Leyde

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Leyde
Héraldique
Héraldique
Drapeau
Drapeau
Le Vieux Rhin à Leyde.
Le Vieux Rhin à Leyde.
Administration
Pays Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas
Province Drapeau de la province de Hollande-Méridionale Hollande-Méridionale
Bourgmestre Henri Lenferink (PvdA)
Code postal 2300-2334
Indicatif téléphonique international +(31)
Démographie
Gentilé Leydois
Population 121 221 hab. (2013)
Densité 5 234 hab./km2
Population de l'agglomération 290 000 hab. (2005)
Géographie
Coordonnées 52° 09′ 00″ N 4° 29′ 00″ E / 52.15, 4.48333352° 09′ 00″ Nord 4° 29′ 00″ Est / 52.15, 4.483333  
Superficie 2 316 ha = 23,16 km2
Localisation
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Liens
Site web (en) portal.leiden.nl/en

Leyde /lɛd/ (en néerlandais : Leiden, anciennement en français et néerlandais : Leyden) est la cinquième ville de la province de Hollande-Méridionale aux Pays-Bas. Elle est située entre Amsterdam et La Haye, à une dizaine de kilomètres de la côte de la mer du Nord.

Au 1er décembre 2005, la commune comptait 121 221 habitants et son agglomération environ 290 000.

Les clefs du paradis détenues par l'apôtre Pierre, patron de l'église et de la ville figurent en croix et rouges sur l'écu de la ville, le drapeau ou blason flottant municipal est rouge traversé horizontalement d'une bandeau blanc, avec un cercle à senestre figurant les clefs de l'écu. Alliée à ses rivales urbaines, Amsterdam, Haarlem et Rotterdam, Leyde a constitué le cœur historique qui a permis la naissance et la constitution des Pays-Bas au XVIe siècle. Aujourd'hui en partie distancée par ses rivales et noyée dans la Randstad, elle appartient toujours au centre économique de la nation néerlandaise.

La ville bastionnée, promue universitaire après sa défense en 1574 face à l'armée espagnole est aujourd'hui une ville de services modernes rassemblant plus de 80 % d’actifs. Elle est renommée pour les monuments des quartiers anciens, en particulier son église et son château, son université, le marché aux fromages, les canaux et les moulins à vent, les sculptures égyptiennes du musée royal van Oudheden, les riches collections de ses bibliothèques. La ville a une place particulière dans l'histoire européenne de l'imprimerie et de l'édition, en particulier par le journal politique du XVIIIe siècle dénommée la Gazette de Leyde.

Le jardin de fleurs de plantes à bulbe dit du Keukenhof, mondialement célèbre, est également à moins d'une vingtaine de kilomètres au nord, sur une commune de sa périphérie, Lisse.

Géographie[modifier | modifier le code]

Situation[modifier | modifier le code]

Le territoire de Leyde est situé entre le Vieux Rhin, du moins le tracé de son cours antique et médiéval et les petites rivières, nommées le Doet, le Vliet, le Mark et le Zyl. La ville actuelle, qu'une extension a fait déborder de ses remparts, est toujours traversée par le vieux fleuve et des canaux. Elle se situe à 39 km au sud-ouest d'Amsterdam et reste à 10 km de la mer par le Vieux Rhin.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes de Leyde
Oegstgeest Teylingen
Katwijk Leyde Leiderdorp
Wassenaar Voorschoten,
Leidschendam-Voorburg
Zoeterwoude

Lugdunum Batavorum : une invention humaniste[modifier | modifier le code]

Leyde ne peut que provenir, affirment les humanistes et leurs héritiers érudits[évasif], de Lugdunum batavorum qui désigne une petite cité romaine du Ier siècle sur le Vieux-Rhin. Les Elzevier auront à cœur de reprendre le prestigieux toponyme romain sur la page de titre de leurs éditions du XVIe siècle au XVIIe siècle.

