Monastère Sainte-Catherine du Sinaï

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Zone Sainte-Catherine *
Logo du patrimoine mondial Patrimoine mondial de l'UNESCO
Vue d'ensemble du monastère Sainte-Catherine
Vue d'ensemble du monastère Sainte-Catherine
Coordonnées 28° 33′ 21″ N 33° 58′ 34″ E / 28.5559718, 33.976078 ()28° 33′ 21″ Nord 33° 58′ 34″ Est / 28.5559718, 33.976078 ()  
Pays Drapeau de l'Égypte Égypte
Subdivision Gouvernorat du Sinaï Sud
Type Culturel
Critères (i) (iii) (iv) (vi)
Superficie 60 100 ha
Numéro
d’identification
954
Zone géographique États arabes **
Année d’inscription 2002 (26e session)

Géolocalisation sur la carte : Égypte

(Voir situation sur carte : Égypte)
Zone Sainte-Catherine
* Descriptif officiel UNESCO
** Classification géographique UNESCO

Le monastère Sainte-Catherine du Sinaï est un important monastère orthodoxe situé sur les pentes du mont Sainte-Catherine, dans le Sud de la péninsule du Sinaï, en Égypte. C'est l'un des plus anciens monastères au monde encore en activité. Son terrain (enceinte et jardins attenants) constitue l'archevêché orthodoxe du Sinaï, lié canoniquement au Patriarcat de Jérusalem.

Il compte une vingtaine de moines, d'origine grecque pour l'essentiel.

Le monastère Sainte-Catherine du Sinaï est inscrit sur la liste du Patrimoine mondial de l'humanité établie par l'Unesco depuis 2002.

Histoire[modifier | modifier le code]

En 337, l'impératrice romaine Hélène, mère de l'empereur Constantin Ier, fit construire une chapelle au pied du mont Sinaï, sur le site où elle pensait que se trouvait le « Buisson ardent » mentionné dans le Livre de l'Exode de la Bible (Ex 3. 1-22). Elle la dédia à la Vierge Marie. L'arbuste qui y est présenté comme tel aujourd'hui est une ronce commune (appelé aussi « mûrier sauvage »)[1].

Le monastère fut construit au VIe siècle sur ordre de l'empereur Justinien qui fit élever une forteresse vers 527 par l'architecte Stephanos pour sécuriser les religieux et les pèlerins, et qui sera achevée en 560[1],[2].

Cependant, l'activité monastique semble avoir débuté plus tôt, puisque le voyage d'Égérie à la fin du IVe siècle relate la présence dès cette époque de nombreux moines ermites dans les environs, un siècle après l'arrivée des premiers chrétiens fuyant les persécutions[3]. Saint Jean Climaque est le plus célèbre moine ayant vécu dans ce monastère. Anastase le Sinaïte en fut higoumène dans la deuxième moitié du VIIe siècle.

Le Sinaï fut conquis dans les années 630 par les armées arabes d'Amr ibn al-As, conquête accompagnée de l'installation de tribus bédouines venues d'Arabie. Les routes commerciales ayant été profondément affectées par les deux premières guerres arabo-byzantines, le Sinaï s'était vidé d'habitants sédentaires, processus qui avait déjà commencé au IIIe siècle durant les guerres entre les Perses et les Byzantins. L'exception fut le monastère Sainte-Catherine que les Arabes respectèrent (faisant même des bédouins voisins les gardiens du site) et qui s'est maintenu jusqu'à nos jours. En effet, dans l'islam ce monastère est réputé faire l'objet d'un édit de protection du prophète Mahomet lui-même (Charte des privilèges[4]). Toutefois le nombre de moines a beaucoup décru, en même temps que la ferveur religieuse, et la communauté actuelle est d'une vingtaine de moines (contre deux cents au Moyen Âge).

