Eusèbe de Césarée
|
|
Cet article ne cite pas suffisamment ses sources (juillet 2012).
Si vous disposez d'ouvrages ou d'articles de référence ou si vous connaissez des sites web de qualité traitant du thème abordé ici, merci de compléter l'article en donnant les références utiles à sa vérifiabilité et en les liant à la section « Notes et références ». (Modifier l'article)
|
Eusèbe de Césarée
Eusèbe de Césarée
| Activités | Écrivain, théologien et apologète chrétien. |
|---|---|
| Naissance | vers 265 |
| Décès | vers 340 |
| Genres | histoire ecclésiastique, théologie, hagiographie. |
Œuvres principales
- Histoire ecclésiastique
- Préparation évangélique
- Apologie pour Origène
Eusèbe de Césarée ou Eusèbe (de) Pamphile[1], en grec ancien Εὐσέϐιος, en latin Eusebius Pamphili, né vers 265 et mort le 30 mai 339, évêque de Césarée en Palestine, est un écrivain, théologien et apologète chrétien.
Auteur de l’Histoire ecclésiastique, il n'est pas reconnu comme un Père de l'Église mais ses écrits historiques ont une importance capitale pour la connaissance des trois premiers siècles de l'histoire chrétienne.
Sommaire |
Biographie [modifier]
La date précise de sa naissance n'est pas connue, habituellement fixée aux alentours de l'année 265 de notre ère[2]. Élève de Pamphile de Césarée - un admirateur d'Origène -, il est ordonné évêque de Césarée maritime vers 310 après plus de vingt ans d'activités dans l'école de la ville[3] où il dispose pour ses recherches de la bibliothèque créée par Origène et enrichie par Pamphile. Il compose de nombreux ouvrages durant cette période.
Eusèbe est, avec Ossius de Cordoue, un des dignitaires chrétiens les plus proche de l'empereur Constantin Ier qu'il flatte beaucoup dans la Vie hagiographique qu'il lui consacre. Théoricien de l'Empire chrétien et de la mission divine confiée à Constantin, il reste, en tant que théologien, un fidèle disciple d'Origène, et défend une théologie subordinatianiste[4], confirmant une des idées centrales d'Arius : l'infériorité du Fils par rapport au Père[5]. Suivant l'exemple d'Eusèbe de Nicomédie, il convoque un concile local à Césarée vers 321 ou 322 pour valider l'orthodoxie des vues d'Arius et soutenant la réintégration d'Alexandre d'Alexandrie dans ses fonctions[5].
Néanmoins, meilleur homme de science que fin politique, Eusèbe tend à osciller au gré des opinions dominantes[5]. Au début 325, au cours du concile anti-arien d'Antioche organisé par Ossius, il est un des trois évêques qui refusent de souscrire à la profession de foi et sont excommuniés. Ils sont néanmoins autorisés à se repentir et à réintégrer la communion[6]. La même année, il participe au Concile de Nicée dont il prononce le panégyrique inaugural adressé à l'empereur Constantin, marquant la volonté de ce dernier - dont il est proche pour avoir été l'un de ses conseillers en affaires religieuses - de réconciliations universelles[7].
Après de nombreuses tractations et une certaine pression de Constantin, Eusèbe souscrit au symbole de Nicée avec la plupart des évêques ariens, acceptant notamment la notion d’homoousios (Jésus et Dieu partagent la même essence) imposée par les anti-ariens, l'interprétant toutefois à sa manière[8]. En 327, Eusèbe réunit un nouveau concile local qui, probablement avec le soutien de Constantin, fait excommunier l'anti-arien Eustathe d'Antioche, condamné avec six autres évêques pour sabellianisme, exilé par décret impérial et remplacé à la tête de l'évêché d'Antioche par l'arien Paulin de Tyr[9]. Il rallie peu après les adversaires d'Athanase d'Alexandrie et participe au concile de Tyr en 335, au cours duquel ce dernier, défenseur virulent de l'orthodoxie nicéenne, est condamné et excommunié pour ses violences, tant par des ariens que des non-ariens[10].
