Alan Turing

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Turing.

Alan Mathison Turing, OBE, FRS ( - ), est un mathématicien, cryptologue et informaticien britannique, auteur, en 1936, d'un article de logique mathématique devenu plus tard un des fondements scientifiques de l'informatique.

Pour résoudre le problème fondamental de la décidabilité en arithmétique, il y présente une expérience de pensée que l'on nommera ensuite machine de Turing et des concepts de programmation et de programme[1],[2], qui prendront tout leur sens avec la diffusion des ordinateurs, dans la seconde moitié du XXe siècle. Avec d'autres logiciens (Church, Kleene, etc.), Turing est à l'origine de la formalisation des concepts d'algorithme et de calculabilité, qui fonderont cette discipline. Son modèle a contribué à établir définitivement la thèse Church-Turing, qui donne une définition mathématique au concept intuitif de fonction calculable.

Durant la Seconde Guerre mondiale, il joue un rôle majeur dans les recherches sur les cryptographies générées par la machine Enigma, utilisée par les armées allemandes. Ses méthodes permirent de casser ce code et, selon plusieurs historiens, de raccourcir la capacité de résistance du régime nazi de deux ans. Après la guerre, il travaille sur un des tout premiers ordinateurs, puis contribue de manière provocatrice au débat déjà houleux à cette période sur la capacité des machines à penser, en établissant le test de Turing[note 1]. Vers la fin de sa vie, il s'intéresse à des modèles de morphogenèse du vivant conduisant aux « structures de Turing ».

En 1952, un fait divers lié à son homosexualité lui vaut des poursuites judiciaires. Pour éviter la prison, il choisit la castration chimique par prise d'œstrogènes. Suicide ou accident, Turing est retrouvé mort dans la chambre de sa maison à Manchester, par empoisonnement au cyanure, le 7 juin 1954. La reine Élisabeth II le gracie à titre posthume en 2013.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance et jeunesse[modifier | modifier le code]

Alan Turing à l'âge de 16 ans.

Alan Turing est né à Paddington du fonctionnaire d'administration coloniale Julius Mathison Turing et de sa femme Ethel Sarah Turing (née Stoney). À partir de l'âge d'un an, le jeune Alan est élevé par des amis de la famille Turing.

Sa mère rejoint alors son père qui était en fonction dans l’Indian Civil Service. Ils reviendront au Royaume-Uni à la retraite de Julius en 1926. Très tôt, le jeune Turing montre les signes de son génie. On relate qu'il apprit seul à lire en trois semaines[3]. De même, il montra une affinité précoce pour les chiffres et les énigmes.

Ses parents l'inscrivent à l'école St. Michael's à l'âge de six ans. La directrice reconnaît rapidement son talent, comme beaucoup de ses professeurs au cours de ses études au Marlborough College, sans que cela n'ait guère d'influence sur sa carrière scolaire. À Marlborough, confronté pour la première fois à des camarades plus âgés que lui, il deviendra l'une de leurs têtes de turc. À 13 ans, il rejoint la Sherborne School. Son premier jour de classe ne passe pas inaperçu, la presse locale en rendant même compte. Le jour de la rentrée est celui de la grève générale de 1926, mais le jeune Turing, décidé envers et contre tout à faire sa rentrée, parcourt pour ce faire seul à bicyclette les 90 km qui séparent son domicile de son école, s'arrêtant même pour la nuit dans un hôtel[4].

Sportif accompli, en 1948, Turing termine 4e au marathon de l'Association des athlètes amateurs (AAA Marathon, dont les meilleurs coureurs sont généralement qualifiés pour les Jeux olympiques) en 2 heures 46 minutes et 3 secondes, un très bon temps. Blessé à une jambe, Turing cessera de courir sérieusement à partir de 1950[5].

Le penchant de Turing pour les sciences ne lui apporte le respect ni de ses professeurs, ni des membres de l'administration de Sherborne, dont la définition de la formation mettait plus en valeur les disciplines classiques (littérature, arts, culture physique) que les sciences. Malgré cela, Turing continue de faire des prouesses dans les matières qu'il aime, résolvant des problèmes très ardus pour son âge. En 1928, il découvre les travaux d'Albert Einstein et comprend, alors qu'il a à peine 16 ans, qu'ils remettent en cause les axiomes d'Euclide et les lois de la mécanique céleste de Galilée et Newton, à partir d'un texte de vulgarisation où ces conséquences ne sont pas indiquées explicitement[6].

À la Sherborne School, Turing se lie en 1927 d'une grande amitié avec son camarade Christopher Morcom, passionné de sciences et de mathématiques comme lui. Quand Morcom meurt en février 1930 des complications de la tuberculose bovine contractée après avoir bu du lait de vache infecté, Turing, bien que matérialiste et athée, n'admet pas la disparition complète d'un esprit aussi brillant. Persuadé que l'esprit de Morcom continue à exister, il décide d'incarner le destin scientifique qu'aurait dû avoir Morcom[7].

Études supérieures et travaux sur la calculabilité[modifier | modifier le code]

La salle informatique du King's College, à Cambridge, porte désormais le nom de Turing.

