Livre de Jonas

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Le livre de Jonas est un livre du Tanakh (Bible hébraïque) qui décrit un évènement de la vie du prophète Jonas (en hébreu : יוֹנָה (yôna(h)), diminutif Jon. L'idée principale du livre est que le dieu d'Israël est le dieu de tous les hommes. Il décrit la colère que Jonas ressent en voyant que Dieu a pitié d'Assyriens, qui étaient ennemis du royaume d'Israël.

Résumé[modifier | modifier le code]

Jonas avalé par la baleine. Chapiteau du XIIe siècle de la nef de l'abbatiale de Mozac.

Jonas est envoyé à Ninive, symbole d'oppression et de violence, pour condamner la ville mais il s’enfuit dans la direction opposée, embarquant sur un navire en partance pour Tarsis (peut-être Tartessos, en Espagne) afin d'échapper à la parole de Dieu, et fuir sa mission dangereuse de prophète en pays païen. Selon Isaïe, Tarsis est en effet le lieu où la parole divine n'arrive pas[1]. Jonas monte dans un bateau, puis descend dans la cale, et s'endort. Le navire est pris dans une grande tempête. Les marins jettent les sorts afin de découvrir la cause de ce malheur, et les sorts désignent Jonas : Il est lancé à la mer, qui se calme. Avalé par un grand poisson durant trois jours et trois nuits, Jonas regrette sa fuite et se voit vomi sur une plage. Il annonce le futur jugement aux habitants de Ninive, qui se repentent. Dieu leur pardonne, et ne détruit pas la ville. Jonas s'irrite d'avoir annoncé pour rien la destruction de Ninive, qui n'a pas eu lieu, mais Dieu le réprimande.

Jonas dans le christianisme[modifier | modifier le code]

Le Nouveau Testament fait mention de Jonas. Jésus enseigna que Jonas avalé par le poisson annonçait sa mort et sa résurrection (Mt 12:39–40 ; 16:4 ; Lc 11:29–30). L'Évangile selon Matthieu fait mention au chapitre 12 d'un signe de Jonas qui semble être l'annonce de la mort de Jésus Christ pendant trois jours complets, suivis de sa résurrection. Dans l'Évangile selon Luc au chapitre 11: « (...)parce qu’ils se sont repentis à la prédication de Jonas(...) », le signe de Jonas semble plutôt consister dans le simple fait qu'il y ait un prédicateur.

Interprétation libérale[modifier | modifier le code]

La tonalité du Livre de Jonas peut être qualifiée de sarcastique, le prophète éponyme reprochant directement à son Dieu d'avoir épargné les habitants de Ninive. Il s'agit d'un pastiche des textes de prophètes plus anciens qui refusaient la conversion des étrangers à Juda et leur prédisaient la punition divine, comme Jonas à Ninive. À l'inverse, le Livre de Jonas indique que tout homme peut susciter la pitié du Dieu d'Israël, ce qui explique qu'en d'autres circonstances certains aient échappé aux châtiments prédits par les prophètes.

Le Livre de Jonas a été écrit, selon la théologie libérale, à l'époque post-exilique, donc bien après la destruction de Ninive, et il ne fait référence à cette ville qu'en tant que symbole de ville gigantesque, à laquelle il attribue de façon fantaisiste plus de 120 000 habitants et une taille telle qu'il faut trois jours de marche pour la traverser (ou en faire le tour). Le propos du rédacteur du texte est de s'en servir comme modèle de ville qui ne connaît pas Dieu avant la venue du prophète, située dans un pays étranger mentionné dans d'autres textes bibliques, l'Assyrie, qui est un ancien oppresseur d'Israël et de Juda.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. et j'en déléguerai une partie, sains et saufs, vers les peuplades de Tarchich, [...], vers les îles lointaines, où n'a point retenti mon nom, où n'a pas éclaté ma gloire Isaïe 66:19

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]