Histoire des Juifs en Albanie

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L' histoire des Juifs en Albanie remonte à l’époque romaine. Au cours des siècles, les Juifs s'installent provisoirement en Albanie, sans jamais mettre en place une communauté permanente. Ce n’est qu'à la suite de l'Inquisition espagnole, que des communautés permanentes sont créées en Albanie, alors sous la domination ottomane. Les Juifs de la péninsule Ibérique s'installent autour des ports et des communautés voient le jour à Berat, Durrës, Elbasan et Valona. cette communauté, est l’une des rares où, à l’issue de la seconde guerre mondiale, ses membres étaient plus nombreux qu’avant le conflit. La majorité des juifs quittent le territoire, avec la chute du communisme en 1991. En 2010, la communauté compte plus de 200 membres.

Histoire[modifier | modifier le code]

Premières traces d’une présence juive[modifier | modifier le code]

Les premières traces de la présence des Juifs en Albanie datent du VIIe siècle[1] où une importante communauté romaniote s’installe au nord du territoire. Dès le XVIe siècle, des communautés juives sont établies dans la plupart des grandes villes d'Albanie. Ces familles, d'origine séfarade principalement, sont les descendants des Juifs espagnols et portugais expulsés de la péninsule Ibérique à la fin du XVe siècle[1]. En 1520, 609 familles juives sont installées à Vlorë principalement. En 1673, Sabbataï Zevi s’exile avec quelques-uns de ses disciples dans la ville portuaire d'Ulqin (aujourd'hui au Monténégro)[1].

Histoire moderne[modifier | modifier le code]

En 1930, 204 juifs sont recensés en Albanie. Le 2 avril 1937, la communauté juive, forte d'environ 300 membres, est reconnue officiellement par Ahmed Zogu. Avec la montée du nazisme en Allemagne un certain nombre de Juifs allemands et autrichiens se réfugient en Albanie. Jusqu’en 1939, l'ambassade d'Albanie à Berlin délivre des visas aux Juifs[1].

Durant la Seconde Guerre mondiale, l’Albanie sous occupation italienne devient un refuge pour des centaines de réfugiés juifs en provenance d'autres pays[2]. En 1942, lors de la conférence de Wannsee, Eichmann, qui estime à 200 le nombre de juifs albanais, planifie l’anéantissement de cette communauté[3]. Cependant, ce n'est qu’en avril 1944, que les 400 juifs d’origine étrangère (essentiellement des Allemands et des Autrichiens) réfugiés à Tirana et Durrës sont internés à Pristina (Kosovo), avant d’être déportés à Bergen-Belsen[4],[2] .

Après guerre, la population juive oscille autour de 450 personnes. Sous le régime communiste d’Enver Hoxha, la communauté juive est isolée du monde juif. Toutes les religions sont strictement interdits dans le pays. Après la chute du communisme en 1991, presque tous les juifs albanais montent en Israël et s’installent principalement dans la région de Tel Aviv[5].

Aujourd’hui[modifier | modifier le code]

Aujourd'hui, plus de 200 Juifs vivent en Albanie, la plupart dans la capitale, Tirana. Une synagogue existe encore à Vlorë, mais n'est plus en usage[5]. En décembre 2010, le shaliah Habad d’Albanie, est intronisé Grand rabbin d’Albanie lors d’une cérémonie officielle, en présence du Grand rabbin Shlomo Amar et du premier ministre Albanais Sali Berisha[6].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d A dictionary of Albanian religion, mythology and folk culture by Robert Elsie Edition illustrated Publisher C. Hurst & Co. Publishers, 2001 ISBN 1-85065-570-7,page 141
  2. a et b (en) M. Avrum Ehrlich, Encyclopedia of the Jewish diaspora: Origins, experiences, and culture, vol. 1, ABC-CLIO,‎ 2008, p. 944
  3. (en) Conclusions of the Estonian International Commission for the Investigation of Crimes Against Humanity
  4. (en) Martin Gilbert, The Routledge Atlas of the Holocaust, Routledge,‎ 2002, p. 179
  5. a et b (en) The Virtual Jewish History Tour, Albania By Ariel Scheib
  6. (he) Hannah Borth Un Grand rabbin en Albanie, KIkar Hashabat