Histoire des Juifs en Autriche

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

L'histoire des juifs d'Autriche est inséparable de l'Empire d'Autriche jusqu'au XXe s puis des persécutions nazies à partir des années 1930.

De la naissance des communautés juives à 1918[modifier | modifier le code]

Les premières communautés juives se sont installées à la fin du XIIe s. L'Autriche est devenu un centre culturel juif au cours du XIIIe siècle. les premières expulsions remontent au XIVe s. D'autres ont eu lieu par la suite comme celle de 1669. En 1867, l'empereur François-Joseph accorde aux juifs l'égalité des droits. Dès lors, une bourgeoisie juive assimilée se développe contribuant fortement à la vie culturelle, économique et scientifique autrichienne. En 1900 Vienne grâce à la présence de ses élites juives peut apparaitre selon les mots de Walter Benjamin comme "la capitale du XXe s"[1].

Pourtant au même moment se développent les nouvelles formes de l'antisémitisme nourries par la longue crise qui commence en 1870. Deux mouvements se distinguent: le Christlichsocialeinfluencé par l'antijudaÏsme religieux et l'Alldeutschen, un mouvement pangermaniste. Hitler qui séjourne à Vienne de 1907 à 1913 sera fortement influencé par ces deux mouvements[2]. Après la Première Guerre mondiale et la naissance de la république d'Autriche qui consacre la disparition de l'Empire austro-Hongrois, 201 513 juifs sont concentrés à Vienne[3].

De la naissance de la République d'Autriche à l'Anschluss[modifier | modifier le code]

Après 1918, les sociaux démocrates dominent le vie politique. Malgré l'antisémitisme ambiant, aucune mesure anti-juive n'est prise. Dans les années 1930, on compte quelque 200 000 Juifs vivant en Autriche (recensement 1934: 191.481[4]), principalement à Vienne (1934: 176 034). En 1934, un régime autoritaire est installé en Autriche. Le nombre de juifs dans les secteurs bancaire, judiciaire et médical diminue[2].

Les juifs autrichiens durant le Troisième Reich[modifier | modifier le code]

Suite à l'Anschluss avec l'Allemagne nazie, le 12 mars 1938, l'antisémitisme explose. De nombreux commerces juifs sont pillés. les scènes d'humiliation publique sont fréquentes. Ruth Maier raconte dans son journal: « Même si... les Juifs ne jouissaient pas tout à fait des mêmes droits que le reste de la population , les Juifs occupaient cependant une place décente. Désormais ils sont ravalés au rang d'animaux, de porcs, de non humains. » . Les lois antisémites en vigueur dans le Reich s'appliquent désormais à l'Autriche. Elle raconte encore les violences subies par les juifs: « La rue est déserte. Un jeune juif bien vêtu, arrive au coin. Deux SS surgissent. L'un, puis l'autre, donne une gifle au juif qui vacille, se tient la tête et poursuit son chemin. »

"L’Autriche devient le laboratoire de la politique antisémite[5]" du Reich. les nazis y développent la politique des aryanisations forcées mais aussi l'émigration forcée. En aout 1938, Adolf Eichmann crée la centrale pour l'émigration juive, la Zentralstelle für Jüdische Auswanderng in Wien. Elle prévoit de dépouiller de leurs biens les juifs avant leur départ. en mai 1939, la moitié des juifs d’Autriche a quitté le pays, les deux tiers en septembre 1939[6]. En tout, 130 000 personnes sont concernées. le modèle est copié en Allemagne après la nuit de cristal puis en Bohème-Moravie. Avec la guerre, l'émigration devient difficile. Dans un premier temps, Eichmann envoie 1584 juifs autrichiens dans les environs de Lublin mais l'opération est interrompue par Himmler[7]. en février 1941, les déportations reprennent. Elles concernent 5031 personnes. Mais les préparatifs de l'invasion de l'URSS interrompent le processus. Après les succès de l'opération Barbarossa, les juifs autrichiens sont de nouveau déportés à Lódz, Riga, Minsk ou encore Theresienstadt (plus de 15 000 personnes). En tout près de 49 000 juifs sont déportés. Seul 2162 survivront[7].

65 500 des 191 481 juifs Autrichiens et à peu près 25 000 mischlings sont assassinés par les nazis – on connait les noms de 62 000 d'entre-eux. Tous les autres (130 000–155 000) se réfugient à l'étranger où survivent en se cachant[4],[8]. Entre 2 000 et 5 000 survivent à la Shoah en Autriche ou dans les KZs[8].

Après la Shoah[modifier | modifier le code]

À la chute du Rideau de fer, un nouveau flux de Juifs arrive en provenance de l'ancienne Union soviétique. La population juive autrichienne est estimée actuellement autour de 8 140 personnes (recensement 2001[9]), essentiellement à Vienne (2001: 7 000). Des estimations évoquent le chiffre de 15 000 (Ariel Muzicant, le chef de l'Israelitische Kultusgemeinde (IKG) de Vienne)[10] à 20 000[11] juifs en Autriche actuellement (2007/2008).

