Zoroastrisme

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Le zoroastrisme est une religion monothéisteAhura Mazdâ (pehlevi : Ohrmazd) est seul responsable de l'ordonnancement du chaos initial, le créateur du ciel et de la Terre. Le zoroastrisme est une réforme du mazdéisme[1], réforme prophétisée par Zarathoustra, dont le nom a été transcrit en Zoroastre par les Grecs (Ζωροάστρης, Zōroastrēs). Cette réforme est dite classiquement être intervenue au cours du Ier millénaire av. J.-C. mais les indices s'accumulent pour la faire remonter au millénaire précédent. Elle a fait fonction de religion officielle des Iraniens à trois reprises (sous le roi Hystapès, sous les Achéménides, sous les Sassanides). Malgré l'arrivée de l'islam, elle a réussi à se fondre dans le patrimoine culturel iranien. En effet, les Iraniens, indépendamment de leur religion, accordent beaucoup d'importance aux fêtes zoroastriennes.

Les zoroastriens, aussi appelés guèbres, respectent le feu comme symbole divin. Zoroastre prêchait un dualisme reposant sur le combat entre le Bien et le Mal, la Lumière et les Ténèbres, dualisme présent dans l'islam chiite duodécimain. Le principe de Zoroastre est qu'il existe un esprit saint (Spenta Mainyu), fils d'Ahura Mazdā, et un esprit mauvais (Angra Mainyu) (pehlevi Ahriman), son jumeau, tous deux opposés car représentant le jour et la nuit, la vie et la mort. Ces deux esprits coexistent dans chacun des êtres vivants.

Histoire du zoroastrisme[modifier | modifier le code]

Le zoroastrisme, une des premières religions monothéistes, est instituée par révélation dans des livres qui enseignent que Dieu est à l'origine de l'univers et créateur de l'ordre survenant du rien initial, créateur des mondes (cf. J. Varenne, G.J. Bellinger, etc.). Les historiens envisagent que le zoroastrisme ait eu une influence notable sur le judaïsme lorsque les Perses prirent Babylone au VIe siècle av. J.-C., là où avaient été déportés de nombreux Hébreux. Les Perses, qui leur rendirent la liberté, bénéficient d'ailleurs d'une image positive dans les textes bibliques (à la différence de Babylone).

Zoroastre prêchait parmi l'Humanité la morale, c'est-à-dire l'ensemble des jugements et des règles légitimes reposant sur le dualisme primordial opposant le Bien et le Mal, transcendance immatérielle provenant de Dieu créateur. Le principe zoroastrien est qu'il y a depuis les origines un esprit saint (Spenta Mainyu) - ou esprit de Dieu - ainsi qu'un esprit mauvais (Angra Mainyu) incréé au fondement de toute volonté. Ces deux esprits inspirent chaque être doué d'une âme. Il est conseillé de se soumettre devant le feu comme symbole divin et de respecter la Nature. Selon Zoroastre, le pire péché de l'Homme est le mensonge.

Pour certains[Qui ?], la dénomination de « zoroastre » est un grade symbolisant la plus haute distinction en tant que religieux. Dans l'Histoire, la religion zoroastrienne s'inscrit comme une réforme de la religion pratiquée par des tribus de langue persane installées dans l'Iran occidental entre le IIe et le Ier millénaire av. J.-C.. Compte tenu des considérations géographiques, la comparaison du zoroastrisme avec les religions indiennes et sémitiques est utile pour comprendre sa genèse.

La religion prézoroastrienne[modifier | modifier le code]

La religion de la période prézoroastrienne d'Iran et l'hindouisme ont une divinité commune appelée Mitra par les Indiens et Mithra par les Iraniens (où th est prononcé comme en anglais), qui est, entre autres, une divinité solaire. Ce dieu a évolué de manière très divergente chez ces deux peuples. Dans la réforme zoroastriste, Mithra a annexé une partie des fonctions exercées auparavant par des divinités éliminées du panthéon, comme Varuna, voire transformées en « archidémons », comme Indra. En revanche, pour certains, dont François Cornillot, le Mitra « originel » se serait scindé en trois divinités, Mitra, Aryaman et Varuna chez les Indiens, tandis qu'il aurait gardé son unité chez les Iraniens. La plupart des spécialistes rejettent cette théorie. Ex-divinité souveraine, il était devenu le « fils » et le premier des « archanges » d'Ahura Mazdā, qui semble avoir été dérivé de Varuna. Éliminé par Zoroastre, le culte de Mithra a été réintroduit secondairement à la suite de l'expédition d'Alexandre et des conquêtes romaines.[réf. nécessaire]

La Perse antique, sous la dynastie des Achéménides, n'était plus purement mazdéenne : elle vénérait autant Mithra qu'Ahura Mazdā. Les Grecs considéraient ce dernier comme équivalent à Zeus, leur dieu céleste. Selon Hérodote (I, 131), la coutume des Perses « est de monter sur les plus hautes montagnes pour offrir des sacrifices à Zeus, dont ils donnent le nom à toute l'étendue du ciel ». Quant à Mithra, il était étroitement apparenté au Soleil.

Il faut remarquer que le terme ahura est étroitement apparenté à l'indien asura. Dans le Rig-Veda, le mot asura représente une catégorie d'êtres, dieux ou démons, dont le premier est Varuna.

Le rituel du *sauma était commun aux Indiens et aux Iraniens. Ce terme est devenu soma chez les premiers et haoma chez les seconds. Au sens propre, ce mot désignait une plante du genre Ephedra[réf. nécessaire], que l'on utilisait pour préparer une boisson hallucinogène. Pensant qu'elle permettait aux dieux de conserver leur immortalité, on la leur offrait lors de sacrifices. Les participants en buvaient eux-mêmes et accédaient au monde divin, à une « immortalité provisoire ». Dans une langue iranienne parlée à l'est de l'Afghanistan, le wakhī, cette Ephédra est appelée yimïk, terme provenant de *haumaka-. Dans le Rig-Veda, l'élément de base du soma est un champignon[réf. nécessaire], substitution qui s'explique par le fait qu'en Inde, il n'y a pas d'éphédra[réf. nécessaire].

