Livre de Jérémie

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Le livre de Jérémie (יִרְמְיָהוּ Yirməyāhū) est un livre du Tanakh et de l'Ancien Testament, écrit selon la tradition juive et chrétienne par le prophète Jérémie.

Sa rédaction commence avant la destruction de Jérusalem par les Babyloniens car il était déjà répandu et utilisé par les Juifs durant leur Exil à Babylone.[réf. nécessaire] La quatrième année de Joachim correspond à 605/604 av. J.-C. ; c’est-à-dire au moment où la bataille de Karkemish fait basculer le Moyen-Orient de la domination égyptienne à celle de Babylone). Selon le texte, lorsqu'il prend connaissance du contenu du livre, le roi Joachim déchire le rouleau et le jette au feu ; Jérémie doit alors le récrire.

Le prophète Jérémie à la dictée, gravure de Gustave Doré.

Genèse de Livre de Jérémie[modifier | modifier le code]

Le texte de Jérémie contenu dans la Septante est assez différent du texte massorétique. Cela implique que le texte a sans doute été retravaillé. Ainsi, seuls les chapitres 2-6, 21-22 et 37-43 sont aujourd'hui encore attribués au prophète Jérémie. Ces premiers textes sont ensuite complétés aux VIe siècle av. J.-C. et au Ve siècle av. J.-C. pour créer le livre proprement dit. Enfin, des ajouts successifs modifient encore le texte jusqu'au IIe siècle av. J.-C.[1].

Contexte[modifier | modifier le code]

Le peuple israélite se souille avec des orgies et des rites païens. Jérémie doit alors annoncer la désolation de Juda et de Jérusalem, dont le temple ; sont aussi annoncés la captivité du peuple et d'autres malheurs.

Le livre de Jérémie est cité à plusieurs reprises dans le Nouveau Testament dans l'évangile selon Matthieu aux chapitres 2, 16 et 27. Jésus Christ a associé les paroles de Jérémie (7:11) à celles du prophète Ésaïe (56:7); la hardiesse et le courage de Jésus amenèrent certaines personnes à le prendre pour Jérémie (Matthieu 16:13, 14). La prophétie de Jérémie relative à une nouvelle alliance (Jérémie 31:31-34) est reprise dans l'Épître aux Hébreux, parfois attribué à Paul de Tarse.

Résumé[modifier | modifier le code]

Les chapitres 1 à 6 contiennent les prophéties prononcées pendant le règne de Josias. Les chapitres 7 à 20 sont des prophéties prononcées du temps de Joaqim. Les chapitres 21 à 38 traitent du règne de Sédécias. Les chapitres 39 à 44 contiennent des prophéties et décrivent les événements historiques qui suivirent la prise de Jérusalem en -586. Le chapitre 45 contient une promesse à Baruch, son disciple scribe, qu'il aurait la vie sauve. Finalement les chapitres 46 à 51 sont des prophéties prononcées contre les nations étrangères. Le chapitre 52 est une conclusion historique. Le livre de Jérémie contient aussi une allusion à l'existence prémortelle et à la préordination de Jérémie (Jé 1:4–5), la prophétie du retour d'Israël de sa dispersion, prenant « un d'une ville, deux d'un clan pour les ramener en Sion », pays agréable où les royaumes d'Israël et de Juda pourraient demeurer en sécurité et en paix (Jé 3:12–19) et une prophétie de Dieu rassemblant les Israëlites déportés dans les « pays du nord » (après l'anéantissement de leur royaume par les Assyriens en -722) en envoyant des « pêcheurs » et des « chasseurs » pour les trouver (Jé 16:14–21). Selon Jérémie, cet événement des derniers jours prendra des proportions encore plus importantes que l'Exode d'Égypte sous Moïse (Jé 16:13–15 ; 23:8).

Contenu[modifier | modifier le code]

Jérémie est choisi par Dieu pour servir de prophète. Il est assuré de bénéficier de son soutien. Jérémie 1:19 dit: « À coup sûr ils combattront contre toi, mais ils ne l’emporteront pas sur toi, car ‘je suis avec toi’, c’est là ce que déclare Yahvé, ‘pour te délivrer’. ».

Infidélité de Jérusalem[modifier | modifier le code]

La ville est représentée comme une femme prostituée aux dieux étrangers. Yahvé invite son peuple à revenir notamment parce qu'il est leur propriétaire (son époux au sens figuré). Ils peuvent revenir à condition d’ôter leurs choses immondes sinon, de la même manière que les Juifs ont quitté Dieu pour servir des faux dieux, Dieu les fera servir des étrangers dans un pays qui n’est pas le leur, en esclavage. En effet, ils vouent un culte au dieu Baal en brûlant leurs fils et filles dans la vallée de Hinnom. Cette vallée, d'après Jérémie, sera appelée « la vallée de la tuerie » et les cadavres de ce peuple deviendront une nourriture pour les oiseaux et les bêtes. Cette annonce correspond à ce qu'est devenue cette vallée, en étant synonyme de la Géhenne, symbole de destruction totale.

La persécution du prophète[modifier | modifier le code]

Irrité par une prédication de Jérémie, le commissaire en chef du Temple de Salomon met le prophète aux ceps toute une nuit. Du coup, Jérémie envisage de renoncer à prophétiser, mais il ne peut garder le silence car la parole de Yahvé « devient dans son cœur comme un feu brûlant, enfermé dans ses os ». Il fait alors une succession d'annonces tragiques : le roi de Babylone assiégera Jérusalem qui sera détruite par la peste, l’épée, la famine et le feu. Concernant les rois, Joachaz mourra en exil, Joachim aura un enterrement d’âne et son fils Joaquin mourra à Babylone.

Plus loin, alors qu'il est menacé de mort pour une raison similaire, Jérémie se défend en clamant son innocence, car il parle au nom du Dieu d'Israël. Quelques anciens, alors gagnés à sa cause, évoquent le souvenir du prophète Michée qui, sous le règne d'Ézéchias, roi de Juda, avait pu proférer d'épouvantables prophéties sans être inquiété.

Condamnations contre les nations[modifier | modifier le code]

Les chapitres 45 à 49 annoncent une suite de condamnations. Au moyen de trois prophéties parallèles, le malheur est annoncé pour toutes les nations de la terre.

  1. Pour commencer, Nabuchodonosor II est présenté comme l'exécutant des ordres de Dieu chargé de dévaster Juda et les nations alentours, et de continuer en disant de Babylone qu'elle « (…) deviendra des solitudes désolées pour des temps indéfinis (…) ». (Jérémie 25:12).
  2. La vision de la coupe du vin de la fureur de Dieu est réservée pour toutes les nations qui la « boiront et oscilleront et se comporteront comme des hommes pris de folie ». En plus de villes de Jérusalem et de Juda, l’Égypte, la Philistie, l'Édom, Tyr, les pays proches et éloignés, et finalement « tous les autres royaumes de la terre qui sont à la surface du sol ».
  3. Dieu doit se mettre à « rugir d’en haut, contre tous les habitants de la terre ». Cette dernière prophétie force le rapprochement avec les prophéties du livre de l'Apocalypse.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Thomas Römer (éd.), Jean-Daniel Macchi (éd.) et Christophe Nihan (éd.), Introduction à l'Ancien Testament, Labor et Fides, 2009, p=432-435

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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