Le social-démocrate Bruno Kreisky devient Chancelier de 1970 à 1979. Peter Sichrovsky devient député européen sous la bannière du Parti de la liberté d'Autriche de Jörg Haider et dévoile en 2005 qu'il a travaillé comme agent du Mossad, les services secrets israéliens, de 1997 jusqu'en 2002.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jacques Le Rider : Les Juifs viennois à la Belle Epoque, Editions Albin Michel, Collection : Présences du judaïsme, 2013, ISBN 2226242090
  • Eveline Brugger, Birgit Wiedl. Regesten zur Geschichte der Juden im Mittelalter. Band 1: Von den Anfängen bis 1338. Institut für Geschichte der Juden in Österreich. StudienVerlag, Innsbruck. 2005. (ISBN 3-7065-4018-5).
  • Michaela Feurstein et Gerhard Milchram, Jüdisches Wien : Stadtspaziergänge, Wien, Böhlau,‎ 2001 (ISBN 3-205-99094-3)
  • Sabine Hödl, Peter Rauscher, Barbara Staudinger (ed.) Hofjuden und Landjuden. Jüdisches Leben in der Frühen Neuzeit. Philo Verlag, Vienna. 2004. (ISBN 3-8257-0352-5)
  • Béatrice Gonzalés-Vangell, Kaddish Et Renaissance - La Shoah Dans Les Romans Viennois (1991-2001) De Robert Schindel, Robert Menasse Et Doron Rabinovici, Presses Universitaires Du Septentrion, 2005, 328 pages. (ISBN 2-85939-900-3)
  • Martha Keil, Elke Forisch, Ernst Scheiber. (ed.) Denkmale. Jüdische Friedhöfe in Wien, Niederösterreich und Burgenland Club Niederösterreich, St. Pölten. 2006. (ISBN 3-9502149-0-9).
  • Christoph Lind. "Der letzte Jude hat den Tempel verlassen": Juden in Niederösterreich 1938 – 1945. Mandelbaum Verlag, Vienna. 2004. (ISBN 3-85476-141-4)
  • Barbara Staudinger. "Gantze Dörffer voll Juden": Juden in Niederösterreich 1496-1670. Mandelbaum Verlag, Vienna. 2005. (ISBN 3-85476-165-1)
  • Thomas E. Schärf. Jüdisches Leben in Baden: Von den Anfängen bis zur Gegenwart. Mandelbaum Verlag, Vienna. 2005. (ISBN 3-85476-164-3)
  • Werner Sulzgruber. Die jüdische Gemeinde Wiener Neustadt: Von ihren Anfängen bis zu ihrer Zerstörung. Mandelbaum Verlag, Vienna. 2005. (ISBN 3-85476-163-5)
  • Nicht in einem Bett - Juden und Christen in Mittelalter und Frühneuzeit. Reihe: Juden in Mitteleuropa, Ausgabe 2005. (ISBN 91-90001-01250-6)

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Georges Bensoussan (dir.), Jean-Marc Dreyfus (dir.), Édouard Husson (dir.) et al., Dictionnaire de la Shoah, Paris, Larousse, coll. « À présent »,‎ 2009, 638 p. (ISBN 978-2-035-83781-3), p. 117
  2. a et b Georges Bensoussan, Jean-Marc Dreyfus et Édouard Husson 2009, p. 117
  3. Statistisches Jahrbuch der Stadt Wien 1930–1935 (Neue Folge. 3. Band) Hrsg. von der Magistratsabteilung für Statistik. Beinhaltet die Daten für 1910, 1923 und 1934
  4. a et b Österreichische Historikerkommission: Schlussbericht der Historikerkommission der Republik Österreich. Band 1. Oldenbourg Verlag, Wien 2003, p. 85–87
  5. Georges Bensoussan, Jean-Marc Dreyfus et Édouard Husson 2009, p. 118
  6. Georges Bensoussan, Jean-Marc Dreyfus et Édouard Husson 2009, p. 158
  7. a et b Georges Bensoussan, Jean-Marc Dreyfus et Édouard Husson 2009, p. 119
  8. a et b Österreichische Historikerkommission: Schlussbericht der Historikerkommission der Republik Österreich. Band 1. Oldenbourg Verlag, Wien 2003, p. 291–293
  9. Recensement d'Autriche, 2001
  10. Ariel Muzicant: Österreich ist anders. 12. Mai 2005. In: Der Standard, 4. Mai 2005
  11. Marijana Milijković: Von einer Blüte ist keine Rede – Dennoch tut sich was in der jüdischen Gemeinde: Der Campus im Prater eröffnet. Der Standard, 12 septembre 2008, Seite 2

voir aussi[modifier | modifier le code]

Histoire des Juifs en Allemagne