Taousert

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Relief représentant la reine Taousert agitant des sistres - Temple d'Amon (Amada), Nubie égyptienne

Taousert Setepenmout[1] est la huitième et dernière souveraine de la XIXe dynastie. Manéthon l'appelle Thuôris (Thouôris). Son nom signifie "La puissante". Elle fait partie de ces quelques reines égyptiennes qui exercèrent le pouvoir royal en leur nom propre. Elle fut une des épouses du pharaon Séthi II.

Son origine est inconnue, comme le nom de ses parents d'ailleurs. La grande majorité des spécialistes se rangent sur cet avis, mais pensent qu'elle fut quand même sûrement d'origine noble, voire issue d'une autre branche de la famille royale. Cependant certains égyptologues, mais ils sont loin de faire l'unanimité, la donnent comme la demi-sœur de Séthi II, fille du roi Mérenptah par la reine Takhat Ire. Pourtant, il est sur qu'elle ne porta jamais le titre de Fille du Roi (s3T-nswt). La seule chose que l'on peut certifier c'est que son influence va être telle qu'il est difficile de penser qu'elle ne fût pas apparentée à la famille royale, peut être une des filles des nombreux princes et princesses issus de la XIXe dynastie.

Biographie[modifier | modifier le code]

Généalogie[modifier | modifier le code]

Taousert
Naissance Date inconnue Décès Date inconnue
Père Père inconnu Grands-parents paternels
Grand-père paternel inconnu
Grand-mère paternelle inconnue
Mère Mère inconnue Grands-parents maternels
Grand-père maternel inconnu
Grand-mère maternelle inconnue
Fratrie Fratrie inconnue
1re épouse inconnue Enfant(s) pas d'enfant connu
2e épouse inconnue Enfant(s) pas d'enfant connu
3e épouse inconnue Enfant(s) pas d'enfant connu
4e épouse inconnue Enfant(s) pas d'enfant connu
5e épouse inconnue Enfant(s) pas d'enfant connu
6e épouse inconnue Enfant(s) pas d'enfant connu
7e épouse inconnue Enfant(s) pas d'enfant connu
8e épouse inconnue Enfant(s) pas d'enfant connu
Mari Séthi II Enfant(s) Séthi-Mérenptah
2e mari inconnu Enfant(s) pas d'enfant connu
3e mari inconnu Enfant(s) pas d'enfant connu
4e mari inconnu Enfant(s) pas d'enfant connu

Ce n'est qu'à dater du moment ou elle devient la grande épouse royale de Séthi II que l'on voit apparaître son nom enserré dans un cartouche qui accompagnait le plus souvent des peintures ou des reliefs de la reine.

Elle est souvent coiffée avec une tresse accrochée à une perruque ornée du vautour de Nekhbet supportant un mortier dans lequel viennent se ficher diverses couronnes, symboles de sa position à la cour et de ses titres.

Ces distinctions n'étaient réservées qu'aux femmes de la famille royale qui en entourant le roi assuraient le rôle de parèdre du pharaon alors considéré comme un dieu sur terre. À leur tête et en première place se trouvait la grande épouse royale. Il pouvait y avoir deux grandes épouses royales régnant communément aux côtés de leur époux, mais il y avait toujours une distinction donnant à l'une d'entre-elles la préférences en tant que mère de l'héritier présomptif du trône d'Horus.

Elles l'accompagnaient dans les rites et cérémonies du royaume et occupaient une place de choix dans les représentations figurées sur les murs des temples du règne. Cette théologie avait trouvé son apogée chez les filles et épouses du grand Ramsès et s'était prolongé au cours du règne de son héritier et treizième fils Mérenptah.

En tant qu'épouse du fils et successeur de ce dernier, Taousert prenait donc la première place auprès du roi.

Le début du règne de son époux est troublé par une véritable sécession de la Haute-Égypte, reflet probable des luttes intestines dont la famille royale souffrait après le très long règne de Ramsès II. Emmenée par Amenmès, peut être un prétendant d'une lignée princière parallèle, les monuments de Thèbes sont inscrits au nom de ce nouveau pharaon qui est reconnu jusqu'à Éléphantine.

Séthi II finit par vaincre Amenmès et rétabli son autorité sur tout le pays. Il fait effacer l'inter-règne de son rival et les documents officiels sont à nouveau datés de son règne. Il règne encore un an et s'éteint peu après.

De son union avec pharaon, Taousert avait mis au monde un fils nommé Séthi-Mérenptah mais il ne survit pas à son père. C'est Siptah, fils d'une épouse secondaire du roi, sans doute le premier né, qui ceint alors la double couronne à l'âge de douze ans.

Taousert en tant que première dame du Double-Pays assure alors la régence.

Titulature[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Titulature dans l'Égypte antique.

Règne[modifier | modifier le code]

Taousert
Période Nouvel Empire
Dynastie XIXe dynastie
Fonction Pharaonne
Prédécesseur Siptah
Prise du pouvoir Mort naturelle du précédent
Dates de règne -1188 à -1186
Durée du règne
Successeur Sethnakht
Passation du pouvoir renversée par un complot
Sépulture Non trouvé
Date de découverte Inconnue
Découvreur Inconnu
Fouillée par ?

Taousert ne régna à vrai dire que très peu de temps. Les avis divergent quant aux dates exactes de son règne personnel, qui semble avoir duré deux ans, de -1188 à -1186. Elle aurait été renversée par un complot organisé par son successeur, Sethnakht.

Sépulture[modifier | modifier le code]

Taousert est également célèbre pour la superbe tombe (KV14) qu’elle fit aménager dans la vallée des rois. Elle se fait creuser un hypogée de grande ampleur, digne de son rang, qu'elle a eu le temps de faire décorer. Les soubresauts de l'histoire peuvent se deviner au travers les nombreuses réfections que certaines scènes laissent apparaître. Successivement la reine a fait inscrire les cartouches de son époux ou de son beau-fils qu'elle modifie à son tour quand ce dernier change de titulature.

Le tombeau sera usurpé pour Sethnakht qui n'a pas eu le temps d'achever son propre tombeau et est inhumé par son fils et successeur Ramsès III.

Conservée après avoir été déplacée dans une cache royale (KV35), sa momie a pu être identifiée.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Ou Ta-Usert, Twosret, Tausret, Tausert ou Tawosret, selon la langue.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • James Henry Breasted, Ancient records of Egypt historical documents from earliest times to the persian conquest, collected edited and translated with commentary, vol. IV The twentieth to the twenty-sixth dynasties, The University of Chicago press,‎ 1906 ;
  • Jacques Pirenne, Histoire de la civilisation de l'Égypte ancienne, vol. 2, Neuchâtel, Éd. de la Baconnière,‎ 1962 ;
  • Nicolas Grimal, Histoire de l'Égypte ancienne [détail des éditions], « Les Ramessides » ;
  • Christian Leblanc, Reines du Nil, Paris, Bibliothèque des Introuvables,‎ 2009.

Annexe[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]