Hénoch

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Dieu prend Hénoch
par Gerard Hoet

Hénoch, de l'hébreu חֲנוֹךְ (ḥănōkh), est un patriarche biblique. Il est le fils de Jared, père de Mathusalem, arrière grand-père de Noé. C'est le septième des patriarches du lignage de Seth. Il aurait vécu 365 ans. Il est dit de lui qu'il « marcha avec Dieu »[1], ce qui semble exprimer une relation privilégiée avec Dieu. Sa durée de vie est relativement courte en comparaison des autres patriarches antédiluviens. Elle suggère un lien avec l'année solaire (de 365 jours)[2].

Littérature intertestamentaire[modifier | modifier le code]

Une collection de textes apocryphes de la période du Second Temple, appelée Livre d'Hénoch, prétend rapporter des révélations reçues par Hénoch et transmises par son fils Mathusalem. L’épître de Jude mentionne qu’il a prophétisé les Derniers Jours, ainsi écrit au Livre de Henoch (V.2) c.93.

Le nom Hanouka, fête d'inauguration du 2e Temple a la même étymologie. Ne pas confondre avec Henoch, fils de Caïn du même nom, en ce qu'il inaugure la nomination des lieux tandis que Henoch, fils de Jared, inaugure le décompte des temps (Livre de Henoch c.72). Voltaire rapproche d'ailleurs le nom de Henoch de celui de Janus, d'où vient Janvier[3].

Rôle dans diverses traditions religieuses[modifier | modifier le code]

Judaïsme[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Hénoch (Judaïsme).

Dans un ouvrage pseudépigraphique intitulé Livre hébreu d'Hénoch il est relaté comment Hénoch est enlevé au ciel et nommé gardien de tous les trésors célestes, chef des archanges, et le préposé immédiat auprès du « Trône divin », à qui sont révélés tous les secrets et les mystères. Dans cet ouvrage il est identifié à Métatron, l'ange qui communique la Parole divine. Dans la littérature rabbinique, la kabbale et les ouvrages de mystique juive, il est considéré comme ayant été celui qui a communiqué la révélation divine à Moïse.

Le Targum Jonathan Genesis dit que Henoc servit devant le Seigneur et qu’il fut retiré pour monter au firmament où son nom devint Metatron le grand scribe. Dans son commentaire des Cinq livres de Moïse, Menachem écrit que le Seigneur prit Henoc pour qu’il se tienne devant le Trône de Sa majesté, devant les roues de Son chariot, pour accomplir les tâches du Plus-Haut. Il fut porté au ciel dans un chariot tiré par des chevaux de feu et entra en présence de Dieu, des bêtes sacrées, des seraphim, ophanim & cherubim et roues du chariot (Hebrew Book of Enoch ou 3Enoch)| Mss. Opp. 556 Bodleian Library, Hugo Odeberg [1898-1973] Suède).

Cité par St Jude, Origène, St Augustin, St Clément d’Alexandrie et d’autres écrivains, Henoc n’est pas resté dans l’ombre. La dernière copie du livre de Henoc a été retracée aux environs de l’an 110 av. J-C et souffert de nombreuses interpolations, d’où la difficulté de distinguer l’original des additions.

Le livre de Henoc est considéré canonique par les églises arménienne et éthiopienne, et cité par les chrétiens de la première ère. Au 8e siècle, le moine byzantin Syncellus en rapporte des passages dans sa chronographie Syncellus & Nicephorus scriptorum historiae Bizantinae, qui étaient tout ce que nous en connaissions jusqu’au dernier siècle ; car bien que les juifs ont en mémoire ce livre perdu, c’est par la tradition orale que les docteurs de loi le mentionnaient jusqu’au 13e siècle.

Christianisme[modifier | modifier le code]

Dans l'Ancien testament, Hénoch et Élie ont tous deux été enlevés a ciel, trait qu'ils partagent avec Jésus dans le Nouveau testament.

Hénoch est l'un des deux témoins de l'Apocalypse de Jean de Patmos (c.11:6) avec le pouvoir de fermer le ciel et changer l'eau en sang et de fléaux, comme indiqué au livre des Rois 17:1 et Livre de l'Exode 7:17-21.

Catholicisme[modifier | modifier le code]

Hénoch est inscrit au calendrier romain général après le Concile Vatican II, il est fêté le 10 juin.

Islam[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Idris (prophète).

Hénoch est désigné sous le nom d’Idris dans le Coran. Il est réputé pour être à la fois le père de l’écriture, de l’astronomie et de la maîtrise du fer. Il est cité dans le Coran de la manière suivante :

« Et mentionne Idris, dans le Livre. C’était un véridique et un prophète. Et nous l’élevâmes à un haut rang[4]. »

« Et Ismaël, Idris et Zul-Kifl qui étaient tous endurants ; que Nous fîmes entrer en Notre miséricorde car ils étaient vraiment du nombre des gens de bien[5]. »

Mormonisme[modifier | modifier le code]

C’est aussi cet Hénoch qui, pour les mormons, aurait fondé la cité de Sion. Selon le Livre de Moïse, Sion fut enlevée au ciel à cause de la justice de ceux qui y vivaient.


Dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

  • Dans le jeu vidéo El Shaddai: Ascension of the Metatron, il est assimilé à Metatron dont le joueur suit le parcours. Il pourchasse sept Anges Déchus au nom de Dieu. Dans ce jeu, Lucifer est l'intermédiaire de la voix divine, et Henoch, un prêtre qui ne peut connaitre la mort.
  • Dans le jeu vidéo "Off" de Mortis Ghost, Enoch, le Gardien de la Zone 3, est à l'évidence une référence au personnage Biblique.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Richard S. Hess, « Enoch », dans David Noel Freedman (dir.), Anchor Bible Dictionary, vol. 2, Doubleday,‎ 1992