À cause de son manque d'enthousiasme à travailler autant dans les matières classiques que dans les matières scientifiques, Turing échoue plusieurs fois à ses examens. Il n'est admis qu'au King's College de l'université de Cambridge, alors qu'il avait demandé Trinity College en premier choix. Il étudie de 1931 à 1934 sous la direction de Godfrey Harold Hardy, mathématicien alors titulaire de la chaire sadleirienne puis responsable du centre de recherches et d'études en mathématiques. Il suit également les cours d'Arthur Eddington et, la dernière année, de Max Newman qui l'initie à la logique mathématique, notamment aux problèmes fondamentaux posés quelques années plus tôt par l'Allemand David Hilbert. En 1935, Turing est élu fellow du King's College, l'équivalent d'une bourse de thèse, grâce à sa démonstration du théorème central limite[8].

Son remarquable article de 1936, « On Computable Numbers, with an Application to the Entscheidungsproblem »[9],[10], répond à un problème posé par Hilbert dans les théories axiomatiques, le problème de la décision (« Entscheidungsproblem ») : est-il possible de trouver une méthode « effectivement calculable » pour décider si une proposition est démontrable ou non. Pour montrer que cela n'est pas possible, il faut caractériser ce qu'est un procédé effectivement calculable[11].

Turing le fait en imaginant, non une machine matérielle, mais un « être calculant », qui peut être indifféremment un appareil logique très simple ou un humain bien discipliné appliquant des règles — comme le faisaient les employés des bureaux de calcul à l'époque. Dans le cours de son raisonnement, il démontre que le problème de l'arrêt d’une machine de Turing ne peut être résolu par algorithme : il n’est pas possible de décider avec un algorithme (c’est-à-dire avec une machine de Turing) si une machine de Turing donnée s’arrêtera[12]. Bien que sa preuve ait été publiée après celle d'Alonzo Church, le travail de Turing est plus accessible et intuitif[12]. Il est aussi complètement nouveau dans sa présentation du concept de « machine universelle » (de Turing), avec l'idée qu'une telle machine puisse accomplir les tâches de n'importe quelle autre machine. L'article présente également la notion de nombre réel calculable. Il déduit de l'indécidabilité du problème de l'arrêt que l'on peut définir des nombres réels qui ne sont pas calculables.

Turing passe la plus grande partie de 1937 et de 1938 à travailler sur divers sujets à l'université de Princeton, sous la direction d'Alonzo Church. Il obtient en mai 1938 son Ph.D.[13] de l'université de Princeton ; son manuscrit présente la notion d'hypercalcul, où les machines de Turing sont complétées par ce qu'il appelle des oracles[note 2], autorisant ainsi l'étude de problèmes qui ne peuvent pas être résolus de manière algorithmique. L'appellation de « machine de Turing » vient de Church, son directeur de thèse, qui l'emploie pour la première fois dans un compte-rendu du travail de son élève dans le Journal of Symbolic Logic.

De retour à Cambridge en 1939, il participe à des cours publics de Ludwig Wittgenstein sur les fondements des mathématiques. Tous deux discutent avec véhémence et constatent leur désaccord, Turing défendant le formalisme alors que Wittgenstein pense que les mathématiques sont surestimées et qu'elles ne permettent pas de découvrir une quelconque vérité absolue.

Cryptanalyse[modifier | modifier le code]

Réplique de la Bombe.

Fin 1938, après les accords de Munich, la Grande-Bretagne comprend enfin que le nazisme est une menace, et commence à se réarmer. Turing fait partie des jeunes cerveaux appelés à suivre des cours de chiffre et de cryptanalyse à la Government Code and Cypher School (GC&CS). Juste avant la déclaration de guerre, il rejoint le centre secret de la GC&CS à Bletchley Park. Il y est affecté aux équipes chargées du déchiffrage de la machine Enigma utilisée par les forces armées allemandes. Ce travail profite initialement des percées effectuées par les services secrets polonais et français. Mais, en mai 1940, les Allemands perfectionnent leur système cryptographique. Turing participe aux recherches qui permettent de pénétrer les réseaux de l'armée de terre et de l'aviation. Il conçoit des méthodes mathématiques et des versions améliorées de la « Bombe » polonaise, machine électromécanique permettant d'essayer rapidement des ensembles de clés potentielles sur des blocs de communication d'Enigma. Une fois l'affaire lancée, Turing prend la tête de l'équipe chargée de trouver les clés bien plus hermétiques des réseaux de l'Enigma navale. Ces percées décisives redonnent à la Grande-Bretagne un avantage temporaire dans les batailles d'Angleterre, de Libye et de l'Atlantique.

Les capacités de décryptage de Bletchley Park et l'opération Ultra restèrent un secret militaire absolu jusqu'aux déclassifications partielles au milieu des années 1970. Seuls quelques anciens cryptanalystes français et polonais ont publié auparavant quelques informations sur la lutte contre Enigma, dans leurs pays respectifs. Les techniques de décryptage d'Enigma n'ont pas été déclassées avant 2000.

