Musée du Prado

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Musée du Prado
Image illustrative de l'article Musée du Prado
Informations géographiques
Pays Drapeau de l'Espagne Espagne
Ville Madrid
Adresse Calle Ruiz de Alarcón, 23
28014 Madrid
Coordonnées 40° 24′ 50″ N 3° 41′ 32″ O / 40.41378, -3.692340° 24′ 50″ Nord 3° 41′ 32″ Ouest / 40.41378, -3.6923  
Informations générales
Date d’inauguration 19 novembre 1819
Collections Peinture espagnole (XIIe ‑ XIXe siècle)
Peinture italienne (XVe ‑ XVIIIe siècle)
Peinture flamande (XVe ‑ XVIIe siècle)
Peinture française (XVIIe siècle)
Peinture allemande (XVIe ‑ XVIIIe siècle)
Sculpture
Arts décoratifs
Dessins et estampes
Superficie 41 995 m2
Informations visiteurs
Nb. de visiteurs/an 2 652 924 (2007)
2 911 000 (2011)[1]
Site web www.museodelprado.es/

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Musée du Prado

Le musée du Prado (en espagnol : Museo Nacional del Prado) à Madrid (Espagne) est l'une des plus grandes et importantes pinacothèques du monde. Il présente principalement des peintures européennes (flamandes, espagnoles, françaises, italiennes et allemandes) du XIVe siècle au début du XIXe, collectionnées par les Habsbourg et les Bourbons.

Les œuvres des peintres Diego Vélasquez, Francisco Goya, et Jérôme Bosch sont les plus célèbres et les plus nombreuses mais il y a aussi celles du Greco, de Pierre Paul Rubens, Raphaël, Titien, Antonio Moro, Tintoretto, Bartolomé Esteban Murillo, Francisco de Zurbarán, José de Ribera, ainsi que des tableaux de Botticelli, Le Caravage, Albrecht Dürer, Andrea Mantegna, Rembrandt, Nicolas Poussin, Claude Gellée, Véronèse, etc.

Le musée détient aussi des collections de dessins et d'estampes (quelque 6 400 dessins et 3 000 estampes), un fonds d'un millier de sculptures (dont une importante collection de sculptures gréco-romaines) et un grand nombre d'objets décoratifs et de documents historiques. Après les travaux d'agrandissement dirigés par Rafael Moneo, il expose en permanence une collection de 1 300 œuvres dans son siège, plus 3000 qui ont été prêtées pour être exposées dans d'autres galeries et institutions officielles.

Histoire[modifier | modifier le code]

L'édifice central qui sert aujourd'hui de siège du musée national du Prado fut construit à l'initiative de José Moñino y Redondo, comte de Floridablanca et ministre principal de Charles III. Il fut dessiné par l'architecte Juan de Villanueva en 1785 comme Cabinet de Sciences Naturelles. À cause des événements de l'histoire, la construction ne fut toutefois achevée que sous Ferdinand VII (petit-fils de Charles III). Poussé par son épouse, la reine Marie Isabelle de Bragança, le roi prit la décision de destiner cet édifice à la création d'un musée royal de peintures et de sculptures. De style néoclassique, le musée se nourrit dans un premier temps des collections royales, d'où sa première dénomination de musée royal. Il fut bientôt renommé « Musée national de peinture et de sculpture » et, par la suite, « musée national du Prado ». Le musée ouvrit pour la première fois au public en 1819, et le premier catalogue se composait de 311 peintures, même si le musée gardait déjà 1 510 œuvres originaires des collections royales. En 1868, après la chute de la reine Isabelle II d'Espagne, les œuvres d'art de la monarchie sont devenues patrimoine de la nation espagnole.

En plus des collections royales, le musée reçut de nombreuses œuvres d'art par suite du désamortissement de 1836 qui obligea l'Église à vendre une grande part de ses possessions. Par ailleurs, le musée reçut des dons très importants de collectionneurs privés. Parmi eux, il y a ceux de Francesc Cambó, de Pablo Bosch et de Ramón d'Errazu, ainsi que les œuvres apportées par la Fundación Amigos del Museo del Prado (es) (fondation des amis du musée).

