Sandro Botticelli

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Sandro Botticelli

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Autoportrait de Botticelli, publié vers 1475

Nom de naissance Alessandro di Mariano di Vanni Filipepi
Naissance entre le 1er mars 1444 et le 1er mars 1445
à Florence
Décès 17 mai 1510 (à 64 ou 65 ans)
à Florence
Activités Artiste peintre
Formation Peinture
Maîtres Fra Filippo Lippi
Élèves Filippino Lippi
Mouvement artistique Première Renaissance
Mécènes Laurent de Médicis, Sixte IV, Laurent II de Médicis

Œuvres réputées

Compléments

Le Retour de Judith à Béthulie, reprise du thème biblique et hébraïque.

Alessandro di Mariano di Vanni Filipepi, dit Sandro Botticelli, est un peintre italien né à Florence à une date située entre le 1er mars 1444 et le 1er mars 1445[1],[2] et mort le 17 mai 1510, à Florence. Botticelli est l'un des peintres les plus importants de la Renaissance italienne et de l'histoire de l'art.

Biographie[modifier | modifier le code]

Alessandro Filipepi, qui sera plus tard surnommé Sandro Botticelli, naît dans le quartier Borgo Ognissanti, à Florence, en Toscane, cadet de quatre frères. Il grandit dans une famille modeste, son père Mariano Filipepi est tanneur, son atelier est situé dans le quartier voisin de Santo Spirito. Botticelli est un surnom, venant du mot « botticello » qui signifie « petit tonneau » ; le surnom vraisemblablement donné à son frère aîné Giovanni, passa rapidement au cadet[3].

Son frère Antonio, orfèvre de profession, lui prodigue son premier enseignement artistique[4].

Botticelli entre à l'âge de vingt ans dans l'atelier de Fra Filippo Lippi (entre 1464 et 1467), moine et peintre de Florence, auteur de peintures religieuses. Il y travaille avec les peintres Antonio del Pollaiuolo et Andrea del Verrocchio quand son maître part pour Spolète. Cet apprentissage de l’orfèvrerie, de la gravure et de la ciselure influence la ligne de son dessin. Botticelli travaille beaucoup avec les artisans et notamment avec son frère Antonio, orfèvre avec qui il partage son atelier.

Il reçoit sa première commande publique en 1470 quand il ouvre son propre atelier. Il s'agit d'une allégorie pour le Tribunal de Commerce de Florence qui doit représenter la Force, panneau qui doit s'insérer dans une commande passée à Piero Pollaiuolo qui devait livrer les six autres vertus catholiques mais qui fut révoqué pour n'avoir pu les livrer à temps[5].

Il compose en 1472 le diptyque des Épisodes de la vie de Judith (1472), avec La Découverte du cadavre d'Holopherne dans le style du Pollaiolo, et Le Retour de Judith à Béthulie, avec la sensibilité de Fra Filippo.

Devenu l'ami des philosophes néoplatoniciens, en accueillant pleinement leurs idées, il réussit à rendre visible cette beauté qu'ils théorisent, en y rajoutant son interprétation personnelle du caractère mélancolique et contemplatif, qui le distingue des autres artistes de son temps comme le Martyre de Saint Sébastien de 1473, en une version totalement différente de celle du Pollaiolo.

Botticelli fréquente le cercle de la famille Médicis, notamment les humanistes comme Ange Politien ou Pic de la Mirandole, ce qui lui offre protection et garantie de nombreuses commandes, comme L'Adoration des mages (celle de 1475), peinte pour la chapelle funéraire de Gaspare Zanobi del Lama de Santa Maria Novella, une œuvre importante dans laquelle il dépeint un cortège dans lequel il représente les membres de la famille Médicis.

De cette même période date (1474-1475) une œuvre composée avec les mêmes principes qui révèle également l'influence flamande dans le Portrait d'un jeune homme portant le sceau de Cosme l'Ancien et plus tard en 1478, le célèbre Portrait de Julien de Médicis.

À partir de 1481, Botticelli est appelé à Rome par le pape Sixte IV pour décorer la chapelle Sixtine accompagné par Cosimo Rosselli, Domenico Ghirlandaio et Le Pérugin pour illustrer les vies de Jésus et Moïse sur les murs latéraux de la chapelle. La rivalité qui existe entre le pape, un Della Rovere et les Médicis, ses mécènes, fait que son talent n'est pas reconnu.

Il réalise trois grandes fresques[6] Les Épreuves de Moïse, La Tentation du Christ et La Punition des Rebelles Lévites.

Il revient à Florence, mécontent de l'accueil réservé à ses fresques, et décide de ne plus jamais quitter sa ville natale. Aussitôt rentré, il peint pour la villa Medicea di Castello de Laurent de Pierre-François de Médicis, cousin de Laurent le Magnifique, Le Printemps en 1482[7] et la Naissance de Vénus vers 1485, ses deux œuvres les plus connues[8].