Codage de la voix[modifier | modifier le code]

Turing part en 1943 pour les États-Unis, en mission de liaison avec les cryptanalystes américains. Il y découvre les progrès des technologies électroniques et conçoit une machine à coder la voix, ayant pour nom de code Delilah[14]. Il contribue à de nombreuses autres recherches mathématiques, comme celles qui aboutiront à casser le code généré par le téléscripteur de Fish construit par Lorenz et Siemens en partenariat. Cette nouvelle machine allemande, réservée au chiffrement des communications d'états-majors, est très différente du système Enigma et résiste longtemps aux attaques des cryptanalystes alliés. Ceux-ci parviennent finalement à percer les codes Fish, grâce à de nouvelles méthodes mathématiques et à de nouvelles machines, Heath Robinson puis Colossus. Cette machine, le premier grand calculateur électronique de l'histoire, fut conçue par Max Newman et construite au laboratoire de recherche des Postes de Dollis Hill par une équipe dirigée par Thomas Flowers en 1943. Contrairement à une légende, Turing n'a nullement participé à la conception de Colossus. Mais il l'a vu fonctionner, ce qui a certainement contribué à orienter Turing vers la conception d'un ordinateur après la guerre.

Cryptanalyse d'Enigma[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Cryptanalyse d'Enigma et Bletchley Park.

À partir de , Turing travaille à temps partiel pour la Government Code and Cypher School (GC&CS). Avec le concours d'un expert en cassage de codes, Dilly Knox, il se concentre sur la cryptanalyse d'Enigma. Peu après une rencontre à Varsovie (juillet 1939) où le bureau polonais du chiffre explique aux Français et aux Britanniques le câblage détaillé des rotors d'Enigma et la méthode polonaise de décryptage des messages associés, Turing et Knox se mettent au travail sur une approche moins spécifique du problème. En effet, la méthode polonaise était fondée sur le décryptage de la clef répétée au début du message, mais cette répétition était susceptible d'être supprimée, car trop vulnérable, ce qui arriva en mai 1940. Tenus à l'écart de Bletchley Park, les cryptanalystes polonais réfugiés en Grande-Bretagne seront affectés au décryptage de codes mineurs, tandis que les services secrets français continueront à transmettre clandestinement des informations aux Alliés.

Plus générale, l'approche de Turing transforme la cryptanalyse, de technique élaborée qu'elle était depuis longtemps, en une branche des mathématiques. Il ne s'agit plus de deviner un réglage choisi parmi 159 milliards de milliards de réglages disponibles, mais de mettre en œuvre une logique fondée sur la connaissance du fonctionnement interne de la machine Enigma et d'exploiter les imprudences des chiffreurs allemands, afin de déduire le réglage de toutes les machines Enigma d'un réseau particulier pour la journée : disposition initiale des rotors (parmi 80 dispositions initiales disponibles), réglage initial des rotors (parmi 336 réglages initiaux disponibles), permutations des fiches du tableau de connexions (parmi 17 500 enfichages disponibles), etc. C'est alors que Turing rédige la première spécification fonctionnelle d'une nouvelle bombe, machine électromécanique capable d'abattre quotidiennement le travail de dix mille personnes.

La spécification de cette bombe est le premier des cinq progrès majeurs dus à Turing pendant la durée de la guerre. Les autres sont : la procédure d'identification par déduction de la clef quotidienne des différents réseaux de la Kriegsmarine ; le développement d'une procédure statistique d'amélioration de l'efficacité des bombes (Banburismus (en)) ; le développement d'une procédure (« Turingerie ») de déduction des réglages des roues de la machine Lorenz SZ 40/42 ; enfin, vers la fin de la guerre, le développement d'un brouilleur de radiophonie.

En utilisant certaines techniques statistiques en vue d'optimiser l'essai des différentes possibilités du processus de décryptage, Turing apporte une contribution innovatrice. Deux documents qu'il rédige alors (Rapport sur les applications de la probabilité à la cryptographie et Document sur la statistique des répétitions) ne seront déclassés et remis aux National Archives du Royaume-Uni qu'en avril 2012.

La bombe de Turing, Welchman et Pendered[modifier | modifier le code]

Quelques semaines à peine après son arrivée à Bletchley Park, Turing rédige les spécifications d'une machine électromécanique plus efficace que la bomba polonaise. La capacité de la bombe de Turing est doublée, grâce à un autre mathématicien de Cambridge, Gordon Welchman. Encore améliorée par un espoir de Cambridge, Richard Pendered, la bombe, une fois fabriquée par les ingénieurs de la British Tabulating Company, est l'outil fondamental le plus automatisé de l'attaque des messages chiffrés par Enigma.

Au moyen d'un fragment probable de texte en clair, la bombe recherche les réglages corrects possibles utilisés pour 24 heures par chaque réseau allemand (ordre des rotors, réglages des rotors et enfichage du tableau de connexions). Pour chaque réglage possible des rotors, la bombe effectue électriquement une chaîne de déductions logiques fondées sur les mots probables. À chaque occurrence d'une contradiction, la bombe écarte ce réglage et passe au suivant. La plupart des réglages essayés provoquent des contradictions, ils sont alors rejetés et ceux qui restent, peu nombreux, sont alors examinés de près.

