Sâlih

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Sâlih ou Çâlih (صالح [āli]) est le prophète arabe de la tribu des Thamûd, ainsi que rencontré dans le Coran. Il est identifié par certains au personnage de Shélah dans la Bible.

Sommaire

L'histoire de Sâlih [modifier]

Sâlih était un descendant de Noé après huit ou neuf générations. Thamûd est un de ses ascendants donnant son nom à la tribu. Les Thamûd que Sâlih devait convertir étaient les successeurs des `Ad (en) que le prophète Hûd avait tenté de convertir. Comme les `Ad et comme les Nabatéens de Pétra ils ont des habitations et des tombeaux troglodytes. Le pays des Thamûd semble situé plus au sud vers le golfe d’Aqaba et le Sinaï bien que Tabarî écrive « ils s’étaient creusé des maisons dans le roc dans les montagnes de Syrie[1]. » Comme les `Ad c’est un tremblement de terre qui les détruisit.

« Aux Thamûd, nous avons envoyé leur frère Sâlih. Il dit : “Ô mon peuple ! Adorez Dieu ! Il n’y a de Dieu que lui. Il vous est advenu une preuve : la chamelle de Dieu, comme signe pour vous. Laissez-la paître la terre de Dieu, ne l’effleurez d’aucun mal. Sans quoi vous saisirait un douloureux châtiment.” »

— Le Coran, « El-Araf », VII, 73, (ar) الأعراف.

Le Coran cite Sâlih[2] et l’évoque seulement dans d'autres passages[3]. Le Coran n’explique pas ce qu’est cette femelle de chameau miraculeuse. Tabarî vient compléter cette description. Les thamûdites demandèrent à Sâlih de faire un miracle : ils voulaient que du rocher naisse une chamelle rousse et son petit de la même couleur et que tous deux aillent se désaltérer à la source.

« Sâlih leur dit : “Cela est facile à Dieu.” Il se mit en prière, le rocher mugit et se fendit par l’ordre de Dieu. Il en sortit une femelle de chameau au poil rouge avec son petit qui courait auprès d’elle[1] »

Le reste de l'histoire telle qu’elle est racontée en détail par Tabarî se trouve résumée dans le Coran[4]. Malgré le miracle, les thamûdites ne sont pas convaincus. Sâlih n’est qu’un magicien. De plus la chamelle et son petit ont bu toute l’eau du puits si bien que ce jour là il ne reste plus d’eau pour eux et leurs familles. On convint donc que l’eau serait un jour sur deux pour la chamelle et l’autre pour les thamûdites. Cela a duré trente ans. La prophétie de Sâlih disait que celui qui tuerait la chamelle serait un enfant roux aux yeux bleus. Pendant trente ans on a tué tous les enfants mâles roux et aux yeux bleus pour empêcher que la prophétie ne se réalise. À la fin les thamûdites pensèrent que la prophétie de Sâlih était fausse et n'avait eu comme résultat que de leur faire tuer leurs propres enfants. Un enfant roux aux yeux bleus fut épargné. Des thamûdites essayèrent de tuer Sâlih et ce sont eux qui moururent écrasés par un rocher. Ils n’osaient toujours pas s’attaquer à la chamelle, c’est l'enfant roux qui le fit et la tua en lui coupant les jarrets. Quatre jours plus tard le châtiment arriva[1].

Certains ont essayé de retrouver un équivalent du prophète Sâlih, et de Hûd envoyé au peuple de `Ad dans la Bible. Or, il s'agit bien de prophètes arabes, envoyés chez deux branches des arabes anciens, cela selon les sources islamiques anciennes. Le Coran évoque comment les `Ad et les Thamûd ont été anéantis. Il décrit comme un petit groupe des Thamûd a été épargné avec Sâlih. Or, un autre passage précise que les Thamûd ont finalement été complètement détruits... Ce peuple mystérieux a manifestement vécu un peu partout dans la péninsule arabique et jusqu'à Irem et en Nubie. La dernière trace de leur existence figure dans des écrits décrivant la destruction d'un peuple de nomades voyageant sur des chameaux qui sont nommés Thamudaï[5]. Néanmoins, les vestiges de la ville où habitaient les Thamûd, appelée Médâin Sâlih (les villes de Sâlih) subsistent encore à l'heure actuelle au Nord-Ouest de l'Arabie Saoudite (Hégra) et continuent d'abriter les monuments et les tombes de cette cité dont la dernière expédition connue date de 2004[6]. Le site n'a cessé de fasciner les scientifiques et les archélogues, il a d'ailleurs été classé le 19 mars 2009 patrimoine mondial de l'Unesco[7].

Notes et références [modifier]

  1. a, b et c Tabari, op. cit., vol. I, « De la création à David / Histoire du prophète Çâli`h et des hommes qui étaient avec lui », p. 119-124 
  2. Le Coran, « El-Araf », VII, 73-79, (ar) الأعراف, « Houd », XI, 61-68; 89, « Les Poètes », XXVI, 141-158, « La Fourmi », XXVII, 45-53
  3. Le Coran, « Le Soleil », XCI, 11-15, (ar) الشمس, « Kaf », L, 12-14
  4. Le Coran, « Les Poètes », XXVI, 141-158, (ar) الشعراء
  5. Philip Hatti, Histoire de l'Islam [réf. incomplète]
  6. Sciences & Vie n°1040, mai 2004
  7. http://whc.unesco.org/fr/actualites/495

Annexes [modifier]

Liens internes [modifier]

Bibliographie [modifier]

  • Tabari (trad. Hermann Zotenberg), La Chronique, Histoire des rois et des prophètes (2 volumes), vol. I, Actes-Sud/Sinbad, coll. « Thésaurus », 2001 (ISBN 978-2742-73317-0)