Quelques historiens érudits du siècle des Lumières présument encore par excès de confiance une continuité du site initial. Pris à défaut, ils assimilent encore le Leithen des archivistes à un nom latin. Mais les ressources de la paléographie, de l'archéologie et de la phonétique ont progressivement anéanti cette hypothèse.

La localisation exacte du site répertorié par les cartes romaines n'est pas précise. Pourtant, avant de devenir une éphémère cité par le fruit d'intenses échanges commerciaux née du limes militaire, le Lugdunum Batavorum primitif semble être un campement romain à la frontière de l'Empire. La présence d'un camp de grande importance est prouvée, principalement par la découverte au début des années 1990 du canal de Corbulon, tranchée de 28 kilomètres de long et de 15 mètres de large creusée au Ier siècle pour relier le Vieux Rhin (Leyde) à l'estuaire de la rivière Maas (Naaldwijk), le site correspondant à l'antique Lugdunum des Bataves est sur la ville actuelle de Katwijk-aan-Zee.

Une ville médiévale née d'un village Leithen[modifier | modifier le code]

Leithen avant de prétendre au statut de ville ne serait qu'un hameau gallo-romain situé entre Breestraat, actuelle rue principale, qui était une digue de protection et le canal Rapenburg. Là se situe donc le cœur le plus ancien de la ville avec la construction de l'église Saint Pierre. Le fait que Breestraat soit une digue est encore visible car l'hôtel de ville est bâti sur le point le plus haut de la ville (le fort de Burcht est artificiellement surélevé).

Il semble que les petites cités bataves, en particulier Lugdunum Batavorum, aient connu un fort déclin au début du haut Moyen Âge. L'essor économique au IXe siècle a promu un simple village en ville d'abord modeste, puis fleurissante à l'embouchure du grand fleuve avant le millénaire chrétien. Leythen en 1050, Leithen vers 1150 est une ville prospère répertoriée comme possession de l'évêché d'Utrecht. Après 1400, le toponyme Leyden puis Leiden s'impose définitivement alors que Leithis est une variante préservée en latin médiévale. Leiden francisé très tôt en Leyde est devenu le nom néerlandais, qui a pu s'écrire Leijden en hollandais. L'étymon leithen ou leiden, qui signifie encore en néerlandais et en allemand « conduire, emmener, porter… » est à l'origine de Leithen.

Héritage humaniste[modifier | modifier le code]

La permanence d'une culture urbaine ancienne, en partie héritière de la civilisation de la céramique gallo-romaine et du monde germanique des rivages qui l'a lentement adoptée a facilité les installations propices. La tradition orale de Leyden affirmant la naissance de la cité à partir d'un petit village a bravé la prétention des latinistes humanistes. Les cités abandonnées plus ou moins rapidement par leurs habitants ont permis la formation de multiples noyaux urbains, autant de marchés contrôlés des productions culturales et de l'élevage. En ce sens large, les érudits attachés au nom latin n'ont point tort et Leyde est, avec toutes ses villes rivales de Hollande méridionale, une héritière des anciennes entités urbaines disparues, en particulier de l'antique et éphémère Lugdunum batavorum.

Histoire[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

Les transgressions marines et les modifications du cours des fleuves sont les causes des évolutions des sites humains et des migrations de populations, plus déterminantes que le rôle des hommes dans cette région de Hollande méridionale. Le passé heurté laisse ainsi place à un débat sur la localisation primitive des premiers habitats denses.

Les plus anciennes preuves de la ville médiévale près d'un bras du Vieux-Rhin, encore principale embouchure au XIIe siècle sont les remparts et les fortifications latérales. À un emplacement particulièrement stratégique, le fort nommé Burcht élevé sur un tertre articiciel au XIe siècle défend la ville. Cette citadelle a d'abord été construite en bois vers 830 au moment où la ville semble embryonnaire et ne prend son aspect actuel en pierre au cours du XIIe siècle. À la même époque une seconde église est construite juste à côté. Il n'est pas exclu que la ville d'alors comporte une population romane d'origine urbaine, comme l'atteste l'ancien français parlé de façon populaire, à côté du latin des clercs, dans maintes cités fortifiées d'Allemagne.

