Hayao Miyazaki

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Hayao Miyazaki

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Hayao Miyazaki en 2008.

Nom de naissance 宮崎駿
Miyazaki Hayao
Naissance (73 ans)
Drapeau : Japon Tokyo (Japon)
Nationalité Japonais
Profession Réalisateur
Dessinateur
Films notables Nausicaä de la vallée du vent
Le Château dans le ciel
Mon voisin Totoro
Kiki la petite sorcière
Porco Rosso
Princesse Mononoké
Le Voyage de Chihiro
Le Château ambulant
Ponyo sur la falaise
Le vent se lève
Site internet ghibli.jp

Hayao Miyazaki (宮崎 駿, Miyazaki Hayao?), né le à Tokyo, est un mangaka, un réalisateur de films d'animation japonais et le cofondateur du Studio Ghibli.

Presque inconnu en Occident en dehors des cercles d’amateurs d’anime et de manga jusqu’à la sortie internationale de Princesse Mononoké en 1999, ses films rencontrent aujourd’hui un grand succès partout dans le monde et surtout au Japon où certains ont battu des records d’affluence[1].

Il explore souvent les mêmes thèmes centraux, la relation de l’humanité avec la nature, l’écologie et la technologie, ainsi que la difficulté de rester pacifiste dans un monde en guerre. Les protagonistes de ses films sont le plus souvent de jeunes filles ou femmes fortes et indépendantes, et les « méchants » ont des qualités qui les rendent moralement ambigus, comme les kamis de la religion shintoïste.

Ses œuvres sont tout aussi accessibles aux enfants qu’aux adultes. Au Japon, il est considéré comme l’égal d’Osamu Tezuka, et en Occident on le compare souvent à Walt Disney. Toutefois, Miyazaki reste modeste et explique le succès de son entreprise par la chance qu’il a eue de pouvoir exploiter pleinement sa créativité.

Il reçoit les honneurs du magazine Time en 2006 qui le place comme l’une des personnalités asiatiques les plus influentes des 60 dernières années[2].

Le , Koji Hoshino, le président du Studio Ghibli, annonce que Miyazaki prendra sa retraite du cinéma après la 70e Mostra de Venise où son dernier film, Kaze Tachinu (Le vent se lève), en compétition pour le Lion d'or[3] n'a pas été récompensé. Le film est sorti en France le 22 janvier 2014.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance et jeunesse[modifier | modifier le code]

Né le 5 janvier 1941 à Tokyo[4] (au quartier d’Akebono dans l’arrondissement de Bunkyō), deuxième d’une fratrie de quatre garçons[5] (Arata, né en juillet 1939, Yutaka, né en janvier 1944, et Shirō)[6], sa petite enfance est marquée par un Japon dévasté par la Seconde Guerre mondiale. L’œuvre de Miyazaki en sera beaucoup inspirée.

Son père, Katsuji Miyazaki, est alors directeur de Miyazaki Airplane, une entreprise en aéronautique appartenant à son frère (l’oncle de Hayao) qui produisait les gouvernes des Zero (avions de chasse japonais). C’est certainement à ce contexte que Miyazaki doit cette passion pour les avions et le vol en général, thèmes omniprésents dans son œuvre[7].

La mère de Hayao était une femme intelligente, plutôt réservée et stricte. Entre 1947 et 1955, souffrant de tuberculose vertébrale, elle reste alitée, d’abord à l’hôpital puis chez elle, pendant neuf ans. Hayao était très proche d’elle ; par bien des aspects le film Mon voisin Totoro est autobiographique[5]. Shirō Miyazaki, le frère cadet de Hayao, dit du personnage de Dora dans Le Château dans le ciel qu'il est basé sur leur mère, non physiquement mais en ce qui se rapporte à la personnalité[6].

Fuyant la guerre, la famille Miyazaki déménage souvent en 1944 et 1945 (entre autres à Utsunomiya et Kanuma, tous les deux dans la préfecture de Tochigi au nord de Tokyo). L’usine de Miyazaki Airplane était à Kanuma. Le petit Hayao connaît trois écoles différentes en six ans  : entre 1947 et 1949, il est inscrit dans une école primaire d’Utsunomiya, en 1950 il étudie à l’École Omiya au quartier Suginami de Tokyo, sa famille s’étant réinstallée à la capitale, et de 1951 à 1955 à l’École Eifuku. Il passe ses années lycéennes à l’École Omiya (1956 et 1957) et au lycée Toyotama (1958)[6],[7].

Pendant sa dernière année au lycée, il découvre le premier film d’animation japonais en couleurs : Le Serpent blanc (Hakuja den), de l’animateur Yabushita Taiji du studio Toei, inspiré d’un conte populaire chinois. Pour le jeune Hayao, ce fut une révélation ; il dit être tombé amoureux de l’héroïne, Pai-nyan, et avoir pleuré toute la nuit[5]. Il est également grand amateur d’Osamu Tezuka et exerce alors ses talents de dessinateur, d’abord en faisant des croquis d’avions en imitant son héros, mais trouve qu’il ne peut pas dessiner les personnes[6]. Un jour, se rendant compte qu’il ne faisait que copier le style de Tezuka, il brûle tous les manga qu’il avait dessinés ; il dit s'être rendu compte que créer son propre style était très difficile[5]. En 1962, il entreprend des études en économie à Gakushūin et rédige une thèse sur l’industrie japonaise. La même année, il rejoint un club de recherches à Gakushūin sur la littérature enfantine[6].

