Yahweh

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Yahweh, aussi écrit Yahvé, Iahvé, Yhwh ou YHWH (de l'hébreu ‫יהוה‬ (yhwh)) est une divinité ouest-sémitique du Proche-orient ancien étroitement associée à l'Israël antique. Yahweh semble avoir été une divinité nationale ou ethnique, vénéré dans les royaumes d'Israël et de Juda. Dans la Bible hébraïque, Yahweh (YHWH) est présenté comme le dieu national des Enfants d'Israël. En dehors de la Bible, l'archéologie a fourni des exemples du lien entre Yahweh et les Israélites. La religion de l'Israël antique ressemble beaucoup à celle des autres peuples sémitiques du Proche-Orient ancien, notamment à celles de la zone syro-palestinienne. Le culte israélite développe cependant avec le temps des caractéristiques uniques qui l'isolent des autres religions.

Le nom du dieu d'Israël[modifier | modifier le code]

Prononciation[modifier | modifier le code]

Le nom du dieu d'Israël apparaît dans l'épigraphie de l'Israël antique et dans la Bible hébraïque où il figure plus de 6000 fois. Ce nom s’écrivant avec les quatre lettres hébraïques yod/he/waw/he יהוה (yhwh), il est aussi appelé le « Tétragramme ». Comme l'hébreu biblique a une écriture principalement consonantique, la prononciation précise du tétragramme est inconnue. Au moins jusqu'au VIe siècle av. J.-C., il était régulièrement prononcé comme en attestent les lettres de Lakish écrites peu avant la destruction de Jérusalem en 586 av. J.-C.[1]. Mais depuis la période achéménide, les Juifs ont pris l'habitude de ne pas prononcer son nom et de le remplacer dans la liturgie par des expressions telles qu'Adonaï, en hébreu אדני ('ădōnāy), c'est-à-dire « le Seigneur »[2]. Lors de la traduction en grecque de la Bible hébraïque dans la version de la Septante, YHWH est rendu par Kyrios (« Seigneur »). Lors de l'édition du texte massorétique de la Bible hébraïque vers le Xe siècle, les massorètes ont ajouté des signes diacritiques au texte hébraïque pour en assurer une lecture correcte. Ils ont alors vocalisé YHWH avec les voyelles du mot Adonaï, pour indiquer au lecteur de lire « le Seigneur ». yhwh est ainsi vocalisé ĕ-ō-ā (le ḥaṭef pataḥ [ă] vocalisant la lettre aleph de Adonaï devient un simple shewa [ĕ] lorsqu'il vocalise le yod de yhwh)[3]. Dans la Mishna, il est généralement écrit יְיָ. Le fait d'éviter de prononcer ce qui est considéré comme le nom propre de Dieu est généralement expliqué comme une marque de respect[1]. Selon la tradition rabbinique, le judaïsme avait adopté à l’époque de Siméon le Juste l’interdiction de transcrire ou de prononcer le nom divin. Selon Maïmonide, seuls les prêtres le prononçaient lors de certains rituels[4].

Le nom Yahweh est une transcription souvent utilisée dans les ouvrages scientifiques. Il correspond à la prononciation la plus souvent proposée[5]. La prononciation précise a fait l'objet de nombreuses conjectures. Les spécialistes supposent souvent deux vocalisations possibles pour yhwh : Yahweh ou Yahôh. Dans le premier cas, la troisième lettre du tétragramme, le vav, garde sa valeur de consonne ([w]), alors que dans le deuxième cas, le vav n’est qu'une mater lectionis servant à marquer un o long, dont l'allongement est précisé par le he final[6].

La transcription Yahweh est une convention basée sur des textes grecs tardifs. Elle a été obtenue en intercalant les deux voyelles « a » et « e » pour donner une forme prononçable aux quatre consonnes du tétragramme YHWH. Il est en effet rendu par Ἰάω (Iaō) chez Diodore de Sicile[N 1] (Ier siècle av. J.-C.)[5]. Elle peut être corroborée par des témoignages de Pères de l’Église[4], comme Épiphane de Salamine qui cite Iabe comme un des noms de Dieu[7] ou Clément d’Alexandrie qui donne Jave [8]. On trouve Ιαουε/Ιαουαι chez Clément d'Alexandrie (IIe siècle)[N 2] et par Ιαβε/Ιαβαι chez Épiphane de Salamine (IVe siècle) et Théodoret de Cyr (Ve siècle). Dans les noms théophores apparaissant dans la Bible hébraïque, le texte massorétique le vocalise -yāhû, ce qui appuie le choix de cette vocalisation[5]. Des formes abrégées sont également utilisées, notamment lorsqu'il apparaît comme élément théophore dans des noms propres. En début de noms, on trouve les formes yĕhô et , à la fin yāhû et yāh[3]. Certaines de ces formes traduisent une origine géographique : Yo/Yaw est plus utilisé dans le royaume d'Israël au nord, alors qu'au sud, dans le royaume de Juda, c'est plutôt la forme Yah qui est employée[2]. La forme Yahôh se base sur Origène d'Alexandrie (IIIe siècle) qui parle de la forme Iaō, en l'attribuant aux Gnostiques. Dans les documents araméens des Juifs d'Éléphantine en Haute-Égypte, le nom divin est écrit yhw ou yhh. Sa prononciation est donc approximativement Yehô ou Yahô, plutôt que Yahu. Un fragment du Lévitique en grec découvert à Qumrân[N 3] rend le tétragramme par Iaō[9],[10].