Dans l'actuel Turkménistan méridional (ancienne Margiane), l'archéologue russe Viktor Sarianidi a fouillé les ruines d'un bâtiment dit de «Togolok-21». Il s'agissait d'un temple où l'on pratiquait le culte du feu et où l'on préparait le haoma. Ce bâtiment faisait partie d'une culture, dite bactro-margienne, datée de 2200 av. J.-C. à 1700 av. J.-C., qui s'étendait à l'est jusqu'à la Bactriane, le long du cours de l'Oxus. Sur tout le territoire de cette culture, on a trouvé des amulettes avec des représentations de lutte entre des serpents et des dragons ayant une attitude nettement agressive, avec des yeux énormes et une gueule grande ouverte. C'était une représentation primitive[réf. nécessaire] de la lutte entre la lumière et les ténèbres, entre la vie et la mort, qui caractérisait la religion indo-iranienne et que le zoroastrisme conserverait. Il semble que la culture bactro-margienne ait plutôt été indo-aryenne. Elle contenait également un « substrat » culturel non indo-européen difficile à cerner, comme le prouve le fait même de construire des temples : les vrais Indo-Iraniens[réf. nécessaire] ont longtemps préféré les sanctuaires en plein air.

Le zervanisme[modifier | modifier le code]

Les fondements de cette école sont contenus dans l'enseignement de Zarathoustra lui-même, puisqu'il affirme que le Bon et le Mauvais Esprits étaient jumeaux. Les Achéménides se sont posé la question[réf. nécessaire] de savoir qui était leur père. Certains pensaient que c'était l'Espace (Thwasha en avestique), d'autres que c'était le Temps (Zrvan). La seconde opinion s'est imposée et les Sassanides l'ont adoptée dès le début de leur dynastie.

Le zervanisme est une doctrine philosophique[réf. nécessaire], mais elle s'est teintée de mythes. On raconte que Zurvān, le dieu primitif, faisait des sacrifices dans l'espoir d'obtenir un fils. Puisqu'il n'obtint rien durant un millier d'années, il eut des doutes sur l'utilité de ses sacrifices. Le fils tant espéré arriva enfin. Ce fut Ahura Mazdā, dont le nom était prononcé Ohrmazd à l'époque sassanide[réf. nécessaire]. Mais les doutes de Zurvān dotèrent Ohrmazd d'un jumeau qui était Ahriman (Angra Mainyu). Les Iraniens considèrent soit que Zurvān a tout seul donné naissance aux jumeaux, soit que c'est sa femme Khvashīzagh qui les a mis au monde. Ahriman sortit le premier. Son père lui demanda : « Qui es-tu ? ». Ahriman lui répondit qu'il était son fils, mais Zurvān répliqua : « Mon fils est d'une odeur suave, et il est lumineux, et toi, tu es ténébreux et puant ». Ohrmazd s'étant présenté et ayant une odeur suave, Zurvān le reconnut pour fils. Mais puisqu'Ahriman était sorti le premier, il put dominer le monde et Ohrmazd fut obligé de lutter contre lui. On pensait que sa victoire aurait lieu neuf ou douze mille ans plus tard.

Les zervanistes ont de la sorte une conception pessimiste du monde[réf. nécessaire]. Contrairement à Zarathushtra, ils attribuent une mauvaise nature aux femmes. Dès leur création par Ohrmazd, elles se rendirent auprès d'Ahriman. Celui-ci leur ayant permis de demander ce qu'elles voudraient, Ohrmazd craignit qu'elle ne voulussent avoir des rapports avec les « justes » et qu'il n'en résultât du mal pour eux. Il eut alors l'idée de créer le dieu Narsāï et le mit tout nu derrière Ahriman afin d'orienter vers lui le désir des femmes. Ce fut effectivement ce qui se produisit.

La théologie zervaniste est connue par des textes comme le Bundahishn et par des témoignages d'Arabes. On sait ainsi que la Lumière a produit un certain nombre de personnes[réf. nécessaire] faites de lumière, d'une nature divine, et que Zurvān était la plus grande d'entre elles. Il fait également partie d'une tétrade : Ashōqār « celui qui rend viril », Frashōqār « celui qui rend éclatant », Zarōqār « celui qui rend vieux » et Zurvān, qui regroupe ces trois aspects puisqu'il comprend la puberté, la maturité et la vieillesse.

À l'heure où la notion de Temps fait l'objet de réflexion et controverses dans toutes les disciplines, il importe de noter que le zoroastrisme inclut deux aspects du temps :

  • l'un illimité (Zurvān akanāragh), linéaire et qui se terminera par la victoire du Bien ;
  • l'autre fini et cyclique (Zurvān dērang-khvadhāy) par périodes de douze mille ans.

Le zoroastrisme à l'époque achéménide[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Religion de la Perse achéménide.

Cyrus le Grand et la plupart des souverains de la Perse antique ont voulu éviter d'imposer leur religion lors des conquêtes. Au contraire, ils ont laissé aux peuples le libre choix de leur foi et l'ont respecté. C'est sur la base de cette doctrine qu'à la conquête de Babylone la charte des droits des nouveaux sujets de Cyrus le Grand stipulait : « Je n'ai autorisé personne à malmener le peuple et détruire la ville. J'ai ordonné que toute maison reste indemne, que les biens de personne ne soient pillés. J'ai ordonné que quiconque reste libre dans l'adoration de ses dieux. J'ai ordonné que chacun soit libre dans sa pensée, son lieu de résidence, sa religion et ses déplacements, que personne ne doit persécuter autrui ». Ce décret impliquait pour les Juifs la liberté de retour en Palestine (537 av. J.-C.).

Alexandre le Grand, après la défaite des Achéménides, ordonna d'incendier les bibliothèques de la Perse, celle de Persépolis notamment, pensant ainsi détruire la pensée zoroastrienne. Mais désirant, cependant, faire profiter les Grecs de la science et de la philosophie des Iraniens, il ordonna de traduire, avant de les détruire, un nombre important de traités ; ceux-ci, au moins, ont pu entrer dans les fondements de la science et de la philosophie occidentale.