Début de carrière au studio Toei[modifier | modifier le code]

Miyazaki commence sa carrière en avril 1963 comme intervalliste au studio Toei[4]. Il se fait connaître d’abord avec son travail sur Garibā no Uchū Ryokō (1965) ; ayant trouvé la fin du film non satisfaisante, il en propose une autre qui est acceptée et incorporée au film. Après un entraînement de trois mois, il est affecté au film Les Fidèles Serviteurs canins (Wan wan chushingura) puis à la première série télévisée du studio, Ken, l'enfant-loup, concurrente de Astro, le petit robot d’Osamu Tezuka. Il perçoit un salaire de dix-neuf mille cinq cents yens (le loyer de son petit appartement dans le quartier Nerima lui coûte six mille yens)[6].

Quand quelques troubles syndicaux éclatent en 1964 au sein du studio, Miyazaki prend la tête des manifestants et devient secrétaire en chef du syndicat des travailleurs[7]. Isao Takahata est alors le vice-président du syndicat. C’est à cette époque qu’il rencontre Akemi Ōta, également animatrice au studio, qu'il épouse en octobre 1965 ; le jeune couple déménage à Higashi-Murama[6].

L’année 1965 marque aussi le début d’une longue collaboration avec Takahata avec un premier projet commun, Hustle Punch. Lorsque Takahata commence à travailler sur le film Horus, prince du Soleil, Miyazaki, qui a alors 22 ans, est volontaire pour rejoindre le projet[8] qu’il considère comme sa dernière chance de travailler sur un long métrage et d’arrêter les séries télévisées. Takahata, Miyazaki et Yasuo Ōtsuka se font la promesse de terminer ce projet, coûte que coûte. Le film, réussite artistique mais échec commercial, ne sort finalement que le .

La même année, Miyazaki travaille avec sa femme sur Le Chat botté (長靴をはいた猫, Nagagutsu o haita neko?) mais est cette fois promu animateur clé[8],[6]. Il assure l’animation de la course-poursuite qui marque le climax du récit. En 1969, il anime quelques plans du film Le Vaisseau fantôme volant (空飛ぶゆうれい船, Sora tobu yūreisen?), un autre long métrage, toujours en compagnie de sa femme[8].

Le couple donne naissance à deux fils : Gorō Miyazaki en janvier 1967, qui deviendra lui aussi réalisateur, travaillant parfois pour le studio de son père, et un second en avril 1969, Keisuke, artiste ayant fait des gravures et figurines en bois, dont une qui apparaît dans le film Si tu tends l’oreille[5],[6]. La famille déménage à Tokorozawa dans la préfecture de Saitama en 1970[6]. Sa femme quitte son travail pour élever les garçons.

Parallèlement, Miyazaki travaille sur diverses séries télévisées : (en) Sally la petite sorcière (魔法使いサリー, Mahotsukai Sally?), (en) Mystérieuse Akko-chan (en) (ひみつのアッコちゃん, Himitsu no Akko-chan?) et se lance dans le manga. Le Peuple du désert (砂漠の民, Sabaku no Tami?), paraît de septembre 1969 à mars 1970 dans Shōnen Shojo Shinbun, sous le pseudonyme de Akitsu Saburo.

Il participe en 1970 et 1971 à l’animation d’un film réalisé par Ikeda Hiroshi, Les Joyeux Pirates de l’île au trésor[8], adaptation du célèbre roman de Stevenson. Un personnage original voulu par Miyazaki apparait : Cathy, une jeune fille rousse vêtue de bleu, que l’on reverra par la suite sous différentes formes au fil de son œuvre.

L’après Toei, l’avant Ghibli[modifier | modifier le code]

En 1971, Miyazaki quitte Toei et rejoint Isao Takahata et Yōichi Kotabe aux studios A-Pro[4].

Il accompagne Yutaka Fujiota (président de Tokyo Movie) en Suède pour essayer d’obtenir les droits d’adaptation de Fifi Brindacier (Nagakutsushita no Pippi), pour lequel ils avaient déjà créé des storyboards, et pour parler à l’auteur du livre, Astrid Lindgren. Leur démarche échoue et le projet est annulé[6],[7]. Ce voyage est son premier à l’étranger. Les paysages de Scandinavie seront souvent utilisés dans ses films, notamment dans Kiki la petite sorcière, où l'aspect de Koriko et ses environs sont basés sur Stockholm, en particulier sa vieille ville, le Gamla stan, et Visby sur l’île de Gotland[9].

Il visite également de nombreux endroits à Tokyo pour un possible nouveau bâtiment pour le studio.

Le trio Miyazaki, Takahata, Kotabe réalise plusieurs épisodes de la série Lupin III (ルパン三世, Rupan sansei?) et le court métrage Panda Petit Panda (パンダコパンダ, Panda Kopanda?). En 1973, la suite Panda et Petit Panda, le cirque sous la pluie (パンダコパンダ 雨降りサーカスの巻, Panda Kopanda, amefuri sākasu no maki?) sort en salle et déjà, le trait rond et jovial du panda augure le célèbre Totoro.

En juin 1973, le trio quitte A-Pro pour Zuiyo Pictures, une filiale de Nippon Animation[4],[6]. Ils travaillent pendant cinq ans sur les World Masterpiece Theater (世界名作劇場, Sekai meisaku gekijō?, ou simplement Meisaku), séries de la Nippon Animation inspirées de romans occidentaux et pour la plupart distribuées en France. On peut par exemple citer Heidi (série télévisée d'animation) (アルプスの少女ハイジ, Arupusu no shōjo Haiji?, Heidi, la petite fille des Alpes – 1964) pour lequel Miyazaki a travaillé en tant que concepteur scénique et fait un voyage en Suisse pour s’inspirer des paysages. En 1975, Miyazaki voyage également en Italie et en Argentine pour préparer Marco (母をたずねて三千里, Haha o tazunete sanzenri?).