Eusèbe meurt en 339, probablement le 30 mai[11].
L'historien [modifier]
Eusèbe est le créateur du genre de l’Histoire ecclésiastique (Ἐκκλησιαστικὴ ἱστορία, ou Θεοφάνεια / Theopháneia, histoire de l'Église). Son ouvrage raconte en dix livres l'histoire de l'Église chrétienne des origines jusqu'à la victoire de Constantin sur Licinius en 323. C'est notre principale source textuelle sur l'histoire de l'Église pré-constantinienne. Il travaille sur une abondante documentation et inclut dans son ouvrage des extraits des documents qu'il a utilisés (par exemple, des lettres de Constantin). Son récit est le plus souvent rationnel et précis. Néanmoins, ce n'est pas un historien objectif : comme il l'indique lui-même, il fait œuvre d'apologiste et de propagande pour le christianisme et il omet sciemment certaines informations :
« Mais nous mentionnerons généralement dans cette histoire uniquement les événements qui peuvent être utiles d'abord à nous-mêmes, ensuite à la postérité. » (VIII, 2, 3)
Il rapporte à ce titre la liste traditionnelle des douze premiers évêques de Rome[12] que l'on trouve précédemment dans l’Adversus Haereses d'Irénée de Lyon dès la fin du second siècle.
Eusèbe a aussi composé une chronique universelle intitulée Histoire générale (Παντοδαπὴ ἱστορία), constituée de deux parties : d'une part une Chronographie à proprement parler (Χρονογραφία), qui est conservée dans une traduction arménienne et dans deux abrégés syriaques, et qui a nourri les chroniques byzantines postérieures ; d'autre part un Canon chronologique (Κανὼν χρονικός), qui est une simple liste d'événements datés de la naissance d'Abraham jusqu'en 303 (l'original grec en est perdu, il en reste une traduction arménienne et la traduction latine de saint Jérôme, qui l'a continué jusqu'en 379).
On a aussi sous le nom d'Eusèbe une Vie de Constantin (on a parfois douté qu'il en fût l'auteur), très élogieuse, et deux Éloges de Constantin. Ces textes sont une source très importante sur le règne de cet empereur.
Plusieurs auteurs chrétiens du IVe siècle et des siècles suivants ont traduit en latin et prolongé son œuvre : Rufin d'Aquilée, pour l’Histoire ecclésiastique (qu'il a prolongée jusqu'en 395), saint Jérôme pour le Canon chronologique (prolongé jusqu'en 379). Plusieurs écrivains grecs chrétiens ont rédigé des suites à l' Histoire ecclésiastique : Philostorge, Socrate le Scolastique, Sozomène, Théodoret, Évagre le Scolastique.
Le théologien [modifier]
Eusèbe est l'auteur d'une œuvre théologique abondante et importante. D'abord la Préparation évangélique (Εὐαγγελικῆς Ἀποδείξεως Προπαρασκευή), un ouvrage en quinze livres qui ont été entièrement conservés, qui vise à prouver la supériorité du christianisme, sur le plan philosophique, par rapport au paganisme. L'auteur y passe en revue les théologies phénicienne, égyptienne, hellénique, les oracles, la philosophie, prenant les païens du passé à témoin de la supériorité du christianisme. L'œuvre est surtout un recueil d'extraits d'auteurs des siècles précédents (notamment Philon de Byblos sur la mythologie phénicienne, le livre VI de la Bibliothèque historique de Diodore de Sicile, qui cite lui-même Évhémère, Alexandre Polyhistor, Julius Africanus, les philosophes Atticus et Porphyre...), des textes qui sont souvent préservés seulement par Eusèbe. La Démonstration évangélique (Εὐαγγελικὴ Ἀπόδειξις) constitue la suite de la même entreprise : ouvrage en vingt livres (dont seuls les dix premiers et un fragment du livre XV sont conservés), elle a pour objet de montrer l'accord des prophéties de l'Ancien Testament avec les récits des évangiles.
