André Neher

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André Neher

Nom de naissance André Neher
Naissance 22 octobre 1914
Obernai, Bas-Rhin
Décès 23 octobre 1988 (à 74 ans)
Jérusalem, Israël
Nationalité Drapeau : France Française
Pays de résidence Drapeau : FranceFrance, Drapeau : Israël Israël
Diplôme
Activité principale
Conjoint
Descendants
Aucun descendant

André Neher (22 octobre 1914 Obernai - 23 octobre 1988 Jérusalem) est un rabbin, écrivain et philosophe français et israélien du XXe siècle, à l'origine juif alsacien.

Chef de file, avec Emmanuel Levinas et Léon Ashkenazi, de « l'école de pensée juive de Paris », il est l'un des principaux artisans du renouveau du judaïsme en France après la Shoah.

Éléments biographiques[modifier | modifier le code]

André (Asher Dov) Neher naît en 1914 à Obernai dans le Bas-Rhin puis la famille déménage à Strasbourg redevenue française en 1918. Son éducation développe en lui l'amour de la France. Dès l'âge de 22 ans, il enseigne l'allemand au collège de Sarrebourg et continue en parallèle d'étudier le judaïsme notamment à la yechiva de Montreux, en Suisse.

Il est mobilisé en 1939 et après la débâcle rejoint sa famille réfugiée à Brive-la-Gaillarde où il reprend l'enseignement avant d'être nommé à Lanteuil. Il fait partie de la communauté de David Feuerwerker, alors rabbin de Brive et de toute la région. Le 2 décembre 1940, il est chassé de l'enseignement de par le statut des Juifs décrété par le gouvernement de Vichy. Il est sensible à l'indifférence de ses collègues enseignants à cette injustice. Ceci le conduit, après la guerre, à abandonner ses études de la littérature allemande pour se tourner vers le judaïsme et la littérature juive.

Il épouse en 1947 Renée Bernheim avec laquelle il cosigne plusieurs ouvrages. En 1954, le rabbin David Feuerwerker introduit l'hébreu comme langue vivante au baccalauréat français, et fait passer cette épreuve, à Paris. À Strasbourg, André Neher remplit les mêmes fonctions[1]. En 1955, il est nommé professeur de littérature juive à l'université de Strasbourg et obtient l'enseignement de l'hébreu comme langue vivante par l'université française. En 1962, il publie avec son épouse L'Histoire biblique du peuple d'Israël puis Le Puits de l'exil. Après la guerre des Six Jours, il émigre en Israël, à Jérusalem. Cette émigration, par un intellectuel juif français de renom, est ressentie vivement en France comme en Israël, elle constitue une réponse aux propos du général de Gaulle qualifiant le peuple juif de « peuple d'élite, sûr de lui-même et dominateur » lors de la conférence de presse du 27 novembre 1967[2]. Il enseigne la pensée juive à l'université de Tel Aviv. Les Neher n'ont pas d'enfants et consacrent leur vie à l'enseignement, à la recherche, et à la publication de leurs travaux.

En 1993 a été créé sous l'égide du Fonds social juif unifié un centre de formation des maîtres et de cadres pour l'école juive portant son nom, puis rebaptisé depuis 2006 Institut André-et-Rina-Neher.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Citations[modifier | modifier le code]

  • "Le risque" :

(...) En créant l'homme libre, Dieu a introduit dans l'univers un facteur radical d'incertitude, qu'aucune Sagesse divine ou divinatoire, qu'aucune mathématique, qu'aucune prière même, ne peuvent ni prévoir, ni prévenir, ni intégrer dans un mouvement préétabli: l'homme libre, c'est l'improvisation faite chair et histoire, c'est l'imprévisible absolu, c'est la limite contre laquelle viennent se heurter les forces directrices du plan créateur, sans que nul ne puisse dire par avance si cette limite consentira à se laisser franchir ou si, par la puissance du barrage qu'elle leur oppose, elle n'obligera pas ces forces créatrices à rebrousser chemin mettant en danger, par ce choc en retour, le plan créateur dans son ensemble."

  • "Faisons l'homme !" C'est le grand défi lancé par Dieu à son propre être, qu'Il limite en décidant d'introduire dans la création une créature qui soit libre".
  • in Faust et le Maharal de Prague : le mythe et le réel, PUF

Références[modifier | modifier le code]

  1. Voir, Elie Feuerwerker. "Précisions". Courrier. Actualité juive, 15 octobre 2009.
  2. « La conférence de presse du [[Charles de Gaulle|général de Gaulle]] du 27 novembre 1967 », Association France Palestine Solidarité (consulté le 10 octobre 2007)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]