En 1978, Miyazaki obtient chez Nippon Animation l’opportunité de passer à la réalisation. Il en résulte une série de 26 épisodes de 26 minutes chacun, intitulée Conan, le fils du futur (未来少年コナン, Mirai shōnen Conan?). Cette série, basée sur le roman pour enfants The Incredible Tide (en) d’Alexander Key (en), aborde d’ailleurs des thèmes similaires à ceux de Nausicaä (monde post-apocalyptique, graves problèmes écologiques) ou Laputa (similarités des héros) et présente les premières machines volantes créées par Miyazaki.

La même année, un jeune reporter – Toshio Suzuki – récemment transféré à un nouveau mensuel, Animage (qui traite de l'animation japonaise et de l'activité artistique), appelle Takahata pour lui parler de Horus, prince du soleil, sur lequel il comptait écrire un article pour sa rubrique sur les classiques de l’animation. Takahata lui parle pendant une heure, mais refuse de parler de Horus, se concentrant sur ses projets plus récents. Il passe le téléphone à Miyazaki, qui lui parle de Horus et demande pas moins de seize pages dans Animage. Suzuki renonce à citer les deux dans le magazine, mais ne les oublie pas. Il deviendra plus tard producteur en chef du Studio Ghibli et ami inséparable de Miyazaki[1].

En 1979, Miyazaki rejoint la Tōkyō Movie Shinsha. La même année, sort son premier film en tant que réalisateur : Le Château de Cagliostro (ルパン三世カリオストロの城, Rupan sansei: Kariosutoro no shiro?). Devenu depuis un classique, ce film représente une étape marquante dans la carrière de Miyazaki. Suzuki et Miyazaki se voient pour la première fois. Miyazaki l’ignore complètement, refusant même d’être pris en photo (Suzuki n’en aura qu’une seule). Malgré cette expérience, Suzuki continue à écrire sur le travail de Miyazaki dans Animage[1].

L’année suivante, Miyazaki travaille pour Telecom Animation Film et prend la casquette d’instructeur en chef pour les nouveaux animateurs. À la même période, il réalise les épisodes 145 et 155 de la série Lupin III et utilise Telecom, le nom de sa société, comme pseudonyme[6].

Le succès de Nausicaä et les années Ghibli[modifier | modifier le code]

En 1982, il réalise les six premiers épisodes (dont il signe également le scénario) de la série Sherlock Holmes (finalement diffusée en 1984 et 1985) en coproduction avec la RAI italienne. Cette série raconte les aventures d'un Sherlock Holmes présenté sous les traits d'un renard anthropomorphe.

C’est vers cette époque qu’il côtoie régulièrement Suzuki, avec qui il parle de ses idées de projets futurs. Celui-ci décide de l’aider à les réaliser, en commençant par Nausicaä de la vallée du vent[10]. Il essuie refus après refus des producteurs, qui demandaient à l’époque des mangas ou de la musique avant d’accepter un projet. Suzuki ne baisse pas les bras, et fait publier dans Animage la version manga de Nausicaä, grande saga épique et écologique que Miyazaki mettra douze ans à terminer. Le manga est un grand succès et est élu manga préféré des lecteurs d’Animage l’année suivante[1]. Miyazaki publie également Le Voyage de Shuna (Shuna no tabi), manga assez proche de Princesse Mononoké (Mononoke Hime).

En 1983, le projet de faire un long métrage des premiers volumes de Nausicaä est lancé. Le frère cadet de Miyazaki, Shirō, travaillant à Hakuhōdo, la seconde plus grande agence de publicité du Japon, le film est une coproduction Tokuma-Hakuhōdo[6]. Miyazaki étant très exigeant sur la qualité, la production prend du retard. Une petite annonce est publiée dans Animage pour trouver plus d’animateurs et le jeune Hideaki Anno (mieux connu aujourd’hui pour son travail dans Neon Genesis Evangelion) répond à l’appel. Miyazaki, ébloui par la qualité de son travail, l'embauche immédiatement et le met au travail sur la scène clé du film : l’arrivée du « soldat géant ». En novembre 1984, le film sort dans les salles japonaises ; on verra de longues files d’attente devant les cinémas du pays[1].

Le succès de l’adaptation cinématographique de Nausicaä lui permet en 1985 de fonder le Studio Ghibli (basé au quartier Suginami de la capitale japonaise), en compagnie d’Isao Takahata ; ils occupaient le bâtiment lui-même depuis avril 1984[6]. Le succès du film et la fondation du studio surviennent à une époque difficile pour Miyazaki, sa mère étant décédée un an avant la sortie du film, en juillet 1983, à l’âge de 71 ans[6].

Miyazaki entend dès lors se concentrer sur les longs métrages d’animation alors que le genre est essentiellement représenté au Japon par les séries et OAV. Il produit donc des films d’animation en nombre beaucoup plus restreint mais de grande qualité. Le premier projet du studio est le long métrage Le Château dans le ciel, qui sort en août 1986.

Reproduction en taille réelle de la maison des petites Satsuki et Mei de Mon voisin Totoro

La consécration doit attendre 1988 avec la sortie de Mon voisin Totoro (Tonari no Totoro). Le film connaît un tel succès au Japon qu’à l’heure actuelle, tous les Japonais connaissent le personnage éponyme qui est devenu l’emblème et mascotte du studio. La chanson d’introduction, chantée par Azumi Inoue (en), devient aussi un standard parmi les comptines chantées à la maternelle par les enfants japonais. Toutefois, quand Toshio Suzuki parle du projet chez les producteurs Tokuma pour la première fois en 1986, il est tout de suite refusé. Il en est de même lors de son second essai, en couplant Totoro (réalisé par Miyazaki) avec Le Tombeau des lucioles (de Takahata). Le travail sur les deux films commence seulement après le soutien de l’éditeur du roman du Tombeau. Le studio travaille alors sur les deux films en même temps. Ce sont deux années difficiles pour Miyazaki et son équipe, qui doivent plaire à deux maisons d’édition à la fois (Totoro étant lui aussi basé sur un livre, celui-ci pour enfants) et jongler avec deux équipes d’animateurs[1].