Principales œuvres exposées[modifier | modifier le code]

Peinture espagnole[modifier | modifier le code]

Le musée possède la plus grande collection au monde de peintures espagnoles. Elle comprend des œuvres qui s'étendent de l'art roman du XIIe jusqu'à la fin du XIXe siècle. La collection de peintures gothiques présente des auteurs anonymes mais aussi des toiles de Bartolomé Bermejo, Juan de Flandes, Fernando Gallego et Berruguete ; la renaissance espagnole est notamment représentée par Pedro Machuca, Juan de Juanes, Fernando Yáñez de la Almedina ou Juan Correa de Vivar. Elle comprend également la plus importante collection d'œuvres du Greco. La plupart des artistes de la période la plus brillante de la peinture espagnole, l'époque baroque, sont représentés, parmi lesquels Zurbarán, Ribera, Murillo, Juan de Valdés Leal, Juan Bautista Maino, Alonso Cano, Carreño, José Antolínez, Antonio de Pereda, Francisco Ricci, Herrera el Mozo, et, pour couronner l'ensemble, les principaux chefs-d'œuvre de Velázquez. Pour le XVIIIe siècle, les œuvres de Goya couvrent toutes les périodes et facettes de son art, qu'il s'agisse de dessins et croquis ou de peintures, avec notamment les Dos de Mayo et Tres de Mayo, La Maja nue et La Maja vêtue et les fameuses Peintures noires. On peut aussi admirer des œuvres de Luis Meléndez et de Luis Paret, célèbre représentant de l'art rococo. Le musée travaille également depuis longtemps à la mise en valeur de la peinture espagnole du XIXes siècle, postérieure à Goya. Le fonds comprend près de 3 700 œuvres de cette époque, soit presque la moitié des peintures du musée. Cet effort s'est traduit par l'ouverture en octobre 2009 de douze nouvelles salles qui présentent 176 pièces montrées pour la première fois depuis 1896.

Peinture italienne[modifier | modifier le code]

La collection de peinture italienne est la seconde collection du musée, même si elle est relativement pauvre en œuvres antérieures au XVIe siècle. Les œuvres du Trecento sont peu nombreuses et circonscrites à des auteurs mineurs, comme Giovanni del Ponte. La peinture du Quattrocento ne présente également qu'un panorama limité, mais comprend quelques chefs-d'œuvre tels que le Retable de l'Annonciation de Fra Angelico, La Mort de la Vierge de Mantegna, les Historias de Nastagio degli Onesti de Botticelli ou le magnifique Le Christ mort soutenu par un ange de Antonello da Messina.

Noli me tangere du Corrège (c. 1525)..

Mais c'est à partir du XVIe siècle que la collection italienne du Prado prend toute sa dimension avec neuf œuvres majeures de Raphaël (dont La Vierge à la rose, Portrait d'un cardinal ou Lo Pasmo di Sicilia). Parmi les autres grands noms de la renaissance italienne, on trouve Sebastiano del Piombo, Le Corrège, Andrea del Sarto et Federico Barocci, auteur situé à la transition du maniérisme, lui-même bien représenté par des œuvres de Parmigianino, Bronzino ou Francesco Salviati. La peinture vénitienne du XVIe siècle mérite une mention particulière, avec un fonds qui en fait la première collection hors de l'Italie. L'artiste principal de l'école vénitienne, Le Titien, était le peintre favori de Charles Quint et de Philippe II d'Espagne pour lesquels il a réalisé certaines de ses œuvres majeures, comme le Charles Quint à la bataille de Mühlberg ou la Danaé. Le Tintoret, Paul Véronèse, les Bassano, et quelques précurseurs comme Vincenzo Catena sont également représentés.