Pendant presque toute la durée de la guerre, ce procédé permet de déchiffrer une grande partie des messages Enigma de la Luftwaffe dont les chiffreurs multiplient les négligences. Comme l'aviation coopère étroitement avec les deux autres armées (mer et terre), la GC&CS obtient par ce biais des renseignements sur l'ensemble des activités de la Wehrmacht. Cependant, l'interprétation des messages une fois déchiffrés pose souvent de tels problèmes à l'état-major qu'ils ne peuvent être qu'en partie exploités. Ce sera le cas du plan d'invasion de la Crète[15].

La Hut 8 et l'Enigma navale[modifier | modifier le code]

Affecté à la Hut 8 (bâtiment préfabriqué N°8), Turing décide de traiter un problème autrement difficile, la cryptanalyse de l'Enigma navale : « Parce que personne d'autre ne s'en occupait et que je pouvais l'avoir pour moi tout seul ». La même nuit, il conçoit le Banburismus (en), technique statistique appelée plus tard analyse séquentielle par Abraham Wald, dans l'espoir de percer l'Enigma navale : « Pourtant je n'étais pas sûr que cela marcherait en pratique ». Dans cette idée, il invente une mesure de poids de la preuve qu'il baptise le Ban. Les Banburismes peuvent écarter certaines séquences des rotors Enigma, c'est un gain de temps important. Cependant, les chiffreurs de la Kriegsmarine, en particulier les sous-mariniers, appliquent sans faille toutes les consignes de sécurité. Les messages de l'Enigma navale ne sont décryptés que pendant les périodes couvertes par les manuels ou grâce aux feuilles de bigrammes capturés par les Alliés.

En , Turing se rend aux États-Unis où, avec des cryptanalystes de l'U.S. Navy, il travaille sur l'Enigma navale et à la conception de bombes. À Dayton (Ohio), il visite l'United States Naval Computing Machine Laboratory. Les bombes à l'américaine n'éveillent pas son enthousiasme. Pourtant, c'est l'extraordinaire puissance de travail combinée des centaines de bombes construites grâce aux moyens de l'industrie américaine qui, finalement, permet de percer à nouveau les secrets d'Enigma, spécialement ceux de la Kriegsmarine et des U-Boot. À partir de la fin 1943, les sous-marins allemands auront été pour l'essentiel soit détruits, soit chassés de l'Atlantique-Nord par la puissance des marines de guerre alliées, combinant les renseignements d'origine Ultra, les reconnaissances aéronavales, la détection par radar, Asdic et radiogoniométrie, et bien entendu les armes et l'endurance des marins.

En , Turing revient à Bletchley Park. En son absence, son adjoint Hugh Alexander avait officiellement pris la fonction de directeur de la Hut 8, qu'il avait de fait toujours exercée, Turing n'ayant pas d'intérêt pour la direction. Turing devient consultant en cryptanalyse au profit de l'ensemble de la GC&CS. À propos du rôle de Turing, Alexander dit : « Il n'est pas permis de douter que les travaux de Turing furent le facteur le plus important du succès de la Hut 8. Au départ, il fut le seul cryptographe à penser que le problème valait d'être abordé et non seulement lui revient le mérite de l'essentiel du travail théorique de la Hut 8, mais encore il partage avec Gordon Welchman et Harold Keen le mérite de l'invention de la bombe. Il est toujours difficile de dire que tel ou tel est absolument indispensable, mais si quelqu'un fut indispensable à la Hut 8, ce fut Turing. Le travail de pionnier tend toujours à être oublié quand par la suite tout paraît plus facile, sous l'effet de l'expérience et de la routine ».

Travail sur les premiers ordinateurs[modifier | modifier le code]

En 1945, pendant son séjour à Ebermannstadt, les deux bombes atomiques américaines sont lâchées sur le Japon et il n’en est pas surpris : il connaissait, depuis son voyage secret aux États-Unis de 1942-1943, l'existence du projet à Los Alamos dans des proportions non encore élucidées[16].

De 1945 à 1947, il travaille au National Physical Laboratory, situé à Teddington au Royaume-Uni. Fin 1945, après avoir lu le rapport Von Neumann qui décrit la structure générale d'un ordinateur et discute des méthodes de programmation, Turing rédige ce qui est sans doute le premier projet détaillé d'un ordinateur : l’ACE (Automatic Computing Engine). Toutefois, il ne parvient pas à s'entendre avec les ingénieurs électroniciens du NPL chargés de construire cette machine, qui soulèvent des objections techniques et préfèrent commencer par un prototype plus modeste. Le projet rencontre d'ailleurs des obstacles administratifs et budgétaires. Turing, trop individualiste pour être un organisateur ou un grand négociateur, préfère partir en 1947 suivre des cours de biologie à Cambridge. À la rentrée 1948 il est appelé par Max Newman, son ancien professeur de logique à Cambridge et collègue à Bletchley Park, à l'université de Manchester où Max Newman, inspiré lui aussi par le rapport Von Neumann, dirige le développement de l'un des tout premiers véritables ordinateurs : Manchester Mark I, industrialisé ensuite par la firme Ferranti. Turing devient directeur adjoint du laboratoire de calcul de l'université de Manchester (titre sans grande signification), et travaille à la programmation de l'ordinateur.

