Cary Grant

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Grant et Leach.

Cary Grant

alt=Description de cette image, également commentée ci-après

Cary Grant dans Les Enchaînés en 1946.

Nom de naissance Archibald Alexander Leach
Naissance 18 janvier 1904
Bristol, Royaume-Uni
Nationalité d'origine : Drapeau du Royaume-Uni Britannique
Naturalisé : Drapeau des États-Unis Américain
Décès 29 novembre 1986 (à 82 ans)
Davenport, États-Unis
Profession Acteur
Films notables Cette sacrée vérité,
L'Impossible monsieur Bébé,
Indiscrétions,
Soupçons
Les Enchaînés,
On murmure dans la ville,
Charade,
Elle et lui,
La Mort aux trousses

Archibald Alexander Leach, plus connu sous son pseudonyme de Cary Grant, né le 18 janvier 1904 à Bristol (Angleterre) et mort le 29 novembre 1986 à Davenport (Iowa), est un acteur américain d'origine britannique. Il a été naturalisé citoyen des États-Unis le 26 juin 1942.

Après une adolescence troublée, ce bricoleur habile, de grande taille (il mesurait 1,87 m)[1] avait la particularité d'avoir un menton dit « en fesse d'ange », devient chanteur dans les comédies musicales de Broadway à New York. Son accent britannique mi-aristocratique mi-ouvrier de représentant de commerce fit de lui un spécialiste du genre dit « foldingue », genre comédie de boulevard marathon (screwball comedy). Charmant mais peu stable, il a été marié cinq fois. Il tournera dans plusieurs films d'Alfred Hitchcock qui, bien connu pour ne pas aimer les acteurs, dira de lui « qu'il était le seul acteur qu'il ait jamais aimé de toute sa vie ».

Ian Fleming s'est inspiré de sa séduction, et de son look soigné pour créer le personnage de James Bond. En 1961, il fut le premier acteur à avoir été approché par Ian Fleming pour le rôle de James Bond, mais il refusa le rôle parce qu'il avait 58 ans à l'époque, et se sentait trop vieux pour incarner le célèbre agent secret[2].

À la fin de sa vie, il fera des tournées aux États-Unis appelées A Conversation with Cary Grant au cours desquelles étaient projetés des extraits de ses films suivis de débats.

L'American Film Institute l'a classé deuxième acteur de légende du cinéma américain.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance et débuts[modifier | modifier le code]

Archibald Alexander Leach né le 18 janvier 1904 à Bristol, en Angleterre. Il fut élève dans l'école primaire de Bishop Road. Enfant unique, il vécut une enfance malheureuse et agitée. Sa mère Elsie fut placée par son père dans un hôpital psychiatrique lorsque Archie avait dix ans. Elle ne surmonta jamais la dépression qui survint après la mort d'un précédent enfant. Son père, qui eut ensuite un fils d'une autre femme, lui raconta que sa mère était partie pour de longues vacances. Ce n'est pas avant d'avoir plus de 30 ans qu'il découvrit qu'elle vivait encore, placée dans un institut spécialisé.

Il fut renvoyé de la Fairfield Grammar School de Bristol en 1918. Il rejoignit ensuite la « Bob Pender stage troupe » et voyagea avec le groupe vers les États-Unis en 1920, lors d'une tournée de deux ans. À la fin de la tournée, il décida de rester sur place pour poursuivre sa carrière scénique.

Encore sous son nom de naissance, il joue sur la scène de The Muny à St. Louis (Missouri), dans les spectacles suivants : Irene (1931); Music in May (1931); Nina Rosa (1931); Rio Rita (1931); Street Singer (1931); The Three Musketeers (1931); et Wonderful Night (1931).

Carrière à Hollywood[modifier | modifier le code]

Dans Indiscrétions (1940)

Ayant connu le succès dans des comédies légères de Broadway, il part pour Hollywood en 1931, où il prend le nom de Cary Lockwood. Il choisit ce nom d'après son personnage dans la pièce Nikki. Il signe avec Paramount Pictures, mais les patrons du studio étaient plus impressionnés par l'acteur que par son pseudonyme. Le prénom convenait mais le nom de Lockwood prêtait à confusion avec un autre acteur. C'est en parcourant une liste de noms d'emprunt que naquit Cary Grant, choisi pour ses initiales C et G qui avaient déjà porté chance à Clark Gable et Gary Cooper, deux des plus grandes stars de l'époque.

Après des participations et un premier rôle face à Marlène Dietrich dans Blonde Venus, sa célébrité vint grâce à Mae West qui le choisit pour lui donner la réplique dans deux films à grand succès Lady Lou et Je ne suis pas un ange (tous les deux de 1933)[3]. Je ne suis pas un ange fut un succès très rentable, tout comme Lady Lou, nommé pour l'Oscar du meilleur film, qui sauva Paramount de la banqueroute.