En 1497, le moine Savonarole et ses disciples élèvent le bûcher des Vanités. Des jeunes garçons sont envoyés de porte en porte pour collecter tous les objets liés à la corruption spirituelle : les miroirs et cosmétiques, les images licencieuses, les livres non religieux, les jeux, les robes les plus splendides, les nus peints sur les couvercles des cassoni, les livres de poètes jugés immoraux, comme les livres de Boccace et de Pétrarque. Ces objets sont brûlés sur un vaste bûcher de la Piazza della Signoria. Des chefs-d’œuvre de l’art florentin de la Renaissance ont ainsi disparu dans le bûcher, y compris des peintures de Sandro Botticelli, que l’artiste avait lui-même été contraint d'apporter.

Il eut comme élève Filippino Lippi, le fils de son maître, Fra Filippo Lippi.

Il meurt en 1510 dans la maison de la Via della Porcellenna où il a travaillé toute sa vie. Son tombeau est situé dans l'église Ognissanti.

Controverse concernant sa foi[modifier | modifier le code]

Le peintre avait une grande prédilection pour les portraits, en particulier féminins, qu'ils soient de son époque ou tirés de la mythologie gréco-romaine.

Il est présent à Florence pendant que Savonarole la transforme en théocratie (1497). Il porte lui-même quelques-uns de ses nus féminins au bûcher des vanités. On peut penser que cet acte est plus ou moins forcé. Selon Sophie Chauveau, Botticelli a été obligé de brûler quelques-unes de ses œuvres, ce qui l’a attristé[9]. Toutefois, après avoir rencontré Savonarole, Botticelli ne peignit plus de nus féminins[10].

Connaissances probables de Sandro Botticelli[modifier | modifier le code]

Œuvres[modifier | modifier le code]

Le premier nu peint par Botticelli est masculin. Il s'agit du corps nu du général assyrien Holopherne décapité, découvert par ses aides de camp, deuxième panneau d'un diptyque dont le panneau gauche montre le retour de Judith suivie de sa servante portant la tête du général dans un panier. Le second nu du même peintre, masculin également, est un Saint Sébastien percé de flèches, montré en pied lié à une colonne, et auquel, pour la première fois, Botticelli fait observer une double arabesque. Dans ces deux œuvres, le sexe du personnage est dissimulé sous des voiles opportuns. Dans "La Naissance de Vénus", panneau peint une dizaine d'années plus tard, la déesse est représentée nue de face, en pied, grandeur nature. Commandé par Lorenzo di Pierfrancesco, parent de Laurent de Médicis, comme pendant du "Triomphe du Printemps" (dont le Magnifique, son tuteur, lui avait fait cadeau), ce tableau était destiné à décorer sa villa de Castello, proche de Florence. Seuls pouvaient l'admirer les amis de son propriétaire, des néoplatoniciens amateurs de mythologie gréco-romaine et souvent collectionneurs de statues antiques, que la nudité ne pouvait choquer.

Botticelli représente dans cette œuvre une Vénus pudique, dont l'attitude est vraisemblablement inspirée par un bas-relief romain. Il montre la déesse sous les traits de Simonetta Vespucci, en dépit du fait que cette jeune femme était morte depuis au moins huit ans quand il a peint d'elle ce portrait idéalisé et très stylisé ! Déesse de la beauté et de l'amour, la Vénus nue de Botticelli est au contraire très chaste, se couvrant d'une main la poitrine, dissimulant de l'autre son pubis derrière une mèche de sa longue chevelure flottant au vent. En outre, le peintre a estompé la pointe des seins et le nombril de sa Vénus, et il lui a donné de plus un regard rêveur qui supprime toute équivoque de l'esprit du spectateur. Loin d'avoir voulu peindre une Venus Erotica, Botticelli a peint la Venus Humanitas des platoniciens, pour lesquels la contemplation de la beauté donnait aux hommes une image de la perfection divine. Une copie du personnage central de la Naissance de Vénus a été réalisé se découpant sur un fond brun par l'atelier de Botticelli, modèle dont devait s'inspirer ultérieurement Lorenzo di Credi pour peindre sa propre Vénus.

Botticelli peignit un dernier nu féminin environ vingt ans plus tard, la Vérité de sa Calomnie d'Apelle, pour laquelle il reprit la silhouette de Simonetta Vespucci telle qu'il l'avait représentée dans sa Naissance de Vénus, le corps observant la même double arabesque, une main levée pour indiquer le ciel, l'autre main dissimulant pudiquement son sexe.

Allégories[modifier | modifier le code]

  • Ce peintre est connu pour ses allégories. Son étude de l'Antiquité gréco-romaine fait partie de ses humanités (apprentissage). Peintre intellectuel dont le public est composé des courtisans d'un haut niveau de culture, autant que richissimes, il peint de nombreux tableaux sur le mode de la référence à la mythographie hellénique pour en tirer des allusions fines destinées à ses amateurs.
  • La Calomnie d'Apelle constitue un emblème de ce type de travaux.
  • Son thème général de travail est la représentation de la femme, sur laquelle il porte un regard nouveau, tout en la magnifiant et la rendant sublime : ses contemporains artistes n'ont jamais pu égaler une telle splendeur dans la finesse des traits et la représentation charnelle.