Lors de la conférence marquant l'inauguration de l'ordinateur EDSAC, à Cambridge, il présente une méthode de preuve de correction de programmes fondée sur des assertions[17] qui préfigure la méthode connue sous le nom de « méthode de Floyd-Hoare ».

Vers l'intelligence artificielle : le test de Turing[modifier | modifier le code]

Turing continue parallèlement ses réflexions fondamentales réunissant la science et la philosophie. Dans l'article Computing Machinery and Intelligence (Mind, octobre 1950), Turing explore le problème de l'intelligence artificielle et propose une expérience maintenant connue sous le nom de test de Turing, où il tente de définir une épreuve permettant de qualifier une machine de « consciente » ; Turing fait le « pari que d'ici cinquante ans, il n'y aura plus moyen de distinguer les réponses données par un homme ou un ordinateur, et ce sur n'importe quel sujet[18]. »

En , Turing écrit un programme de jeu d'échecs. Ne disposant pas d'un ordinateur assez puissant pour l'exécuter, il simule les calculs de la machine, mettant environ une demi-heure pour effectuer chaque coup. Une partie est enregistrée, où le programme perd contre un collègue de Turing.

Le programme de Joe Weizenbaum, ELIZA, écrit en 1966 et qui ne prend pas plus de trois pages de langage SNOBOL, sera le premier à donner l'illusion pendant quelques minutes de satisfaire au test de Turing[note 3].

Morphogenèse[modifier | modifier le code]

En 1952, Turing s'est intéressé à une autre branche des mathématiques : l'analyse, et, à partir de l'équation de réaction-diffusion, a élaboré un modèle biomathématique de la morphogenèse, tant chez l'animal que chez le végétal. Il fait paraître un article, « The chemical basis of morphogenesis » (Philosophical Transactions of the Royal Society of London, août 1952), où il propose trois modèles de formes (Turing patterns). Dans les années 1990, des expériences de chimie viendront confirmer expérimentalement les modèles théoriques de Turing.

Condamnation[modifier | modifier le code]

Cette section ne cite pas suffisamment ses sources. Pour l'améliorer, ajoutez des références vérifiables [Comment faire ?] ou le modèle {{Référence nécessaire}} sur les passages nécessitant une source.
Plaque commémorative au pied de sa maison.

De Cambridge à Bletchley Park, Turing ne faisait aucun mystère de son orientation sexuelle ; ouvertement homosexuel, il ne cachait pas ses aventures. Il était d'ailleurs loin d'être le seul[20],[21]. En 1952, sa maison de Manchester est cambriolée. Turing porte plainte. Arrêté, le cambrioleur dénonce le complice qui lui avait indiqué l'affaire, un ex-amant occasionnel de Turing. Celui-ci ne nie pas cette ancienne relation. Tous deux sont inculpés d'« indécence manifeste et de perversion sexuelle » d'après la Criminal Law Amendment Act (1885). Quelques années plus tôt, ce n'aurait été qu'un fait divers. Mais au début des années 1950, une affaire retentissante d'espionnage scientifique au profit de l'Union soviétique, où sont impliqués des intellectuels anglais homosexuels surnommés les Cinq de Cambridge a rendu les services de contre-espionnage britanniques et américains sensibles à un « profil » comme celui de Turing.

Le procès est médiatisé. Hugh Alexander fait de son confrère un brillant portrait, mais il est empêché de citer ses titres de guerre par le Secret Act. Turing est mis en demeure de choisir : incarcération ou castration chimique réduisant sa libido. Il choisit le traitement, d'une durée d'un an, avec des effets secondaires temporaires comme le développement de ses seins (gynécomastie), et surtout des effets psychiques profondément démoralisants. Alors qu'il avait été consacré, en 1951, en devenant membre de la Royal Society, à partir de 1952 il sera écarté des plus grands projets scientifiques. Toutefois, au printemps 1953, la « cure » se termine, ses effets s'estompent et Turing recommence à faire des projets de recherche, de voyages en France et en Méditerranée.

Décès[modifier | modifier le code]

Le 8 juin 1954, Turing est retrouvé mort d'un empoisonnement au cyanure. L'enquête conclut au suicide, même si sa mère tenta d'écarter cette thèse. Le moyen d'ingestion du poison aurait été une pomme qu'il aurait partiellement mangée (une légende tenace, et démentie, y voit l'origine du logo de la firme Apple[22],[23]), que l'on aurait retrouvée près de son corps et qui aurait été préalablement imbibée de cyanure ; il n'existe pas de certitude à cet égard, la pomme n'ayant pas été analysée[24],[25]. Le biographe de Turing, Andrew Hodges, a émis l'hypothèse que Turing aurait choisi ce mode d'ingestion précisément afin de laisser à sa mère la possibilité de croire à un accident[26], sachant que les pépins de pomme contiennent naturellement du cyanure. Nombreux sont ceux qui ont souligné le lien entre sa méthode de suicide présumée et le film Blanche-Neige et les Sept Nains, dont il avait particulièrement apprécié la scène où la sorcière empoisonne la pomme, au point de chantonner régulièrement les vers prononcés par celle-ci : « Plongeons la pomme dans le chaudron, pour qu'elle s'imprègne de poison[25],[27] ». Toutefois, Jack Copeland, spécialiste de Turing, estime que la mort de celui-ci est accidentelle : Turing ne montrait aucun signe de dépression et, peu avant sa mort, avait noté des projets par écrit ; il avait l'habitude de faire des expériences chimiques et détenait du cyanure à cette fin ; il lui arrivait d'être imprudent dans ces expériences, goûtant par exemple des produits pour les identifier ; c'est de cette façon que, pour Copeland, il aurait ingéré une dose mortelle de cyanure[28].