La forme Yahweh est généralement utilisée dans les publications scientifiques[11]. Compte-tenu des incertitudes, des chercheurs n'emploient que les seules consonnes et transcrivent simplement Yhwh[12],[5] ou YHWH. Depuis le pontificat de Benoît XVI, l’Église catholique a officiellement abandonné la prononciation de ce nom[13]. La forme hybride Jehovah résulte du mélange entre les consommes de yhwh et la vocalisation du texte massorétique, produisant la forme « YeHoWaH ». Elle apparaît chez les érudits chrétiens du Moyen Âge[N 4][14]. Il s’agirait alors d’une erreur d’interprétation de la part des érudits catholiques, car ces annotations indiquent en fait le terme qui doit être lu, par exemple « Seigneur », lorsque le Tétragramme apparaît dans le texte, et non la vocalisation du Tétragramme proprement dit[15].

Signification[modifier | modifier le code]

Comme pour sa prononciation, l'étymologie du nom de Yahweh est discutée. Le nom Yahweh (« yhwh ») est généralement compris comme une forme verbale présentant la lettre préformante yod (« y »). Cette forme correspond à la conjugaison d'un verbe à la troisième personne du singulier de l'aspect inaccompli. Le thème verbal « hwh » peut être rapprochée de la racine sémitique hyy/hwy, qui signifie « être ». C'est d'ailleurs ainsi que qu'un passage du livre de l'Exode le comprend puisque le nom יהוה (yhwh) (à la troisième personne) est mis en parallèle avec אהיה ('hyh) « je serai » (à la première personne)[N 5]. Il s'agit là d'une explication traditionnelle du nom de Yahweh, ou d'une interprétation propre du rédacteur biblique. Grammaticalement, la forme yhwh peut être soit une forme simple (qal), soit une forme causative (hiphil). L'identification de la forme verbale est rendue difficile par la méconnaissance de la vocalisation du nom yhwh. Si on retient la forme simple, Yahweh est « celui qui est », « celui qui se révèle ». À la forme causative, la signification serait plutôt « celui qui fait être », c'est-à-dire « celui qui crée »[5]. Si la forme causative devait être retenue, ce serait la seule occurrence dans la Bible hébraïque de ce verbe à cette forme[3].

Pour certains chercheurs[16], Yahweh serait une abréviation ou dérive d'un épithète du dieu El. Il peut s'agir de l'abréviation d'un nom de dieu, par exemple Yahweh-El (« puisse El être présent »), reconstruction basée sur le modèle du nom y`qb 'l (« puisse El le suivre ») attesté à Mari. Il peut aussi s'agir de l'abréviation d'une formule liturgique, par exemple yahwe saba'ot (« celui qui crée les armées [célestes] ») ou El-Yahweh (« El qui se révèle lui-même »). Cette dernière proposition est une formule analogue à celle qu'on trouve dans le Psaume 118[N 6]. Selon cette suggestion, Yahweh était à l'origine un épithète de El avant de devenir une divinité distincte. La tradition israélite aurait abrégé la formule originelle pour ne garder que la forme verbale caractérisant l'activité du dieu. L'emploi d'un nom verbal pour désigner une divinité est un usage qui n'est pas propre aux Israélites. Il est attesté à Mari et chez les Arabes préislamiques[17].

Yahweh étant vraisemblablement une divinité issue du panthéon sud-sémitique, on peut aussi proposer une étymologie qui fait un parallèle avec l'arabe. Elle rapproche Yahweh de la racine hwy qui signifie notamment « tomber » ou « souffler ». À la forme causative, Yahweh serait « celui qui fait tomber la pluie » ou les «  éclairs », ou « celui qui fait souffler le vent ». Cette étymologie va dans le sens de considérer Yahweh comme un dieu de l'orage. Il présenterait donc un caractère proche du dieu cananéen Baal, dont le nom est à l'origine un épithète pour le dieu de l'orage Adad[18].

Origine[modifier | modifier le code]

Origine géographique[modifier | modifier le code]

L'origine de Yahweh a fait l'objet de nombreux débats. Son nom ne figure dans aucun texte antérieur à 1200 av. J.-C. même s'il a pu parfois être proposé d'identifier son nom sur des tablettes cunéiformes de l'âge du bronze à Ougarit, en Mésopotamie ou à Ebla. Ces interprétations restent discutées. À Ebla (2400-2250 av. J.-C.), l'élément Ya apparaît dans des noms propres mais il est peu vraisemblable qu'il s'agisse d'une forme abrégée de Yahweh. Aucune divinité nommée Ya n'est connue par ailleurs à Ebla. Il existe d'autres tentatives pour interpréter des noms comme possédant un élément se rapportant à Yahweh à Mari, Alalakh ou Ougarit mais ces propositions ne semblent pas satisfaisantes[19]. À Ougarit (1200 av. J.-C.), un passage du Cycle de Baal fait apparaître le nom Yw. Il est parfois proposé d'y voir une forme abrégée de Yahweh[20].

En dépit des propositions précédentes, Yahweh semble absent des sources épigraphiques ouest sémitiques. Son nom ne figure sur aucun texte cunéiforme. Il ne fait partie des divinités communes à la zone syro-palestinienne. Son culte n'est attesté qu'en Israël à partir de l'âge du fer. En dehors de la Palestine, rien n'indique que son culte ait été répandu. Seul un texte se rapportant à la région Hamath atteste de son culte dans le nord de la Syrie au VIIIe siècle av. J.-C. Un dirigeant nommé Azri-Yau, équivalent au nom biblique Azariah, y fait partie d'une coalition araméenne face à Teglath-Phalasar III[21], mais cette présence de Yahweh en Syrie semble être un cas isolé[22].