À la fin du XIIIe siècle, la ville, célèbre pour son église gothique Saint-Pierre et sa pierre bleue de justice à l'entrée de sa grande rue (Breestraat), ses marchés aux porcs et aux bestiaux (bovins), décline brusquement.

Second essor médiéval et début des Temps modernes[modifier | modifier le code]

La seconde renaissance de la ville médiévale sans doute dépourvue d'un important trafic marchand commence en 1347 quand les tisserands d'Ypres apportent une intense activité drapière. L'implantation successive de générations d'ouvriers flamands en quête de liberté relance les fabrications textiles, en l'occurrence les draps de lin et de laine. Malgré la forte décroissance démographique de l'Europe occidentale lors des décennies qui suivent, la ville hollandaise maintient sa vaillance économique. La ville prospère, réputée pour sa toile camelot, est accaparée par Jean de Bavière en 1420. Maître de l'état bourguignon, Philippe le Bon prend les terres de sa cousine Jacqueline de Bavière.

Durant la Réforme, la présence de tisserands fait pencher la ville dans le camp protestant, à défaut de celui de l'anabaptisme. La cité rejoint le camp des insurgés du nord, fondateurs des Pays-Bas. Les sièges à répétition ne brisent pas l'ardeur résistante des habitants, rassemblés sous l'union des anciens partis rivaux qui les commandent par la noblesse locale, celle des van den Bergh, Goes van Abbmade, van der Marck et van Alphen. Assiégée par une troupe espagnole de 6 000 hommes, Leyde solidaire avec son bourgmestre van des Werff résiste à plusieurs assauts pendant quatre mois en 1574.

Guillaume le Taciturne longtemps hésitant, a suivi ses conseillers qui l'incitent à user de l'arme hydraulique. Il a fait ouvrir les digues et ennoyer le pays. L'immense désordre qui s'ensuit fait patauger les troupes espagnoles et permet surtout à ses bateaux ravitailleurs d'approcher et mettre un terme au siège le 3 octobre. Le stathouder est impressionné par la détermination des défenseurs glorieux et leur offre une université en 1575.

Après une reprise démographique qu'atteste la construction de l'hôtel de ville dès 1579, Leyde, ville prospère, se fortifie en 1611, sa quatrième enceinte connue depuis 1249 correspond très exactement au centre ville actuel. À cette époque cependant de nombreuses rues n'existent pas car la ville a développé un important réseau de canaux ce qui lui vaut le nom de « Venise néerlandaise ». En témoigne le quai du Galgewater qui était le chantier de construction municipale. Les maisons préfabriquées qui en sortent sont menées vers les nouveaux quartiers en érection par les canaux. De même les écluses ou moulins vers les aménagements hydrauliques.

Leyde à l'âge classique[modifier | modifier le code]

Le centre comporte, outre l'hôtel de ville et l'église gothique Saint-Pierre, une douane, un arsenal et un hospice d'invalides ainsi que des tribunaux. L'institution universitaire au départ modeste est à l'origine de la grande et prestigieuse ville universitaire à l'âge classique. Y professent les maîtres Clusius le botaniste à l'origine du jardin botanique, Douza le lettré humaniste, Scaliger le philosophe, Lipsius l'humaniste, Saumaise et Heinsius les philologues, mais aussi les théologiens Gomar, Episcopius, Arminius, et plus tard le médecin clinicien, botaniste, pharmacien et chimiste Boërhaave, le physicien Van Musschenbroek, le philologue Ruhnkenius… Y étudient Grotius, Descartes, Fielding, Goldsmith… Y publient les auteurs soucieux d'une grande diffusion, les chercheurs en quête d'une qualité et précision scientifiques, les penseurs fuyant les persécutions ou craignant la censure.