Réhabilitation[modifier | modifier le code]

En 2009, une pétition, émise à l'initiative de l'informaticien John Graham-Cumming, est envoyée au Premier ministre Gordon Brown : « Nous soussignés demandons au Premier ministre de s'excuser pour les poursuites engagées contre Alan Turing qui ont abouti à sa mort prématurée[29] ». En septembre 2009, celui-ci a présenté des regrets au nom du gouvernement britannique[30]. Cependant, le ministre de la justice Tom McNally (en) exprime en son refus de revenir sur la condamnation. Celle-ci, bien que paraissant aujourd'hui « cruelle et absurde », a été rendue en fonction des lois de son temps. « Une grâce posthume n'a pas été jugée appropriée car Alan Turing a été justement reconnu coupable de ce qui était, à l'époque, une infraction pénale[31],[32] ». En décembre 2012, un groupe de onze scientifiques britanniques, dont le physicien Stephen Hawking, appelle le gouvernement britannique à annuler sa condamnation, à titre posthume[33],[34].

Le , la reine Élisabeth II le gracie en signant un acte royal de clémence, sur proposition du secrétaire d'État à la Justice Chris Grayling qui déclare que c'était une condamnation « que nous considérerions aujourd'hui comme injuste et discriminatoire[34] ». C'est la 4e fois depuis 1945 que la prérogative royale de pardon s'exerce[35],[36].

Un manuscrit de 1942 vendu aux enchères[modifier | modifier le code]

Le lancement de plusieurs documentaires et films de fiction ayant attiré l'attention sur la personnalité de Turing, un cahier de 56 pages contenant un manuscrit de Turing datant de 1942 a été vendu chez Bonhams, à New York, le , pour plus d'un million de dollars. Il comprend des réflexions sur la notation de Leibniz. Turing avait légué ses papiers au mathématicien Robin Gandy (en), un ami proche, qui a utilisé le cahier pour un journal intime sur des pages non utilisées, et l'a pour cette raison retiré des papiers de Turing qu'il a confiés au King's College à Cambridge. Il est presque certain qu'il est, actuellement, le seul manuscrit autographe de quelque importance de Turing en circulation[37],[38].

Hommages[modifier | modifier le code]

Depuis 1966, le prix Turing (Turing Award en anglais) est annuellement décerné par l’Association for Computing Machinery à des personnes ayant apporté une contribution scientifique significative au domaine de la recherche informatique. Cette récompense est souvent considérée comme l'équivalent du prix Nobel d'informatique.

En , au terme d'une vente aux enchères, des documents rédigés par Turing durant la Seconde Guerre mondiale sont acquis par le musée de Bletchley Park avec l'aide du National Heritage Memorial Fund afin d'éviter leur départ à l'étranger[39].

En 2012, diverses manifestations ont été organisées pour le centenaire de la naissance d'Alan Turing[40].

Documentaires et œuvres de fiction[modifier | modifier le code]

En 1983, Andrew Hodges consacre une biographie au mathématicien, intitulée Alan Turing ou l'énigme de l'intelligence (Alan Turing: The Enigma). Elle est adaptée par Hugh Whitemore (en), auteur de la pièce Breaking the Code (en) dans laquelle Turing est interprété par Derek Jacobi. La pièce est montée en 1986 à Londres, puis à Broadway[41].

Dans le cadre de plusieurs émissions de la station de radio France Inter consacrées à Alan Turing, le 11 mars 2012, Patrick Liegibel et Stéphanie Duncan créent un épisode radiophonique intitulé Alan Turing, la probabilité des pommes dans leur émission Au fil de l'histoire qui raconte la vie de Turing[42]. Le 1er mai 2013, Mathieu Vidard lui dédie son émission La tête au carré Alan Turing : une vie, un héritage[43] avec Jean Lassègue, philosophe, auteur de deux livres consacrés à Alan Turing (voir bibliographie) et Clarisse Herrenschmidt, linguiste, philologue et anthropologue[44]. Le 25 janvier 2014 Patrick Pesnot lui consacre un épisode dans son émission Rendez-vous avec X[45].

Imitation Game, une adaptation cinématographique de l'ouvrage d'Andrew Hodges, sorti en 2014. Le film biographique, dans lequel Turing est incarné par l'acteur britannique Benedict Cumberbatch, est scénarisé par Graham Moore et réalisé par Morten Tyldum.

