Livre de Josué

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Josué
Image illustrative de l'article Livre de Josué
Prise de Jéricho (enluminure de Jean Fouquet)

Titre dans le Tanakh Sefer Y'hoshua
Auteur traditionnel Josué[1] ou Samuel[2]
Auteur(s) selon l'exégèse Plusieurs auteurs anonymes
Datation traditionnelle XVe-VIIe siècle av. J.-C.
Datation historique VIIe-IIe siècle av. J.-C.
Nombre de chapitres 22
Classification
Tanakh Nevi'im
Précédent Deutéronome Juges Suivant
Canon chrétien Livres historiques
Précédent Deutéronome Juges Suivant

Le livre de Josué (en hébreu ספר יהושע Sefer Y'hoshua) est le premier livre des Prophètes dans le Tanakh, la Bible hébraïque, et le sixième livre de l'Ancien Testament chrétien. Il fait suite au Pentateuque, qui se termine par la mort de Moïse aux portes du pays de Canaan. Le livre relate la conquête du pays promis sous la direction de Josué, et il porte son nom parce qu'il en est le personnage principal, et non l'auteur. Selon la tradition juive, il fut écrit par Jérémie, lequel puisa dans des documents anciens qui dateraient du Xe siècle av. J.-C..[réf. nécessaire]

Les chapitres 1 à 12 racontent l'invasion de Canaan. Y figurent notamment l'épisode des « Trompettes de Jéricho » et la bataille où Josué arrête le soleil et la lune (chap 10, 12-14)[N 1]. Les chapitres 13 à 24 montrent comment les tribus d'Israël se répartirent le pays et rapportent la recommandation finale de Josué. Le livre de Josué est un passage particulièrement violent de l'ancien testament. Le plus souvent la conquête des villes d'Israël (Jéricho, Macéna, Lebna, Lachis, Heglon, Hebron, Dabir...) est suivie de l'extermination méticuleuse de ses habitants[3] selon les ordres donnés par Yahweh.

Genèse et approche historique[modifier | modifier le code]

Genèse du livre de Josué[modifier | modifier le code]

La formation du livre de Josué peut se résumer de la manière suivante[4] :

  1. Première édition contenant principalement les chapitres 1-12 au VIIe siècle av. J.-C. sous Josias ;
  2. Ajout de rédactions deutéronomistes aux VIe siècle av. J.-C. et Ve siècle av. J.-C. ;
  3. Rédactions principalement sacerdotales aux Ve siècle av. J.-C. et IVe siècle av. J.-C. (chapitres 3-5, 20-22 et 24 ; éventuellement aussi le chapitre 2) ;
  4. Ajouts divers encore jusqu'au IIe siècle av. J.-C..

Historicité[modifier | modifier le code]

Depuis les fouilles de Jéricho dans les années 1950, il a été démontré qu'il est impossible de lire l'histoire de sa conquête (décrite au chapitre 6) comme un récit historique. En effet, la ville n'est pas fortifiée au moment où Josué est censé la conquérir en faisant s'abattre ses murailles. Cela vaut aussi pour la conquête de la ville d'AÏ, dont le nom signifie d'ailleurs « monceau de pierres » en hébreu[5].

Contrairement à ce qui est décrit dans le livre, l'archéologie montre une continuité de la « culture matérielle » aux alentours des XIIIe siècle av. J.-C.-XIIe siècle av. J.-C., prouvant ainsi que les mêmes peuples vivaient en terre de Canaan avant et après la période supposée de la conquête. Cela démontre que le futur Israël est issu en grande partie de la population cananéenne autochtone, et non d'un peuple conquérant venu d’Égypte[6].

Résumé[modifier | modifier le code]

Le livre commence par une brève introduction où Josué confirme son engagement face aux tribus d'Israël (chapitre 1).

Ensuite, Josué conquiert Jéricho, et Sichem, puis fait alliance avec les Gabaonites. Apprenant cette alliance, cinq rois amorites (des villes de Jérusalem, Lakish, Eglon, Hébron et Yarmouth) décident d'attaquer ensemble la ville de Gabaon pour la punir. Les troupes de Josué, liées aux Gabaonites par le traité de paix, mettent en déroute les armées amorites sur lesquelles Dieu fait tomber des grêlons. Puis le Soleil s'arrête sur l'ordre de Josué, qui peut ainsi les anéantir totalement. Les conquêtes se poursuivent vers le Sud puis vers le Nord (chapitres 2-12).

Ces conquêtes sont suivies par un partage du pays entre les divers tribus d'Israël (chapitre 13-22). Enfin, le livre s'achève sur le discours d'adieu de Josué au peuple et sa mort[7].

Opposition à l'héliocentrisme[modifier | modifier le code]

Pour contredire les astronomes Nicolas Copernic puis Galilée qui sont deux partisans de la théorie physique de l'héliocentrisme selon laquelle la Terre tourne autour du Soleil, leurs opposants se sont beaucoup appuyé[8] sur le passage du Livre de Josué où Dieu arrête la course du Soleil à la demande de Josué[9].

De Copernic, le pasteur protestant Luther dit qu'il est un sot[réf. nécessaire], avant que la Sainte Inquisition ne déclare sa thèse incompatible avec les Saintes Écritures. En conséquence, son ouvrage De revolutionibus Orbium Coelestium paru en 1543, est mis à l'Index à partir de 1616.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Les opposants à Galilée utilisent ce passage biblique comme argument théologique contre lui.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Selon le Talmud babylonien
  2. La Bible dévoilée, p. 29
  3. Livre de Josué chapitre 10
  4. Thomas Römer (éd.), Jean-Daniel Macchi (éd.) et Christophe Nihan (éd.), Introduction à l'Ancien Testament, Labor et Fides, 2009, p=338-339
  5. Thomas Römer (éd.), Jean-Daniel Macchi (éd.) et Christophe Nihan (éd.), Introduction à l'Ancien Testament, Labor et Fides, 2009, p=339
  6. Thomas Römer (éd.), Jean-Daniel Macchi (éd.) et Christophe Nihan (éd.), Introduction à l'Ancien Testament, Labor et Fides, 2009, p=340-341
  7. Thomas Römer (éd.), Jean-Daniel Macchi (éd.) et Christophe Nihan (éd.), Introduction à l'Ancien Testament, Labor et Fides, 2009, p=332-334
  8. Voir ce site par exemple
  9. Js 10,12-13

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]