Grande Assemblée

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La Grande Assemblée, Grande Synagogue ou Grand Synode (hébreu : כְּנֶסֶת הַגְּדוֹלָה Knesset HaGuedolah) est, selon la tradition juive rabbinique, une assemblée de Sages créée à l'époque d'Ezra le Scribe ; elle aurait assuré la direction spirituelle du peuple juif au retour d'exil de 410 à 310 avant l'ère commune, à une époque où la transmission de l'enseignement est essentiellement orale. Ils auraient fait évoluer radicalement la physionomie du judaïsme en le détachant du culte lié au temple et en érigeant l'étude comme mitzva suprême.

Au-delà de la tradition, sur un plan historique on ne sait rien de cette institution ni de la façon dont elle était constituée, pas plus qu'on ne peut en établir une chronologie.

Historicité[modifier | modifier le code]

Sur un plan historique, Mireille Hadas-Lebel souligne que, si la tradition attribue à cette « Grande Assemblée » un certain nombre d'actions comme la création de la prière, force est de constater qu'on ne sait rien de cette institution ni de la façon dont elle était constituée, probablement à l'époque ou le judaïsme est encore unifié, à une époque indéterminée[1].

Membres de la Grande Assemblée[modifier | modifier le code]

La Grande Assemblée compte, du moins à l'époque d'Ezra, entre 70 et 120 Sages, les Anshei Knesset HaGuedolah. Ceux-ci demeurent pour la plupart anonymes, mais selon la tradition, les derniers prophètes juifs, Aggée, Zacharie et Malachi, ainsi que Mardochée (l'un des héros du livre d'Esther), Néhémie et Josué le grand prêtre en ont fait partie.

Œuvre[modifier | modifier le code]

Les hommes de la Grande Assemblée eurent notamment pour tâche de déterminer parmi les nombreux écrits juifs, lesquels étaient, comme la Torah, de nature inspirée, et lesquels n'étaient dus qu'à la sagesse humaine, fixant ainsi le canon biblique du Tanakh en y incluant notamment les Nevi'im, le livre d'Ézéchiel. Ce canon n'était pas accepté par tous, notamment les premiers judéo-chrétiens, qui considéraient comme saints les livres dits deutérocanoniques.

Ils formalisèrent également la liturgie juive, composant selon la tradition les dix-huit bénédictions de la Shmona Essrei (prière centrale du judaïsme). Ils établirent aussi un rapport étroit entre les prières et le culte dans le Temple du temps ou il existait, visant à faire coïncider les offices de prière du matin et de l'après-midi avec les moments de l'offrande perpétuelle (korban tamid), et celle du soir avec le nettoyage des cendres de l'autel.

La fête de Pourim est également instituée par ces sages.

Postérité[modifier | modifier le code]

Occupant un rôle central dans la vie juive, la Grande Assemblée, assemblée anonyme, laisse peu à peu la place aux Zougot, un binôme de Sages constitué des président et vice-président du Sanhédrin. Selon la tradition, Shimon HaTzadik est l’un des derniers membres la Grande Assemblée et le maître du premier binôme.

Le concept de l'Assemblée a été repris dans l'actuel état d'Israël, où les décisions sont débattues par une assemblée de 120 parlementaires, la Knesset. Toutefois, à la différence de la Knesset Haguedolah, ces membres sont pour la plupart issus du milieu non-religieux.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Mireille-Hadas Lebel, Le contexte historique des débuts du Talmud : Le conflit entre pharisiens et saducéens, conférence pour Akadem, campus numérique juif, 28/05/2007, conférence en ligne

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]