Le zoroastrisme sous les Sassanides[modifier | modifier le code]

On peut dire qu'avec l'avènement de la dynastie des Sassanides en Perse (~224), commence la période de gloire du zoroastrisme : il devient très officiellement religion d'État. Le grand-père d'Ardashēr Ier, le fondateur de cette dynastie, avait été préposé au temple de la grande déesse iranienne Anāhitā, dans la ville de Stakhr (non loin de Persépolis). À son fils Shapur Ier, Ardashēr déclare : « Ô mon fils, la religion et l'État sont sœurs. Elles ne peuvent pas survivre l'une sans l'autre. La religion est le contrefort de l'État et l'État est son protecteur. Et ce qui est privé de son support s'écroule et ce qui n'est pas défendu est perdu. »

Temple du feu (Ateshkadeh) de Yazd.

Les prêtres de rang supérieur étaient alors appelés des mōbadh. La Perse était divisée en districts ecclésiastiques confiés à des mōbadh. Tous étaient placés sous l'autorité du mōbadhān mōbadh, qui était l'équivalent exact du shahanshah dans le domaine laïc, c'est-à-dire du « roi des rois », l'empereur des Perses. Cette unification fut surtout l'œuvre du mōbadh Kartir, dont la carrière commença sous le règne de Shapur Ier et qui devint mōbadhān mōbadh sous le règne de son successeur. À un rang inférieur, se trouvaient les mōgh, terme qui est devenu magus chez les auteurs gréco-latins, puis mage en français, et qui a servi à désigner tous les prêtres iraniens. Les mōghān mōgh étaient des préposés des grands temples.

Certains considèrent que le zoroastrisme joua en Perse un rôle encore plus important que le catholicisme dans l'Europe du Moyen Âge[2], tant la religion imprégnait la vie des gens.

Le zoroastrisme et l'expansion de l'islam[modifier | modifier le code]

L'arrivée des conquérants arabes qui a eu lieu à l'époque de l'expansion de l'islam, au milieu du VIIe siècle, a provoqué la défaite des sassanides. L'islam considère parfois les zoroastriens comme Gens du Livre, au même titre que les juifs et les chrétiens[3].

La majorité des Perses se convertirent donc graduellement à l'islam, devenant majoritairement musulmans au XIe siècle, mais il subsiste encore une communauté zoroastrienne en Iran estimée à environ 35 000 fidèles, bien qu'eux-mêmes se revendiquent au nombre de 60 000. Ils sont essentiellement concentrés dans les villes de Téhéran, Kerman et Yazd[4].

Quelque 250 000 zoroastriens pratiquent leur religion dans le monde, essentiellement en Inde (les Pârsî), en Iran et dans les diasporas des États-Unis et de Grande-Bretagne. Le zoroastrisme reste, cependant, un élément important de la civilisation iranienne, et a joué un rôle important dans l'histoire politique et religieuse du Proche-Orient pendant plus d'un millénaire. Par ailleurs, de nombreuses traditions iraniennes ainsi que le calendrier iranien ont des origines zoroastriennes.

Principes et textes du zoroastrisme[modifier | modifier le code]

Au début, la doctrine de Zoroastre s'est transmise oralement, comme d'autres. Puis lorsqu'un alphabet adéquat fut développé, l'Avesta, ensemble de textes sacrés, a été écrit. Mais, du texte initial, seul le quart est arrivé jusqu'à nous : les manuscrits ont été perdus ou détruits une première fois pendant l'invasion d'Alexandre le Grand et une seconde fois pendant l'invasion arabe au VIIe siècle. Malgré tout, l'équivalent d'un millier de pages sont parvenus jusqu'à notre époque. Les textes les plus sacrés sont dix-sept Gathas ou « hymnes sacrés » reconnus comme de Zoroastre lui-même, et témoignant de sa personnalité. Inclus dans l'Avesta, ils sont rédigés dans la langue la plus ancienne et la plus difficile à interpréter.

Les principes[modifier | modifier le code]

Zoroastre n'a jamais prétendu être un prophète, il s'est contenté de donner des directions de recherche spirituelle. Les zoroastriens considèrent que leur dieu n'a pas besoin d'adoration, pas besoin d'intermédiaires, ne joue pas de l'ignorance des peuples.

Dans la doctrine de Zoroastre, chaque personne répond de ses actes en vertu de la nature de son « Fravahr », l'équivalent du karma hindouiste. La doctrine se résume en une maxime : Humata, Hukhta, Huvarshta (« bonne pensée, bonne parole, bonne action »).

Zoroastre a condamné les rites et les sacrifices traditionnels offerts aux dieux par les Perses, mais il a gardé la tradition du culte du feu. Il s'était rendu compte que toute l'évolution du monde était basée sur « l'action » et « la réaction », donc la réponse à toute attitude charitable lui parut être la « bonne action ». Si en société, les gens s'adonnent à la bonté ils ne récolteront que la bonté et s'ils se livrent à la méchanceté, ils seront envahis par le mal.

Selon Zoroastre, la « bonté » est quelque chose comme une lumière qui vient du fond de soi, et cette bonté est inhérente à l'homme. Il y a en tout homme deux tendances l'une qui le porte au bien, l'autre qui le porte au mal ; ce que propose Zoroastre, c'est de toujours choisir le côté du bien, et cela se fait par une constante dialectique. Il est bien dit que c'est l'homme qui choisit, sans obligation, et que celui qui remplit sa responsabilité pleine et entière envers les autres est un Saoshyant ; mais aussi que le monde ne comporte qu'une voie, celle de la « droiture ».

Zoroastre a nommé son dieu Ahura Mazda, force créatrice du monde et des quatre éléments, l'eau, la terre, le feu et l'air, éléments que les zoroastriens vénèrent et respectent au plus haut point puisque venant du dieu. Il a aussi créé l'homme en lui donnant son libre arbitre afin qu'il puisse toujours choisir ce qu'il a à faire entre le bien et le mal. Tout homme est l'ouvrier du dieu pour faire évoluer le monde.