L'archéologie suggère de rechercher son origine dans le sud de la Palestine, dans le désert nord-arabique. Au XIVe siècle av. J.-C., le culte de Yahweh semble pratiqué par des groupes édomites ou madianites. Deux textes égyptiens datant d'Aménophis III (XIVe siècle av. J.-C.) et de Ramsès II (XIVe siècle av. J.-C.) parlent en effet de « Yahu en terre de Shosou ». La première inscription figure sur une colonne du temple d'Amon à Soleb en Nubie. La deuxième est une inscription murale à Amarah ouest. Ces inscriptions font la liste de cités du pays des Shasou. Les bédouins Shasou habitaient la Transjordanie méridionale et le Néguev pendant le bronze récent et au début du fer I, à partir de 1500 av. J.-C. Dans ces listes, Yahu (Yhw) est un toponyme qui peut indiquer une ville avec un sanctuaire, peut-être à l'origine beth-yhw, la maison de Yahu. Parmi les autres toponymes mentionnés, on trouve srr, qu'on peut rapprocher de Séir et smt qu'on peut rapprocher des Shiméanites de la Bible[N 7], ancêtres des Qénites[23]. « Yahu en terre de Shosou » est donc à rechercher dans le territoire d'Édom ou de Madian. Pour William G. Dever, les Shosou pourraient être les ancêtres des Israélites[24].

Il existe cependant des réserves pour la lecture Séïr de srr dans les inscriptions égyptiennes. Certains chercheurs suggèrent plutôt un contexte syrien pour les sites listés dans le temple de Ramsès II. Dans cette hypothèse, des Araméens pourraient avoir vénéré Yahweh. Cette origine syrienne peut être mise en parallèle avec le lien entre les Patriarches de la Bible et les populations araméennes, dont le séjour de Jacob chez Laban[3].

« L'Éternel [yhwh] est venu du Sinaï, il s'est levé sur eux de Séir, il a resplendi de la montagne de Paran » (Dt 33,2)
« O Éternel! [yhwh] quand tu sortis de Séir, quand tu t'avanças des champs d'Édom » (Jg 5,4)
« Dieu [yhwh] vient de Téman, le Saint vient de la montagne de Paran » (Ha 3,3)

« Qui est celui-ci qui vient d’Édom, de Botsra » (Es 63,1)

Bible Segond

Dans la Bible, Yahweh est perçu comme venant du sud[25]. Quatre passages le décrivent comme venant d'Édom, de Teman, du Sinaï, du Séïr ou Paran[N 8]. Ces toponymes permettent de situer approximativement l'origine de Yahweh dans les montagnes du Néguev central ou du Sinaï oriental. Un « Yahweh de Teman » est aussi connu par les inscriptions de Kuntillet Ajrud dans le Sinaï au côté d'un « Yahweh de Samarie » (IXe et VIIIe siècles av. J.-C.).

Si Yahweh est effectivement issu du désert nord arabique, cela pourrait expliquer le silence de la Bible hébraïque sur le dieu Qôs, la principale divinité édomite. Les deux divinités étant issues de la même région et présentant des caractéristiques proches, celles d'un dieu de l'orage, il est possible que la Bible préfère éviter de mentionner Qôs, qui ressemble trop au dieu national d'Israël[26].

L'hypothèse quénite[modifier | modifier le code]

Dès la fin du XIXe siècle, des chercheurs allemands ont émis l'hypothèse que Yahweh était à l'origine une divinité du désert vénéré par les Madianites. Selon l'« hypothèse qénite », son culte aurait introduit chez les Israélites par l'intermédiaire de Moïse avec la médiation des Qénites lors de leur séjour dans le désert. Hobab, le beau-père (ou le beau-frère) de Moïse[N 9] est présenté comme un prêtre madianite[N 10] vénérant Yahweh[N 11] et appartenant à la tribu des Qénites, une branche des Madianites. Cette hypothèse expliquerait le lien entre Moïse et sa belle-famille madianite, la description positive des Qénites dans la Bible et les liens entre Yahweh et la topographique du sud de la Palestine[27].

Cette hypothèse correspond à la vision de l'archéologie qui place Yahweh en dehors des divinités ouest-sémitiques. Elle accorde cependant une trop grande importance au rôle de Moïse et au séjour des Hébreux dans le désert. Bien que les traditions bibliques présentent l'action de Moïse et l'Exode hors d'Égypte comme des éléments fondateurs de l'identité politique et religieuse des Israélites, la recherche archéologique a établi que l'émergence des Israélites résulte d'une évolution interne de la société cananéenne de l'âge du bronze. La majorité des Israélites est originaire de Canaan. Ceux-ci n'ont donc pas amené le culte de Yahweh depuis l’extérieur de la Palestine. Par contre, le culte de Yahweh a pu être introduit par de marchants appartenant à des groupes qénites ou madianites. Il a pu se répandre à partir des routes commerciales passant au sud et à l'est de la Palestine[28].

Yahweh, un dieu révélé ?[modifier | modifier le code]

Plusieurs passages de la Bible suggèrent que Yahweh a été révélé aux Israélites et qu'il a existé une période de leur histoire où Yahweh n'était pas connu. Deux textes du livre de l'Exode (Exode 3 et Exode 6), indiquent que Yahweh s'est révélé pour la première fois à Moïse. Parmi les noms des contemporains de Moïse, le nom de Yahweh n’apparaît pas comme élément théophore, où seulement à la fin de la vie de Moïse. Le premier nom est Josué (Yĕhôšuaʿ). Yahweh n’apparaît pas non plus dans les généalogies de la Genèse. Une telle lecture présente cependant des difficultés. L'absence de Yahweh peut s'expliquer par le souci de maintenir la cohérence interne du récit lors de son édition finale. Les deux textes d'Exode 3 et 6 datent au plus tôt du VIe siècle av. J.-C. et il est difficile d'utiliser ces passages pour reconstruire l'histoire ancienne de Yahweh. Ces éléments suggèrent cependant que les Israélites percevaient Yahweh comme une divinité qui leur avait été introduite[29].

Épigraphie[modifier | modifier le code]

Le nom yhwh sur un ostracon de Lakish, VIe siècle av. J.-C.