Thèmes religieux[modifier | modifier le code]

Dans ses thèmes religieux signalons celui de ses sept œuvres sur le thème de l'Annonciation, celui de la Vierge à l'Enfant (la célèbre Madone du Magnificat).

Peintures[modifier | modifier le code]

Fresques[modifier | modifier le code]

Le Châtiment de Coré, fresque murale de la Chapelle Sixtine (avant restauration).
Le Châtiment de Coré, détail (scène de gauche).

Chapelle Sixtine[modifier | modifier le code]

Botticelli est appelé à Rome en 1481 par le pape Sixte IV pour exécuter trois fresques : le Châtiment de Coré, de Datan et Abiram (ou Punition des Rebelles), Les Épreuves de Moïse et La Tentation de Jésus.

  • Le Châtiment de Coré, de Datan et Abiram, ou Soulèvement contre la loi de Moïse ou encore La Punition des Rebelles, dernière fresque peinte par Botticelli à Rome : La fresque comprend trois scènes où Moïse apparaît représenté en vieillard à longue barbe blanche revêtu d’un manteau vert-olive recouvrant une tunique jaune :
    • à droite, les juifs se révoltent contre Moïse et menacent de le lapider, mais Josué se place devant lui pour le protéger ; les deux personnages représentés derrière Moïse sont le cardinal Alexandre Farnèse, futur pape Paul III, et Giulio Pomponio Leto.
    • au centre, les fils d’Aaron, et des Lévites qui ont pratiqué un encensement interdit s’effondrent, face au grand-prêtre Aaron, portant la tiare et une tunique bleues.
    • à gauche, les meneurs subissent la punition divine : la terre s'entrouvre sous leurs pieds ; au-dessus, les deux fils innocents de Coré sont épargnés et portés par un nuage ; en arrière-plan, l’homme en noir est un autoportrait de Botticelli.

Autres fresques[modifier | modifier le code]

  • Villa Tornabuoni Lemmi di Careggi : La fresque Vénus et les Grâces offrant des présents à une jeune fille ; celle-ci serait Matteo di Andrea Albizzi, qui a épousé Niccolo Tornabuoni en 1484. La seconde fresque, également sauvée sur les trois, représente Lorenzo reçu par le cortège des Arts Libéraux (conservées aujourd'hui au musée du Louvre).
Frontispice des Vies de Vasari.

Enluminure[modifier | modifier le code]

Illustration (par 92 dessins de 47 cm × 32 cm) d'un manuscrit de la Divine Comédie de Dante[12] commandé par Lorenzo di Pierfrancesco de Médicis, un des cousins de Laurent de Médicis (pointe de métal sur parchemin, repris à l'encre et mis partiellement en couleurs). Une partie de ces illustrations a appartenu à la reine Christine de Suède et se trouve actuellement au Vatican, l'autre partie est parvenue au Cabinet Royal des Dessins et Estampes de Berlin.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Barbara Deimling (directeur de la Syracuse University à Florence), Sandro Botticelli, 1444/45-1510, Taschen, 2000, (ISBN 3 8228 5992 3)
  2. L'année commençant à Florence dans cette période en mars.
  3. Pierre de Matino, Encyclopédie de l'art, peinture, sculpture, architecture : Haute Renaissance, Lidis, 1973, p. 228
  4. a contrario du texte des Vies de Vasari qui attribuerait cet apprentissage à un certain maestro Botticello, mais rien ne confirme cette hypothèse.
  5. Aubert, Grégory, Balandier : Encyclopaedia universalis: Volume 20, 1975 - books.google.fr, p. 1534,
  6. page descriptive de la Fondation Berger
  7. inventaire de Vasari vue en 1550
  8. Conservées aux Offices
  9. Le Rêve Botticelli
  10. Michael Baum, Savonarole, le prophète maudit (ZdF, 2006, 52 min)
  11. Fichier image
  12. La Divine Comédie de Dante illustrée par Botticelli, Éditions Diane de Selliers, 1996 (ISBN 2903656177)

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Marcel Brion, Botticelli, Crès, 1932
  • Sophie Chauveau, Le Rêve Botticelli, Édition SW-Télémaque, 2005 ; Édition poche Folio Gallimard, 2007
  • Christian Jamet, Botticelli, le sacré et le profane, Éditions Hersher, 1996
  • Giorgio Vasari le cite et écrit sa biographie dans Le Vite : p. 491-496 - édition 1568
  • Christina Acidini, Botticelli poète du détail, Flammarion, 2010 (ISBN 978-2081241428)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]