La vie et l'œuvre d'Alan Turing sont évoquées dans le docudrama Britain's Greatest Codebreaker, réalisé par Clare Beavan, et diffusé en 2011 par Channel 4[46], ainsi que dans plusieurs documentaires, dont The Strange Life and Death of Dr Turing réalisé en 1991 par Christopher Sykes pour l'émission Horizon de la BBC, Le modèle Turing produit par CNRS Images et réalisé en 2012 par Catherine Bernstein[47], et La drôle de guerre d'Alan Turing, réalisé en 2014 par Denis van Waerebeke[48].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Ces questions sont discutées dans l'article philosophie de la technique.
  2. La notion d'« oracle » est déjà présentée sans être exploitée dans son article original On computable numbers.
  3. « Eliza fut tellement convaincant que certains chercheurs l’imaginaient déjà passer le test de Turing avec succès[19]... »

Références[modifier | modifier le code]

  1. « The fact that all standard programming languages express precisely the class of partial recursive functions is often summarized by the statement that all programming languages are Turing complete. », (en) John C. Mitchell, Concepts in programming languages, Cambridge University Press,‎ (lire en ligne), p. 14.
  2. « A programming language is a language that is intended for the expression of computer programs and that is capable of expressing any computer program. This is not a vague notion. There is a precice theorical way of determining whether a computer language can be used to express any program, namely, by showing that is equivalent to a universal Turing machine. » (en) Bruce J. MacLennan, Principles of Programming Languages, Oxford University Press,‎ , p. Introduction : What is a programming language?.
  3. François Clarac, Encyclopédie historique des neurosciences : Du neurone à l'émergence de la pensée, De Boeck,‎ , 1009 p. (ISBN 2804158985 et 9782804158989, lire en ligne), p. 948 ; Hodges et Hofstadter 2012, p. 7
  4. Hodges et Hofstadter 2012, p. 20-21.
  5. « Je lui ai demandé un jour pourquoi il se punissait autant par l'entraînement. Il m'a dit : « Mon métier est si stressant que mon seul moyen de le chasser de mon esprit est de courir à fond. C'est le seul moyen pour moi de relâcher la pression ». » (« I have such a stressful job that the only way I can get it out of my mind is by running hard; its the only way I can get some release »), rapporte J.-F. Harding, secrétaire du Walton Athletic Club, cité par le magazine Runner’s World (septembre 1999).
  6. Hodges et Hofstadter 2012, p. 33.
  7. (en) Christof Teuscher, Alan Turing : Life and Legacy of a Great Thinker, Springer,‎ 2004, p. 19-22
  8. Olivier Hudry, « Machine de Turing et complexité algorithmique », dans Michel Serfati (dir.), De la méthode : recherches en histoire et philosophie des mathématiques, PUFC, coll. « Colloques et séminaires »,‎ (ISBN 2848670002, lire en ligne), p. 178
  9. a, b et c (en) Alan Turing, « On Computable Numbers, with an Application to the Entscheidungsproblem », Proc. London Math. Soc., 2e série, vol. 42,‎ , p. 230-265 (DOI 10.1112/plms/s2-42.1.230) et « [idem] : A Correction », Proc. London Math. Soc., 2e série, vol. 43,‎ , p. 544-546 (DOI 10.1112/plms/s2-43.6.544, lire en ligne)
  10. Précis on Computable numbers made for Comptes rendus, annonce des résultats écrits en français pour les Comptes rendus de l'Académie des Sciences.
  11. Olivier Hudry 2002, p. 180
  12. a et b « L’héritage d’Alan Turing », CNRS Le journal,‎ , p. 9-10 (lire en ligne)
  13. Turing A. M., 1939, Systems of logic defined by ordinals, Proc. Lond. Math. Soc., ser. 2, 45: 161-228; aussi in (Davis 1965) et in (Gandy et Yates 2001). Cet article reprend sa thèse de doctorat.
  14. (en) Hodges, Andrew (1983). Alan Turing : the enigma - Londres - édition : Burnett Books - ISBN 0-04-510060-8 - page 273
  15. (en) John Keegan, Intelligence at war, Pimlico,‎ .)
  16. Turing… et l’informatique fut.
  17. Turing, A. M., Checking a Large Routine. In Report of a Conference on High Speed Automatic Calculating Machines, Univ. Math. Lab., Cambridge, p. 67-69 (1949) in Morris, F. L. et C. B. Jones. Avril 1984. An Early Program Proof by Alan Turing, Ann. Hist. Comp., vol. 6, no 2, p. 139-143.
  18. Alan Turing : la pensée informatique, Docsciences, no 14, juin 2012, p. 5.
  19. L’héritage d’Alan Turing, Le succès du robot Psychiatre, p. 16.
  20. (en) Hugh Sebag-Montefiore, Enigma, the Battle for the Code
  21. Sinclair McKay, The Secret Life of Bletchley Park
  22. Guillaume Deleurence, « Petites histoires, grands logos », Micro hebdo,‎
  23. (en) Holden Frith, « Unraveling the tale behind the Apple logo », CNN,‎
  24. Hodges et Hofstadter 2012, p. 488
  25. a et b (en) Jonathan Brown, « The Turing enigma: Campaigners demand pardon for mathematics genius », The Independent,‎
  26. Hodges et Hofstadter 2012, p. 489
  27. Hodges et Hofstadter 2012, p. 149
  28. Roland Pease, « Alan Turing: Inquest's suicide verdict 'not supportable' », BBC, 26 juin 2012, en ligne.
  29. Damien Leloup, « Alan Turing ou la difficile réhabilitation de la mémoire d'un pionnier de l'informatique », Le Monde,‎
  30. (en) Caroline Davies, « PM's apology to codebreaker Alan Turing: we were inhumane », The Guardian,‎
  31. « La Grande-Bretagne refuse de pardonner son homosexualité à Alan Turing », Nouvelobs.com,‎
  32. (en) Duncan Geere, « No posthumous pardon for Alan Turing », Wired UK,‎
  33. (en) Oliver Moore, « Stephen Hawking calls for pardon for computer pioneer and war hero Alan Turing », The Globe and Mail,‎
  34. a et b « Grâce royale pour un mathématicien condamné pour homosexualité », AFP,‎
  35. Constance Jamet, « 60 ans après, Elizabeth II accorde sa grâce au mathématicien Alan Turing », Le Figaro,‎
  36. (en) Oliver Wright, « Alan Turing gets royal pardon for 'gross indecency' – 61 years after he poisoned himself », The Independent,‎
  37. (en)Bonhans - 13/04/2015 - Alan Turing's hidden manuscript, sur le site bonhams.com, consulté le 15 avril 2015
  38. Le Figaro du 14/04/2015 - Un manuscrit d'Alan Turing vendu aux enchères pour 1 million de dollars, sur le site lefigaro.fr, consulté le 15 avril 2015
  39. (en) Josh Halliday, « Turing papers to stay in UK after 11th-hour auction bid », The Guardian,‎
  40. Valentine Pasquesoone, Damien Leloup, « La Grande-Bretagne fête les 100 ans de la naissance d'Alan Turing, génie de l'informatique », Le Monde,‎
  41. (en) Charles McGrath, « The Riddle Who Unlocked the Enigma », The New York Times,‎
  42. « Au fil de l'histoire / France Inter », sur France Inter (consulté le 27 mars 2015)
  43. « Alan Turing : une vie, un héritage / France Inter » (consulté le 27 mars 2015)
  44. « Clarisse Herrenschmidt » (consulté le 27 mars 2015)
  45. « Alan Turing / France Inter » (consulté le 27 mars 2015)
  46. (en) Chris Harvey, « Britain's Greatest Codebreaker: the tragic story of Alan Turing », The Daily Telegraph,‎
  47. « Le CNRS rend hommage à Alan Turing dans un documentaire », Télérama,‎
  48. « Comment les maths ont vaincu Hitler », Arte,‎ 2015