La première mention claire du dieu Yahweh figure sur la stèle de Mésha IXe siècle av. J.-C.. Le roi moabite Mésha y raconte ses succès militaires contre le royaume d'Israël sous le règne d'Achab. Après avoir attaqué Nebo, une ville située au nord-ouest de Moab, il fait emporter les « vases de Yhwh » devant son dieu Kémosh. Yahweh apparaît ici comme le dieu officiel d'Israël, dont le culte est pratiqué jusque dans la ville de Nebo, à la frontière avec Moab. Un sceau du VIIIe siècle av. J.-C. découvert à Jérusalem porte l'inscription « Miqneyaw serviteur de yhwh ». Un ostracon de Kuntillet Ajrud mentionne un « Yahweh de Téman » et un « Yahweh de Samarie ». Les amulettes du Ketef Hinnom (Jérusalem, VIIe ‑ VIe siècle) invoquent Yahweh dans un texte proche de la bénédiction sacerdotale[N 12] figurant dans le Livre des Nombres[30].

Vers 600 av. J.-C., une inscription de Khirbet Beit Lei, à 8 km à l'est de Lakish, fait référence à Yahweh. Sur ce site, on a retrouvé deux tombes de l'âge du fer. Plusieurs inscriptions figurent sur les parois de l'antichambre de l'une des tombes. La plus longue inscription dit que « [Yahweh] est le dieu de la terre entière, les monts de Juda appartiennent à lui, au dieu de Jérusalem »

« יהוה אלהי כל הארץ ה
רי יהד לו לאלהי ירשלם
 »

— Khirbet Beit Lei, graffito A[31]

Une seconde inscription est plus compliquée à déchiffrer. Elle a été rendue par « absous(-nous), dieu miséricordieux, absous(-nous) Yahweh»[N 13]. « yhwh » est visiblement ici le dieu de Jérusalem. Un troisième graffiti indique « délivre-nous Yahweh ». Les ostraca d'Arad contiennent des bénédictions et des invocations au nom de « yhwh ». Une inscriptions fait aussi référence à la « maison de yhwh », probablement le temple local. Dans les dernières années du royaume de Juda, les ostraca de Lakish contiennent elles-aussi des invocations au nom de « yhwh » (« que Yahweh donne la santé »)[32],[33].

La présence de noms propres intégrant l’élément Yahweh ou ses abréviations est une caractéristique propre à Israël et à Juda si on compare avec les régions voisines. Sur un corpus de 738 noms israélites provenant de sceaux, de bulles ou d'autres inscriptions, on a pu recenser que 351 incluent le nom de Yahweh, soit près de la majorité. Parmi les noms restant, la majorité (339) ne font pas référence à des dieux. En dehors de Yahweh, les autres noms théophores utilisent l'élément ēl dans seulement 48 cas et uniquement quelques-uns l'élément baal, principalement à Samarie. Les autres dieux représentés dans l'onomastique israélite sont empruntés à la tradition cananéenne (`nt « Anat », ym « Yam », mwt « Mot », ršp « Reshep ») ou égyptienne (`mwn « Amon », ḥwr « Horus », bs « Bès »)[34]. L'emploi dominant de Yahweh dans l'onomastique de l'ancien Israël est un usage assez différent par rapport aux royaumes voisins. Dans le territoire d'Ammon où les données onomastiques sont suffisamment nombreuses pour faire une analyse statistique, le dieu national Milkom est par exemple beaucoup moins représenté que 'ēl. Cet usage suggère que Yahweh occupe un rôle particulier en Israël. Même si la mention d'une divinité dans les noms propres ne peut être reliée simplement aux pratiques religieuse, il existe chez les Israélites une manière particulière de concevoir leur divinité, manière qui n'est pas partagée par leurs voisins lorsqu'il s'agit de donner des noms[35].

Yahweh et les autres divinités[modifier | modifier le code]

Aspects mythologiques[modifier | modifier le code]

Plusieurs passages de la Bible semblent indiquer que Yahweh n'a pas toujours été à la tête du panthéon israélite. À un moment donné, Yahweh a pu être considéré comme une divinité parmi d'autres et il était manifestement subordonné au dieu El. Dans le Deutéronome[N 14], il est écrit que le dieu Elyon divise les hommes selon le nombre des fils de El. Cette lecture nécessite d'amender le texte massorétique en corrigeant l'expression « fils d'Israël » par « fils de El » mais elle est cohérente avec le texte grec de la Septante et d'un manuscrit hébreu de Qumrân[N 15]. Chacun des soixante-dix dieux est le dieu d'une nation. Parmi les fils de El, Yhwh est le dieu de Jacob. Le texte massorétique a été semble-t-il remanié pour remplacer une expression problématique par une autre aux accents moins polythéistes, tout en en gardant le nombre de soixante-dix. La théologie exposée par ce texte est que tous les peuples ont leur dieu tutélaire et que parmi les peuples, Yahweh est le dieu particulier d'Israël. Un passage du livre des Psaumes[N 16] présente aussi Yhwh comme un des fils de El[36].

Même après avoir été adopté par Israël, Yahweh continue à cohabiter avec les autres divinités ouest-sémitiques. Comme dans les autres panthéons sémitiques, Yhwh est à la tête d'une assemblée divine[N 17]. Cette assemblée est d'abord composée de divinités de rang inférieur. Lorsque ces traditions seront plus tard relues selon une théologie monothéiste, ces divinités seront alors interprétées comme des anges[37]. Contrairement à la mythologie développée à Ougarit au XIVe ‑ XIIe siècle av. J.-C., les membres de l'assemblée de Yahweh n'ont pas de nom individuel, de rôle ou de volonté propre[38].

