Michelangelo Antonioni

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Michelangelo Antonioni

Description de l'image  Michelangelo Antonioni.jpg.
Naissance 29 septembre 1912
Ferrare (Émilie-Romagne, Italie)
Nationalité Drapeau de l'Italie Italienne
Décès 30 juillet 2007 (à 94 ans)
Rome (Latium, Italie)
Profession Réalisateur et scénariste
Films notables L'avventura
La Nuit
L'Éclipse
Blow-Up
Zabriskie Point
Profession : reporter
Identification d'une femme

Michelangelo Antonioni est un réalisateur et scénariste du cinéma italien (né à Ferrare en Émilie-Romagne le 29 septembre 1912[1] et mort à Rome le 30 juillet 2007[1],[2]).

Il a obtenu de nombreuses récompenses, dont l'Oscar pour l’ensemble de sa carrière en 1995 et le Lion d'or pour la carrière à Venise en 1997. Il est le seul réalisateur, avec Henri-Georges Clouzot et Robert Altman, à avoir remporté les trois plus hautes récompenses des principaux festivals européens que sont Cannes, Berlin et Venise.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance et formation[modifier | modifier le code]

Né dans une famille populaire (sa mère, Elisabetta Roncagli, fut ouvrière), Michelangelo Antonioni se passionne très jeune pour la musique et le dessin. Violoniste précoce, il donne son premier concert à neuf ans. Toutefois, son besoin de création ne le prédispose guère au métier d'interprète des classiques. En revanche, la peinture et le dessin seront des activités qu'il continuera d'exercer tout au long de sa vie. À Ferrare, il ne fréquente pas le liceo, dont les élèves, très souvent issus des classes aisées, se destinent à des études supérieures, mais un lycée technique[3]. Il pratique en outre le tennis, au club de Marfisa à Ferrare, où il côtoie la jeunesse dorée et, en particulier, son ami, le romancier Giorgio Bassani. Après son baccalauréat, il s'inscrit à la faculté d'économie et de commerce de Bologne, où il obtient un diplôme. « Le complexe de ne jamais avoir suivi d'études littéraires m'est toujours resté », avouait Antonioni[4].

Les débuts de cinéma[modifier | modifier le code]

Attiré par le théâtre, il devient ensuite un cinéphile passionné et pratique, entre 1936 et 1940, la critique de films dans un journal de Ferrare, Corriere padano. Il quitte alors sa ville natale pour Rome et participe, bientôt, à la rédaction de Cinema, dirigée par Vittorio Mussolini, le fils de Benito Mussolini. « Au moment où Antonioni y débute, les germes du néoréalisme n'étaient pas encore éclos. Les jeunes théoriciens de ce mouvement (parmi lesquels Giuseppe De Santis, Carlo Lizzani, Antonio Pietrangeli…) ne devaient débarquer dans l'équipe de rédaction qu'entre 1941 et 1943. » À la suite d'un différend, il est contraint de quitter la revue et c'est, à ce moment-là, qu'il entame une brève formation de cinéaste en intégrant les cours du Centro Sperimentale di Cinematografia de Rome. Là, il noue une solide amitié avec l'enseignant Francesco Maria Pasinetti, auteur de la première histoire du cinéma italien. Il épouse d'ailleurs la belle-sœur de ce dernier, Letizia Balboni, alors étudiante au Centro sperimentale. Appelé sous les drapeaux au service des transmissions entre 1942 et 1943, il collabore au scénario de Un pilota ritorna de Roberto Rossellini. Ensuite, mettant à profit deux permissions exceptionnelles, il devient assistant sur deux films, I due Foscari d'Enrico Fulchignoni et Les Visiteurs du soir de Marcel Carné[5].