La Leyde universitaire qui attire un flot de protestants de diverses sectes ou affiliations souvent puritaines est une rivale de l'université voisine de Louvain. En 1613, deux maîtres en théologie leydois, Jacobus Arminius et Francescus Gomarus, se brouillent sur la question augustinienne de la prédestination, portant le trouble religieux à toute la Hollande. À la suite d'Arminius, les remontrants convaincus de l'action terrestre efficace sur un plan divin de l'homme sont majoritaires au conseil municipal de Leyde. Il essaie de préserver par une ferme action de police le calme dans leur cité. Le gouverneur Maurits, s'appuyant sur le camp des contre-remontrants, séduit par la thèse gomarienne, prend le pouvoir par la force en 1618. La famille remontrante ou arminienne du peintre Rembrandt, habitant Weddesteg, y perd ses fonctions publiques, forçant par l'effet de vengeance son fils à l'exil vers Amsterdam. Avec Gerrit Dou, Frans van Mieris ou Jan Steen habitant le Langebrug (ou long pont), Leyde reste néanmoins un centre pictural raffiné.

La liberté personnelle est garantie par la justice hollandaise. Les publications et la presse sont favorisées par une liberté intellectuelle qui fait défaut dans les autres pays soumis à une censure régalienne ou ecclésiastique. Les Nouvelles de Leyde peuvent librement parler de tout. Les livres imprimés ainsi que la presse sont rédigés en langue française afin de se répandre facilement dans toute l'Europe. Des éditeurs, populaires ou érudits, savants ou artistes, animent ce foyer intellectuel, en particulier la famille Elzevier venue de Louvain, porteuse d’art typographique.

La ville de libraires est également renommée au XVIIe siècle - elle le sera encore plus aux siècles suivants après avoir cédé une seconde place économique hollandaise due à son activité drapière - pour ses sociétés savantes et leurs bibliothèques et collections scientifiques et d'antiquités, son observatoire astronomique fondé en 1623, ses musées, sa production de bulbes, l'élevage de bétail, la qualité du beurre et des fromages sur le marché aux fromages.

En 1655, malgré des mesures de confinement par quartiers, la peste décime la ville.

Leyde au siècle des Lumières, sous la Révolution et l'Empire[modifier | modifier le code]

La ville s'affirme en centre mondial de l'imprimerie. L'architecture du Rapenburg témoigne de cette époque.

La ville est occupée par les armées françaises en 1793. Annexée avec l'ensemble des Pays-Bas hollandais et autrichiens, Leyde est l'éphémère chef-lieu d'arrondissement des Bouches-de-la-Meuse.

En 1807, l'explosion accidentelle d'un bateau chargé de poudre rase le quartier proche du port.

Expansion industrielle après 1860[modifier | modifier le code]

En 1860, la ville, située dans la plaine, dispose d'une gare sur la voie de chemin de fer vers Amsterdam et compte 38 000 habitants. La fabrique de draps et d'étoffes de laine, la filature de laine, les indiennes alors en déclin, se maintiennent néanmoins à côté des forges, des tanneries et des distilleries de genièvre. L'industrie du livre et les activités d'édition conservent leur ampleur ainsi que les activités horticoles, agricoles, fruitières et fromagères traditionnelles[1].

L'industrie métallurgique rejoint le développement des arts graphiques, le secteur des matériaux de construction et l'industrie agro-alimentaire déjà implantés pour assurer une lente et difficile croissance. Les canaux sont comblés principalement à la fin du XIXe siècle à la fois pour des raisons sanitaires du fait de l'accroissement de densité de l'habitat ouvrier et pour faire face à l'augmentation de la circulation et du trafic marchand.

Témoignage du bouillonnement éditorial, Leyde est la ville de naissance de la revue De Stijl animé par le théoricien Théo van Doesburg et le peintre Piet Mondrian. En 1920, la population compte 58 000 habitants.