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Jean Lassègue, Turing, Paris, Les Belles lettres,‎ (ISBN 9782251760148)
    Voir Paul Jorion, « Turing, ou la tentation de comprendre », L’Homme [En ligne], no 153,‎ (lire en ligne)
  • Jean Lassègue, « Les Génies de la science », Pour la Science, no 29 « Turing… et l’informatique fut »,‎ novembre 2006 - janvier 2007 (ISBN 978-2-84245-078-6, lire en ligne)
  • Laurent Lemire, Alan Turing : l'homme qui a croqué la pomme, Paris, Hachette Littératures,‎ , 191 p. (ISBN 9782012356184)
  • David Leavitt (trad. Julien Ramonet), Alan Turing, l'homme qui inventa l'informatique [« The Man Who Knew Too Much; Alan Turing and the invention of the computer »], Paris, Dunod,‎ (réimpr. 2007), 273 p. (ISBN 978-0-7538-2200-5 et 978-2100503575)
  • (en) Andrew Hodges et Douglas Hofstadter, Alan Turing : The Enigma, Princeton University Press,‎ , 586 p. (ISBN 9780691155647, lire en ligne) Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article. Trad. fr. Nathalie Zimmerman, Alan Turing ou l'énigme de l'intelligence, Paris, Payot, 2004, coll. "Bibliothèque scientifique".
    Edition complétée : Alan Turing, Michel Lafon,‎ (ISBN 978-2-7499-2433-5)
  • (en) Hugh Sebag-Montefiore, Enigma : the battle for the code, London, Cassell Military,‎ (ISBN 9780304366620)
  • (en) Michael Smith, The secrets of Station X : how the Bletchley Park codebreakers helped win the war, London, Biteback Pub,‎ (ISBN 9781849540957)
  • (en) Sinclair McKay, The secret life of Bletchley Park : the WWII codebreaking centre and the men and women who worked there, London, Aurum Press,‎ (ISBN 9781845136338)
  • (en) F. H. Hinsley et Alan Stripp, Codebreakers : the inside story of Bletchley Park, Oxford England/New York, Oxford University Press,‎ (ISBN 9780192801326, présentation en ligne)
  • (en) Michael Smith, The emperor's codes : the breaking of Japan's secret ciphers, London, Dialogue,‎ (ISBN 9781906447120)
  • John Keegan, Intelligence at War, Pimlico, 2004.
  • Werner Heisenberg, Alan Turing, Leo Szilard et Hugh Dowding, Les Rêveurs lunaires: Quatre génies qui ont changé l'Histoire - Roman graphique par Baudoin et Cédric Villani, Éditions Gallimard, Grasset, 2015 (ISBN 9782070665938)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notices[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]