Giambattista Tiepolo

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Giambattista Tiepolo




Formation Élève de Gregorio Lazzarini
Maîtres Sebastiano Ricci et Giovanni Battista Piazzetta
Élèves Ses fils, Giandomenico et Lorenzo
Mouvement artistique Rococo
Récompenses Président de l'Académie de Padoue
Jeune femme au perroquet, 1758-60, huile sur toile, Ashmolean Museum.

Giovanni Battista Tiepolo ou Giambattista Tiepolo (en français Jean-Baptiste Tiépolo) (Venise, 5 mars 1696 - Madrid, 27 mars 1770) est un peintre rococo et un graveur italien, ayant travaillé dans plusieurs cours européennes, fait caractéristique de la circulation des artistes dans l'Europe des Lumières.

Les œuvres qui ont fait sa réputation sont les grands cycles de fresques qu'il a peint à Venise et dans sa région mais aussi à Bergame et, hors d'Italie, à Madrid et à Wurtzbourg pour décorer palais et églises, mais il a également laissé de nombreux tableaux et esquisses peintes.

Il fut le mari de Maria Cecilia Guardi, sœur des peintres vénitiens Francesco Guardi et Gianantonio Guardi. Il est également le père des peintres Giandomenico Tiepolo et Lorenzo Tiepolo.

Biographie[modifier | modifier le code]

Giovanni Battista Tiepolo : plaque commémorative, calle san Domenico (Castello).

Dernier des six fils de Domenico Tiepolo, capitaine d'un navire marchand, et de sa femme Orsetta, il devient orphelin de père à un an.

Élève de Gregorio Lazzarini, il est plus influencé par Sebastiano Ricci et Giovanni Battista Piazzetta. En 1715, il accomplit son premier travail important, le Sacrifice d'Isaac, quitte l'atelier de Lazzarini en 1717 et il est reçu à la guilde des peintres.

Il épouse Cecilia Guardi en 1719, la sœur des peintres rococo vénitiens Gianantonio Guardi, Nicolò Guardi et Francesco Guardi et ils auront dix enfants, dont quatre filles et 3 garçons survivront dont Giandomenico et Lorenzo qui seront ses assistants. Le couple résidera jusqu'à 1734, à San Francesco della Vigna, près du palais Contarini.

Un patricien d'Udine, Dionisio Delfino, le commissionne pour la décoration des fresques de la chapelle et du palais (1726-1728). Les premiers chefs-d'œuvre de Tiepolo à Venise sont un cycle d'énormes toiles peintes de batailles et de triomphes antiques pour décorer une grande salle de réception du Palais Dolfin Manin à Venise (v. 1726-1729).

Il devient un peintre demandé et prolifique : Il peint des toiles pour les églises de Verolanuova (1735-40), pour la Scuola dei Carmini (1740-47), et des Scalzi (1743-1744), un plafond pour les palais Archinto et Casati-Dugnani à Milan (1731), la chapelle de Colleoni à Bergame (1732-1733), un plafond pour les Jésuites (Santa Maria del Rosario) à Venise (1737-39), au Palazzo Clerici à Milan (1740), les décorations pour la villa Cordellini à Montecchio Maggiore (1743-1744) et pour la salle de bal au palais Labia, montrant l'histoire de Cléopâtre (1745-1750).

Vers 1740, il collabore à la gravure de la série d'estampes de Giuliano Giampiccoli de vues de paysage d'après Marco Ricci (36 paysages avec deux frontispices) publiée vers 1740 et rééditée avec des ajouts en 1775 par Teodoro Viero (48 paysages et 4 frontispices). La série complète des 36 paysages est conservée au British Museum[1].

Sur l'invitation du prince-évêque Charles Philippe de Greiffenclau, il part avec ses deux fils à Wurtzbourg où il resteront trois ans, et y réalise avec eux la décoration du salon de sa nouvelle résidence, puis de l'immense plafond de l'escalier monumental de Johann Balthasar Neumann[note 1]. Son Allégorie des planètes et des continents montre Apollon, dans sa course quotidienne, avec les dieux symbolisant les planètes, les figures allégoriques sur la corniche représentent les quatre continents, dont l'Amérique. Il peint également les fresques du salon du Kaisersaal.

Revenu à Venise en 1753, Tiepolo est réputé localement, mais aussi à l'étranger comme la Russie ou l'Angleterre. Il est élu président de l'académie de Padoue et il accomplit des fresques pour les églises : le Triomphe de la foi pour l'église della Pietà, les fresques pour Ca' Rezzonico, les peintures pour des villas de patriciens dans la campagne vénitienne, telle que la villa Valmarana de Vicenza et un grand plafond panégyrique pour la villa Pisani à Stra.

