquation, ou en correspondance, avec un état de choses réel.

Problèmes ontologiques[modifier | modifier le code]

On peut dire que la vérité est l'affirmation de ce qui existe ou la négation de ce qui n'existe pas ; donc, finalement, l'accord de nos jugements avec la réalité. Le problème est de savoir ce que l'on va tenir pour réel :

  • criticisme : on objectera que la réalité métaphysique et absolue n'est pas accessible à la connaissance. À quoi l'on peut répondre que la plupart de nos jugements ne concernent en rien la réalité métaphysique et absolue, mais simplement les différents êtres et phénomènes qui sont, pour nous, objets d'expérience, autrement dit de perception.
  • idéalisme : les différents objets et phénomènes se ramènent à nos représentations et à celle des autres sujets conscients; la vérité ne consiste donc pas dans l'accord de nos jugements avec une réalité extérieure à notre esprit, mais bien plutôt dans l'accord de la pensée avec elle-même, par conséquent avec ses propres perceptions et avec les perceptions des autres esprits.

Vérité historique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Vérité historique.

La recherche de la vérité historique pose différentes questions relatives à la méthodologie historique :

  • prise en compte interdisciplinaire (étendue du champ d'investigation) ;
  • recherche des matériaux et sources ;
  • critique des matériaux et sources (fiabilité, mise en correspondance) ;
  • méthode d'interprétation de ces matériaux pour l'écriture de l'histoire.

Vérité Scientifique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Vérité scientifique.

Claude Bernard, expérimentateur critique s'il en est, écrit :

« Il faut croire à la science, , c'est-à-dire au déterminisme, au rapport absolu et nécessaire des choses, aussi bien dans les domaines propres aux êtres vivants que dans tous les autres; mais il faut en même temps être convaincu que nous n'avons ce rapport que d'une manière plus ou moins approximative, et que les théories que nous possédons sont loin de représenter des vérités immuables(...) Si l'on croit trop, l'esprit se trouve lié et rétréci par les conséquences de son propre raisonnement; il n'a plus de liberté d'action et manque par suite de l'initiative que possède celui qui sait se dégager de cette foi aveugle dans les théories, qui n'est qu'au fond qu'une superstition scientifique »

Sciences déductives[modifier | modifier le code]

Valeurs[modifier | modifier le code]

Une proposition exprime une pensée ; elle contient des mots qui renvoient à des concepts, elle a une structure interne, mais en même temps elle forme un tout : dès qu'elle exprime la pensée elle l'unifie, en ce sens qu'elle appelle de la part du récepteur une option qui prend la forme d'une acceptation ou d'un refus. De là les deux possibilités de la logique classique : une proposition est vraie ou fausse[8]. On[Qui ?] pourrait objecter que le schéma binaire vrai-faux n'est pas pertinent du fait qu'il n'y a pas que des chats blancs et des chats noirs, mais beaucoup de chats de couleurs diverses. Ce serait oublier que le faux s'oppose au vrai, non comme le noir s'oppose au blanc, mais comme le non-blanc s'oppose au blanc[9]. Cependant, cette dichotomie vrai-faux pourrait être contestée d'un autre point de vue : que se passe -t-il si la réponse à la question posée n'est pas connue ? On a vu plus haut quelle était la position de Bertrand Russell : la vérité des choses est indépendante de nos moyens de les atteindre ; tel n'est pas l'avis des intuitionnistes tels Roger Apéry qui refuse en particulier d'appliquer le principe du tiers-exclu aux objets mathématiques infinis.

Un autre problème a été soulevé depuis les Grecs : certaines propositions ne peuvent sans paradoxe se voir attribuer une valeur de vérité ; la plus connue est sans doute le paradoxe du menteur : « Cette phrase est fausse » (où l'expression « cette phrase » désigne l'affirmation elle-même) ; des variantes plus sophistiquées et connues de ce paradoxe, qui, convenablement formalisé, a donné naissance aux célèbres théorèmes d’incomplétude de Gödel.

Traitement des fonctions de vérité[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Calcul des propositions.