À la différence d'autres traditions religieuses du Proche-Orient ancien, la Bible hébraïque ne rapporte pas de grands récits mythologiques centrés sur Yahweh. Il n'existe pas de récits épiques le mettant en scène face à d'autres divinités ou face aux forces cosmiques. Alors que le Cycle de Baal est écrit à la gloire de Baal ou que l'Enuma Elish l'est à la gloire de Mardouk, on ne dispose pas de textes semblables pour Yahweh[39]. Les récits bibliques reprennent cependant des thèmes mythologiques et des images connues pas ailleurs, notamment dans les textes d'Ougarit. Dans la Bible, Yahweh combat des monstres marins, comme le fait Baal face au dieu Yam[N 18]. Il combat les forces du chaos, telles que le Léviathan, le Tannin ou Rahab. Ces quelques thèmes mythologiques ne sont que les rares survivances des anciennes croyances qui se sont maintenues lorsque la mise en forme finale de la Bible a adopté un point de vue monothéiste[37]. Les anciens mythes sont réinterprétés. Dans le récit de la Genèse, les forces du chaos ne jouent plus aucun rôle dans la création[40].

Yahweh et El[modifier | modifier le code]

El est une divinité cananéenne. À la fin de l'âge du bronze, il est notamment vénéré à Ougarit où il est placée à la tête du panthéon, même si son autorité semble décroître au profil du dieu Baal. Dans la Bible, le nom 'ēl apparaît 230 fois. Son usage est double : il sert à la fois pour désigner un dieu étranger et pour désigner le dieu d'Israël[41]. Dans l'Israël antique, El semble avoir été vénéré dans le sanctuaire de Shilo et peut-être à Sichem et Jérusalem sous les formes de El berît et El Elyon. Lorsque Yahweh est identifié à El, il hérite de ces titres qui deviennent des épithètes pour Yahweh. Dans le livre de l'Exode[N 19], Yahweh est identifié à El Shaddaï. Selon les récits bibliques, le dieu El semble être le dieu des Patriarches. Cette association avec le récit des Patriarches reflète probablement une ancienne théologie de l'histoire religieuse d'Israël[42].

Lorsque Yahweh est identifié à El, il en reprend les caractéristiques. À l'instar de El, Yahweh est décrit comme un dieu âgé[N 20] à la tête d'un conseil divin[N 21]. La vision de Yahweh comme un dieu âgé perdure jusque dans la littérature biblique tardive[N 22]. Il est à la tête d'une assemblée divine dont les membres sont appelés les qedōšîm, les « Saints ». Dans une relecture monothéiste, les membres de cette assemblée deviennent les membres d'une assemblée angélique et non plus divine[43]. La description du lieu de résidence de Yahweh dans une tente ('ōhel)[N 23] rappelle la tente dans laquelle réside El. Le terme utilisé pour les solives du tabernacle (qerāšîm) est construit sur la même racine que le terme qrš (« pavillon ») désignant la résidence de El[44].

Yahweh et Ashéra[modifier | modifier le code]

Yahweh est aussi associé à la déesse Ashéra dans deux inscriptions, à Kuntillet Ajrud dans le Sinaï et à Khirbet el-Qôm à l'ouest d'Hébron. Ces inscriptions font référence à « yhwh et son ashera ». Elles ne mentionnent probablement pas directement la déesse elle-même, mais plutôt un objet cultuel symbolisant Ashéra. La construction grammaticale est en effet généralement comprise comme signifiant qu'ashera est ici un nom commun et pas un nom propre[37]. Ces inscriptions sont datées entre la fin du IXe siècle av. J.-C. et la deuxième partie du VIIIe siècle av. J.-C.. Dans la Bible, Ashera apparaît à la fois comme une divinité et comme un objet (h'ašērâ ou 'ašērîm). Son culte est pratiqué jusque dans le temple de Jérusalem[N 24]. La question de savoir si Ashéra était ou non la parèdre de Yahweh a donné lieu à des avis divisés. La majorité des chercheurs estiment qu'Ashéra était vraisemblablement la déesse consort de Yahweh[45]. Le culte de « Yahweh et son Ashérah » est certainement pratiqué pendant très longtemps[46]. Lorsque Yahweh s'approprie les caractériques du dieu El, il reprend visiblement aussi son rôle de consort de la déesse Athirat, dont Ashéra est une forme apparentée[47]. À l'époque néo-babylonienne, les Juifs de la colonie militaire Éléphantine associent eux-aussi une parèdre à leur dieu « Yaho ». Une liste indique les divinités vénérées dans le sanctuaire. Elle mentionne les déesses Anat Yahu et Anat Bethel[48]. Si le couple divin Yahweh-Ashéra a pu être chargé d'un panthéon, cette vision évolue ensuite vers une description où la figure de Yahweh seule est centrale et où les autres puissances, dont Ashéra, n'occupent qu'un rang inférieur[49].

Yahweh et Baal[modifier | modifier le code]

Dans l'Israël antique, le culte de Yahweh n'est pas exclusif. Il semble que Yhwh et Baal y étaient vénéré côte à côté, notamment dans le royaume d'Israël. Les ostraca de Samarie (IXe siècle av. J.-C.) indiquent que les noms propres font à la fois apparaître l'élément yhwh et l'élément baal. On y compte cinq individus avec des noms incluant Baal contre neuf avec yhwh[50]. Cette impression se retrouve dans la Bible, où les deux éléments apparaissent aussi dans les noms propres, même si l'élément bōšet, (« honte ») est souvent substitué à Baal dans une volonté polémique. Ainsi le fils du roi Saül Ishbaal est-il aussi appelé Ishboshet. Cette substitution est opérée dans le livre de Samuel[N 25] mais les noms originaux sont correctement conservés dans les livres des Chroniques [N 26]. Le culte de Baal semble cependant moins répandu[51]. Si son nom apparaît dans quelques noms propres, le nom de Yhwh est largement plus courant dans l'épigraphie israélite[34]. Dans la Bible, le roi d'Israël Achab et son épouse phénicienne Jézabel sont présentés comme de grands promoteurs du culte de Baal. Yhwh est cependant très présent dans le récit du règne d'Achab. Son premier ministre s'appelle Ovadia (« serviteur de Yhwh ») et ses fils Azaria (« Yhwh aide ») et Yehoram (« Yhwh est élevé »)[51].