Il continue les fresques de Cléopâtre au Palazzo Labia avec La Rencontre d'Antoine et de Cléopâtre, Le Banquet de Cléopâtre et un plafond central avec Le Triomphe de Bellerophon sur le temps. Il s'adjoint les services d'un maître en perspective, Girolamo Mengozzi Colonna.

En 1761, le roi Charles III d'Espagne le commissionne pour une fresque de plafond de l'Apothéose de l'Espagne pour le palais royal de Madrid. Au début de l'année 1762, il part pour Madrid, ce qui provoque la jalousie et l'opposition d'Anton Raphael Mengs et y restera jusqu'à sa mort[2].

Excellent peintre, il a influencé Goya au travers d'une technique notable qui eut d'ailleurs une grande reconnaissance par la suite : la lumière, « l'éclairage » de parties précises du tableau par des couleurs claires permettant de faire ressortir des impressions ou des idées, comme la pureté ou le divin.

Les thèmes abordés comportent presque toujours une allusion à la mort et à la magie.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Avant 1740
  • Le Martyre de saint Bartholomée (1722), église San Stae, Venise
  • L'Enlèvement d'Europe, (v. 1725), Gallerie dell'Accademia de Venise
  • Allégorie du pouvoir de l'Éloquence (v. 1725), Courtauld Arts Institute, Modello pour le Palazzo Sandi, Venise
  • Fresques (1726), Palais épiscopal, Udine
  • Persée et Andromède (1730), The Frick Collection, New York
  • Éducation de la Vierge (1732), S. Maria della Consolazione (Fava), Venise
  • Ange secourant Hagar (1732), Scuola Grande de San Rocco, Venise
  • Prêche de saint Jean-Baptiste (1732-1733), Chapelle Colleoni, Bergame
  • La Décollation de saint Jean-Baptiste (1732-1733), chapelle Colleoni, Bergame
  • Fléau des serpents (1732-1735), Gallerie dell'Accademia de Venise
  • Joseph recevant l'anneau de Pharaon (1732-1735), Dulwich Picture Gallery, Londres
  • Triomphe de Zéphyr et Flore (1734-1735), Museo del Settecento Veneziano, Ca' Rezzonico, Venise
  • Jupiter et Danaë (1736), Universitet Konsthistoriska Institutionen, Stockholm
  • Le pape Clément adorant la Trinité (1737-1738), Alte Pinakothek, Munich
  • Le Rosaire (1737-1739), Santa Maria del Rosario (Gesuati), Venise
  • Chemin de croix (1737-1738), Sant'Alvise, Venise
  • La Madone du Carmel (1730) Pinacoteca di Brera, Milan
  • Vierge avec six saints (1737-1740), musée des beaux-arts de Budapest
  • La Découverte de Moïse (1730), National Gallery of Scotland, Édimbourg
  • Le Martyr de St Sébastien (1739), deuxième volet droit du retable de l'église Ste Marie de Dießen am Ammersee.
De 1740 à 1750
  • La Vierge apparaissant à saint Philippe Neri (1740), Museo Diocesano, Camerino
  • Récolte de la manne (1740-1742), Paroissiale, Verolanuova
  • Le Sacrifice de Melchizedek (1740-1742), Paroissiale, Verolanuova
  • Vertu et Noblesse repoussant l'Ignorance dans les airs (1743), Dulwich Picture Gallery (modèle pour la villa Cordellina à Montecchio Maggiore)
  • La Vérité dévoilée par le Temps (1743), huile sur toile de 259 cm × 350 cm, Museo Civico Palazzo Chiericati, Vicenza
  • Le Banquet de Cléopâtre (1743-1744), National Gallery of Victoria, Melbourne
  • La Découverte de Moïse (1745), National Gallery of Victoria, Melbourne
  • Adorateurs (1743-1745), Galleria dell'Accademia, Venise
  • Henri III reçu à la Villa Contarini (vers 1745), fresque marouflée sur toile, musée Jacquemart-André, Paris
  • Apollon et Daphné (1744-1745), musée du Louvre, Paris
  • Découverte de la Vraie Croix (c.1745), Galleria dell'Accademia, Venise
  • Fresques de l'Histoire de Cléopâtre (1746), Palazzo Labia, Venise
  • L'arrivée de Marc Antoine en Égypte (vers 1747), Metropolitan Museum of Art, New York.
  • La Vierge apparaissant aux saints dominicains (1747-1748), Santa Maria del Rosario (Gesuati), Venise
  • La Dernière communion de sainte Lucie (1747-1748), Santi Apostoli, Venise
  • Saint Jean le Grand vainquant les Maures (1749-1750), musée des beaux-arts, Budapest
Après 1750
  • Fresques (1751-1753), Residenz, Würzburg
  • Récolte de la manne (1751), musée national de Serbie, Belgrade
  • Allégorie des Planètes et des Continents(1752), Metropolitan Museum of Art, New York
  • Mort de Hyacinthe (1752-1753), Collection Thyssen-Bornemisza, Madrid
  • Adoration des mages (1753), Alte Pinakothek, Munich
  • Couronnement de la Vierge (1754), Kimbell Art Museum, Dallas (modello pour l'Ospedale della Pietà)
  • Allégorie avec Vénus et le Temps (1754-1758), National Gallery, Londres
  • Fresques de la mythologie romaine (1757), villa Valmarana, Vicenza
  • Un Homme assis et une Fille avec un pichet (c.1755), National Gallery, Londres
  • Vertus théologales (c.1755), musées royaux des beaux-arts, Bruxelles
  • Martyre de sainte Agathe (c.1756), Staatliche Museen, Berlin
  • Allégorie du Mérite accompagnée de la Noblesse et de la Vertu (1757-1758), Museo del Settecento Veneziano, Ca' Rezzonico, Venise
  • Vision de sainte Anne (1759), Gemäldegalerie, Dresde
  • Apothéose de la famille Pisani (vers 1760), musée des beaux-arts, Angers (modèle pour la fresque de la villa Pisani à Stra)
  • Vierge au chardonneret (c.1760), National Gallery of Art, Washington
  • Jeune femme au perroquet (1760-1761), Ashmolean Museum, Oxford
  • Le Triomphe d'Hercule (1760-1762), Fondation Bemberg, Toulouse
  • Apothéose de la famille Pisani (1761-1762), Villa Pisani, Stra
  • Saint Charles Borromée (1767-1769), Cincinnati Art Museum, Cincinnati
  • L'Immaculée Conception (1767-1769), huile sur toile, musée du Prado, Madrid
  • Gloire de l'Espagne (1762-1766), salle du Trône, palais royal de Madrid
  • Apothéose de la monarchie espagnole (1762-1766), antichambre de la Reine, Palacio Real, Madrid
  • Vénus et Vulcain (1762-1766), salle des hallebardiers, Palacio Real, Madrid

