Lytton Strachey

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Lytton Strachey

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Lytton Strachey, par Dora Carrington.

Nom de naissance Giles Lytton Strachey
Naissance
Londres, Drapeau de l'Angleterre Angleterre
Décès (51 ans)
Ham, Wiltshire, Drapeau de l'Angleterre Angleterre
Activité principale
Auteur
Langue d’écriture Anglais britannique

Œuvres principales

  • Victoriens éminents

Giles Lytton Strachey, né le à Londres en Angleterre et mort le à Ham dans le Wiltshire en Angleterre, est un écrivain et critique britannique. Il a établi une nouvelle forme de biographie, dans laquelle l'interprétation psychologique et la sympathie se doublent d'humour et d'irrévérence.

Biographie[modifier | modifier le code]

Lytton Strachey naît à Londres, de Lady Jane Strachey, militante du mouvement des suffragettes, et de Sir Richard Strachey, un ingénieur lauréat de la Médaille royale en 1897. Il est le onzième de treize enfants, dont dix atteignirent l'âge adulte, parmi lesquels James, cofondateur du Bloomsbury Group et traducteur des œuvres de Freud, et Dorothy.

De 1899 à 1905, il fait ses études à Trinity College (Cambridge), après avoir étudié l'histoire à l'Université de Liverpool. À Cambridge, il fait partie de la société secrète des Cambridge Apostles et se lie d'amitié avec plusieurs de ses membres : le philosophe G. E. Moore, John Maynard Keynes et Leonard Woolf ; hors du groupe des Apostles, il devient un ami très proche de Thoby Stephen, Virginia Stephen et Clive Bell, et ils forment le groupe d'intellectuels connu sous le nom de Bloomsbury Group.

Entre 1904 et 1914, il écrit des critiques de livres et de pièces de théâtre pour The Spectator magazine, publie des vers, et écrit une importante étude de critique littéraire, Landmarks in French Literature (1912). Lors de la Première Guerre mondiale, il est objecteur de conscience, et passe son temps avec des personnes qui partagent ses convictions, comme Lady Ottoline Morrell et les Bloomsberries. Son premier grand succès, et sa plus grande réussite, est Victoriens éminents (Eminent Victorians, 1918), le recueil de quatre courtes biographies de grandes figures de l'époque victorienne : le Cardinal Manning, Florence Nightingale, le Dr Thomas Arnold, le général Charles George Gordon. Avec un humour froid, il y expose les faiblesses humaines de ses sujets et ce qu'il voyait comme l'hypocrisie au centre de la morale victorienne. À cette œuvre succède dans la même veine La Reine Victoria (Queen Victoria, 1921).

Il meurt d'un cancer de l'estomac (non diagnostiqué à l'époque) à l'âge de 51 ans dans sa maison de campagne près de Hungerford dans le Wiltshire. L'artiste Dora Carrington, qui partageait sa vie, se suicide peu après.

Vie privée[modifier | modifier le code]

Dora Carrington, Ralph Partridge et Lytton Strachey

Bien que Strachey ait exprimé librement son homosexualité avec ses amis de Bloomsbury, sa sexualité ne fut pas révélée publiquement avant 1967-68 avec la biographie de Michael Holroyd.

Un refrain de leur époque décrit leur relation inhabituelle :

« Lytton Strachey était gay, Dora était bisexuelle
C'est une drôle de vie d'être intellectuel
(...) »

Très proche ami de Diana Mitford (qui épousera le fasciste Oswald Mosley), sa relation singulière avec la peintre Dora Carrington — qui l'aimait, mais Lytton Strachey était plus intéressé par son mari Ralph Partridge, ainsi que par plusieurs autres jeunes hommes — est mise en scène dans Carrington (1995), film britannique de Christopher Hampton. Jonathan Pryce reçoit le Prix du meilleur acteur au Festival de Cannes pour son incarnation du rôle de Lytton Strachey dans ce film.

La correspondance de Lytton Strachey, éditée par Paul Levy, paraît en 2005.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Landmarks in French Literature (1912)
  • Eminent Victorians: Cardinal Manning, Florence Nightingale, Dr Arnold, General Gordon (1918) ; trad. Victoriens éminents, Gallimard, 1933 ; 1980.
  • Queen Victoria (1921) (James Tait Black Memorial Prize) ; trad. La Reine Victoria, Payot, 1923 ; 1952 ; 1992.
  • Books and Characters (1922)
  • Elizabeth and Essex: A Tragic History (1928) ; trad. Elisabeth et le comte d'Essex, histoire tragique, Gallimard, 1929.
  • Portraits in Miniature and Other Essays (1931)
  • Characters and Commentaries (ed. James Strachey, 1933)
  • Spectatorial Essays (ed. James Strachey, 1964)
  • Ermyntrude and Esmeralda (1969) trad. Ermyntrude et Esmeralda, Flammarion, 1971 ; 1995.
  • Lytton Strachey by Himself: A Self Portrait (ed. Michael Holroyd, 1971)
  • The Really Interesting Question and Other Papers (ed. Paul Levy, 1972)
  • The Shorter Strachey (ed. Michael Holroyd and Paul Levy, 1980)
  • Scènes de conversation, Le Promeneur, 1991.
  • Cinq excentriques anglais, Le Promeneur, 1992.
  • La douceur de vivre, Le Promeneur, 1992.
  • The Letters of Lytton Strachey (ed. Paul Levy, 2005)

Poésie[modifier | modifier le code]

  • Ely: an Ode (written at Trinity College)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Michael Holroyd, Lytton Strachey : The New Biography, 1994

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Source de la traduction[modifier | modifier le code]