Le monothéisme[modifier | modifier le code]

Selon la Bible hébraïque, Israël s'est constitué en peuple lors de la révélation de Yahweh au Sinaï. Dès son origine, Israël a été le peuple d'un seul dieu : YHWH. Si l'histoire d'Israël a été marquée par des périodes d'apostasies, il ne s'agit que d'égarements ou de négligences qui n'ont jamais remis en cause le lien unique entre Yahweh et Israël[34].

Le polythéisme israélite[modifier | modifier le code]

Le polythéisme est une caractéristique des sociétés du Proche-Orient ancien[52]. Contrairement au discours biblique, le monothéisme est un développement tardif de la religion des Israélites. Le culte des Israélites à d'autres divinités est attesté au moins jusqu'à l'Exil à Babylone tant dans la Bible elle-même, dans ses critiques du polythéisme, que par l'archéologie (épigraphie et figurines). Les nombreuses figurines, dont les « figurines piliers », indiquent une forte présence de divinités féminines dans l'activité religieuse des Israélites aux VIIIe ‑ VIIe siècle av. J.-C.. La Bible ne fournit cependant pas une description complète de la religion des Israélites. Une sélection a été opérée lors de l'édition finale des textes. Seuls quelques vestiges d'information ont survécu et confirment cette situation polythéiste. Dans le livre du Deutéronome, des passages monothéistes[N 27]figurent à côté de passages qui acceptent l’existence d'autres dieux[N 28]. Si Yahweh semble avoir le statut de dieu national, son culte n'est qu'une des formes de la dévotion des Israélites[49].

Yahweh est à l'origine un dieu local, attaché à une géographie donnée. Un passage du livre des Rois illustre l'enracinement géographique de Yahweh : après la déportation des habitants du royaume d'Israël par les Assyriens, un prêtre de Yahweh est ramené dans le sanctuaire de Béthel pour organiser le culte du « dieu du lieu » pour les colons[N 29]. Ces colons nouvellement installés vénèrent à la fois leurs dieux ancestraux et le dieu local, attaché à la terre sur laquelle ils vivent[53]. Face à une situation polythéiste, le discours monothéiste de la Bible est largement rhétorique. Ce discours s'adresse avant tout à la communauté israélite et vise à renforcer le lien entre Yahweh et le peuple, en tenant à distance les autres divinités. Il ne marque pas un nouveau stade dans la religion des Israélites mais cherche à exprimer la relation particulière d'Israël à Yahweh. Il exprime les droits de Yahweh sur Israël et la fidélité d'Israël à Yahweh[54]. Avec avènement de la dynastie de David, le « dieu du lieu » devient le « dieu du roi ». À l'époque monarchique, Jérusalem héberge à la fois le pouvoir royal et le sanctuaire de Yahweh. En renforçant la figure divine du dieu national et dynastique, le pouvoir politique vise à renforcer la centralité de Jérusalem. Sous la monarchie, les représentations des divinités vénérées en Israël s'agrègent à la figure de Yahweh qui acquiert une autorité divine supérieure aux autres dieux[55]. L'importance majeure de Yahweh dans la société israélite pourrait permettre de caractériser sa pratique religieuse de « monolâtrie »[56]. Les prophètes Amos, Osée et Élie s'opposent certes aux cultes des autres divinités, mais ne s’intéressent qu'aux cultes pratiqués en Israël même, pas à l'extérieur. Leur action permet cependant de les faire passer pour des représentants du monothéisme, même si à ce stade, l’existence des autres divinités n'est pas niée, seule leurs pouvoirs sur Israël l'est[55]. Les autres dieux sont réels, mais ils ne sont pas aptes à régir les Israélites, et leur puissance disparaitra à la fin des temps[53].

Comme à Ougarit, le pouvoir de Yahweh est décrit en termes de conflit, notamment avec les forces cosmiques[57]. Mais les anthropomorphismes et les thériomorphismes (attributions de caractéristiques humaines ou animales) sont beaucoup plus réduits qu'à Ougarit. Contrairement à Baal, la virilité ne fait pas partie des caractéristiques de Yahweh. Il n'est en général pas concerné par la mort ou la sexualité. Il échappe à ces sources d'impuretés. Ces notions semblent écartées car elles sont incompatibles avec les concepts de pureté rituelle propres aux prêtres qui sont visiblement responsables de la transmission et de la rédaction du corpus biblique[58]. Par contre, il est présenté comme un scribe divin[N 30].

L'émergence du monothéisme[modifier | modifier le code]

Une rhétorique réellement monothéiste émerge à partir des VIIe ‑ VIe siècle av. J.-C.. Il est difficile d'en comprendre les raisons précises, même si la structure de la société israélite et les circonstances historiques ont pu l'influencer. D'une part, la structure d'une divinité centrale entourée d'un conseil divin se démarque de la conception de la famille divine telle qu'on la retrouve à Ougarit. Dans la vision théologique israélite, l'individualité de Yahweh se dégage largement. Cette individualisation peut refléter l'affaiblissement de la structure familiale traditionnelle alors qu'émerge un pouvoir royal centralisateur et qui s’accompagne d'une nouvelle classe de propriétaire terrien[59]. D'autre part, les circonstances historiques ont pu faire évoluer la vision de Yahweh. À partir des VIIIe ‑ VIIe siècle av. J.-C., Israël entre en contact avec les empires assyrien et babylonien. Alors qu'Israël est soumis à de puissants empires et qu'il se retrouve au bas de l'échelle politique, les prêtres conçoivent la divinité nationale au sommet du pouvoir divin, dont l'autorité s'étend sur tout l'univers. La détérioration de la position d'Israël dans l'histoire s'accompagne d'une élévation du statut de Yahweh dans la littérature. Ce glissement du discours théologique fait passer Yahweh du statut de dieu national à celui du seul dieu existant dans le cosmos[60]. À partir du VIIe siècle av. J.-C., la réforme deutéronomique vise à renforcer la cohésion communautaire. Yahweh devient le seul objet de vénération. l’idolâtrie est considérée comme une trahison[61]. Signe peut-être d'une réforme du roi Josias et d'une évolution vers le monothéisme, la déesse Ashéra n’apparaît plus dans les formules de bénédictions et de protection dans les ostraca de Lakish et d'Arad. Seul Yahweh intervient[62].