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Notices d’autorité : Fichier d’autorité international virtuel • International Standard Name Identifier • Union List of Artist Names • Bibliothèque nationale de France • Système universitaire de documentation • Bibliothèque du Congrès • Gemeinsame Normdatei • WorldCat
  • Svetlana Alpers et Michael Baxandall, Tiepolo et l'intelligence picturale, trad. de l'anglais par Xavier Carrère, Paris, Gallimard, 1996.
  • Jean-Pierre Babelon et Nicolas Sainte Fare Garnot, Les Fresques de Tiepolo, Paris, Noêsis, 1998.
  • Georges Brunel, Tiepolo, Paris, Fayard, coll. « L'histoire de l'art », 1991.
  • Alain Buisine, Les Ciels de Tiepolo, Paris, Gallimard, coll. « L'Infini », 1996.
  • Roberto Calasso, Le rose Tiepolo, trad. de l'italien par Jean-Paul Manganaro, Paris, Gallimard, 2010.
  • Guillaume Cassegrain, Valentina Conticelli, José de Los Llanos et al., L'ABCdaire de Tiepolo, textes de Valentina Conticelli, trad. de l'italien par Anne Guglielmetti, Paris, Flammarion, « Paris-Musées », 1998.
  • Massimo Gemin et Filippo Pedrocco, Giambattista Tiepolo. L'œuvre peint, trad. de l'italien par Jean-Philippe Follet, Paris, Mengès, 1995.
  • Anna Palluchini et Joséphine Le Foll, Tout l'œuvre peint de Tiepolo, catalogue trad. de l'italien par Mathilde Nobécourt, introd. par Yves Bonnefoy, Paris, Flammarion, coll. « Les Classiques de l'art », 1990 [nouv. éd. mise à jour].
  • Terisio Pignatti et Filippo Pedrocco, Giambattista Tiepolo. Itinéraires vénitiens, trad. par Anne-Lise Quendolo, Paris, Canal éd., 1996.

Vue d'œuvres[modifier | modifier le code]

Anecdote[modifier | modifier le code]

La copie du tableau de Tiepolo, La Vérité dévoilée par le Temps, choisi par Berlusconi lui-même pour la salle de presse de sa présidence du conseil, a été censurée en août 2008 par ses conseillers, en cachant le sein dévoilé et visible de la Vérité[3].

Un tableau inédit, récemment découvert dans le grenier de l'imposant château du Sundgau, lui a été attribué et dénommé Portrait d'une dame en Flore.[réf. nécessaire]

Notes et références[modifier | modifier le code]

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Giambattista Tiepolo » (voir la liste des auteurs)

Notes[modifier | modifier le code]

  1. La plus grande fresque de plafond au monde avec ses 677 m2.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Voir la base de données du British Museum
  2. Rita de Angelis (trad. Simone Darses), Tout l'œuvre peint de Goya, Paris, Flammarion,‎ 1990, 144 p. (ISBN 2-08-011202-3), p. 83
  3. Archives du Monde

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]