Peu après la sortie de ces films, Miyazaki s’assoit devant une gare toute une journée pour observer le mouvement des jupes des passantes. Ce qu’il vit est incorporé dans son prochain film; en 1989, Kiki la petite sorcière, dont l’héroïne porte toujours une longue robe noire de sorcière, est un véritable succès. Basé sur le roman d’Eiko Kadono, le film est classé premier au box-office japonais pour l’année 1989, récoltant 2 170 millions de yens et cumulant 2 604 619 entrées en salle[1].

Suzuki, fidèle ami de Miyazaki et de Takahata, travaille pour le studio à temps plein après Kiki et devient producteur dès le film suivant, Souvenirs goutte à goutte[1].

Le studio vit encore des temps difficiles pendant la production de Kiki. Bien que le budget pour ce film soit le double de celui de Totoro, la qualité des images étant supérieure, les animateurs gagnent beaucoup moins par rapport au travail effectué. En effet, ils sont alors payés à la pièce, par image ou par dessin, gagnant environ cent mille yens par mois. Pour éviter que le studio ne s’effondre, Miyazaki et Suzuki décident d'intégrer leur personnel vacataire au studio à temps plein et ainsi de pouvoir former d'autres animateurs. Miyazaki pense à un petit plan simple pour le studio : créer un bon environnement de travail puis former et guider les jeunes animateurs[1] (la plupart des animateurs ont entre 18 et 25 ans[11]).

Le studio sort Porco Rosso en 1992, long métrage relatant l’histoire d’un mercenaire italien transformé en cochon, pilote d'hydravion en mer Adriatique dans les années 1920. Ce film se démarque de l’univers de Miyazaki par plusieurs aspects, notamment de par son héros adulte et l’histoire, située dans un contexte historique et géographique réel.

Le même jour de la sortie de Porco Rosso, sont inaugurés les nouveaux bureaux du Studio Ghibli dans la banlieue ouest de Tōkyō[1].

En 1994 sort Pompoko de Takahata, grand succès dont les héros sont des chiens viverrins, petits animaux endémiques au Japon, les tanuki.

En 1995, On Your Mark, un clip musical au budget considérable est réalisé pour la chanson du même nom du célèbre groupe jpop Chage and Aska. Il est diffusé au Japon avec le film Si tu tends l'oreille de Yoshifumi Kondō. Le scénario écrit par Miyazaki, d’après un manga d’Aoi Hīragi, mais c’est le premier film du Studio Ghibli qui n’est réalisé ni par Miyazaki, ni par Takahata.

Accord avec Disney et succès international[modifier | modifier le code]

En 1996, un accord entre Disney et Studio Ghibli forme le groupe Disney-Tokuma, chargé de distribuer tous les longs-métrages Ghibli (hors DVD) dans le monde, y compris le Japon, mais excluant le reste de l’Asie[12].

À cette époque, Miyazaki a énormément de mal à choisir entre deux projets qui lui tiennent à cœur, et dit à Suzuki qu’il voudrait faire les deux en même temps. Les projets en question sont Boro la petite chenille, histoire épique du voyage d’une chenille jusqu’à l’arbre d’à côté, et Princesse Mononoké. Suzuki le convainc de faire Mononoké en premier, en partie parce que « passé un certain âge, c’est dur de faire des films d’action. Miyazaki a alors 54 ans et c'est peut-être sa dernière chance de réaliser un film comme Mononoké. »[1] Miyazaki suit le conseil de son ami, et sort Princesse Mononoké en 1997.

Le film est annoncé à tort comme « le dernier long métrage de Miyazaki » par la presse après une conférence de presse où Miyazaki dit « Je crois que c’est le dernier film que je ferai de cette manière. ». En effet, Miyazaki aime beaucoup être présent à toutes les étapes de la création d’un film et vérifier tous les dessins des animateurs, un par un, ce qu’il fait pour tous ses films. Cependant, les deux ans de production de Mononoké le fatiguent. Son âge avancé ne lui permet plus d’être aussi impliqué dans ses projets. Il dit que ses yeux s’affaiblissent, que ses mains deviennent plus lentes, et ne croit pas tout pouvoir faire comme auparavant. La presse ignore cette nuance de la fin de la phrase et annonce donc sa retraite[13].

Le film est considéré comme un chef-d’œuvre de l’animation et propulse la renommée de Miyazaki d’un niveau national au niveau mondial. Il est distribué dans de nombreux pays dont la France (en 2000) par Miramax Films (Disney) qui demande à l’auteur de le couper pour la diffusion internationale. Miyazaki refuse. Un énorme succès au box-office nippon le classe premier, dépassant E.T. l'extra-terrestre et totalisant plus de treize millions d’entrées (il est par la suite dépassé par Titanic). En France, environ 335 000 entrées ont été enregistrées.

Miyazaki quitte formellement Ghibli le pour s’occuper d’une nouvelle structure : Butaya (La maison du cochon), près du Studio Ghibli, en vue de sa proche retraite. À partir de ce moment, Miyazaki déclare sa « retraite » à la fin de la réalisation de chacun de ses films, mais sans succès. Devant le vide laissé par le décès de Yoshifumi Kondō, le , Miyazaki revient au Studio Ghibli en tant que shochō (ce titre signifie approximativement « la tête du service »).

Pendant une longue période de vacances, il fait connaissance avec les filles d’un ami ; l’une d’elles l'inspire pour son prochain film, Le Voyage de Chihiro. En 2001, Miyazaki termine sa réalisation et annonce, lors d’une conférence de presse, qu’il s’agit de son dernier long métrage[13]. Ce film est présenté en décembre 2001 en première internationale au festival Nouvelles Images du Japon, au Forum des images à Paris. Hayao Miyazaki, invité de la manifestation, reçoit à cette occasion la Médaille de la Ville de Paris (Grand Vermeil) et les insignes de Chevalier des arts et des lettres, premières distinctions officielles hors Japon. Le film devient le plus gros succès cinématographique de tous les temps au Japon (surpassant Titanic) avec 23 millions d’entrées[14]. Il bénéficie d’une importante reconnaissance internationale en remportant de nombreux prix (dont l’Ours d'or du meilleur film à Berlin, une première pour un film d’animation, et l’Oscar du meilleur film d'animation en 2002). En France, il totalise plus de 1 400 000 entrées.

