Vocation

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Au sens étymologique, la vocation est un appel (latin vocare, appeler). Il a longtemps désigné l'appel à s'engager dans une vie religieuse (prêtrise, vie monacale, etc.). Le concept s'enracine dans la Bible et est corrélatif au thème de l'écoute. Aujourd'hui ce mot est utilisé dans un sens plus large pour désigner l'appel que peuvent ressentir des personnes à une mission particulière : humanitaire, professionnelle, scientifique, etc.

Au pluriel, ce mot désigne le nombre de prétendants à la vie religieuse, et notamment à la prêtrise.

Vocations religieuses[modifier | modifier le code]

Pour le christianisme[modifier | modifier le code]

Les Églises chrétiennes ont toujours fait appel aux vocations pour assurer la diffusion de la Parole de Dieu (contenue dans la Bible et les évangiles) : pasteurs, diacres, prêtres, évêques, religieuses, etc.

La vocation est comprise comme un appel divin : Dieu suscite lui-même les vocations à travers les prières des fidèles. À ce titre, la vocation se rapproche d'une expérience spirituelle, et peut se rattacher à un éveil spirituel. En particulier, l'adoration perpétuelle est conçue comme un moyen de susciter les vocations.

Le mariage, la famille et le baptême sont aussi appelées des vocations.

Dans la foi chrétienne, la vocation est un appel envoyé par Dieu au croyant. Celui-ci peut faire le choix de se conformer à cet appel ou non.

Situation contemporaine en Europe[modifier | modifier le code]

Depuis la deuxième moitié du XXe siècle, le nombre de vocations en Europe a chuté, entraînant un vieillissement de la population des pasteurs de ces Églises et des difficultés pour assurer les services traditionnels : célébrations, baptêmes, catéchisme, etc. Les Églises issues de la Réforme (protestantisme) en Europe sont aussi touchées.

Sur les autres continents[modifier | modifier le code]

Les Églises réformées semblent toujours dynamiques, aux États-Unis, et sur les continents "neufs".

Le cas du catholicisme[modifier | modifier le code]

Le caractère centralisé et antique de l'Église catholique favorise une vision plus précise sur les vocations en tant que phénomène culturel.

Il y a un impact de l'évolution démographique mondiale, avec une plus forte croissance dans les pays du Tiers monde.

Si le nombre de prêtres a effectivement fortement baissé en Europe, le nombre de diacres permanents a, lui, très fortement augmenté.

Statistiques mondiales[modifier | modifier le code]

Selon les statistiques publiées par le Vatican[1], le nombre de séminaristes dans le monde a augmenté de 79,96 % entre 1978 et 2004 et atteint le chiffre d'environ 116 000 en 2009. Cette augmentation est essentiellement due aux continents africain, américain, et asiatique. L'Afrique est le continent le plus dynamique sur le plan des vocations (+6 % de séminaristes en 2004). En Europe, le nombre de séminaristes a diminué entre 1978 et 2004 de 2,15 %.

Ce chiffre est à rapprocher de l'augmentation du nombre de catholiques (+ 45 % dans le monde toujours due aux mêmes continents), parallèle à l'augmentation de la population mondiale sur la même période.

Pendant la même période, le nombre de diacres permanents dans le monde est passé de 5500 à 32000.

Entre 2000 et 2008, le nombre d'étudiants et de séminaristes, diocésains comme religieux, dans le monde est passé de 110 583 à 117 024, soit une augmentation de 5,8 %[2].

Crise de transmission en Europe[modifier | modifier le code]

Selon le service national des vocations de l'Église catholique en France[3], la crise des vocations, dont on a vu qu'elle concerne surtout l'Europe, a été renforcée par une rupture de transmission qui serait due à l'infidélité d'une génération qui n'aurait pas transmis ses valeurs et sa foi à la génération suivante. Le développement de la scolarisation et des études aurait entraîné une disqualification de l'expérience des anciens. Cette crise de transmission se traduit par une perte des points de repère éthiques, philosophiques, politiques et religieux, et par une perte de confiance dans les institutions et leurs représentants. Par conséquent, la crise des vocations dans les pays européens dépasse largement le cadre strictement religieux pour être une crise plus générale de transmission de valeurs.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • art. «Vocation» dans l'encyclopédie Catholicisme, fasc.73, Letouzey et Ané, Paris, 1999.

Vocations professionnelles[modifier | modifier le code]

De nombreux chercheurs ont tenté de comprendre, comment chacun d'entre nous se dirige vers telle ou telle profession. Les références théoriques soutenant les conseillers en vocations professionnelles s'appuient sur diverses théories.

Les théories[modifier | modifier le code]

  • Les théories du développement de la personnalité
    • La théorie psycho-sexuelle de Sigmund Freud sur les étapes du développement de la personnalité
    • La théorie de Erik Erikson sur le développement de la personnalité
  • Les théories du développement de carrière
    • La théorie de développement de Donald Super. Il découpe la durée de vie en cinq étapes
    • La théorie de Linda Gottfredson examine les variations dans les anticipations en vocations en se basant sur les critères du sexe, de la race et de la classe sociale.
    • La théorie heuristique de John L. Holland
    • La théorie des besoins de Anne Roe
    • La théorie de Ginzberz
    • La théorie composite de Hoppock
    • La théorie du développement de carrière de Tiedeman et O’Hara

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Super, Donald, 1957, The Psychology of Careers, Harper & Row: New York.
  • Holland, J. L. (1966). The psychology of vocational choice. Waltham, MA: Blaisdell.
  • Holland, J. L. (1973). Making vocational choices: A theory of vocational personalities and work environments. Englewood Cliffs, NJ: Prentice-Hall.
  • Gottfredson, L. (1981). Circumscription and compromise: A developmental theory of occupational aspirations. Journal of Counseling Psychology, 28, 545-79.
  • Parsons, F. (1909). Choosing a vocation. Garrett Park, MD: Garrett Park Press.
  • Roe, Anne. 1956, The Psychology of occupations. New York: Wiley.
  • Judith Schlanger, La vocation, collection « Hermann Philosophie », Éditions Hermann, 2010

Référence[modifier | modifier le code]