Les zoroastriens admettent une vie après la mort et un jugement des âmes ; chaque être humain étant jugé selon ses mérites. Le fravahr est un des symboles de la doctrine de Zoroastre : c'est l'esprit de l'homme préexistant à sa naissance et qui perdurera après sa mort et il ne peut se substituer à ce Dieu. Si les bonnes actions l'emportent sur les mauvaises, l'âme va dans la Maison des Chants par un pont au-delà duquel l'attend le Seigneur de la Lumière. Dans le cas contraire, il s'agit d'un voyage jusqu'à la Maison du Druj. La Maison des Chants (le Paradis) est éternelle, mais pas la Maison du Druj (l'Enfer) dont la durée est limitée (Gathas, Yasna 30:11). Ainsi, comme le dit le Yasna 30:11, après le temps effectué dans la Maison du Druj (qui n'est pas précisé), tous les êtres « punis » vont au Paradis.

Un autre thème important du zoroastrisme est donc la promesse d'une vie éternelle après la mort, où les âmes seront départagées lors de la traversée du « pont de Chinvat », et finissent soit dans la Maison du Druj soit dans la Maison des Chants. La notion de résurrection existe, celle-ci survient à la fin des temps avec l'avènement du « Saoshyant » qui rétablira la justice par une régénération du monde. Les interprétations concernant le Saoshyant sont nombreuses, nombre de spécialistes suggèrent que n'importe quel homme ou femme, de qualité excellente, apportant un très grand bien à la Terre, peut être qualifié de Saoshyant, alors que d'autres, notamment des traditionalistes (par exemple Parsis), affirment que les Saoshyants sont choisis expressément par Ahura Mazda pour raviver son culte avant la Conversion finale. (L'humanité se convertirait au zoroastrisme par décret divin, interprétation principalement issue de la communauté parsi).

L'Avesta[modifier | modifier le code]

Oiseau Vareghna représentant la Xvarnah, la gloire royale, le culte d'Ahura Mazdā est aniconique

Les Gāthās[modifier | modifier le code]

La partie la plus ancienne de l'Avesta, le texte sacré des zoroastriens, est constituée d'hymnes, les Gāthās, censés avoir été composés par Zoroastre lui-même. Il y apparaît nettement comme un prêtre. Ahura Mazdā lui aurait donné la mission de rénover l'ancienne religion, s'affirmant comme le seul dieu du Bien, incarnation de la lumière, de la vie et de la vérité. Zoroastre condamne le culte du haoma (étant entre autres, le culte de sacrifice du Taureau qui est l'animal le plus sacré reconnu par Zoroastre), ainsi que la pratique des sacrifices sanglants, Ahura Mazdā étant immortel par lui-même. Le Feu reste d'origine divine mais n'est plus un dieu. Symbole concret de la Lumière, on le vénérera désormais en tant qu'aspect éminent d'Ahura Mazdā.

Un combat cosmique entre Aša, la « Vérité » (pehlevi : Ahlāyīh) et Druj, le « Mensonge » (pehlevi : Druz) est présenté comme base de toute existence.

Zoroastre décrit Ahura Mazdā en une série de questions rhétoriques : « Qui établit la course du Soleil et des étoiles ? », « Qui nourrit et abreuve les plantes ? », « Qui créa l'ombre et la lumière ? », « À travers qui existent l'aurore, le crépuscule et la nuit ? » (Yasna 44, 4-6).

D'autres immortels de premier plan sont Geush Urvan, défenseur des animaux et Sraōša (pehlevi : Srōš) « Obéissance ».

Les Gāthās parlent des relations entre Ahura Mazdā et six catégories divines appelées les Amesha Spenta, Immortels bénéfiques. Ce sont :

  • Vohu Manō : Bonne Pensée (Vohu Manu ; pehlevi : Wahman), « bonne âme » : le principe du « bon » ;
  • Asha Vahishta : Meilleure Rectitude (Ašəm, après Ašəm Vahištəm ; pehlevi : Ardwahišt) : « droit », vérité et incarnation de ce qui est « vrai », « bon » et « juste », la loi et les règles) ;
  • Xshathra Varya : Empire désirable (Xšaθra- Vairya- ; pehlevi : Šahrewar) : « meilleure règle », le pouvoir et le royaume d'Ahura Mazdā, gardien des métaux) ;
  • Spenta Armaiti : Bénéfique Pensée parfaite (Spɚnta- Ārmatay- ; pehlevi : Spandarmad) : « pensée sacrée » : l'immortelle incarnation de la Terre) ;
  • Haurvatāt : Intégrité (Haurvatat : « perfection ») ;
  • Ameretāt : Non-Mort (Amərətatāt (; pehlevi : Amurdād) : « immortalité », le gardien de la nourriture et des plantes.

Ces Immortels ne sont pas dissociables les uns des autres dans les Gāthās et ne sont pas personnifiés ; on peut les considérer presque comme des concepts philosophiques. Il ne s'agit pas de polythéisme.

Très proche de Vohu Manō, se trouve Spenta Mainyu, l'Esprit bénéfique, lequel est opposé à Angra Mainyu, l'Esprit mauvais, incarnation des ténèbres et de la mort. Bien qu'ennemis, ces deux Esprits sont jumeaux. À l'époque des Sassanides, Spenta Mainyu sera identifié à Ahura Mazdā. Angra Mainyu est aidé par des démons, les daēva. Leur nom provient de l'ancienne dénomination indo-européenne des dieux, prononcée deva en sanskrit et avestique, qui a acquis un sens négatif dans la totalité du monde iranien (en faisant référence à la force du mal gouvernée par Angra Mainyu, avec une double face qui est le symbole du mensonge, contrairement au monde indien qui a gardé son sens positif), donc à une époque assez reculée. N'ayant plus de mots pour désigner les (bons) dieux, les Iraniens ont dû en inventer un autre, qui a été yazata(« digne d'être adoré »). Les six Amesha Spenta sont qualifiés de yazata.

Les Yasht[modifier | modifier le code]

Les autres parties de l'Avesta sont clairement postérieures aux Gāthās. C'est en particulier le cas d'hymnes où l'on voit resurgir tout un panthéon que Zarathushtra avait voulu éliminer. Ils sont la plus importante source d'information sur la mythologie iranienne ; ainsi de la glorification de Mithra. Que s'est-il donc passé ? La tentation de Zarathushtra d'imposer une forme d'hénothéisme a-t-elle échoué ? Selon beaucoup d'experts zoroastriens, ce livre a été influencé par les pensées polythéistes et mithraistes prézoroastriennes. Ce que Zoroastre avait fait était de rabaisser toutes ces divinités au rang d'anges et de faire d'Ahura Mazdā leur chef et le Dieu unique.

