Giorgione

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Giorgione

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Autoportrait en David

Nom de naissance Barbarelli
Naissance 1477
Castelfranco Veneto, Drapeau de la République de Venise République de Venise
Décès 1510
Venise, Drapeau de la République de Venise République de Venise
Nationalité Vénitien
Activités Peintre
Maîtres Giovanni Bellini
Mouvement artistique Renaissance
Influencé par Léonard de Vinci
Influença Titien, Sebastiano del Piombo...

Giorgio Barbarelli ou Zorzi da Vedelago ou da Castelfranco, dit Giorgione (Vedelago ou Castelfranco Veneto 1477 - Venise 1510) est le premier grand peintre vénitien du Cinquecento italien.

Ses dates de naissance et de mort ont été fournies par Giorgio Vasari dans Les Vies des meilleurs peintres, sculpteurs et architectes. La date de naissance, 1477, semble vraisemblable car elle est cohérente avec l’activité artistique de Giorgione à la fin du XVe siècle.

On ignore tout de son patronyme : Giorgio, en vénitien Zorzo ou Zorzi, de Castelfranco Veneto, lieu de naissance. Sa maison natale a été transformée en musée, où l'une des rares œuvres qui lui est attribuée avec certitude est exposée : la « Frise des arts libéraux et mécaniques ». On dit que le surnom de Giorgione (Giorgione ou Zorzon signifient grand Georges) lui fut donné par Vasari « pour son allure et sa grandeur d’âme ». Selon les historiens, il serait d’extraction très humble, alors que Carlo Ridolfi, dans La Maraviglia dell'arte (1648), écrit que « Giorgione est né à Vedelago au sein de la famille la plus aisée du comté ».

Seules 10 œuvres lui seraient attribuées de façon incontestable dans l'ensemble des musées mondiaux[réf. nécessaire].

Le peintre Giorgione[modifier | modifier le code]

Giorgione est connu pour la qualité romantique de son travail, et pour le fait que très peu de peintures (autour de six) soient reconnues comme étant de sa main. Il ne signait pas ses œuvres. À sa mort soudaine de la peste, il a probablement laissé quelques travaux non finis, qui ont pu avoir été terminés par ses élèves Titien ou Sebastiano del Piombo, comme Le Concert champêtre (mais cela a été l'objet d'âpres débats[1]). L'incertitude résultant de la difficulté à identifier ses œuvres et de la signification de son art a fait de Giorgione la figure la plus mystérieuse dans la peinture occidentale.

À Castelfranco, il peignait toujours dans le style « Castelfranco Madonna », une image assez conventionnelle de Vierge couronnée, avec des saints de chaque côté. Sa peinture marque cependant un départ dans l'art vénitien, avec ses saints curieusement introvertis et ses modulations sensibles de couleur comme un voile unifiant la peinture. Ceci est peint avec de minuscules taches de couleur, technique que Giorgione a introduite dans la peinture à l'huile, dérivée des techniques d'illumination de manuscrits. Celles-ci ont donné aux œuvres de Giorgione la lueur « magique » de la lumière pour laquelle elles étaient célèbres.

Ses travaux les plus célèbres sont cependant Les Trois Philosophes et La Tempête. La signification de ces peintures est mystérieuse et elles restent étranges même après que les historiens d'art ont essayé de les voir comme des sujets conventionnels. Le premier dépeint trois figures près d'une caverne vide et sombre. Cela semble suggérer la caverne de Platon et les trois rois mages, mais le tableau reste peu clair. C'est aussi vrai du tableau nommé La Tempête dans laquelle un soldat armé d'une lance d'un côté et une femme donnant le sein de l'autre côté semblent attendre la tempête.

La Tempesta[modifier | modifier le code]

Article détaillé : La Tempête (Giorgione).

La Tempête, dite aussi L'Orage (v. 1507 ?) est une toile appartenant aux poesie, genre créé par Giorgione. C'est un paysage où la part des personnages est secondaire.

La signification de ce tableau n'est pas très claire, et jusqu'à maintenant, aucune interprétation n'a encore été assez satisfaisante. Il semble avoir subi une lente élaboration, car la radiographie révèle un important repentir : le personnage d'une femme nue aux pieds dans l'eau, éliminée. Par cette maturation de l'idée sur la toile Giorgione confirme son opposition vénitienne aux pratiques florentines, Florence étant adepte du dessin préparatoire à l'œuvre. Comme le sujet est minimisé, son étude poussée n'est pas indispensable, c'est l'atmosphère poétique qui règne dans ce tableau. Giorgione a peint sur la droite une femme qui allaite un enfant et, sur la gauche, se trouve un homme debout qui les regarde. Il n'existe aucun dialogue entre eux. Ils sont tous deux séparés par un petit ruisseau et des ruines. Dans le fond, on aperçoit une ville sur laquelle un orage est prêt à éclater.