En 1936, l'acteur commence à se montrer très exigeant, et ne supporte plus que la Paramount ne voie en lui qu'un sosie de Gary Cooper[4] et décide à la fin de son contrat de devenir indépendant. Il signera deux contrats notamment avec la RKO et la Columbia Pictures qui lui permettent de devenir un acteur indépendant, et c'est en devenant un acteur indépendant qu'il deviendra l'égal de Gary Cooper et l'acteur de légende qu'on connaît[4].

Marilyn Monroe et Cary Grant dans Chérie, je me sens rajeunir (1952)

Cary Grant joua dans les plus célèbres screwball comédies, dont L'Impossible monsieur Bébé avec Katharine Hepburn, La dame du vendredi avec Rosalind Russell, Arsenic et vieilles dentelles avec Priscilla Lane, et Chérie, je me sens rajeunir avec Ginger Rogers et Marilyn Monroe. Son rôle dans Cette sacrée vérité avec Irene Dunne représente l'incarnation type du personnage de Grant à l'écran. Ces rôles solidifièrent sa force d'attraction, et Indiscrétions, avec Hepburn et James Stewart, démontra son stéréotype à l'écran : l'homme charmeur mais peu fiable, précédemment marié à une femme intelligente et de caractère qui, après avoir divorcé de lui, réalise que - malgré ses défauts - il est irrésistible.

Grant fut une valeur sûre du box-office pendant plusieurs décennies. Acteur polyvalent, il pouvait jouer des rôles physiques comme dans Gunga Din avec le savoir-faire acquis sur la scène. Howard Hawks dit de lui qu'il était « de si loin le meilleur qu'aucun ne pouvait se comparer à lui. »[5]

Il tournera dans plusieurs films d'Alfred Hitchcock qui, bien connu pour ne pas aimer les acteurs, dira de lui « qu'il était le seul acteur qu'il ait jamais aimé de toute sa vie »[6]. Grant apparaît ainsi dans de grands classiques du maître du suspense : Soupçons, Les Enchaînés, La Main au collet et La Mort aux trousses. Hitchcock saura sortir Cary Grant de la comédie pour le tirer vers des rôles plus noirs et ambigus, montant ainsi une palette plus étendue de son talent. Le biographe Patrick McGilligan a écrit qu'en 1965, Hitchcock proposa à Grant de jouer dans Le Rideau déchiré mais celui-ci avait décidé de se retirer après son dernier film, Rien ne sert de courir (1966); Paul Newman prit son rôle face à Julie Andrews[7].

Au milieu des années 1950, Grant créa sa propre maison de production, Grantley Productions, et produisit plusieurs films distribués par Universal, tels Opération jupons, Indiscret, Un soupçon de vison (avec Doris Day), et Grand méchant loup appelle. En 1963, il joue aux côtés d'Audrey Hepburn dans Charade.

Grant était perçu comme un électron libre du fait qu'il était le premier acteur « indépendant », à contre-courant du vieux système des studios, qui décidaient des évolutions de leurs acteurs. Il put ainsi avoir le contrôle de chaque aspect de sa carrière. Il décidait quels films tourner et s'impliquait dans le choix du réalisateur et de ses partenaires et négociait même parfois un pourcentage sur les bénéfices, un privilège rare à l'époque mais désormais courant parmi les grandes stars.

Il fut nommé deux fois aux Oscars dans les années 1940 mais, étant l'un des premiers acteurs indépendants des grands studios, il ne l'obtiendra pas durant ses années d'activité. Ce n'est qu'en 1970 que l'académie lui remit un Oscar d'honneur pour sa carrière. En 1981, il reçut les honneurs du Kennedy Center.

Retraite[modifier | modifier le code]

Éloigné des écrans, l'acteur resta néanmoins actif. À la fin des années 1960, il accepta un poste au comité de direction de Fabergé. Une fonction qu'il assumait pleinement en assistant aux assemblées et faisant de la promotion, conscient que sa présence lors du lancement d'un nouveau produit pouvait lui garantir le succès.

À la fin de sa vie, il fera des tournées aux États-Unis appelées A Conversation with Cary Grant au cours desquelles étaient projetés des extraits de ses films suivis de débats. L'acteur se préparait pour une représentation à l'Adler Theater à Davenport dans l'Iowa l'après-midi du 29 novembre 1986 lorsqu'il fut victime d'un accident vasculaire cérébral. Il meurt dans la nuit au St. Luke's Hospital à l'âge de 82 ans.

Vie privée à Hollywood[modifier | modifier le code]

La vie privée de l'acteur fut agitée, comprenant notamment cinq mariages.