La même année voit l’inauguration du musée Ghibli au quartier de Mitaka dans l’ouest de Tōkyō[1].

En 2003 sort Le Royaume des chats, qu’il produit pour Hiroyuki Morita, et fin 2004, Le Château ambulant sort au Japon. Inspiré d’un roman de Diana Wynne Jones intitulé Le Château de Hurle, il relate l’histoire fantastique d’une jeune fille transformée en vieille femme.

Miyazaki est distingué par un Lion d'or pour l'ensemble de sa carrière cinématographique à la Mostra de Venise de 2005. Pendant la conférence de presse, il déclare : « Je n’ai pas été trop enthousiaste au début parce qu’il avait l’air d’être un prix pour les vieux. Mais on m’a dit qu’on a donné ce prix à des personnes qui sont encore actives, comme Eastwood, donc je l’ai accepté [humblement]. J’ai une envie intarissable [de continuer à faire des films]. Je veux créer des films qui inspirent les enfants. »[13]

En 2008 sort Ponyo sur la falaise, qui raconte les aventures d’un petit garçon de cinq ans et d’une princesse poisson rouge qui voudrait devenir humaine. Ce film marque un changement notable de style graphique puisque les dessins sont en pastel et que le CGI n'a pas été employé. Toshio Suzuki confie que « 70 % à 80 % du film se déroule en mer ». Le film est sorti en salles en juillet 2008 au Japon et est projeté lors de la Mostra de Venise de 2008 pour le public européen. Il arrive finalement le 8 avril 2009 en France.

Fin 2011, il est annoncé que son prochain film pourrait s'inspirer de l'autobiographie de Jiro Horikoshi, un ingénieur japonais qui conçut de nombreux avions de guerre japonais durant la Seconde Guerre mondiale, et de la catastrophe de Fukushima[15]. Le vent se lève, inspiré de l’histoire romancée de Jiro Horikoshi, et faisant du séisme de 1923 de Kantō -suivi d’incendies ravageant Tokyo- le cadre de la rencontre des héros, sort dans les salles au Japon le 20 juillet 2013 et le 22 janvier 2014 en France.

Processus de création et style d’animation[modifier | modifier le code]

Miyazaki s’implique énormément en créant ses films, souvent en tant que scénariste et réalisateur à la fois. Il vérifiait personnellement tous les dessins de ses premiers films mais, suite à des problèmes de santé provoqués par la surcharge de travail[16], il délègue maintenant une partie de ce travail à d’autres membres du Studio Ghibli. Dans une entrevue en 1999, il dit : « à cet âge, je ne peux plus faire le travail que je faisais. Si mes employés peuvent me seconder et si je peux me concentrer sur la réalisation, il y a encore plusieurs films que j’aimerais faire. »[17]

En contraste avec l’animation américaine, le scénario et les storyboards sont créés en même temps et l’animation commence avant même la fin du travail sur le scénario, ainsi que pendant la création des storyboards[18],[19]. C’est une méthode qu’il désapprouve lui-même pour son manque d’organisation mais qui, dans son cas, fonctionne. Les films sont parfois tirés de ses mangas, comme ce fut le cas pour Nausicaä de la vallée du vent.

Miyazaki utilise l’animation traditionnelle (à la main, avec pinceaux, peinture et encre), quoique des effets produits sur ordinateur (peinture numérique) sont utilisés depuis Princesse Mononoké pour donner « une petite touche d’élégance »[16] (dans Mononoké, ils furent utilisés pour respecter les délais). Dans une autre entrevue, Miyazaki déclare : « C’est très important pour moi de retenir le bon ratio entre le travail à la main et le travail sur ordinateur. J’ai appris cet équilibre maintenant, comment utiliser les deux et encore pouvoir dire que mes films sont en 2D. »[20]

Caractère[modifier | modifier le code]

Miyazaki fait souvent référence à l’écologie, thème exploré dans plusieurs de ses films. Dans une entrevue avec The New Yorker il dit qu’une grande partie de la culture moderne est « légère et superficielle et fausse », et qu’il attend, « pas complètement en plaisantant », une ère apocalyptique où les « herbes vertes sauvages » reprendront la Terre[21],[22]. Toutefois, il suggère que les adultes « ne devraient pas imposer leur vision du monde aux enfants »[18]. En juin 2011, suite à l’accident nucléaire de Fukushima, il se prononce officiellement contre le recours à l'énergie nucléaire[23].

Son dévouement pour son travail aurait souvent eu un impact négatif sur sa relation avec son fils aîné, Gorō[24].

L’univers de Miyazaki[modifier | modifier le code]

Miyazaki dit se refuser à réaliser ses films en se laissant guider par un schéma préétabli et éprouvé ou un thème identique. Même si nombre de ses films présentent des récurrences au niveau des thèmes abordés, du scénario ou encore des personnages, ces récurrences sont liées aux thématiques et valeurs universelles qui ont une place centrale dans le scénario. L'univers de Miyazaki repose sur la pédagogie, l'éveil de l'enfance et la curiosité, les valeurs universelles et écologiques.

L’enfance[modifier | modifier le code]

Mis à part Marco dans Porco Rosso et Lupin dans Le Château de Cagliostro, les héros des films de Miyazaki sont des enfants ou des adolescents. Miyazaki explique que lorsqu’il imagine ses scénarios, ses personnages, ce sont spontanément des enfants.