Au XXe siècle, la ville s'étend au nord-ouest et l'on construit à la croisée du Vieux Rhin (Oude Rijn) et du Nouveau Rhin (Nieuwe Rijn) à l'emplacement particulièrement stratégique du fort de Burcht. En 1955, la ville compte 94 893 habitants. Au milieu des années 1960, la commune dépasse le seuil de 100 000 habitants. L'activité est encore industrielle : industries textiles et alimentaires, métallurgie et construction mécanique, papeterie et imprimerie forment les principaux pôles.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Jumelages[modifier | modifier le code]

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

Historique de la population[modifier | modifier le code]

Évolution récente
Commune Agglomération Aire urbaine
1960 96 440 172 927 222 616
1970 101 221 203 849 262 507
1980 103 446 218 366 282 906
1990 110 423 235 492 308 393
2000 117 191 235 515 312 762
2009 116 787 250 154 334 570

Sports[modifier | modifier le code]

Leyde a été ville départ du Tour de France 1978.

Culture et patrimoine[modifier | modifier le code]

Patrimoine bâti et architecture[modifier | modifier le code]

La ville de Leyde a conservé nombre d'édifices urbains anciens, parmi lesquels :

Musées[modifier | modifier le code]

Crâne aztèque, musée d'ethnologie de Leyde

La ville est depuis trois siècles remarquable par ses musées. Le musée municipal où s'expose le Jugement dernier de Lucas de Leyde est complété par cinq entités spécialisées en ethnographie, antiquités, histoire des sciences et beaux-arts.

Documents précieux[modifier | modifier le code]

La bibliothèque universitaire (Universiteisbibliotheek) conserve le plus ancien document contenant des mots bretons : un traité de médecine du VIIIe siècle.

Évènements[modifier | modifier le code]

Chaque année, le 3 octobre, les Fêtes du 3 octobre commémorent la fin du siège espagnol de la ville en 1574. C'est une journée de fête locale durant laquelle la circulation est interdite.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Nées à Leyde[modifier | modifier le code]

Vivant ou ayant vécu à Leyde[modifier | modifier le code]

De l'ancienne culture à Leyde[modifier | modifier le code]

La joyeuse ville populaire, l'austère ville protestante, la libre ville de tolérance et son milieu favorisant les échanges argumentés respectueux entre savants rivaux en recherche, celle qui a attiré les penseurs tels que Descartes ou retenus de nombreux savants à l'âge d'or hollandais, s'est étendue et a profondément changé en un peu moins d'un siècle. Mais cette culture d'autrefois transparaît encore, autant dans les hommes, les bâtiments ou les paysages, sous l'aiguille caractéristique de la tour de l'ancien hôpital Saint-Jean.

Vision parallèle entre culture et paysage[modifier | modifier le code]

Le prestigieux monde savant de Leyde, associant botanistes et médecins, physiciens et chimistes, mathématiciens et astronomes, peintres et érudits… n'a pas entièrement disparu, à l'instar des champs de tulipes et de jacinthes, des canaux et des moulins ou du lac de Kager au nord de la commune. Les cultures de fleurs sous serre se sont simplement multipliées, quelques moulins ont été rénovés et transformés en musée, la superficie du lac de Kager s'est rétrécie par la mise en culture des bords asséchés, mais reste suffisante aux amateurs de voiles. Et une profonde continuité existe, symbolisée par le plus ancien jardin historique de Hollande, le Clusius Garden créé en 1594. Et l'art ou la recherche en sciences persistent, à l'image d'une nature qui reprend ses droits sur une fraction des proches rivages dunaires rassemblés en parc national marin entre l'ouest de Harlem et le nord-ouest de Leyde.

Une culture leydoise de la liberté chrétienne[modifier | modifier le code]