Mariages[modifier | modifier le code]

  • En 1942, Grant épouse la très riche et mondaine Barbara Hutton et devint une figure paternelle pour son fils, Lance Reventlow, qui trouvera la mort dans un accident d'avion. Le couple fut ironiquement surnommé « Cash and Cary », même si dans un accord prénuptial, l'acteur refusait tout arrangement financier en cas de divorce. Celui-ci survint en 1945, mais ils restèrent des amis toutes leurs vies. Grant a toujours réfuté l'accusation d'un mariage d'argent. Il a dit avec son humour typique : « Je peux m'être marié pour de très bonnes raisons, mais l'argent n'a jamais été l'une d'elles. »
  • Sa troisième femme est l'actrice Betsy Drake, qu'il épouse le 25 décembre 1949. Ils partagent l'affiche de deux films ensemble. S'avérant le mariage le plus durable, il s'achèvera le 14 août 1962. Drake lui fit découvrir le LSD, et au début des années 1960 il raconta comment un traitement de la drogue hallucinogène – légale à l'époque – dans une prestigieuse clinique californienne lui apporta la paix intérieure que le yoga, l'hypnose et le mysticisme n'avaient pu lui procurer[8],[9],[10].
  • Son quatrième mariage, à l'actrice Dyan Cannon de trente-trois ans sa cadette, eut lieu le 22 juillet 1965 à Las Vegas. Le mariage fut suivi de la naissance prématurée de son unique enfant, Jennifer Grant, le 26 février 1966 alors que l'acteur avait 62 ans. Il l'appelait souvent « ma meilleure production », et regretta de n'avoir pas eu d'enfant plus tôt. Le mariage avait du plomb dans l'aile dès le début et Cannon le quitta en décembre 1966, déclarant que Grant partait souvent dans des rages soudaines et la battait quand elle lui « désobéissait ». Le divorce, finalisé en 1968, fut amer et public, et la bataille pour la garde de leur fille dura dix ans.
  • Le 11 avril 1981 Grant épouse sa compagne de longue date, Barbara Harris, qui avait trente-deux ans de moins que lui. Elle restera à ses côtés jusqu'à sa mort.

Les années de guerre et la citoyenneté américaine[modifier | modifier le code]

Grant devint citoyen américain en 1942 pour désamorcer le scandale résultant de sa non-incorporation à l'armée britannique. Un critique de films anglais écrivit que les acteurs britanniques restés à Hollywood ne devaient être photographiés qu'en noir et blanc de façon que le public ne puisse voir la traînée jaune sur leur colonne vertébrale. Il a pourtant servi comme volontaire dans la Royal Navy dès 1940, mais à 36 ans il avait atteint la limite d'âge d'incorporation. Cela lui fit déclarer qu'il voulait participer activement, même pour un poste de pompier. Mais une partie du gouvernement britannique pensait qu'il serait d'une plus grande utilité en restant à Hollywood. Durant les années de guerre, il reversa l'intégralité de ses cachets aux œuvres de charité anglaises et le bruit courut même qu'il travaillait pour les services de renseignement de son pays, transmettant les suspicions de sympathie nazi parmi l'élite d'Hollywood. Mais ceci n'a jamais pu être prouvé, tant que les archives sur ce sujet restent classées à ce jour. En 1946, George VI l'honora de la médaille du Roi pour services rendus à la Grande-Bretagne durant les hostilités.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Katharine Hepburn et Cary Grant dans Indiscrétions (1940)
Cary Grant et Ingrid Bergman dans Les Enchaînés (1946)
Cary Grant et Audrey Hepburn dans Charade (1963)

Citations[modifier | modifier le code]

  • « Tout le monde veut être Cary Grant, même moi. »
  • Après l'échec de son mariage avec Barbara Hutton : « Elle pensait qu'elle avait épousé Cary Grant. »
  • « J'ai probablement choisi cette profession à la recherche d'approbation, d'adulation, d'admiration et d'affection. »
  • « J'ai passé la plus grande partie de ma vie à osciller entre Archie Leach et Cary Grant, peu sûr de chacun d'entre eux, les suspectant tous les deux. »
  • Après Charade (1963) avec Audrey Hepburn : « Tout ce que je veux pour Noël, c'est un autre film avec Audrey Hepburn ! »

Doublage français[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. Yann-Brice Dherbier, Cary Grant les images d'une vie, Paris, YB éditions,‎ 2009 (ISBN 978-2-355-37031-1), p. 5
  2. Yann-Brice Dherbier 2009, p. 187
  3. Encyclopedia Britannica, biographie de Cary Grant
  4. a et b Yann-Brice Dherbier 2009, p. 7
  5. Entretien d'Howard Hawks avec Joseph McBride, in Hawks, Howard et Gerald Mast, Bringing Up Baby, p. 260. New Brunswick, NJ: Rutgers University Press, 1988.
  6. Nancy Nelson et Cary Grant, Evenings with Cary Grant : recollections in his own words and by those who knew him best, Thorndike, Maine, Thorndike Press,‎ 1992 (ISBN 1-560-54342-6), p. 325
  7. (en) Patrick McGilligan, Alfred Hitchcock : a life in darkness and light, New York, Regan Books,‎ 2003 (ISBN 0-060-39322-X), p. 663-664
  8. White, Betty. "Cary Grant Today" - Saturday Evening Post - (c/o CaryGrant.net) - March 1978
  9. McKelvey, Bob. "Cary Grant - Hollywood's Zany Lover Reaches 80" - Detroit Free Press - (c/o CaryGrant.net) - 18 janvier 1984
  10. (en) Lionel Godfrey, Cary Grant : the light touch, New York, St. Martin's Press,‎ 1981 (ISBN 0-312-12309-4)