Épître de Jude

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Jude
Auteur traditionnel Jude
Datation traditionnelle vers 80-100
Nombre de chapitres 1
Canon chrétien Épîtres catholiques
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L'Épître de Jude est un livre du Nouveau Testament. Elle est envoyée par « Jude serviteur de Jésus-Christ et frère de Jacques » (Ju v 1), autrement dit Jude l'un des frères du Seigneur cités en Mc 6,3.

Auteur[modifier | modifier le code]

Son auteur est parfois identifié à Jude Thaddée, l'apôtre, cependant il ne se présente pas comme un apôtre au verset 1,1 et évoque leur enseignement à la troisième personne au verset 17.

Datation[modifier | modifier le code]

Si les datations proposées par la recherche oscillent dans une fourchette assez large comprise entre 54 et 180, il semble vraisemblable, selon Jacques Schlosser, de la circonscrire entre 80 et 100[1].

Résumé[modifier | modifier le code]

C'est une lettre adressée à certains saints qui faiblissaient dans la foi. Ils étaient affaiblis par ceux d'entre eux qui professaient être chrétiens mais pratiquaient un culte païen immoral et prétendaient être exemptés de l'obéissance à la loi morale. Jude voulait sensibiliser les saints au danger spirituel dans lequel ils se trouvaient et les encourager à rester fidèles.

Parmi les passages notables, d'un caractère apocalyptique, il y a le verset 6, qui évoque la chute des anges, et les versets 14 et 15, qui citent 1 Hénoch 60:8 et 1:9 (qui est basé lui-même sur la bénédiction de Moïse dans le Deutéronome 33:2.)[2],[3]

  • Jude 14-15 « Hénoch le septième depuis Adam » a prophétisé « Voici, le Seigneur est venu avec ses saintes myriades, pour exercer un jugement contre tous... »
  • 1 Hénoch 60:8 « Hénoch le septième depuis Adam »
  • 1 Hénoch 1:9 « Voici, le Seigneur est venu avec ses saintes myriades, pour exercer un jugement contre tous... »
  • Deutéronome 33:2 « Voici, le Seigneur est venu de Sinaï... il est sorti des myriades de saints »

Voici le témoignage de Saint Jérôme concernant son admission dans le canon :

« Jude, frère de Jacques, a laissé une brève épître, qui est du nombre des sept épîtres catholiques ; elle est rejetée par plusieurs du fait qu'elle invoque le témoignage du livre d'Hénoch, un apocryphe ; cependant, par son ancienneté et l'usage qui en a été fait, elle n'a pas manqué d'autorité et elle prend place au rang des Saintes Écritures. »

Richard Bauckham affirme que l'auteur de Jude considérait le livre d'Hénoch simplement comme authentique[4]. Neyrey cependant laisse ouverte la possibilité que l'auteur de Jude l'ait utilisé rhétoriquement, en toute connaissance de cause[5]. La grammaire de la citation est inhabituelle; au lieu de «Hénoch a prophétisé au sujet de ces hommes" (génitif), le texte grec contient "Hénoch a prophétisé à ces hommes" (datif)[6].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jacques Schlosser, « L'Épitre de Jude », dans Daniel Marguerat (dir.), Introduction au Nouveau Testament, Labor et Fides,‎ , 4e éd. (1re éd. 2001), p. 474-475
  2. Charles. R.H. The Book of Enoch 1904
  3. Nickelsburg, G.W. 1 Enoch, Fortress, 1996
  4. Bauckham Richard, Word Biblical Commentary: Jude, 2 Peter
  5. Neyrey, Jerome H. 2 Peter, Jude Yale University Press
  6. toutois et non peri touton voir: Wallace, Daniel B. Greek Grammar beyond the Basics

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]