La peinture baroque italienne est certainement l'un des principaux centres d'intérêt des collections du Prado par la variété des artistes et la qualité des œuvres qui peuvent être admirées. Les deux grandes tendances picturales de l'époque, le ténébrisme et le classicisme bolognais, sont représentées. Pour la première, la collection offre une palette complète depuis Le Caravage (David et Goliath) jusqu'à ses successeurs, comme Orazio Gentileschi (Moïse sauvé des eaux), sa fille Artemisia Gentileschi, Giovanni Battista Caracciolo ou Bernardo Cavallino. Les œuvres du classicisme bolonais sont également très fournies, avec des œuvres de Annibale Carracci (Vénus et Adonis, L'Assomption de Marie), Domenico Zampieri, Guido Reni (Hippomène et Atalante), Guercino, ou Giovanni Lanfranco. On trouve aussi des représentants de l'école baroque décorative avec Pietro da Cortona et Luca Giordano, qui a travaillé en Espagne pour le roi Charles II d'Espagne. À ces grands noms du baroque, il faut ajouter des auteurs moins connus, comme Francesco Furini, Salvatore Rosa, Orazio Borgianni, Mattia Preti ou Alessandro Magnasco. La figure de Giovanni Battista Tiepolo clôt ce survol de la collection italienne du Prado, aux côtés d'autres artistes venus en Espagne pour décorer le palais royal de Madrid, comme son fils Giandomenico Tiepolo et Corrado Giaquinto.

Peintures flamande et hollandaise[modifier | modifier le code]

Artémise de Rembrandt (1634).

La collection de peintures flamandes figure également parmi les toutes premières d'Europe, depuis les primitifs flamands, avec des œuvres de Robert Campin (trois pièces parmi la vingtaine qui lui est attribuée), Rogier Van der Weyden (La Descente de Croix), Dieric Bouts, Petrus Christus ou Hans Memling, jusqu'à la plus remarquable collection de tableaux de Jérôme Bosch. Les œuvres de Patinir, Mabuse, Jan van Scorel, Pieter Brueghel l'Ancien (en particulier Le Triomphe de la Mort), Quentin Metsys et Pieter Coecke sont également de tout premier plan. La peinture flamande du XVIIe siècle est également particulièrement bien représentée avec une collection considérable de peintures de Rubens, plus de 25 tableaux de van Dyck, plusieurs de Jacob Jordaens (en particulier l'Autoportait avec sa famille) et la série des Allégories des cinq sens réalisée par Jan Brueghel l'Ancien (Brueghel de Velours) et Pierre Paul Rubens. La peinture hollandaise occupe une place plus modeste avec une centaine de pièces, toutes du XVIIe siècle, dont une œuvre majeure de Rembrandt (Artémise). Le fonds comprend toutefois également des pièces de Gabriel Metsu, Willem Claeszoon Heda, Adriaen van Ostade, Mathias Stomer, Jacob van Ruisdael et Philips Wouwerman.

Peinture française[modifier | modifier le code]

La collection de peintures françaises comprend principalement des œuvres des XVIIe et XVIIIe siècles avec des pièces majeures de Poussin, comme Le Triomphe de David et Le Parnasse, ou de Claude Gellée et deux tableaux de Simon Vouet. Le ténèbrisme est également représenté avec Georges de La Tour et Valentin de Boulogne. Des portraitistes de la cour d'Espagne, comme Jean Ranc et Van Loo, ou Hyacinthe Rigaud et Antoine-François Callet côtoient aussi des maîtres du rococo comme Watteau, Boucher et Hubert Robert. Le musée présente enfin quelques peintres du XIXe siècle, tels que Ernest Meissonier et Paul Baudry.

Peinture allemande[modifier | modifier le code]

La collection de peintures allemandes est réduite mais de grande qualité. Elle comprend en premier lieu un ensemble de quatre œuvres majeures de Albrecht Dürer, dont son Autoportrait de 1498. Parmi les autres œuvres, on trouve notamment une Vierge à l'enfant de Lucas Cranach l'Ancien, deux allégories de Hans Baldung, une petite peinture de Adam Elsheimer et, pour le XVIIIe siècle, un ensemble de portraits et dessins de Raphaël Mengs.

Peinture anglaise[modifier | modifier le code]

Une petite collection de peintures anglaises est également présentée avec des œuvres de Thomas Gainsborough, Joshua Reynolds, Thomas Lawrence, David Roberts ou Lawrence Alma-Tadema. La plupart ont été acquises par le musée au cours des années 1950.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (es) « El Museo del Prado en cifras. Ejercicio 2011 », Museo Nacional del Prado,‎ 2-1-2012 (consulté le 2-1-2012)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Article connexe[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]