Au cœur de ce monastère fortifié, de rite byzantin et dépendant du patriarcat de Jérusalem, se trouve l'église de la Transfiguration construite par l'architecte Stephanos avec sa célèbre mosaïque. Elle date de l'empereur Justinien et se situe à l'emplacement supposé du « Buisson ardent ». D'abord dédié à Marie, le monastère fut par la suite consacré à sainte Catherine d'Alexandrie, sans doute au IXe siècle, époque où l'on découvrit le corps de la sainte. Celui-ci reposait, selon la tradition, sur la montagne voisine ; il y aurait été miraculeusement transporté par les anges et un ermite l'y aurait découvert. La dévotion à sainte Catherine connut un réel engouement en Occident, sous l'impulsion notamment des ducs de Normandie, ce qui entraîna, à partir de la fin du Xe siècle, des pèlerinages occidentaux au Sinaï. Les pèlerins effectuaient généralement ce pèlerinage en se rendant à Jérusalem. Leur séjour au monastère était limité à trois ou quatre jours, durée pendant laquelle les moines leur offraient l'hospitalité, comme en témoignent encore les blasons gravés dans le réfectoire du monastère par les nobles pèlerins de passage[5].

Le monastère se détériorant peu-à-peu, fut restauré en 1592 par une donation du prince Alexandre III de Valachie[6].

Patrimoine artistique[modifier | modifier le code]

Mosaïque de la Transfiguration

La bibliothèque du monastère est, pour ses manuscrits très anciens (avant l'an 1000), la seconde plus riche au monde après la bibliothèque Vaticane. Elle conserve plus de 3 500 volumes en grec, copte, arabe, hébreu, syriaque, arménien, géorgien, valaque, slavon. Elle comprend une bible du VIe siècle.

Le monastère possède une très importante collection de mosaïques, icônes grecques et russes, calices et reliquaires.

La mosaïque de la Transfiguration, à l'abside de l'église, est une des plus remarquables mosaïques byzantines.

Illustrations[modifier | modifier le code]

Dans la culture[modifier | modifier le code]

  • Une partie de l'action du film « La Vallée des rois » (Valley of the Kings de Robert Pirosh, 1954), se déroule en ce lieu (ce qui ne veut pas dire qu'il y a été tourné, mais le monastère apparaît sous plusieurs vues). Le personnage du père Anthyme raconte que les moines discutent depuis plusieurs siècles pour savoir s'il faut mettre ou non une porte au monastère. Dans le film, les échanges avec l'extérieur, y compris de personnes, se font à l'aide d'une cabine d'ascenseur assez rudimentaire en bois, actionnée par plusieurs hommes tournant une roue horizontale, comme dans les monastères des Météores, alors qu'en réalité Sainte-Catherine a toujours eu une porte[7].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Helen C. Evans, Trésors du Monastère de Sainte-Catherine, Mont Sinai, Égypte, Fondation Pierre Gianadda, Martigny, 2004. (ISBN 2-88443-085-7)
  • Corinna Rossi (texte), Araldo de Luca (photographies), "Sainte Catherine, Monastère Orthodoxe du Sinaï", préface de l'Archevêque Damianos, éditions Gründ, Paris, 2006. (ISBN 2-7000-1444-8)
210 pages, grand format relié sous jaquette en couleur 37 × 27 cm. Somptueuse publication présentant toutes les facettes de l'histoire de ce Monastère. L'ouvrage est une traduction française de l'original italien publié la même année par White Star S.p.a. Araldo de Luca compte parmi les plus célèbres photographes d'œuvres d'art. Un incomparable voyage dans le temps, sur les traces de Moïse, du "Buisson Ardent", de l'Antiquité Biblique, illustré de splendides reproductions d'Icônes, de fresques, d'architectures et de paysages d'une beauté transfigurante.
  • (de) John Galey, Kurt Weitzmann, Das Katharinenkloster auf dem Sinai, Belser, Stuttgart, 2003. (ISBN 3-7630-2415-8)
  • (en) Kurt Weitzmann, The Monastery of Saint Catherine at Mount Sinai. The Illuminated Greek Manuscripts. From the Ninth to the Twelfth Century, Princeton University Press, Princeton, 1991. (ISBN 0-691-03602-0)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]