Le pays où Zarathushtra aurait prêché est appelé airyānem vaējō «le domaine des Aryens» par l'Avesta. Ce n'est pas très riche en renseignements, car Airya possède une vaste signification : c'est l'auto-ethnonyme de tous les Iraniens. Les spécialistes s'accordent à situer ce pays plus précisément dans le Turkestan occidental. Les Gāthās ont sûrement été composés à une époque pré-achéménide, donc avant le VIe siècle av. J.-C.. Ils dépeignent une société rurale d'éleveurs et de cultivateurs sédentaires conservant un système de relations claniques et tribales. On y trouve une protestation contre l'apparition d'une élite dominante. L'Avesta connaît le bronze, mais pas le fer. Il convient de remarquer la langue des Gāthās est si proche de celle du Rig-Veda que leurs locuteurs pouvaient sans doute se comprendre.

D'après une école de spécialistes, il n'y a pas de différence fondamentale entre le Rig-Veda et les Gāthās, le culte d'Ahura Mazdā étant le résultat d'une lente évolution. Cela permettrait de nier l'existence de Zarathushtra. À ce sujet, Bernard Sergent a démontré que les épisodes de sa vie, tels qu'ils sont racontés dans les textes iraniens, sont mythiques : ce personnage ne serait rien d'autre que le «modèle» du prêtre indo-européen, modèle d'une telle ancienneté qu'on le retrouve chez les Celtes, en la personne de Merlin (« Merlin et Zarathushtra », Bruxelles, Ollodagos, Actes de la société belge d'études celtiques, Vol. XIX, 2005, p. 7–50). Dans ce cas, le terme de « mazdéisme » devrait être préféré à celui de « zoroastrisme ».

Mais en quoi une même réalité exprimée par les Rig-Veda et par les Gāthās pourrait-elle nier l'existence d'un homme ? Et en quoi l'existence d'un homme ne pourrait-elle pas se révéler également symbolique et si importante qu'elle soit prise comme modèle ?

Rites[modifier | modifier le code]

Chez les zoroastriens les rites sont assez légers, même s'ils ne sont pas mentionnés dans les Gāthās et ne sont pas obligatoires : prier cinq fois par jour pour se rappeler que la droiture est une bonne chose, que le bien est une bonne chose ; faire une fête une fois par mois, plus cinq jours pour préparer le nouvel an. En se purifiant, prendre le repas avec nappe, nourriture, pains et fleurs.

La naissance d'un Parsi n'est pas vraiment accompagnée de rites religieux. Durant son premier anniversaire, il peut effectuer sa Présentation au Temple, où le prêtre le marque au front avec de la cendre du Feu sacré et récite des bénédictions. Ce n'est pas une cérémonie obligatoire, tout au contraire du naojote, qui doit être effectué au maximum à l'âge de 15 ans, tant pour les garçons que pour les filles. C'est l'initiation, qui marque l'arrivée du Parsi à l'âge adulte. Chez lui, et non dans un temple, le Parsi reçoit une tunique blanche, le sudreh, nouée à la taille par un cordon de laine, le kūsti. Un Parsi pieux ne devrait jamais rester sans tunique, et lorsqu'il faut la changer, il devrait réciter des prières appropriées. Sans cette initiation, son âme resterait dans un état en quelque sorte virtuel et il vivrait comme un paria.

Chez les Parsis, le mariage est obligatoire et la stérilité est conçue comme une malédiction. Certains rites remontent au plus lointain passé indo-européen, comme le bain de la mariée. Les Parsis ne se marient qu'entre eux (endogamie). Ce n'est pas une coutume nouvelle : dans la Perse sassanide, il était interdit d'épouser un non-zoroastrien. Bien plus, le contact avec des « infidèles » est source de souillures. Si l'on a mangé de la nourriture préparée par un non-zoroastrien ou si l'on a effectué un voyage, il est nécessaire d'effectuer des rites de purification.

La vie étant conçue comme un don d'Ahura Mazdā, la mort ne peut être considérée qu'avec horreur. On pense que la décomposition du corps est l'œuvre d'un démon. Des Parsis formant une sorte de caste, les Nasālāsar sont chargés d'emmener les morts dans des tours du silence, appelées dakhmā par les Parsis. L'âme du mort reste trois jours dans la tour. Le quatrième jour, elle la quitte, mais elle doit alors franchir un pont. À ce stade, se produit une manière de jugement : l'âme du juste franchit le pont et accède à la Maison des Chants, tandis que celle du méchant tombe dans la Maison du Druj. Cependant, toutes les âmes jouiront de l'instauration d'un paradis terrestre consécutive à la victoire d'Ahura Mazdā sur l'Esprit du Mal. Il s'agit d'une résurrection différant de celle des chrétiens. La Maison du Druj des zoroastriens est donc plutôt un purgatoire où l'on attend sa résurrection.

La pratique du décharnement des corps remonte à un lointain passé et se retrouve dans les hauts villages du Tibet. On trouve également en Inde des tours du silence utilisées actuellement, notamment à Bombay. En Iran, leur utilisation a été interdite par Reza Pahlavi dans les années 1930[Contradiction]. On peut cependant en voir des ruines à Yazd.

