Euzhan Palcy

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Euzhan Palcy à la cérémonie des Prix Lumières 2012.

Euzhan Palcy, née le 13 janvier 1958 en Martinique[1], est la première réalisatrice noire produite par un studio de Hollywood (Metro Goldwyn Mayer), la seule femme qui ait dirigé Marlon Brando.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfant, dans sa Martinique natale, Euzhan Palcy se passionne pour le cinéma. Elle regarde les films de Fritz Lang, d’Alfred Hitchcock, de Billy Wilder ou d’Orson Welles, de Ousmane Sembène, de François Truffaut et de Costa-Gavras[réf. nécessaire]. La jeune fille écrit aussi de petites nouvelles et des poèmes[réf. nécessaire]. Sa sensibilité artistique se développe au contact de la réalité martiniquaise et de ses salles obscures[réf. nécessaire]. À travers les films américains, elle remarque que les comédiens noirs interprètent toujours les rôles les plus dégradants, les plus ridicules. Cette constante la choque et la révolte même[réf. nécessaire].

C’est en se plongeant dans la lecture de Rue Cases-Nègres, le roman de Joseph Zobel qui raconte la Martinique des années 1930, que la terrible condition des Noirs se révèle à elle. À l’âge de 14 ans, la jeune fille fait de La Rue Cases-Nègres, son livre de chevet. Chacune des pages du roman évoque en elle des images. À force de lire et de relire son œuvre favorite, Euzhan Palcy se découvre une ambition nouvelle : devenir cinéaste et porter à l’écran la voix des Noirs que personne ne semble vouloir entendre[réf. nécessaire].

En 2011, le festival de Cannes lui rend hommage et projette en version restaurée La Rue Cases-Nègres[2]; un collège martiniquais ainsi qu’un cinéma dans l'Oise portent son nom.[réf. nécessaire]

Depuis 2013, Euzhan Palcy est membre du Comité national pour la mémoire et l'histoire de l'esclavage (CNMHE)[3].

Carrière[modifier | modifier le code]

Études et cinéma[modifier | modifier le code]

Elle réalise, à 17 ans, pour la télévision française de Martinique son premier téléfilm, La Messagère. En 1975, Euzhan Palcy s’envole pour Paris sur les conseils de son père qui l’encourage dans son amour du cinéma mais lui conseille aussi de s’inscrire à l’université. Diplômée de la Sorbonne (Lettres et Théâtre), elle étudie également à l’École Louis-Lumière et se spécialise en tant que directeur de la photographie.

Rue Cases-Nègres[modifier | modifier le code]

Euzhan Palcy adapte le roman La Rue Cases-Nègres au cinéma. Elle rencontre François Truffaut, qui, passionné par le projet de la réalisatrice,[réf. nécessaire] la soutient, distille ses conseils techniques et facilite les relations de la jeune réalisatrice avec les producteurs[réf. nécessaire].

En 1983. Rue Cases-Nègres émeut le public qui découvre la Martinique an tan lontan et l’existence miséreuse des familles noires attachées aux plantations de canne. Le film est un succès public[réf. nécessaire]. Le long métrage remporte dix-sept prix internationaux, en France et aux États-Unis[réf. nécessaire].

Une Saison Blanche et Sèche[modifier | modifier le code]

Euzhan Palcy adapte ensuite Une saison blanche et sèche, le roman de l’écrivain sud-africain André Brink raconte son pays déchiré par l’apartheid et le racisme. Suite au succès de son premier long métrage, elle peut mener à bien ce projet aux États-Unis. Elle est la première réalisatrice noire produite par un studio de Hollywood (Metro-Goldwyn-Mayer). Marlon Brando, Zakes Mokae, Donald Sutherland et Susan Sarandon jouent dans le film. L’équipe tourne au Zimbabwe. Plusieurs mois de travail intense lient les acteurs à la réalisatrice[réf. nécessaire] car le film dénonce la ségrégation alors même que Nelson Mandela est encore emprisonné dans les geôles sud-africaines. Le film est aussi un succès public.[réf. nécessaire]

Elle reçoit le prix Orson Welles[Quoi ?] pour l'importance et la qualité de son travail[réf. nécessaire]. Mais Euzhan constate que dans la plupart des films occidentaux comme à la télévision, l’image des Noirs ne varie guère. Leurs représentations restent dégradantes ou secondaires dans la plupart des scénarios qu’on lui propose. Elle décide de rentrer en France et de se replonger dans la réalité de la vie martiniquaise.