Les films de Miyazaki sont destinés à tous : ses personnages permettent à la fois l’identification du jeune public et un développement psychologique important. Les enfants sont caractérisés par leur naïveté liée à la découverte de leur environnement, leur spontanéité, leur enthousiasme et n’ont souvent pas encore acquis la réserve des adultes (en particulier au Japon). Ce type d'animation permet donc une appropriation rapide pour le jeune public. Toutefois, leur rôle les met souvent dans des situations où les événements leur confèrent une forte responsabilité (d’eux-mêmes et/ou des autres) et les poussent à agir en adulte.

Personnages féminins[modifier | modifier le code]

Miyazaki est, selon Suzuki, un féministe convaincu : « Miyazaki est un féministe. En tant que féministe, il est convaincu que les sociétés valorisant les femmes réussissent mieux. »

Les femmes occupent donc une place importante dans son œuvre. On les retrouve dans tous ses films, jouant souvent un rôle majeur lorsqu’elles ne tiennent pas le rôle principal. Elles sont à la fois fortes et vulnérables, craintives et téméraires. Tous les âges sont représentés dans sa filmographie, allant des petites filles de Mon voisin Totoro à l’aïeule de Nausicaä. Ce sont des femmes qui travaillent dans les ateliers de la mystérieuse cité du Voyage de Chihiro, et des femmes qui réparent l’hydravion de Marco dans Porco Rosso[1]. Ce sont également des femmes (dirigées par Dame Eboshi) qui travaillent à la forge dans Princesse Mononoké.

Les liens filiaux présentés par Miyazaki sont presque exclusivement de type mère-fille. Il met souvent en scène la rupture de ce lien, un pas vers l’âge adulte et la transmission d’un patrimoine de la mère à sa fille, comme dans Kiki la petite sorcière.

Guerre et machinerie[modifier | modifier le code]

Miyazaki s’inscrit dans la lignée des artistes traumatisés, obsédés par la bombe atomique. En effet, l’idée d’armes dévastatrices est un thème très représenté, aussi bien dans les mangas, que dans les œuvres d’art ou les films d’animation. Bien que Miyazaki ait été très jeune lors de cette guerre (il avait quatre ans lors des bombes nucléaires de Hiroshima et de Nagasaki), il l’a vécue et ressentie au travers de sa mère et son entourage durant toute son enfance et sa vie d’aujourd’hui. Le Château dans le ciel, inspiré d’un épisode des Voyages de Gulliver, a pour sujet une pierre flottante aux pouvoirs apocalyptiques que l’armée convoite. Dans Nausicaä de la vallée du vent, on retrouve des guerriers géants, plus grands et plus dévastateurs que tout, puisqu’en « sept jours de feu », ils ont réduit le monde à néant.

Les engins volants, machines souvent représentées, rapellent le passé de Miyazaki, qui a longtemps dessiné des avions avant de s’essayer aux personnages. Son intérêt pour les machines volantes et tout ce qui vole en général se retrouve dans la plupart de ses films. Dans Porco Rosso, c'est l'histoire des aviateurs des années 1920-1930 qui constitue le fil conducteur de la narration, et notamment celle des as du ciel, tels que le personnage principal. Le film montre à ce titre différents avions au design largement inspiré des avions ayant existé. Dans Nausicaä de la vallée du vent, l’héroïne pilote son moeve. Dans Le Château dans le ciel, les engins volants sont très présents avec notamment les survoleurs, le dirigeable et la forteresse volante Le Goliath. Dans Le Château ambulant, Hauru et Sophie volent au-dessus de leur village tandis que dans Le Voyage de Chihiro, l’héroïne est portée sur le dos d’un dragon. Dans Totoro, le personnage éponyme porte les fillettes au-dessus des arbres, et finalement dans Kiki la petite sorcière, Kiki vole sur un balai. À titre de remarque, deux films notables de l'auteur font exception à la règle : Princesse Mononoke qui se déroule presque exclusivement dans un environnement terrestre et Ponyo sur la falaise qui met à l'honneur l'élément aqueux.

Autre[modifier | modifier le code]

Miyazaki dénonce également l’inutilité de la violence et la bêtise humaine. Ses personnages montrent qu'il n'y a pas de bons ou de mauvais côtés mais des choix. Il dépasse ainsi les clichés du « héros face au méchant », ses personnages principaux posant des choix et des actions dont la finalité n'est pas le plus important. Dame Eboshi dans Princesse Mononoké est le reflet exact de l’humain avide de pouvoir, souhaitant asseoir son autorité sur la nature. Mais bien que cruelle, elle est juste envers les siens, abritant des lépreux et des prostituées (mis au ban de la société dans un certain nombre de cultures).

Certains des premiers films de Miyazaki avaient des « méchants » effectivement méchants, comme dans Le Château de Cagliostro et Le Château dans le ciel. D’autres sont remarquables par l’absence totale de personnages « méchants », comme dans Mon voisin Totoro et Kiki la petite sorcière.

Conformément à la culture japonaise, le respect des personnes âgées est très visible dans la plupart des films de Miyazaki : la doyenne du village dans Nausicaä est consultée pour sa sagesse ; dans Le Château ambulant, le grand âge de la Sorcière des Landes la rend respectable (Sophie s'occupe d'elle comme une parente après sa transformation), bien qu'elle soit une antagoniste ; dans Ponyo sur la falaise, Sôsuke est très poli envers les personnes âgées dont sa mère s'occupe. Aussi, même les personnages « méchants » sont respectés : dans Princesse Mononoké, on s'excuse auprès de la dépouille du sanglier possédé par le démon de l'avoir tué. Car les « méchants » ont néanmoins un fond de bonté, qui les rend parfois ambigus : ils sont victimes d'un sort ou d'une incompréhension qui les empêchent d'être bons. Les héros de Miyazaki vont parfois jusqu'à sauver leurs ennemis de leurs propres méchancetés.