Foyer de la résistance réformée, Leyde est longtemps restée une ville à l'austère quiétude hollandaise, que l'on retrouve parfois en flânant près des étals typiques des marchands ambulants ou dans les quartiers pittoresques, comme l'embarcadère du Rapenburg ou l'arsenal, lorsqu'ils sont vidés des surpopulations touristiques en bref passage. L'entrée de la forteresse de la ville ornée des armoiries des familles nobles, représentant les clans politiques ou partis protagonistes de l'exténuante défense pendant le siège espagnol de 1573-74, le maintien du Burcht sur son monticule gazonné, au confluent des deux bras du Rijn, fleuve canalisé qui traverse le centre historique rappelle l'effort héroïque des hommes pour vivre en domptant la nature ou survivre en face des épreuves ou des rivalités. La liberté et l'indépendance à Leyde naissent d'un gigantesque effort collectif vers l'approche d'une valeur de partage commune, ce sont des fruits de participation combattante, solidaire, acharnée et souvent individuellement périlleuse, mobilisant les ressources de tous les esprits, de toutes les âmes et de tous les corps, consacrées à la lutte de subsistance et de résistance de la communauté. La culture savante ou populaire sans barrière de statuts absolus, le respect et le refus du mépris arrogant et de la supériorité dégradante, la démocratie politique et la tolérance religieuse n'en sont que des facettes.

Rituels saisonniers[modifier | modifier le code]

Leyde a gardé une commémoration symbolique de la fin du terrible siège de 1573/74. L'« année de la faim » restée dans les mémoires populaires était ainsi rappelé invariablement au mois d'octobre : une courte phase de jeûne, de déploration folle, de lamentations égoïstes et d'abandons individualistes exprimés plus tard succinctement par des phrases où tout est perdu comme « Leiden is in last » correspondant en français à peu près à « c'est la fin des haricots », se résolvait par des cérémonies et banquets plantureux de célébration de la survie après le deuxième jour.

L'université fondée par ordre royal en récompense envers les sacrifices consentis pour la résistance victorieuse et les sociétés savantes s'associaient aussi dans leur registre propre à la célébration rituelle d'une des années de la longue guerre de Quatre-Vingts Ans, constitutive de l'identité leydoise. La fête populaire correspond à un décalage expressif de l'ancienne saint-Remi, fête de la vie animée qui clôture la fin des principales récoltes champêtres, honore les paiements des baux. Par ce décalage en tension né de l'événement, les Leydois d'autrefois avaient l'impression de fêter une première fois Noël avant l'heure.

Langue dialectale[modifier | modifier le code]

Le dialecte de Leyde (Leids en nl.) est encore parlé dans la ville et dans ses environs. Il appartient au groupe linguistique du hollandais méridional.

Ce dialecte de Leyde est un dialecte hollandais qui, au cours des XVIe siècle et surtout XVIIe siècle, s'étend de plus en plus vers les dialectes des villages et villes environnants. Cela est imputé à la grande immigration religieuse venant du Sud, surtout des Pays-Bas méridionaux, en particulier des Flandres, du Limbourg, du Brabant et du Luxembourg ainsi qu'au-delà, de Lorraine et du Royaume de France.

Le dialecte urbain de Leyde montre assez tôt une remarquable diversité, aussi bien dans les sons que dans les choix lexicaux. En fait, il résulte de la rencontre par fusion ou assimilation, opposition en doublon ou divergence irréductible avec effacement d'au moins deux dialectes sources différents à l'origine, un idiome hollandais et un idiome flamand-occidental[2]. Ce dernier idiome a disparu depuis longtemps, mais il est encore attesté au XIXe siècle, période de basses eaux religieuses pendant laquelle un groupe assez important de gens à statut social élevé abandonne le dialecte pour cultiver souvent un plurilinguisme de prestige.

Le dialecte de Leyde était souvent comparé, par les observateurs qui n'étaient pas habitants de Leyde, avec le dialecte de Rotterdam, avec qui il partage bien plus de ressemblances qu'avec celui de La Haye, d'Amsterdam ou d'Utrecht. Contrairement au dialecte de Rotterdam, on le parle assez bien entre les dents.

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le Holland Leyden est un fromage bien connu à New York, en vente dans le Zabar's de Broadway au siècle dernier.[évasif]
  2. Ce phénomène est observé dans la genèse du néerlandais à l'âge classique, les parlers des locuteurs flamands et surtout les écrits des auteurs émigrés du comté de Flandre ayant contribué à la richesse linguistique de la langue véhiculaire nationale.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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