Les premiers documentaires[modifier | modifier le code]

L'époque n'offrant guère de perspectives pour un cinéma de création, Antonioni préfère réaliser des documentaires : en 1943, il obtient le soutien financier de l'Institut Luce, organisme gouvernemental chargé de subventionner les films pédagogiques, pour réaliser son premier documentaire Gente del Po, relatant la vie des populations déshéritées de la plaine du , dont le cours arrose sa ville natale, Ferrare. « Curieuse et célèbre coïncidence : à quelques kilomètres à peine de l'endroit où il tourne son documentaire, Luchino Visconti tourne le premier film néoréaliste, inspiré d'un roman américain, Le facteur sonne toujours deux fois, de James Cain, Ossessione (1943) »[6]. Deux ans plus tard, c'est avec Visconti lui-même qu'il coécrira deux scénarios non réalisés : Furore et Il Processo di Maria Tarnovska. En 1948, il collabore au scénario de Chasse tragique, premier film de Giuseppe De Santis, qu'il a connu à la rédaction de la revue Cinema[7].

Les longs métrages[modifier | modifier le code]

Michelangelo Antonioni lors de la première de Par-delà les nuages (Al di là delle nuvole) en 1995.

Ses premiers longs métrages (de Chronique d'un amour en 1950 jusqu'à le Cri en 1957) restent confidentiels en ne lui apportant qu'une notoriété « italienne ».

Antonioni ne deviendra célèbre qu'après la sortie de L'avventura en 1960, primé à Cannes, premier volet d'une tétralogie qui allait imposer une vision novatrice et moderne de l'art cinématographique, voulu « égal à la littérature ». Les opus suivants, tous récompensés - La Nuit (Ours d'or et prix Fipresci au Festival de Berlin 1961), L'Éclipse (à nouveau Prix spécial du jury au Festival de Cannes 1962) et Le Désert rouge (Lion d'or au Festival de Venise 1964) -, lui valent une reconnaissance mondiale. Monica Vitti sera l'égérie de ces quatre films et sera d'ailleurs sa compagne pendant quelque temps.

Les thèmes et le style de son œuvre sont alors posés : recherches plastiques singulières, rigueur dans la composition des plans, sensation de durée, voire de vide et rupture avec les codes de la dramaturgie dominante (énigmes irrésolues, récits circulaires sans progression dramatique claire, protagonistes détachés de toute forme de quêtes ou d'actions logiques). Les personnages y sont généralement insaisissables et entretiennent des relations intimes troubles ou indéfinissables. Outre la solitude, la frustration, l'absence et l'égarement, la critique perçoit, dans ses films, le motif qu'elle nomme souvent à tort et à travers « incommunicabilité ».

Blow-Up[8], tourné à Londres en 1966, Palme d'or au Festival de Cannes 1967, lui ouvre les portes d'Hollywood, où il réalise Zabriskie Point en 1970. Ne rencontrant pas le succès espéré[9], il part en Chine réaliser Chung Kuo, la Chine en 1972, avant de revenir aux États-Unis avec Profession : reporter en 1975.

Rentrant ensuite en Italie, il retrouve Monica Vitti pour Le Mystère d'Oberwald en 1980 puis réalise Identification d'une femme en 1982, sur le tournage duquel il rencontre Enrica Fico, avec qui il se marie le 30 octobre 1986.

En 1985, à la suite d'un AVC, Antonioni est partiellement paralysé et presque totalement privé de l'usage de la parole. Il ne cessera pas pour autant son activité : il coréalise encore, avec son ami-cinéaste Wim Wenders, Par-delà les nuages en 1995. Les épisodes du film sont issus de son ouvrage Ce bowling sur le Tibre, recueil de textes édité en France en 1985 sous le titre Rien que des mensonges. En 2004, il participe au film à sketches Eros (également signé par Steven Soderbergh et Wong Kar-wai) et réalise un documentaire, Lo Sguardo di Michelangelo (Le Regard de Michelangelo), qui peut être considéré comme une synthèse poétique de sa vision du cinéma[10].

Postérité[modifier | modifier le code]

Dans un entretien accordé à Serge Kaganski en 2004, Jean-Luc Godard juge à regrets qu'Antonioni est le cinéaste qui a le plus influencé le cinéma contemporain. Il considère par exemple qu'un cinéaste comme Gus Van Sant fait du « sous-Antonioni »[11].

Filmographie[modifier | modifier le code]

Réalisateur[modifier | modifier le code]

Note : Michelangelo Antonioni était également scénariste des films qu'il a réalisés.

Courts métrages[modifier | modifier le code]

Note : Les courts métrages de Michelangelo Antonioni sont tous des documentaires.