À l'époque moderne, Boole, Schröder et Frege, parmi d'autres, s'attachèrent à dégager des structures ; Boole fut le premier à écrire la logique en symboles maniables ; il avait en vue une algébrisation du langage dans ce contexte sans cependant se préoccuper outre mesure des fondements ; Frege interpréta tout connecteur comme une fonction, inventant en 1879 le terme « fonction de vérité[10] » pour signifier qu'en logique propositionelle la valeur de vérité d'un énoncé composé ne dépend que des valeurs des énoncés simples à partir desquels il est formé, et non du contenu. En d'autres termes, les connexions sont utilisées au sens matériel ; car Frege avait ressuscité le conditionnel philonien[11] dont il avait découvert l'efficacité.

Sémantique et syntaxe[modifier | modifier le code]

Quand on tente d’expliquer le sens d’une expression, on emploie nécessairement d’autres expressions, ainsi dans un cadre purement déductif il est impossible que tous les mots d’une théorie puissent recevoir une définition ; au début d’une théorie il y a nécessairement des termes premiers. On peut d’ailleurs observer que c’est là une affaire de choix : il serait erroné de croire que certaines expressions ne peuvent en aucune manière se définir[12]. D’autre part, une fois les termes premiers choisis, il faut une méthode pour construire les énoncés, et des règles de déduction, cela constitue la syntaxe.

Une « réalisation » d'un langage du premier ordre, ou encore structure pour ce langage, associe un élément sémantique - individu, relation ou fonction - à chaque élément syntaxique - respectivement symbole d'individu, symbole de prédicat ou signe fonctionnel[13]. Une formule est dite « valide » dans une structure si elle est satisfaite - donne donc lieu à un énoncé vrai - pour tous les individus de la structure[14].

Un « modèle » d'un ensemble de formules est une structure qui rend valide chaque formule de l'ensemble (voir théorie des modèles). Une théorie est un ensemble de formules, si elle a un modèle elle est dite « compatible ». Une formule est « universellement valide » si elle est valide dans toute réalisation du langage sur lequel elle est construite[15]. La question de savoir si tout énoncé sémantiquement vrai est syntaxiquement démontrable, ainsi que la possibilité ou non d'effectuer un test automatique de vérité ou de fausseté, dépendent de la théorie concernée.

Quine et nominalisme[modifier | modifier le code]

La Vérité (1901), œuvre de Merson.

Quine introduit des schémas ou modèles d'énoncés qui jouent en sémantique un rôle analogue à celui que d'autres auteurs font jouer aux « formules » de la syntaxe. Les énoncés sont des instances particulières de ces schémas, ils en résultent par substitution, la même expression étant substituée à toutes les occurrences d'une même lettre. Ainsi il peut arriver qu'un énoncé soit vrai en raison de sa structure logique seulement, par exemple :

« S'ils drainent l'étang mais ni ne rouvrent la route ni ne draguent le port ni n'assurent aux montagnards un marché, et par contre s'assurent à eux-mêmes un commerce actif, alors on aura eu raison de dire que s'ils drainent l'étang et rouvrent la route ou s'ils draguent le port ils assureront aux montagnards un marché et à eux-mêmes un commerce actif. »

— W.V.O. Quine Méthodes de logique[16]

Malgré les apparences, c'est en effet une lapalissade, comme l'on s'en assurera sans peine[17], son schéma est du type : Si P et non-Q et non-R et non-S et T, alors [(P et Q) ou R] seulement si (S et T). Quine qualifie de tels schémas de « valides » ; il nomme « implication » un conditionnel valide, donc chez lui « implication » et « conditionnel » ne sont pas synonymes ; mais on retrouve bien le même concept de validité, implémenté différemment de la théorie classique.

Cette primauté de la sémantique provient de la philosophie nominaliste de Quine : les schémas sont des mannequins - « dummies » - qui n'appartiennent pas à un langage-objet ; les valeurs de vérité ne sont pas des objets abstraits mais des manières de parler des propositions vraies et des propositions fausses ; ces dernières sont les énoncés déclaratifs eux-mêmes plutôt que des entités invisibles cachées derrière eux[18].

