Fidéisme

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Le fidéisme, (du latin fides : confiance, crédit, loyauté, engagement), était à l'origine une doctrine religieuse, énoncée au XVIIe siècle par Pierre-Daniel Huet, et au XIXe siècle par l'abbé Bautain et Félicité Lamennais.

Cette doctrine religieuse, qui fut condamnée par l'Église catholique romaine, affirmait disqualifier totalement le rôle de la raison dans la connaissance, affirmant que celle-ci était le fait d'une « intelligence », fondée en dernière instance sur la révélation.

Fidéisme et notion de « cœur » chez Pascal[modifier | modifier le code]

Blaise Pascal, « C'est le cœur qui sent Dieu et non la raison. Voilà ce que c'est que la foi, Dieu sensible au cœur non à la raison »

Mais Pascal dit aussi « Le cœur sent qu'il y a trois dimensions dans l'espace» (Lafuma 110 – Brunsch 282). Joseph Malègue rapproche ceci, dans un appendice posthume à son livre Augustin ou Le Maître est là, des formes a priori de la sensibilité de Kant dans l'Esthétique transcendantale : « Pascal attribuait comme Kant, une origine extra-intellectuelle aux cadres les plus généraux de l'intuition sensible[1]. », de même qu'à des éléments analogues aux postulats de la raison pratique également chez Kant (la liberté, Dieu et l'immortalité…). Mais qui à ses yeux élargissent Kant.

Pour Malègue, en effet, à l’intuition des dimensions de l'espace s'ajoutent (selon le Pascal des Pensées qui aux yeux de Malègue « élargit » Kant[2]), les intuitions morales comme la passion de Dieu (que les saints ont éprouvée), « le désir de donner un sens à la douleur, de dominer la mort (…), de trouver d'autres sanctions que de justice terrestre[3]… » Pour Malègue : « Toutes ces intuitions morales, Kant en a eu l'idée, mais dans sa raideur piétiste et la psychologie évidemment incomplète de son époque, il les a réduites au désir d'accord entre le bonheur et la vertu. »[2] Roger Aubert salue en Joseph Malègue un « laïc théologien » qui « présente ce grand avantage que tout en étant fort moderne de tendance, il se soucie fort du rôle de l'intelligence dans l'acte de foi et ne ressent aucune sympathie pour les « acrobaties fidéistes » où se sont égarés trop souvent ceux qui voulaient réagir contre le sec intellectualisme d'une certaine théologie[4]. » La phrase de Pascal sur le cœur ne serait donc pas fidéiste.

Le fidéisme aujourd'hui[modifier | modifier le code]

Aujourd'hui, le mot fidéisme qualifie, parfois avec une connotation péjorative, toute doctrine qui attribue à la révélation un pouvoir d'accès à la vérité que la raison ne posséderait pas[réf. nécessaire].

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Malègue 1966, p. CCMXXIII-CCMXXXVI.
  2. a et b Malègue 1966, p. CCMXXXIV.
  3. Malègue 1966, p. CCMXXXIII.
  4. Aubert 1945, p. 631. Dans cet ouvrage qui a connu de nombreuses rééditions, Aubert analyse aussi le roman de J. Malègue.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • J Malègue, « Le sens d'Augustin : conférence », dans Augustin ou le Maître est là, Paris, Spes,‎ 1966, 2e éd.
  • Roger Aubert, Le problème de l'acte de foi, Warny, Louvain,‎ 1945