Le zoroastrisme et la société[modifier | modifier le code]

Dans la doctrine de Zoroastre, toute personne doit répondre de ses actes par la bonne pensée, or la bonne pensée est directement liée à la culture, les adeptes de cette doctrine ne doivent donc pas mettre en œuvre une parole quelconque de Zoroastre qui ne correspondrait pas à la science moderne. Les préceptes de Zoroastre sur la morale collective et les liens qui attachent les hommes restent encore aujourd'hui d'actualité, alors que la plupart des religions ne leur ont pas accordé d'importance. Par exemple :

  • L'égalité des hommes et des femmes a été soulignée à maintes reprises dans les Gāthās et réalisée dans l'histoire de la Perse antique par l'avènement au pouvoir de femmes telle que Pourandokht. Des femmes prêtres ont récemment été ordonnées en Iran.
  • Préserver la pureté de l'eau, de la terre, de l'air et du feu est un autre précepte des adeptes de cette religion. Cependant, comme l'air, l'eau et la terre sont les éléments divins qui existent sans le concours de l'être humain alors que le feu est l'élément divin qui a besoin du concours de l'homme pour être entretenu, pour continuer d'exister, les Zoroastriens vénèrent plus que tout le feu sacré car il exprime mieux que tout le véhicule de communication entre Ahura Mazda et les hommes.
  • L'esclavage et la soumission de l'être humain, sont complètement rejetés dans la doctrine de Zoroastre.
  • Cette doctrine met l'accent sur l'importance de la récolte et rejette toute idée de paresse, de vivre au crochet d'autrui, de voler le bien d'autrui. Chacun doit vivre de ses efforts et pouvoir bénéficier de sa propre récolte.
  • L'idolâtrie, l'adoration de la pierre ou tout autre lieu construit, sont prohibées dans la pensée de Zoroastre. La maison de Dieu n'est pas celle construite par l'homme, mais le cœur et l'esprit de ce dernier, ce qui rappelle l'idée chrétienne du corps comme temple de l'esprit.
  • Aucune oppression ne peut être admise à l'égard des hommes, et si nécessaire, il faut se soulever pour l'éliminer.
  • Aucun mal ne doit être commis à l'égard des animaux et leur sacrifice doit être considéré comme un crime des hommes à leur égard :

« Jeune homme, il [Zarathoustra] décida de devenir prêtre (zoatar), mais il s'opposa vite à l'antique culte iranien de Mithra, caractérisé par de cruels sacrifices [de taureaux].(...) Il combattit les sacrifices animaux, du fait de sa conviction qu'eux aussi possédaient une âme. »

— Encyclopédie des religions, Gerhard J. Bellinger[5].

Dans le calendrier zoroastrien, chaque mois était divisé en deux périodes de sept jours et deux périodes de huit jours, donc en trente jours qui portaient tous des noms de divinités. Ces quatre périodes commençaient respectivement par les jours d'Ohrmazd, d'Ādhur (le Feu), de Mihr (Mithra) et de Dēn, la religion mazdéenne personnifiée (Dēn mazdayasn, aussi appelée Bēdukht « fille de Dieu »). On voit que l'hénothéisme de Zarathushtra n'était pas plus vivant dans la Perse sassanide qu'aux époques antérieures, et cela d'autant plus que les rois des rois continuaient à vénérer Mithra. Cependant, six jours de la première période portaient les noms des Amesha Spenta. Elle s'achevait par le jour Dadhv « le Créateur » (Ohrmazd), qui clôturait également les deux périodes suivantes.

Le principe de ce découpage est décrit dans le chapitre III du Bundahishn « la Création Originelle », ouvrage probablement compilé à la fin de la dynastie des Sassanides (au VIIe siècle). C'est un traité qui parle de cosmologie, d'astronomie et d'eschatologie, et qui donne également des listes de rivières, de montagnes et de plantes.

Les douze mois portaient également des noms de divinités. On y reconnaît les noms des Amesha Spenta :

  1. Fravardīn (les fravarshi)
  2. Urdvahisht (Asha Vahishta)
  3. Khvardādh (Haurvatāt)
  4. Tīr (Tishtrya, le dieu des Pluies)
  5. Amurdādh (Ameretāt)
  6. Shahrēvar (Xshathra Vairya)
  7. Mihr
  8. Ābhān (« les eaux », Anāhitā)
  9. Ādhur
  10. Dadhv
  11. Vahman (Vohu Manō)
  12. Spandarmadh (Spenta Armaiti)

Les fravarshi étaient des esprits tutélaires des morts, la partie protectrice de leurs âmes, qui revenaient durant les cinq derniers jours de l'année. C'était alors la fête de Fravardīghān, aussi appelée Hamaspathmaēdaya. Il s'agissait de cinq jours supplémentaires, nommés d'après les noms des cinq Gāthās, qui s'ajoutaient aux douze mois de trente jours. Cette fête, au caractère carnavalesque, était suivie par le Naurūz (ou Nowrouz), le Nouvel An, le 1er Fravardīn. Malgré la conversion des Perses à l'islam et l'adoption du calendrier musulman, le Naurūz est toujours resté vivant. Il est célébré à l'équinoxe du printemps. Une autre grande fête était celle de Mihr, Mihrgān, au jour de Mihr (le 16e) du mois de Mihr. Elle avait lieu à l'automne et coïncidait avec le début de l'année avant l'époque des Sassanides. On peut également mentionner six fêtes de cinq jours réparties sur toute l'année, le Hamaspathmaēdaya étant la dernière. On les appelait les Gāhanbār (phases de création).

Tout temple, quel que soit le dieu (ou les dieux) auxquels il était consacré, comprenait un autel du feu. Il était placé dans une pièce sombre, afin que le feu sacré ne fût pas touché par les rayons du soleil. Les prêtres l'entretenaient selon un rituel extrêmement strict. Trois temples jouaient un rôle majeur : celui du Feu de Farnbagh, qui se serait trouvé dans la ville de Kāriyān (région du Fars), celui du Feu de Gushnasp, à Gandja dans l'actuel Azerbaïdjan, et celui du Feu de Burzēn-Mihr, au nord-ouest de Nishapur. Ces feux étaient respectivement celui des prêtres, celui des rois et celui des agriculteurs. Ils correspondent aux trois fonctions reconnues par Dumézil chez tous les peuples indo-européens : la fonction cléricale, la fonction guerrière (à laquelle se rattachaient les rois) et la fonction de production. Ainsi, l'Avesta récent reconnaît trois états, celui des prêtres, celui des guerriers et celui des agriculteurs. Quand un empereur montait sur le trône, il effectuait une visite solennelle au Feu de Gushnasp. Il lui demandait également son aide pour vaincre ses ennemis.