  • 1943 : Gente del Po (Les Gens du Pô)
  • 1948 : Roma-Montevideo
  • 1948 : Oltre l'oblio (Plus loin, l'oubli)
  • 1948 : Nettezza urbana (Nettoyage urbain)
  • 1949 : Superstizione (Superstition)
  • 1949 : Sette canne, un vestito (La Rayonne)
  • 1949 : L'Amorosa menzogna (Mensonge amoureux)
  • 1950 : La villa dei Mostri (La Villa des monstres)
  • 1950 : La funivia del Faloria (Le Téléphérique du mont Faloria)
  • 1989 : Kumbha Mela, court métrage sur l'Inde
  • 1993 : Noto, Mandorli, Vulcano, Stromboli, Carnevale (Connu, amandiers, volcan, Stromboli, carnaval)
  • 2004 : Lo sguardo di Michelangelo (Le Regard de Michelangelo)

Longs métrages[modifier | modifier le code]

Scénariste[modifier | modifier le code]

Producteur[modifier | modifier le code]

Lui-même[modifier | modifier le code]

Récompenses[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Cordone di gran Croce OMRI BAR.svg : Chevalier grand-croix de l'ordre du Mérite de la République italienne, le 18 novembre 1992[12].

Sur Antonioni[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Fabio Carpi, Antonioni, Parme, Guanda,‎ 1958
  • Pierre Leprohon, Antonioni, Paris, Seghers, coll. « Cinéma d'aujourd'hui »,‎ 1961
  • Roger Tailleur et Paul-Louis Thirard, Antonioni, Paris, Éditions universitaires, coll. « Classiques du cinéma »,‎ 1963
  • Michelangelo Antonioni, Rien que des mensongeslieu=Paris, Lattèsn,‎ 1985
  • Joëlle Mayet Giaume, Michelangelo Antonioni : le fil intérieur, Crisnée, Belgique, Yellow Now,‎ 1990
  • René Prédal, Michelangelo Antonioni ou la vigilance du désir, Paris, Le Cerf, coll. « 7e art »,‎ 1991
  • Céline Scemama, Antonioni : le désert figuré, Paris, L'Harmattan,‎ 1998
  • José Moure, Michelangelo Antonioni, Cinéaste de l'évidement, Paris, Champs visuels,‎ 2001
  • Alain Bonfand, Le cinéma de Michelangelo Antonioni, Paris, Images Modernes,‎ 2003
  • Aldo Tassone (trad. Caecillia Pieri), Antonioni, Paris, Flammarion, coll. « Champs »,‎ 2007 Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Stig Björkman (trad. Anne-Marie Teinturier), Michelangelo Antonioni, Paris, Cahiers du cinéma, coll. « Grands cinéastes »,‎ 2007 Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Seymour Chatman et Paul Duncan, Michelangelo Antonioni - filmographie complète, Paris, Taschen,‎ 2008

Article[modifier | modifier le code]

Films[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « La mort de Michelangelo Antonioni », Libération,‎ 31 juillet 2007
  2. Le même jour qu'Ingmar Bergman.
  3. Aldo Tassonne, Antonioni, p. 13 à 18
  4. Aldo Tassonne, Antonioni, p. 18
  5. Aldo Tassonne, Antonioni, p. 20 à 23
  6. Aldo Tassonne, Antonioni, p. 24
  7. Aldo Tassonne, Antonioni, p. 27
  8. Brigitte Tast, Hans-Jürgen Tast: light room - dark room. Antonionis "Blow-Up" und der Traumjob Fotograf, Kulleraugen Vis.Komm. Nr. 44, Schellerten 2014, ISBN 978-3-88842-044-3
  9. Antonioni's Zabriskie Point sur le site Phinnweb.org, consulté le 16 août 2012.
  10. Stig Björkman : Michelangelo Antonioni, Éditions Cahiers du Cinéma, 2007, trad. du suédois par Anne-Marie Teinturier.
  11. Serge Kaganski, « Jean-Luc Godard : « c'est notre musique, c’est notre ADN, c’est nous » », Les Inrockuptibles,‎ 5 mai 2004 (lire en ligne)
  12. Cavaliere di Gran Croce Ordine al Merito della Repubblica Italiana Maestro Michelangelo Antonioni, regista, sur le site quirinale.it.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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