La Tempête (c.1510)
Galleria dell'Accademia, Venise, Italie

Plusieurs interprétations ont été apportées pour comprendre ce que Giorgione a voulu représenter ; voici par exemple trois lectures possibles :

  1. Edgar Wind voit en l'homme un soldat, symbole de force et de courage et la femme représente pour lui la charité (étant donné que, dans la tradition romaine, la charité était représentée par une femme qui allaitait). Force et charité seraient donc ce que Giorgione a mis en œuvre.
  2. Salvatore Settis quant à lui, considère le tableau comme la représentation d'Adam et Ève, après avoir été chassés du Paradis.
  3. Enfin, il y a aussi l'interprétation de Gustav Friedrich Hartlaub qui y retrouve l'illustration des quatre éléments : l'eau, la terre, le feu et l'air.

Personne ne connaît, à l'heure d'aujourd'hui, la signification réelle de ce tableau ; comme beaucoup de ses œuvres, Giorgione donne un sens caché à La Tempesta, difficile à trouver et à affirmer.

Œuvres qui lui sont attribuées[modifier | modifier le code]

En Italie[modifier | modifier le code]

  • Mosè bambino alla prova dei carboni ardenti, Florence, Galerie des Offices, huile sur toile, 89 cm × 72 cm, (1500-1501),
  • Giudizio di Salomone, Florence, Uffizi, huile sur toile, 89 cm × 72 cm (1500-1501),
  • David e Giuditta, Montagnana, Duomo, fresque (1501-1502),
  • Madonna col Bambino fra i santi Nicasio (ou Giorgio o Liberale e Francesco ou Pala Costanzo, Pala di Castelfranco), Duomo de Castelfranco Veneto, huile sur toile, 200 cm × 152 cm (1502),
  • La vecchia, Venise, Gallerie dell'Accademia, huile, 68 cm × 59 cm, (1506)
  • La tempesta, Venise, Gallerie dell'Accademia, huile, 83 cm × 73 cm, (1507 - 1508),
  • La Nuda, Venise, Gallerie dell'Accademia, fresque (1508),

En Europe[modifier | modifier le code]

Aux États-Unis[modifier | modifier le code]

  • Portait d'un gentilhomme vénitien, Washington, National Gallery of Art, huile sur toile, 76,2 x 63,5 cm, (v.1510), en collaboration avec Le Titien,
  • Sacra Famiglia (Benson), Washington, National Gallery of Art, huile sur toile, 37,3 × 45,5 cm, (1503-1504),
  • Adorazione dei pastori (Allendale), Washington, National Gallery of Art, huile sur toile, 91 cm × 111 cm, (1504-1505),
  • Giovani Borgherini col maestro-astrologo, Washington, National Gallery of Art, huile sur toile, 47 cm × 60,7 cm, (1505-1506),
  • Ritratto di gentiluomo (Terris), San Diego (Californie), San Diego Museum of Art (1508-1510).

Exposition du Museo Casa Giorgione[modifier | modifier le code]

À l'occasion du 500e anniversaire de la mort de Giorgione, se tient, du 12 décembre 2009 au 11 avril 2010, date anniversaire de sa mort, au Museo Casa Giorgione à Castelfranco Veneto, une exposition exceptionnelle[2] pour laquelle 46 musées du monde entier ont prêté des œuvres de celui qui fut l'élève de Giovanni Bellini et le maître du Titien : le Louvre, la National Gallery de Londres, le Musée de l'Ermitage de Saint-Pétersbourg, la Galerie des Offices de Florence, la Galleria dell'Accademia de Venise, dont le tableau « La Tempête. » Sont également présentées dans cette exposition des œuvres de peintres que Giorgione a connus : Giovanni Bellini, Dürer, Titien, Raphaël, Lorenzo Costa, Cima da Conegliano, Palma le Vieux, Le Pérugin

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Cf. Françoise Bardon, Le concert champêtre, Paris, 1995-1996, 2 vol. (ISBN 978-2-911105-05-0) et (ISBN 978-2-911105-01-2).
  2. Voir site officiel de l'exposition

Catalogues d'exposition[modifier | modifier le code]

  • 1966 : Dans la lumière de Vermeer, Paris, Musée de l'Orangerie, 24 septembre - 28 novembre 1966, (Le Concert champêtre, Paris, Musée du Louvre).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Frédérique Malaval, Les figures d'Eros et de Thanatos, Paris, L'Harmattan, 2003.
  • Patrick Boucheron, L'Entretemps. Conversations sur l'histoire, Paris, Verdier, 2012.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Giorgio Vasari le cite et décrit sa biographie dans Le Vite :
Page ?? - édition 1568
Le Vite - Giorgione.jpg

Liens externes[modifier | modifier le code]