« Ainsi parle l’Éternel (yhwh), roi d’Israël et son rédempteur, l’Éternel des armées : je suis le premier et je suis le dernier, et hors moi il n’y a point de Dieu. » (Ésaïe 44,6)

Bible Segond

À partir de l'Exil, le discours de la Bible devient clairement monothéiste. Avec l'Exil, Israël a perdu sa terre et ses institutions. Le Temple de Jérusalem est ruiné. La lignée royale de David, qui témoignait de la présence de Yahweh au côté d'Israël et de sa protection, a disparu[63]. Cette crise remet en cause l'identité d'Israël. Il lui faut trouver un nouveau cadre théologique pour expliquer cette situation. Une nouvelle conception de Yahweh prend alors forme[64]. On considère généralement que les chapitres 40 à 55 du livre d'Isaïe expriment bien cette nouvelle théologie monothéiste. À l'époque de la monarchie, les juges et les rois israélites obéissaient au plan divin pour sauver Israël. Désormais, c'est le roi perse Cyrus qui est l'oint de Yahweh[N 31]. Yahweh n'est pas seulement le dieu tutélaire d'Israël. Il dirige le monde et peut choisir des rois étrangers pour assurer l'avenir d'Israël. L’existence même des autres dieux est refusé[N 32] : Yahweh est le seul dieu dans le cosmos et rien n'est semblable à lui[65].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes
  1. « chez les Juifs, Moïse disait avoir reçu les lois du Dieu appelé Iao », Diodore de Sicile, Bibliothèque historique (1.94.2)
  2. Stromates 5.6.34.5
  3. 4QpapLXXLevb
  4. Et quod est nomen tuum? YHWH (en caractères hébreux) Jehova, sive Adonay, quia Dominus es omnium in incunable de Pugio fidei, III.2.3, commentaire du Livre des Rois datant de 1270
  5. Exode 3,14
  6. Psaumes 118,27
  7. 1 Chroniques 2,55
  8. Deutéronome 33,2, Juges 5,4, Ésaïe 63,1 et Habakuk 3,3
  9. Juges 1,16, Juges 4,11, Nombres 10,29
  10. Exode 2,16, Exode 3,1, Exode 18,1
  11. Exode 18,10
  12. Nb 6,24-26
  13. La lecture alternative « (le mont) Moriah que tu as favorisé, la demeure de Yah, yahweh » proposée initialement par Joseph Naveh a été reconnue par l'auteur comme erronée (Naveh 2001)
  14. Deutéronome 32,8
  15. 4Q37
  16. Psaumes 89,7
  17. 1 Rois 22,19
  18. Ésaïe 27,1
  19. Exode 6,2
  20. Ésaïe 40,28, Habakuk 3,6
  21. 1 Rois 22,19
  22. Ecclésiastique 18,30, Daniel 3,25
  23. Psaumes 15,1, Psaumes 27,6
  24. 2 Rois 23,4
  25. 2 Samuel 2,8, 2 Samuel 21,7
  26. 1 Chroniques 8,33, 1 Chroniques 9,39
  27. Deutéronome 5,35
  28. Deutéronome 5,7, Deutéronome 6,4
  29. 2 Rois 17,27
  30. Exode 31,18
  31. Ésaïe 45,1
  32. Ésaïe 44,6, Ésaïe 45,5
Références
  1. a et b (en) Louis F. Hartman et S. David Sperling, « God, names of », dans Encyclopaedia Judaica, vol. 7 p. 675 (Encyclopaedia Judaica)
  2. a et b van der Toorn 1999, p. 910
  3. a, b, c et d Thompson 1992
  4. a et b Catholic Encyclopedia ,B.D. Eerdmans, "The Name Jahu", O.T.S. V (1948) 1-29
  5. a, b, c, d et e Grabbe 2007, p. 150
  6. Römer 2014, p. 46
  7. Epiphanius, Panarion, I, iii, 40, in P.G., XLI, col. 685
  8. Clément d'Alexandrie, Stromata V, 6:34–35:
  9. Römer 2014, p. 35
  10. (en) Bezalel Porten, « Egyptian aramaic texts », dans Oxford Encyclopaedia of Archaeology in the Near East, vol. 2,‎ 1997 p. 215 (OEANE)
  11. Römer 2014, p. 44
  12. Römer 2014, p. 35
  13. Directive de Benoît XVI répercutée dans une disposition de la Congrégation pour le culte divin.
  14. Geoffrey Wigoder (dir.), Dictionnaire encyclopédique du judaïsme, Cerf-Laffont, coll. « Bouquins », 1996, article « Dieu, Noms de »
  15. H. W. F. Gesenius, Gesenius's Hebrew-Chaldee Lexicon to the Old Testament, Grand Rapids, Michigan: Baker Book House, 1979 [1847], p. 337
  16. voir à ce sujet les travaux de William Foxwell Albright (1948), Frank Moore Cross (1973), Johannes C. De Moor (1990) ou encore Meindert Drijska (1996) ; cf. van der Toorn 1999, p. 914-915
  17. van der Toorn 1999, p. 914
  18. van der Toorn 1999, p. 915
  19. Dalley 1990, p. 22
  20. van der Toorn 1999, p. 911
  21. Dalley 1990
  22. Grabbe 2007, p. 153
  23. Raphael Givéon, Les bédouins Shosou des documents égyptiens, Leyde,‎ 1971 p. 26-28 et p. 74-77
  24. Dever, William G. (1997). "Archaeology and the Emergence of Early Israel" . In John R. Bartlett (Ed.), Archaeology and Biblical Interpretation, pp. 20–50. Routledge. ISBN 0-415-14113-3
  25. (en) Joseph Blenkinsopp, « The Midianite-Kenite Hypothesis Revisited and the Origins of Judah », Journal for the study of the Old Testament, vol. 33, no 2,‎ 2008
  26. (en) E. A. Knauf, « Qôs », dans K. van der Toorn, B. Becking et P. W. van der Horst (dir.), Dictionary of Deities and Demons in the Bible, Leyde, Boston et Cologne, Brill,‎ 1999 (ISBN 978-90-04-11119-6), p. 674-677
  27. Römer 2014 « Moïse et les Madianites » p. 71-94
  28. van der Toorn 1999, p. 912
  29. Grabbe 2007, p. 153
  30. Gabriel Barkay, Marilyn J. Lundberg, Andrew G. Vaughn et Bruce Zuckerman, « The Amulets from Ketef Hinnom : A new edition and evaluation », Bulletin of the American Schools of Oriental Research, no 334,‎ 2004, p. 41-71
  31. Naveh 2001, p. 197
  32. Elizabeth Bloch-Smith, Judahite Burial Practices and Beliefs about the Dead, coll. « Journal for the Study of the Old Testament » (no 123),‎ 1992 (ISBN 1-85075-335-0) p. 230
  33. Grabbe 2007, p. 151
  34. a, b et c (en) Andrew D. H. Mayes, « Kuntillet `Ajrud and the history of israelite religion », dans John R. Bartlett (dir.), Archaeology and biblical interpretation, Routledge,‎ 1997
  35. (en) Richard Hess, « Aspects of israelite personal names and pre-exilic israelite religion », dans Meir Lubetski (dir.), New seals and inscriptions, hebrew, idumean, and cuneiform, Sheffield Phoenix Press,‎ 2007
  36. Grabbe 2007, p. 154
  37. a, b et c Grabbe 2007, p. 155
  38. (en) Saul M. Olyan, « Cult », dans Eric M. Meyers (dir.), Oxford Encyclopaedia of Archaeology in the Near East, vol. 2, Oxford et New York, Oxford University Press,‎ 1997 p. 80 (OEANE)
  39. Smith 2001, p. 175
  40. Smith 2001, p. 169
  41. Smith 2001, p. 139
  42. Smith 2001, p. 140
  43. Smith 2001, p. 141
  44. Smith 2001, p. 142
  45. Day 2002, p. 59
  46. Thomas Romer, « Homère et la Bible »
  47. Day 2002, p. 48
  48. Grabbe 2007, p. 158
  49. a et b Smith 2001, p. 155
  50. Day 2002, p. 72
  51. a et b Grabbe 2007, p. 156
  52. Bordreuil, Briquel-Chatonnet et Michel 2008, p. 358
  53. a et b Bordreuil, Briquel-Chatonnet et Michel 2008, p. 378
  54. Smith 2001, p. 154
  55. a et b Smith 2001, p. 163
  56. Mayes 1997
  57. Smith 2001, p. 165
  58. Smith 2001, p. 177
  59. Smith 2001, p. 164
  60. Smith 2001, p. 165
  61. Bordreuil, Briquel-Chatonnet et Michel 2008, p. 380
  62. Grabbe 2007, p. 162
  63. (en) Bob Becking, « Continuity and discontinuity after the Exile : some introductory remarks », dans The crisis of israelite religion : transformation of religious tradition in Exilic and Post-Exilic times, Éditions Brill,‎ 1999
  64. Smith 2001, p. 193
  65. Smith 2001, p. 179