Les différentes branches du zoroastrisme aujourd'hui[modifier | modifier le code]

  • Il n'y a pas d'organisation centrale du zoroastrisme. En Inde, le BPP (Bombay Parsi Panchayat), est un organisme en théorie laïque, qui intervient du point de vue religieux. Une polémique a eu lieu récemment concernant le bannissement de mobeds (prêtres) ayant initié à la religion des personnes dont les deux parents n'étaient pas Parsis (requis traditionnel parsi). Des femmes ont été ordonnées prêtres en 2010 et 2011 en Iran pour la première fois depuis, peut-être, les origines du Zoroastrisme. Cette initiative, très appréciée des milieux progressistes, a été dénoncée par le milieu parsi conservateur. Une pétition recueillant plusieurs milliers de signatures a circulé sur Internet afin de demander au BPP d'utiliser l'argent des Parsis à des fins éducatives et d'amélioration de la vie des Parsis, et non pas pour des motifs qui tiennent plus de la tradition que de la religion. Le BPP représente donc la structure traditionnelle du monde Parsi.
  • Beaucoup d'Iraniens zoroastriens (les Zartoshtis Iranis) sont issus de conversions récentes venant de l'islam chiite (depuis la fin du XXe siècle), notamment pour des raisons politiques (résistance à l'islam, etc). Leur lecture de la religion est souvent « moderne », car ils rejettent des éléments jugés trop « conservateurs », et leurs cérémonies religieuses se limitent parfois au Sudreh Pouchi et au Nowruz.
  • D'autres Iraniens font partie au contraire d'une communauté très ancienne d'Iraniens qui ne se sont jamais convertis à l'Islam et ont préféré payer les impôts et subir les humiliations que de se convertir. Les membres de cette communauté se trouvent principalement à Yazd et à Téhéran. Les deux communautés peuvent être rejetées, voire persécutées, par les autorités musulmanes de l'Iran. La conversion d'un musulman à une religion autre que l'islam étant interdite en Iran, comme le prescrit la loi musulmane, les nouveaux convertis sont davantage sujets à la persécution. Les zoroastriens peuvent nier leur appartenance au zoroastrisme, mais le fait de leur non-observance des pratiques religieuses musulmanes (abstention de l'alcool, prières...) attire l'attention sur eux et donne à l'État une raison de les persécuter. La preuve formelle de la conversion peut mener jusqu'à la condamnation à mort, notamment en Iran.
  • On trouve des zoroastriens dans divers pays limitrophes comme la Turquie, l'Arménie, l'Inde, le Turkménistan, l'Ouzbékistan, l'Afghanistan et le Koweït. La tradition (y compris prézoroastrienne) a une place très grande, et la culture religieuse des zoroastriens de ces territoires et pays est plus orale qu'écrite. Le texte de l'Avesta ne diffère pas (ou les variantes sont très peu nombreuses), mais des livres peuvent être supprimés ou ajoutés.
  • Une autre partie de l'ensemble des zoroastriens est celle des convertis d'origine non-iranienne, dans la mouvance nouvel age. Elle connaît des personnalités comme le chanteur suédois Alexander Bard ou Neville Wadia. Le nombre de convertis est grandissant au Brésil, en Scandinavie et en Russie, afin de concurrencer le christianisme traditionnel. Les zoroastriens ne font pas de prosélytisme et ne sont pas censés même encourager d'autres personnes à entrer dans leur religion, les conversions sont donc le fait de recherches personnelles[réf. nécessaire]. La présence d'une communauté zoroastrienne améliorant l'information de la population alentour en ce qui concerne cette religion, il est normal que la présence de convertis provoque de nouvelles conversions.
    • Un exemple de cette recherche est le site http://www.zoroastrianism.cc qui nomme « information » le prosélytisme effectué sur Internet, mais en bannissant le terme de prosélytisme considéré comme négatif par l'homme moderne. Ce site est représentatif d'une branche du zoroastrisme, le « restaurationisme », qui dit que la religion zoroastrienne telle qu'elle existe aujourd'hui a été corrompue par l'avarice des prêtres sassanides d'avant la conquête musulmane, par le paganisme et par les religions abrahamiques (terme forgé à l'époque moderne pour regrouper le judaïsme, le christianisme et l'islam). Le « retour à la source » (d'où le nom de « restaurationistes ») est prôné, par l'abandon du Saint Avesta et la référence aux seuls Gathas. Beaucoup de rites sont refusés et il n'y a pas de prêtres. Cette branche est peu nombreuse par rapport au nombre total de zoroastriens (250 000), mais représente 50 à 70 % des convertis en Amérique du Sud et du Nord qui abjurent le christianisme. Elle est peu présente en Europe, mais beaucoup de zoroastriens sont - selon l'expression anglophone - « gatha-only » c'est-à-dire qu'ils refusent comme sacré tout texte qui ne soit pas écrit par Zarathushtra (Zarathoustra), ce qui signifient qu'ils n'acceptent que les Gathas.
    • Une autre manière - à la carte - de considérer l'Avesta, et qui peut presque être considérée comme une branche, est d'accepter l'Avesta tout entier (Yasnas, Khordeh Avesta et le Visperad ainsi que les Fragments) à l'exception du Vendidad, rédigé tardivement, et contenant un certain nombre d'indications sanitaires considérées comme dépassées et inutiles, ainsi que des manières de voir le monde et la société que l'homme occidental contemporain considère comme misogynes et surtout très homophobes. En effet, la lutte contre l'homophobie est à l'aube du XXIe siècle, la préoccupation majeure des nouvelles religions et des nouvelles attitudes sociétales en occident, afin de prôner une « nouvelle civilisation », en réaction aux anciennes religions.

L'autorité religieuse en ce qui concerne les rites et les textes sacrés est exercée par les « mobeds » d'Inde et d'Iran qui officient dans ces pays. Leur regard est différent selon les branches, mais ils restent critiques face aux branches qui ne respectent que les Gathas et à celles qui veulent se débarrasser de nombreux points jugés « traditionalistes et conservateurs ». Il n'y a pas plusieurs ordres ("ordre" = ??????) dans le zoroastrisme : tous les mobeds reçoivent leur enseignement dans les mêmes écoles (en Iran pour les Iraniens et convertis du monde entier, en Inde pour les Parsis de la caste des mobeds), et appartiennent au même corps religieux.

Les Parsis[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Parsis et Parsisme.