On possède aussi de manière fragmentaire ou abrégée plusieurs de ses ouvrages d'exégèse biblique (Harmonie des quatre évangiles, Questions et réponses au sujet des évangiles, Topographie de l'Écriture sainte, Traité sur la fête de Pâques).
L'hagiographe [modifier]
Dans les Martyrs de Palestine, Eusèbe raconte plusieurs martyres du temps de Dioclétien, au début du IVe siècle[13]. Il a en outre rapporté le récit des martyrs de Lyon, dans son Histoire ecclésiastique[14].
Œuvres [modifier]
- La Préparation évangélique (15 Livres)
- La Démonstration évangélique (20 Livres dont il reste 1-10 et fragment Livre 15)
- Introduction générale élémentaire (10 Livres dont nous sont parvenus 6-9)
- Contre le néo-platonicien Porphyre (25 Livres, perdus)
- Sur la Théophanie (conservé en syrien)
- Contre Hiéroclès (réponse au Discours ami de la vérité de Sossianos Hiéroclès)
- La Théologie politique de l'empire chrétien
- Apologie pour Origène
- Histoire ecclésiastique (324)
- Vie de Constantin
- Commentaire des Psaumes
- Commentaire d’Isaïe
- Problèmes et solutions sur les Evangiles (dont nous est parvenu un extrait)
- Canons
- Traité sur la fête de Pâques (dont nous est parvenu un long fragment)
- Onomasticon (4° partie d'un ouvrage géographique biblique : catalogue de noms de lieu)
- Deux traités dogmatiques
- Contre Marcel
- Sur la théologie ecclésiastique
- Lettres et Sermons
- Chronique d'Horose (?)
Références [modifier]
- Le surnom "de Pamphile", qu'il adopta lui-même, est un hommage à son maître Pamphile de Césarée.
- Michel-Yves Perrin, « Christianiser la culture », in Jean-Robert Armogathe, Pascal Montaubin et Michel-Yves Perrin, Histoire générale du christianisme, vol. I, éd. P.u.f./Quadrige, p. 479
- Pierre Maraval et Simon Claude Mimouni, Le christianisme ancien des origines à Constantin, éd. P.u.f./Nouvelle Clio, 2007, p.74
- Roland Tournaire, Genèse de l'Occident chrétien, éd. L'Harmattan, 2001, p.214
- Richard E. Rubenstein, Le jour où Jésus devint Dieu, éd. La Découverte, 2004, p. 82
- Richard E. Rubenstein, Le jour où Jésus devint Dieu, éd. La Découverte, 2004, pp. 88-89
- Richard E. Rubenstein, Le jour où Jésus devint Dieu, éd. La Découverte, 2004, p. 99
- Richard E. Rubenstein, Le jour où Jésus devint Dieu, éd. La Découverte, 2004, p. 104
- Richard E. Rubenstein, Le jour où Jésus devint Dieu, éd. La Découverte, 2004, p. 125
- Richard E. Rubenstein, Le jour où Jésus devint Dieu, éd. La Découverte, 2004, p. 151
- cf. (en) Timothy D. Barnes, Constantine and Eusebius, éd. Harvard University Press, 1981, pp. 263,279
- Le titre de « pape » apparaît au cours du IIIe siècle, et ne soit pas attesté pour l'évêque de Rome avant le début du IVe siècle : cf. Philippe Levillain, Dictionnaire historique de la papauté, Fayard, 2003, « s. v. « Pape » ». Sur l'historicité douteuse des premiers papes, voyez P. McBrien, Lives of the Popes : The Pontiffs from St. Peter to John Paul II, San Francisco, Harper, 1997, 528 p. (ISBN 0060653035).