Dans tous les films de Miyazaki, quel que soit le sujet, on trouve un endroit de paix éternelle loin de la civilisation, calme, où seul le bruit du vent, des oiseaux et de l’eau vient troubler le silence. Un décor pur et verdoyant, sans trace de l’homme. Plaine à l’herbe haute, cœur d’un arbre ou d’une forêt, îlot flottant en plein ciel ; subtiles, ces images établissent souvent le contexte le plus fort de ses mondes animés.

On peut percevoir son ancien intérêt pour le marxisme dans certains de ses premiers films, notamment Porco Rosso et Le Château dans le ciel, où les travailleurs sont décrits en termes idéalisés. Miyazaki dit avoir abandonné ses idées marxistes lors de la création du manga de Nausicaä : « J’ai arrêté de voir les choses en 'classes' parce que c’est un mensonge de dire qu’on a raison seulement parce qu’on est travailleur manuel. »[25],[26]

Influences[modifier | modifier le code]

Animation[modifier | modifier le code]

Les mangas de Miyazaki sont très influencés par le travail d’Osamu Tezuka, auquel il est souvent comparé dans son pays natal. Il l’a fortement imité quand il a commencé à dessiner dans le but de devenir un jour mangaka. Plus tard, il critique toutefois Tezuka en tant que créateur d’anime et dit ne pas aimer du tout son travail[5]. On le compare aussi à Walt Disney, l’appelant « le Disney japonais », ce qu’il n’aime pas. Il n’apprécie en effet guère les productions du studio américain, à l’exception des œuvres les plus anciennes, dont les Silly Symphonies[5].

Dans les premières années – très difficiles – de sa carrière en tant qu’animateur, il visionna La Reine des neiges (Снежная королева, Snejnaïa Koroleva), un film d’animation du Russe Lev Atamanov. Il fut tellement ému par le film qu’il résolut de se remettre au travail avec « une détermination renouvelée ». Il est possible de voir son influence dans Horus, le prince du soleil[5]. La Bergère et le ramoneur (1952, réédité en 1979 sous le titre de Le Roi et l’oiseau), film d’animation classique français de Paul Grimault, convainc quant à lui Miyazaki qu’il est possible de faire des films d’animation pour adultes. Il incorpora des détails de ce film dans Le Château de Cagliostro[5].

Takahata a écrit un livre sur le réalisateur russe Iouri Norstein qui réalisa, entre autres, Le Conte des Contes, une source d’inspiration pour Miyazaki[5].

Miyazaki est aussi ébloui par le travail du Canadien Frédéric Back (Crac!, l'Homme qui plantait des arbres), en particulier son talent pour dessiner les plantes. Crac! le fit déprimer parce qu’il jugeait son propre travail inférieur[5].

Littérature[modifier | modifier le code]

Il dit être très influencé par plusieurs écrivains occidentaux, dont Lewis Carroll, Diana Wynne Jones et Ursula K. Le Guin, à qui il avoua qu’il avait ses livres sur sa table de chevet[27]. Il a été influencé par d’autres auteurs britanniques, dont Eleanor Farjeon, Rosemary Sutcliff, et Philippa Pearce[28]. Il aime également beaucoup les contes sur l’aviation écrits par Roald Dahl (qui fut pilote à la RAF pendant la Seconde Guerre mondiale) ; la scène de Porco Rosso dans laquelle apparait un nuage de pilotes morts est inspirée de They Shall Not Grow Old (Ils ne vieilliront pas).

Il est influencé par deux écrivains français, Antoine de Saint-Exupéry et Jean Giraud (Mœbius). Il a dessiné les couvertures des éditions japonaises de Vol de nuit et de Terre des Hommes (et rédigé un épilogue pour ce dernier, ainsi que pour un recueil des dessins de l'aviateur). Quant à Mœbius, ils s’influençaient réciproquement et étaient amis. La Monnaie de Paris a tenu une exposition sur leur travail, intitulée Miyazaki et Mœbius : Deux artistes dont les dessins prennent vie, de décembre 2004 à avril 2005 ; ils étaient d’ailleurs présents lors de la cérémonie d’ouverture de l’exposition[29]. Mœbius avait prénommé sa fille Nausicaä en l’honneur de l’héroïne du film de Miyazaki.

En littérature japonaise, il dit aimer le travail de plusieurs auteurs, dont Ryōtarō Shiba, Yoshie Hotā et Sasuke Nakao[5].

Plusieurs des films de Miyazaki incorporent des éléments de mythologie japonaise comme les yōkai, notamment dans Mon voisin Totoro, Princesse Mononoké et Le Voyage de Chihiro.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Réalisateur[modifier | modifier le code]

Longs métrages
Courts métrages
Séries TV
  • 1978 : Conan, le fils du futur (未来少年コナン, Mirai shōnen Conan?)
  • 1980 : Lupin III (2 épisodes : no 145, Albatros les ailes de la mort et no 155, Adieu Lupin bien aimé)
  • 1984 : Sherlock Holmes (6 épisodes : La Petite Cliente, L'Enlèvement de Mme Hudson, Le Rubis bleu, Le Trésor de la mer, L'Aéropostale, La Disparition des pièces d'or)

Scénariste[modifier | modifier le code]

Producteur[modifier | modifier le code]

Animateur[modifier | modifier le code]

Intervalliste[modifier | modifier le code]

Livres[modifier | modifier le code]

Palmarès[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Hayao Miyazaki » (voir la liste des auteurs)

(pt) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en portugais intitulé « Hayao Miyazaki » (voir la liste des auteurs)

(it) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en italien intitulé « Hayao Miyazaki » (voir la liste des auteurs)