Simeon et Césaire[modifier | modifier le code]

Son come back prend forme à travers la réalisation de" Siméon" : « un conte antillais fantastique et musical, entre la vie et la mort dans lequel le fantôme d’un musicien, poète et séducteur célèbre, est le captif d’une petit fille Orélie dont il ne peut se délivrer qu’en accomplissant une bonne action », explique la réalisatrice(ur). Kassav' compose la musique antillaise du film pour en faire une œuvre complète et fondamentalement antillaise. Bruno Coulais en composera la musique dramatique. Euzhan Palcy désire aussi rendre un hommage à Aimé Césaire, celui qu’elle considère comme son père spirituel, son inspirateur. En 1994, elle lui consacre une série de trois films documentaires, « Aimé Césaire, une voix pour l’histoire », et passe plusieurs mois à capter son quotidien pour immortaliser son message.

L’appel américain[modifier | modifier le code]

Ressourcée, la cinéaste reprend ses projets aux États-Unis. En janvier 1999, la télévision américaine diffuse le film Ruby Bridges ((en)), une fresque historique qu’elle réalise et coproduit sur une enfant de cinq ans qui se bat pour mettre à bas les barrières de la discrimination raciale dans les années 1960.

Immédiatement après ce film, elle consacre trois ans à ce qui aurait été le « premier dessin animé noir produit par un studio américain » et dont l’action se déroule en Afrique de l’Ouest 2000 ans avant J.-C. Mais au moment de finaliser son projet, le producteur (la Fox) perd son studio d’animation et met un terme à la réalisation en cours.

En 2001, elle réalise The Killing Yard, un drame inédit sur la mutinerie de la prison d’Attica, qui a eu lieu 30 ans auparavant dans l’État de New York.

Parcours de dissidents[modifier | modifier le code]

Au cours de l’année 2005, grâce au documentaire Parcours de dissidents, la cinéaste tente de corriger les oublis de l’Histoire en donnant la parole aux Antillais de la Seconde Guerre mondiale qui combattirent pour la liberté aux côtés du général de Gaulle.

Filmographie partielle[modifier | modifier le code]

Réalisatrice[modifier | modifier le code]

Scénariste[modifier | modifier le code]

Productrice[modifier | modifier le code]

Récompenses[modifier | modifier le code]

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Films[modifier | modifier le code]

  • Rue Cases Nègres, 17 prix internationaux dont :
    • 1983 Mostra de Venise : Lion d’Argent du meilleur premier film, Prix d’Interprétation féminine, Prix de l’Office Catholique, Prix de l’Unesco [4].
    • 1984 Fespaco : Prix du public.
    • 1984 César de la meilleure première œuvre[5].
  • Une Saison Blanche et Sèche (MGM)
    • 1989 Prix Orson Welles for best achievement.
    • 1989 Prix Barclay du meilleur film (Lausanne).
    • (Nomination aux Oscars et Prix d'Interprétation masculine au festival international du film de Tokyo pour Marlon Brando).
  • Siméon
    • 1993 Corbeau d'Argent au Festival International du Film Fantastique de Bruxelles
    • 1993 Prix du meilleur film pour la jeunesse (Italie).
    • 1993 Fespaco : Prix de l’Institut des Peuples Noirs.
    • 1993 Festival de Philadelphie : Prix du public.

Décorations[modifier | modifier le code]

  • Euzhan Palcy est également Citoyenne d’Honneur de New York, Atlanta, New Orleans[9].

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. www.africultures.com
  2. festival-cannes - "Cannes rend hommage à Euzhan Palcy"
  3. Décret du 10 mai 2013 portant nomination des membres du Comité national pour la mémoire et l'histoire de l'esclavage
  4. Mostra de Venise 1983
  5. 9e cérémonie des César
  6. Legifrance décret du 31 décembre 2002 portant promotion et nomination
  7. Legifrance décret du 10 mai 1995 portant promotion et nomination
  8. Legifrance décret du 13 novembre 2009 portant promotion et nomination
  9. UNESCO - fiche Euzhan Palcy