Martin Ritt

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Martin Ritt

Naissance 2 mars 1914
New York (État de New York)
États-Unis
Nationalité Drapeau des États-Unis Américaine
Décès 8 décembre 1990 (à 76 ans)
Santa Monica (Californie)
États-Unis
Profession Réalisateur
Films notables Le Plus Sauvage d'entre tous
Traître sur commande
Norma Rae
Hombre

Martin Ritt est un réalisateur américain né le 2 mars 1914 à New York et décédé le 8 décembre 1990 à Santa Monica, Californie.

Biographie[modifier | modifier le code]

Après des études en Caroline du Nord au collège d'Elon, puis à l'université de Saint John, où il pratique avec succès le football américain et l'art dramatique, Martin Ritt décide de devenir acteur. Révolté par les injustices sociales accentuées par les conséquences de la crise de 1929, il participe activement à des groupes de théâtre engagés, où il est, par exemple, l'un des seuls acteurs blancs dans la pièce Porgy and Bess et remarqué par l'administration Roosvelt, on lui confie de participer au projet du Federal Theater financé par le gouvernement. Comme Nicholas Ray, Elia Kazan et Joseph Losey, il va sillonner le pays en jouant et mettant en scène des pièces de gauche radicale, ce qui lui vaudra plus tard quelques ennuis avec le sénateur Joseph McCarthy. S'il n'a jamais adhéré au Parti communiste américain, Ritt demeura toute sa vie fidèle à ses idéaux de jeunesse, dans sa vie comme dans son travail.

Engagé dans l'US Air Force, en 1941, Martin jouera pour la première fois au cinéma en 1944 dans un petit rôle d'aviateur dans Winged Victory réalisé par George Cukor, après l'avoir interprété avec succès à Broadway. Démobilisé, il continue sa carrière d'acteur et de metteur en scène jusqu'en 1952, où il entre à la télévision. Il va y produire et diriger des adaptations de pièces de théâtre, notamment de Somerset Maugham pour le petit écran, où, là encore, il pensait pouvoir toucher plus de gens grâce à ce nouveau médium, sans renoncer à ses convictions.

Mais, comme nombre de ses amis, Ritt se fait remarquer par une brochure anticommuniste, Counterattack, animé par des agents du FBI, où on le soupçonne de sympathie avec Moscou lors de ses activités pendant le New Deal. Ce qui lui vaudra d'être black-listé et interdit de télévision. Il retourne alors au théâtre jusqu'en 1956 et exerce à l'Actors Studio où il dirigera James Dean.

Ses débuts en 1957 à Hollywood sont assez laborieux. Il adapte une pièce de Robert Alan Aurthur (en), A man is ten feet tall, écrite pour la télévision, sous le titre de Edge of the City (L'Homme qui tua la peur), fonctionnant sur un schéma conflictuel en vogue à l'époque, situé dans le milieu des syndicats de docker contre un patron inflexible, avec Jack Warden, en affreux raciste, Sidney Poitier en noir humaniste et entre les deux un névrosé, interprété par le jeune John Cassavetes. Cette première œuvre reçut un succès d'estime mérité, surtout pour sa direction d'acteurs bien maitrisée. Puis ce fut, la même année, No Down Payment, peinture de trois couples de la classe moyenne – assez conventionnelle et mélodramatique, mais où surnageait l'interprétation de Joanne Woodward (femme de Paul Newman dans la vie) qui allait marquer le début d'une longue collaboration.

Suivirent trois films adaptés de romanciers : en 1958 The Long Hot Summer (Les Feux de l'été) tiré du Hameau de William Faulkner, avec le couple complice Newman-Woodward, Orson Welles et Angela Lansbury, et The Black Orchid (L'Orchidée noire) avec Anthony Quinn et Sophia Loren (en tournée aux USA). En 1959, à nouveau Faulkner, dans The Sound and the Fury (Le Bruit et la Fureur) avec Yul Brynner, Joanne Woodward. Malgré une bonne volonté et un succès honorable, Ritt échoua devant l'insurmontable tâche de transposer un monument de la littérature à l'écran.

L'année suivante, c'est Five Branded Woman, un quintet de jeunes femmes yougoslaves soutenant les partisans en lutte contre les nazis, avec Silvana Mangano, Vera Miles et Jeanne Moreau, dans une coproduction internationale très prisée dans les années 1960. Puis suivirent trois films avec son acteur fétiche, Paul Newman : en 1961, Paris Blues, vision « rittienne » d'un Américain à Paris, mais version jazz, assez cliché, avec Woodward et Poitier, en 1963, Hud (Le Plus Sauvage d'entre tous), western moderne avec Patricia Neal et Melvyn Douglas, avec trois oscars et un grand succès critique, en 1964, The Outrage adaptation mexicaine de Rashomon de Kurosawa avec Claire Bloom et Edward G. Robinson. Deux ans auparavant, Ritt tourna Hemingway's Adventures of a Young Man, d'après les récits de l'écrivain sur sa jeunesse.

À partir de 1965, Martin Ritt, ayant remporté des succès commerciaux et critiques, semble vouloir suivre une voie plus personnelle. Il s'attaque d'abord au best-seller de John le Carré, The Spy Who Came in From the Cold (L'Espion qui venait du froid) où, tout en respectant le roman d'espionnage, il trace, avec Richard Burton, le portrait d'un espion bureaucrate au temps de la guerre froide. Ce qui lui vaudra seulement deux nominations aux Oscars. Et deux ans plus tard, il signe un de ses meilleurs films, Hombre, portrait d'un blanc apache christique qui va se sacrifier pour sauver les passagers médiocres d'une diligence à la John Ford. Ici, peu de dialogues, aucune référence théâtrale, peu d'effets.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]


Liens[modifier | modifier le code]