- Précis de patrologie / B. Altaner - Salvator - 194 - Page 187
- in Lettre des chrétiens de Vienne et de Lyon à leurs frères d’Asie et de Phrygie (H. E. V, Prologue 1-4 ; chapitres 1-4 Texte en ligne sur le site Sources chrétiennes
Bibliographie [modifier]
- Notices d’autorité : Système universitaire de documentation • Bibliothèque nationale de France • Fichier d’autorité international virtuel • Bibliothèque du Congrès • Gemeinsame Normdatei • WorldCat
Éditions scientifiques [modifier]
Clavis Patrum Græcorum 3465-3507.
Traductions françaises [modifier]
- Contre Hiéroclès, trad., Cerf, coll. "Sources chrétiennes", 1987, 244 p.
- Histoire ecclésiastique (324), trad., Cerf, coll. "Sources chrétiennes". Livre I : trad. Édouard Des Places, 1974, 354 p. Livres II-III : trad. Édouard Des Places, 1976, 300 p. Livres I-IV : t. 1, 1986, 440 p. Livres V-VII : t. 2, 4° éd. 1994, 480 p. Livre VII : trad. Guy Schroeder et Édouard Des Places, 1975, 352 p. Livres VIII-X : t. 3, 4° éd. 1993, 372 p. Livre XI : trad. Geneviève Favrelle et Édouard Des Places, 1982, 410 p. Livres XII-XIII : trad. Édouard Des Places, 1983, 512 p. Livres XIV-XV : trad. Édouard Des Places, 1987, 460 p.
- Préparation évangélique, trad., Cerf, coll. "Sources chrétiennes", 1974-1987.
- Les martyrs en Palestine, trad., Cerf, coll. "Sources chrétiennes", 1958.
- Questions évangéliques, trad., Cerf, coll. "Sources chrétiennes", 2008.
Études sur Eusèbe de Césarée [modifier]
- V. Hély, Eusèbe de Césarée, premier historien de l'Église, Pais, 1877.
- T. D. Barnes, Constantine and Eusebius, Cambridge (Mass.), 1981.
- Jean Sirinelli, Les Vues historiques d’Eusèbe de Césarée durant la période prénicéenne , Thèse, Dakar, 1961.
Liens externes [modifier]
Œuvres d'Eusèbe de Césarée [modifier]
- Préparation Évangélique, traduction française du XIXe siècle, volume 1 et volume 2
- Eusèbe de Césarée, Histoire ecclésiastique Traduction Émile Grapin - 1905 (+ texte grec)
- Eusèbe de Césarée, Démonstration évangélique Traduction Migne - 1843 (+ texte grec)
- Eusèbe de Césarée, Sur les martyrs de Palestine Traduction Émile Grapin - 1905 (+ texte grec)
- La Préparation évangélique Introduction, texte grec, traduction et commentaire par Jean Sirinelli, professeur à l'Université de Paris IV, et Édouard des Places, s.j., correspondant de l'Institut – Éditions du Cerf
- l'Histoire ecclésiastique d'Eusèbe traduction Louis Cousin, 1686
- la Vie de Constantin, le Discours de Constantin et l'éloge de Constantin par Eusèbe, traduction Louis Cousin, 1686
- (el) Œuvres complètes sur Patrologie grecque
- (en) Eusebius Pamphilius: Church History, Life of Constantine, Oration in Praise of Constantine - dans la bibliothèque digitale Christian Classics Ethereal Library
- (en) Eusebius of Caesarea - dans la collection The Tertullian Project
À propos d'Eusèbe [modifier]
- Eusèbe de Césarée - site de Sébastien Morlet (Université de Paris IV-Sorbonne)
- L'Histoire Ecclésiastique d'Eusèbe de Césarée - colloque organisé par l'Institut des Sources Chrétiennes le 19 novembre 2005 (présentation et textes)
- Audience du pape Benoît XVI du 13 juin 2007 consacrée à Eusèbe de Césarée