Fondation Barnes

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La Fondation Barnes (en anglais, The Barnes Foundation) est un musée et une école d'art, située jusqu'en mai 2012 à Lower Merion (en), dans la banlieue de Philadelphie aux États-Unis. Ses nouveaux locaux sont désormais situés à Philadelphie, 2025 Benjamin Franklin Parkway, en Pennsylvanie[1].

Histoire de la collection[modifier | modifier le code]

Albert C. Barnes, un richissime pharmacien (1872-1951), était grand amateur de peinture européenne, française en particulier[2]. Fin connaisseur des ateliers parisiens, il a rassemblé une exceptionnelle collection de toiles impressionnistes et post-impressionnistes :

et de nombreuses œuvres d'auteurs classiques ou modernes, notamment des toiles de Giorgio de Chirico, Peter Paul Rubens, Titien, Paul Gauguin, El Greco, Francisco Goya, Edouard Manet, Jean Hugo, Claude Monet, Maurice Utrillo, William Glackens, Charles Demuth, Maurice Prendergast.

La collection abrite aussi une grande variété d'objets africains, de l'ancienne Égypte et de l'art grec et romain, et des œuvres décoratives d'origine européenne et d'Amérique du Nord destinées à meubler sa villa (de vingt-trois pièces), située dans la banlieue de Merion.

Le but était de permettre à tous ses amis d'approcher les œuvres tout en conservant à l'ensemble son identité de villa, c'est-à-dire en adjoignant à la collection de tableaux des meubles et des objets du quotidien.

Dans son testament, il a décrit dans le détail les conditions d'exposition et de visite de sa collection et le but avant tout éducatif de cette dernière. Les ouvertures au public sont ainsi limitées à deux jours par semaine (hors périodes estivales) afin que les étudiants puissent la visiter. Les dispositions testamentaires excluent le prêt, les expositions en dehors de la villa et l'accueil des touristes.

Les conditions se sont un peu élargies depuis 1961[3], date à laquelle une plus grande ouverture au public fut consentie, toujours dans la limite des deux jours par semaine et avec une réservation préalable. Cette contravention aux dispositions testamentaires fut contestée par l'éditeur du Philadelphia Inquirer mais il n'obtint pas gain de cause[4].

Les projets et polémiques[modifier | modifier le code]

En 1992 Richard Glanton, président de la Fondation élargit les règles de visite arguant des dépenses à venir pour l'entretien et les réparations de la villa. De 1993 à 1995, 83 tableaux impressionnistes ont été prêtées pour des expositions temporaires destinés à lever des fonds pour ces travaux. L'exposition rencontra un très grand succès à Washington, Fort Worth, Paris[5], Tokyo et Toronto. Les recours posés à l'époque contre ces expositions ont été rejetés.

Malgré l'importance des fonds levés à l'occasion de cette tournée, on s'aperçut en 1999 que la fondation était proche de la faillite à l'occasion d'un audit mené par Deloitte Touche qui mit en lumière de nombreuses irrégularités découvertes dans la gestion de la collection[6].

Depuis, les conditions d'exploitation et la localisation de la fondation ont évolué sensiblement par rapport aux conditions testamentaires stipulées par le docteur Barnes. Le dernier projet en date validé consiste à déplacer la collection vers un nouveau site. Cette décision a été prise malgré les pétitions et recours multiples suscités par ce déménagement et les fonds destinés à ces travaux ont été trouvés[7]. Les nouveaux locaux furent inaugurés les 19 et 20 mai 2012[1].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Sylvain Cypel, Mr Barnes, trahi et sauvé in 'Le Monde du 26 mai 2012.
  2. Alexis Gritchenko, Mes rencontres avec les artistes français, traduit par Jean Bergeron, L'Harmattan, 2010.
  3. Commonwealth v. Barnes Found., 159 A.2d 500, 506 (Pa. 1960).
  4. Wiegand v. Barnes Foundation, 97 A.2d 81 (Pa. 1953 ).
  5. Au musée d'Orsay, du 8 septembre 1993 au 2 janvier 1994.
  6. (en) Don Steinberg, « Barnes: Keep audit closed », BarnesFoundation.org, Philadelphia Inquirer,‎ 2003-04-12 (consulté le 2007-09-13)
  7. "The Barnes Foundation announces a new building on Benjamin Franklin Parkway to be complete by 2011" http://www.barnesfoundation.org/v_pr_101608.html

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • 1993 : L'étrange docteur Barnes : portrait d'un collectionneur américain, Alain Boublil (Albin Michel) (ISBN 978-2-2260-6509-4)
  • 1993 : De Cézanne à Matisse : chefs-d’œuvre de la fondation Barnes, Barnes Foundation (Gallimard/Electa) (ISBN 978-2-0701-5009-0)
  • Judith F. Dolkart, Martha Lucy, Derek Gillman, The Barnes Foundation: Masterworks, éd. Skira Rizzoli, 2012 (ISBN 978-0-8478-3806-6)

Lien externe[modifier | modifier le code]