  1. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l et m (ja)(fr) La naissance du Studio Ghibli, documentaire diffusé le 5 juillet 1998 sur Nihon TV. Bonus du coffret DVD de Nausicaä de la vallée du vent.
  2. (en) Hayao Miyazaki: In an era of high-tech wizardry, the animé auteur makes magic the old way, Time Asia, 13 novembre 2006
  3. « Cinéma : le réalisateur japonais Miyazaki arrête sa carrière », Le Monde, 1er septembre 2013
  4. a, b, c et d (en) Petite biographie sur Nausicaa.net
  5. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k et l (en) Details about Miyazaki
  6. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o et p (en) Steven Feldman, Hayao Miyazaki Biography, Revision 2, 24 juin 1994, Nausicaa.net
  7. a, b, c et d (en) Helen McCarthy, Hayao Miyazaki: Master of Japanese Animation, Stone Bridge Press, 1999, (ISBN 1880656418)
  8. a, b, c et d (en) Les films de Miyazaki antérieurs à la création du studio Ghibli
  9. (en) FAQ: Kiki's Delivery Service
  10. Hayao Miyazaki, Nausicaä de la vallée du vent, Paris, Glénat [détail des éditions] (ISBN 978-2-7234-5388-2, présentation en ligne)
  11. (en) An Interview with Hayao Miyazaki, magazine Protoculture Addicts, no 12, 1992
  12. (en) The Disney-Tokuma Deal
  13. a, b et c (en) The future -- Is Miyazaki retiring? Nausicaa.net
  14. La production du Voyage de Chihiro, Buta-connection.net
  15. Hayao Miyazaki : un dessin animé inspiré par la catastrophe de Fukushima, sur le site Premiere.fr
  16. a et b (en) Jeannette Ng, Japanese anime wrestles with use of computer graphics, Japan Today
  17. (ja)(en) The Making of Spirited Away, émission spéciale de Nihon TV mis en bonus du DVD anglophone du Voyage de Chihiro
  18. a et b (en) Midnight Eye interview: Hayao Miyazaki, Midnight Eye
  19. (en) Drawn to oddness, The Age, 7 juin 2003
  20. (en) Nigel Andrews, Japan's visionary of innocence and apocalypse, Financial Times, 1999
  21. (en) Margaret Talbot, The Animated Life (via le Internet Archive), The New Yorker, 10 janvier 2005. “He's said, not entirely jokingly, that he looks forward to the time when Tokyo is submerged by the ocean and the NTV tower becomes an island, when the human population plummets and there are no more high-rises.”
  22. (en) bookofjoe, Hayao Miyazaki - « The Auteur of Anime », Blogcritics, 18 janvier 2005. “I'd like to see when the human population plummets and there are no more high-rises, because nobody's buying them. I'm excited about that. Money and desire--all that is going to collapse, and wild green grasses are going to take over.”
  23. (ja) Neppū (熱風, litt. « vent chaud »?), magazine du Studio Ghibli, 11 juin 2011
  24. (en) Gorō Miyazaki, Translation of Goro Miyazaki's Blog, post 39, Nausicaa.net
  25. (en) Now, after Nausicaä has finished (Yom special story), Yom, juin 1994
  26. (en) Profile: Miyazaki Hayao, Anime Academy
  27. (ja) 世界一早い「ゲド戦記」インタビュー 鈴木敏夫プロデューサーに聞く, Yomiuri Shinbun, 26 décembre 2005
  28. Entrevue à la radio BBC Choice, 10 juin 2002
  29. (fr) Site officiel de l’exposition Miyazaki-Mœbius

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) nausicaa.net
  • (ja) (fr) La naissance du Studio Ghibli. Reportage d'abord diffusé le 5 juillet 1998 sur la chaîne Nihon TV au Japon, puis remonté et inclus en « bonus DVD » dans Nausicaä de la vallée du vent (édition Collector deux DVD), en japonais avec des sous-titres en français. Contient des entrevues avec Toshio Suzuki. Présenté par Shinsuke Nonaka et narré par Lemase Kayumi.
  • (en) Dani Cavallaro, The Anime Art of Hayao Miyazaki, McFarland & Company,‎ 2006 (ISBN 0786423692)
  • (en) Helen McCarthy, Hayao Miyazaki: Master of Japanese Animation : Films, Themes, Artistry, Stone Bridge Press,‎ 1999 (ISBN 1880656418)
  • Vincent-Paul Toccoli et Gersende Bollut, Miyazaki L'enchanteur, Amalthée,‎ 2008 (ISBN 9782350279619)
  • Raphaël Colson et Gaël Régner, Hayao Miyazaki : Cartographie d’un univers, Les Moutons électriques, coll. « La bibliothèque des miroirs-BD »,‎ 30 septembre 2010 (réimpr. 2013), 21 cm × 26 cm, couverture couleur, broché, 364 p. (ISBN 9782915793840, notice BnF no FRBNF42275487, présentation en ligne)
  • Raphaël Colson et Gaël Régner (ill. Marie-Pierre Jeffard, David Alvarez, photogr. Stéphanie Lebouchard), Hayao Miyazaki : Cartographie d’un univers, Montélimar, Les Moutons électriques, coll. « La bibliothèque des miroirs-BD »,‎ 3 octobre 2013 (1re éd. 2010), 21 cm × 26 cm, couverture couleur, broché, 360 p. (ISBN 9782361831356, ISSN 19685955, présentation en ligne)
  • Stéphane Le Roux, Hayao Miyazaki : cinéaste en animation, poésie de l'insolite, L'Harmattan,‎ 2011 (ISBN 9782296550742)
  • Hervé Joubert-Laurencin, Quatre films de Hayao Miyazaki, Yellow Now, 2012.
  • Xavier Kawa-Topor et Ilan Nguyen, "Hayao Miyazaki ou l'enfance de l'art", in Catalogue du festival international de Zagreb, 2004.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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