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Encyclopédies et dictionnaires
  • (en) Henry O. Thompson, « Yahweh », dans David Noel Freedman (dir.), Anchor Bible Dictionary, vol. 6, Doubleday,‎ 1992
  • (en) Karel van der Toorn, « Yahweh », dans Karel van der Toorn, Bob Becking et Pieter W. van der Horst (dir.), Dictionary of Deities and Demons in the Bible, Leyde, Boston et Cologne, Brill,‎ 1999, p. 910-919
  • (en) Eric M. Meyers (dir.), Oxford Encyclopaedia of Archaeology in the Near East, 5 vol., Oxford et New York, Oxford University Press,‎ 1997 (ISBN 0-19-506512-3)
  • (en) Fred Skolnik (dir.), Encyclopaedia Judaica, Thompson Gale et Keter Publishing House,‎ 2007, 2e éd.
Études générales
  • (en) John Day, Yahweh and the Gods and Goddesses of Canaan, Sheffield Academic Press, coll. « Journal for the Study of the Old Testament » (no 265),‎ 2002 (ISBN 978-0826468307)
  • (en) Mark S. Smith, The origins of monotheism : Israel's polytheistic background and the Ugaritic texts, Oxford University Press,‎ 2001
  • William G. Dever, Aux origines d'Israël, Bayard,‎ 2005 p. 142
  • (en) Lester L. Grabbe, Ancient Israel : what do we know and how do we know it?, Londres et New York, T&T Clark,‎ 2007 (ISBN 978-0-567-03254-6)
  • Pierre Bordreuil (dir.), Françoise Briquel-Chatonnet (dir.) et Cécile Michel (dir.), Les débuts de l'histoire : le Proche-Orient ancien, de l'invention de l'écriture à la naissance du monothéisme,‎ 2008 (ISBN 978-2-84675-230-5)
  • Thomas Römer, L'invention de Dieu, Éditions du Seuil,‎ 2014
Articles
  • Stephanie Dalley, « Yahweh in Hamath in the 8th Century BC: Cuneiform Material and Historical Deductions », Vetus Testamentum, vol. 40,‎ 1990, p. 21-32 (JSTOR 1519260)
  • Joseph Naveh, « Hebrew Graffiti from the First Temple Period », Israel Exploration Journal, Israel Exploration Society, vol. 51, no 2,‎ 2001, p. 194-207 (JSTOR 27926975)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]