Sciences naturelles[modifier | modifier le code]

Fragment du frontispice de l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert : on y voit la Vérité rayonnante de lumière ; à droite, la Raison et la Philosophie lui arrachent son voile (peint par Charles-Nicolas Cochin et gravé par Benoît-Louis Prévost en 1772

Point de vue pragmatique[modifier | modifier le code]

Les applications utiles que l'on peut tirer des théories scientifiques en sont une vérification partielle et indirecte. Une théorie n'est pas « vraie » dans ce sens seulement qu'elle est matériellement utile : c'est plutôt qu'on ne pourrait en tirer aucune application utile si elle ne contenait pas une part de vérité.

Vérification, réfutation et corroboration[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Méthode scientifique et Vérité scientifique.

Selon un point de vue répandu, les sciences empiriques se caractérisent par le fait qu'elles utilisent ou devraient utiliser des méthodes inductives, partant de propositions singulières pour aboutir à des propositions universelles. Cependant, prise à la lettre, une telle extrapolation induit des risques d'erreur : peu importe le nombre de cygnes blancs que l'on a observés, rien ne pourra nous permettre d'affirmer que tout cygne est nécessairement blanc ; aussi Reichenbach adoucit-il cette prétention en avançant que les énoncés scientifiques ne peuvent atteindre que des degrés continus de probabilité dont les limites supérieure et inférieure, hors d'atteinte, sont la vérité et la fausseté[19]. Karl Popper conteste cette approche[20].

À défaut de pouvoir prouver une théorie, on peut s'attacher à la réfuter. La théorie est corroborée si elle réussit les tests de réfutation[21]. À la « logique inductive » et ses degrés de probabilité, Popper oppose ce qu'il appelle une méthode déductive de contrôle[22]. Popper croyait à la vérité absolue comprise comme une catégorie logique ; il ne croyait pas que notre science puisse l'atteindre, ni même qu'elle puisse accéder à une probabilité du vrai ; en fait, il alla jusqu'à douter qu'elle constitue une connaissance : « La science n'est pas un système d'énoncés certains ou bien établis, non plus qu'un système progressant régulièrement vers un état final. Notre science n'est pas une connaissance - épistêmê - : elle ne peut jamais prétendre avoir atteint la vérité ni même l'un de ses substituts, telle la probabilité[23]. » Par là Popper s'oppose directement aux « pragmatistes » qui définissent la vérité scientifique en termes de « succès » d'une théorie[24].

Et cependant il ne doutait pas que cette Vérité existât quelque part. Il s'appuie pour cela sur les travaux de Tarski concernant la validité et les modèles, en particulier le concept de « fonction propositionnelle universellement valide » qui aboutit à l'existence d'énoncés vrais dans tous les mondes possibles[25]. Il en donne une traduction dans le domaine des sciences de la nature : « On peut dire qu'un énoncé est naturellement ou physiquement nécessaire si et seulement si on peut le déduire d'une fonction propositionnelle satisfaite dans tous les mondes qui ne diffèrent de notre monde, s'ils en diffèrent, qu'eu égard à des conditions initiales[26]. »

Thomas Kuhn et les paradigmes[modifier | modifier le code]

L'activité scientifique normale, dit Kuhn, est fondée sur la présomption que la communauté scientifique sait comment est constitué le monde[27]. Aussi a-t-elle tendance à occulter toute nouveauté propre à ébranler ses convictions de base. Quand les spécialistes ne peuvent ignorer plus longtemps de telles anomalies, alors commencent les investigations extraordinaires qui les conduisent à un nouvel ensemble de convictions[28]: c'est ce que Kuhn nomme une révolution scientifique. Ainsi le développement historique de la science est-il fait d'alternances entre ce que Kuhn appelle des « périodes de science normale » où le savoir est cumulatif à l'intérieur d'un système conceptuel donné ou paradigme, et de « périodes révolutionnaires » qui voient s'opérer les changements de paradigme.