Les Arabes entreprirent la conquête de la Perse à partir de 636. La dynastie sassanide s'effondra en 651 à la mort de son dernier souverain, Yazdgard III. Les Perses abandonnèrent le culte zoroastrien au profit de l'islam qui progressivement atteignit tout le pays en quatre siècles ; seules Yazd et Kerman, au centre du plateau iranien, demeurèrent des fiefs de leur ancienne religion. Les Arabes appelèrent ces zoroastriens des Gaur « Infidèles », terme qui est devenu Guèbres en France. Aujourd'hui, il en resterait environ trente mille[réf. nécessaire], dont six mille à Yazd. Cependant, de nombreux pratiquants s'installèrent dans le nord de l'Inde actuelle où ils sont connus sous le nom de Pârsî. Ce terme n'est qu'une traduction en perse, du mot Persan. Aujourd'hui, les deux tiers de la communauté se trouvent à Bombay et appartiennent à la classe des commerçants.

Influences générées[modifier | modifier le code]

La profondeur intellectuelle de son système a exercé une grande influence sur les doctrines judéo-chrétiennes (influence mentionnée dans le Manuel de discipline trouvé parmi les « rouleaux de la mer Morte »). On retrouve des thèmes du zoroastrisme sous une forme semblable dans le judaïsme, le christianisme et l'islam.

L'empereur perse Cyrus le Grand mit fin à l'exil des juifs, en libérant Jérusalem de la domination babylonienne et en autorisant la construction du Second Temple. La plupart des textes judaïques traitant de la vie après la mort appartiennent à la période de domination perse en Israël, ce qui laisse penser à une influence zoroastrienne. Ils ne sont attestés dans les écrits juifs que postérieurement à la captivité de Babylone (597 à 538 av. J.-C.), période pendant laquelle les élites juives, en exil à Babylone, entrèrent en contact avec la Perse et les religions iraniennes et kurdes.

Plusieurs auteurs et penseurs musulmans, tels que Sohrawardi (1155-1191), fondateur du courant des « Ishraqiyoun », ont tenté d'intégrer Zarathoustra à la lignée prophétique abrahamique. Par exemple dans le chapitre 138 du Livre I d'Hérodote : « ... c'est le prêt qu'ils détestent, car ils pensent que ceux qui empruntent seront obligés parfois de mentir ».

Le changement des mœurs que les zoroastriens veulent, ils travaillent à l'obtenir par la droiture, par des actes justes et bons, et de ce fait le zoroastrisme a eu aussi une grande influence sur le plan philosophique en occident : Platon, Voltaire, Nietzsche, mais aussi Plutarque, Pythagore, Aristote, Montaigne, Érasme, Goethe, Hegel, et même Karl Marx.

Annexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Paul Roux, Le mazdéisme, la religion des mages, clio.fr, 2000
  2. Dossier de presse de l'exposition Les Perses sassanides, fastes d'un empire oublié au musée Cernuschi, p. 12
  3. Henry Corbin, « Histoire de la philosophie islamique », Gallimard, 1986, p. 21.
  4. (en)US State Department : International Religious Freedom Report 2003
  5. Encyclopédie des religions, Gerhard J. Bellinger. éd. Le Livre de Poche. ISBN 2-253-13111-3

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • du Breuil, Paul, Zarathoustra (Zoroastre) et la transfiguration du monde, Payot, Paris, 1978.
  • du Breuil, Paul, Histoire de la religion et de la philosophie zoroastriennes, du Rocher, Monaco, 1984.
  • du Breuil, Paul, Le zoroastrisme (« Que sais-je ? », 2008), Paris, Presses universitaires de France.
  • Duchesne-Guillemin, Jacques, Zoroastre, étude critique avec une traduction commentée des gatha, Robert Laffont, Paris, 1975 [1948].
  • Duchesne-Guillemin, Jacques, La religion de l’Iran ancien, Presses universitaires de France, Paris, 1962.
  • Foltz, Richard, L’Iran, creuset de religions : de la préhistoire à la Révolution islamique, Québec : Les Presses de l’Université Laval, 2007
  • Ghirshman, Roman, L’Iran des origines à l’islam, Albin Michel, Paris, 1976 [1951].
  • Gnoli, Gherardo, De Zoroastre à Mani : quatre leçons au Collège de France, Paris, 2000.
  • Kellens, Jean, La quatrième naissance de Zarathushtra, Paris, Seuil, 2006.
  • Molé, Marijan, Deux aspects de la formation de l’orthodoxie zoroastrienne, Bruno, Paris, 1953.
  • Molé, Marijan, Culte, mythe et cosmologie dans l’Iran ancien, Presses universitaires de France, Paris, 1963.
  • Prieur, Jean, Zarathoustra, homme de lumière, Robert Laffont, Paris, 1982.
  • Widengren, Geo, Les Religions de l’Iran, Payot, Paris, 1968.
  • Gerhard J. Bellinger. Encyclopédie des religions. Le Livre de Poche/La Pochotèque. Librairie générale française, 2000, 805 p. ISBN 9 78 22 53 131113.
  • Jean Varenne. Zarathustra et la tradition mazdéenne. Editions du Seuil, 2006, 164 p. (ISBN 9 78202085 9554).
  • J. Bidez & F. Cumont. Les mages hellénisés. Zoroastre, Ostanès et Hystaspe. I – Introduction ; II Les textes. Les Belles Lettres, 1938.
  • James, E.O. Mythes et rites dans le Proche-Orient ancien. Payot, 1960.
  • Masson-Oursel, P. La Philosophie en Orient in Bréhier, E. "Histoire de la philosophie". Librairie Félix Alcan, 1938.
  • Clarisse Herrenschmid,t in "Les disciples de Zarathoustra". Collections de l'Histoire, 42 : 36-39 (2009).

Pour aller plus loin[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Zoroastriens célèbres[modifier | modifier le code]

  • Zubin Mehta, chef d'orchestre
  • Freddie Mercury, de son vrai nom Farrokh Bulsara, le chanteur de rock du groupe britannique Queen, créé en 1970
  • Alexander Bard, chanteur suédois
  • Johannes Itten, professeur du Bauhaus
  • cf. Éloi Crubbecq, La Grande Arche cosmique, ou l'enseignement révélé des derniers maîtres du zoroastrisme, Bruxelles, 1957

Liens externes[modifier | modifier le code]