Les paradigmes sont extrêmement résistants. On pourrait s'attendre à ce qu'il suffise d'une seule preuve pour rendre fausse une théorie ; pour Kuhn cependant, l'observation du comportement de la communauté scientifique montre que face à une anomalie les savants préféreront toujours élaborer de nouvelles versions et des remaniements ad hoc de leur théorie[29]. On ne dit jamais qu'un paradigme est faux avant de l'avoir remplacé par un autre.

Ainsi l'acte de jugement qui conduit les scientifiques à rejeter une théorie antérieurement acceptée est toujours fondé sur quelque chose de plus qu'une comparaison de cette théorie avec le monde[29].

Vérité dans le droit[modifier | modifier le code]

La vérité a également une forte connotation juridique[30], entendu d’un point de vue judiciaire[style à revoir] au sens de « ce qui est vrai », à savoir ce dont on peut rapporter la preuve, il faut donc y admettre et identifier les limites[31].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales » (consulté le 8 mars 2013)
  2. Merriam-Webster's Online Dictionary, truth, 2005.
  3. Hans-Georg Gadamer Les Chemins de Heidegger Textes Philosophiques VRIN 2002 page 178-179
  4. cité par I. Ramonet in « Géopolitique du Chaos», Folio, Edit° Gallimard Paris 1997
  5. I. Ramonet , op. cit.
  6. Voir Histoire de la notion de vérité.
  7. Métaphysique, Aristote Livre Γ, 1011b25
  8. Jean Chauvineau La logique moderne P.U.F 1980 p. 7-8
  9. Quine 1972, chap. 1, p. 19
  10. Quine 1972, p. 28
  11. Quine 1972, p. 32
  12. Alfred Tarski, Introduction à la logique, Gauthier-Villars Paris et Nauwelarts Louvain, 1962, p. 115
  13. Pabion 1976, II 3.1, p. 52
  14. Pabion 1976, II 4.1, p. 62
  15. Pabion 1976, II 4.2, p. 63
  16. Quine 1972, exercice 1 p. 44
  17. Si l'on n'a ni Q ni R, [(P et Q) ou R] est faux, [((P et Q) ou R) seulement si (S et T)] est vrai.
  18. Jean Largeault, traducteur - Note liminaire à Elementary logic de Quine, édition française Armand Colin
  19. Hans Reichenbach Erkenntnis I, 1930 - p. 186
  20. Popper 1989, ch. I, p. 23
  21. Popper 1989, ch. I, p. 29
  22. Popper 1989, ch. I, p. 26
  23. Karl Popper La logique de la découverte scientifique. Popper 1989, ch. X, p. 284
  24. Popper 1989,ch. X, p. 281
  25. (en) Karl Popper, « Note on Tarski's definition of Truth », Mind, vol. 64,‎ 1955, p. 391
  26. Karl Popper La logique de la découverte scientifique. Popper 1989, Appendice * X, p. 441
  27. Thomas Samuel Kuhn, La structure des révolutions scientifiques, Flammarion,‎ 1983 (ISBN 2-08-081115-0) (Trad. fr. Laure Meyer), p. 22
  28. Kuhn 1983, p. 23
  29. a et b Kuhn 1983, p. 115
  30. Encyclopédie Larousse, consultée le 7 mars 2013, Lors d’une audition dans un tribunal, le témoin est invité à prononcer « la vérité, toute la vérité, rien que la vérité »
  31. Van Den Heuvel M. La vérité judiciaire : quelle vérité, rien que la vérité, toute la vérité ?. In: Déviance et société. 2000 - Vol. 24 - no 1. p. 95-101. (texte en ligne) : « Toute réflexion sur la place qu’occupe la recherche de la vérité dans le procès pénal, ou sur les écarts éventuels par rapport à une telle recherche qu’impliquerait le recours à des solutions consensuelles ou négociées, suppose que l’on aborde au préalable le concept de vérité judiciaire dans une perspective critique et qu’on en identifie les caractères spécifiques et les limites »

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Matières directement connexes
Environnement
Notions antinomiques

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :