Edward Dmytryk

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Edward Dmytryk

Edward Dmytryk est un réalisateur et monteur américain né le 4 septembre 1908 à Grand Forks (en), Colombie-Britannique (Canada), mort le 1er juillet 1999 à Encino (Californie).

Biographie[modifier | modifier le code]

Edward Dmytryk naît au Canada, de parents ukrainiens. Il est embauché en 1923 par la Paramount Pictures comme coursier, puis il devient chef monteur. Il réalise son premier moyen métrage, The Hawk (en), en 1935.

Sympathisant de la gauche politique américaine, il réalise en 1943 Les Enfants d'Hitler, un thriller en forme de violent réquisitoire contre le fascisme qui est d'ailleurs interdit en France. Il adhère au parti communiste américain pendant un an, de 1944 à 1945[1]. Ses convictions lui valent de figurer parmi les "Dix d'Hollywood" convoqués par la Commission des Activités Anti-Américaines (House Committee on Un-American Activities) et d'être condamné à six mois de prison et 500 dollars d'amende. Il s'exile en Grande-Bretagne en 1948. Il y réalise deux films, L'Obsédé (en) (Obsession) et Donnez-nous aujourd'hui (Give Us This Day). Il revient finalement aux États-Unis en 1950, et purge sa peine à la prison fédérale de Mill Point.

Pour s'affranchir des soupçons qui pèsent sur lui, et cédant à la pression, il sera amené à dénoncer, comme Elia Kazan, certains communistes et sympathisants de gauche dont l'un de ses amis scénaristes, Adrian Scott, avec lequel il a pourtant longuement collaboré pour la RKO Pictures (Feux croisés), ou encore le réalisateur Jules Dassin. Cet événement provoque bien sûr un tollé dans le milieu audiovisuel et l'opinion publique. Il marque sans doute un tournant majeur dans l'œuvre tourmentée d'Edward Dmytryk ; ses personnages ambivalents, parfois limite (L'Homme à l'affût, Le Jongleur), entre cruauté et repentir, font sa marque de fabrique. Lui-même veut se racheter de ses erreurs en tournant en 1954 un western antiraciste, La Lance brisée.

L'accueil fait à ses films est réservé. Certains d'entre eux obtiendront un grand succès (L'Homme aux colts d'or) ou un échec retentissant (Le Bal des maudits). Le fait est qu'il ne parviendra jamais à se départir de sa réputation sulfureuse. Ses derniers films déçoivent la critique qui le considère généralement — et peut-être injustement — comme un technicien certes talenteux mais simple faire-valoir de brillants interprètes.

À la fin de sa vie, il enseigne à l'Université du Texas à Austin et à l'Université de Californie du Sud. Ce cinéaste très controversé s'éteint en 1999 (90 ans) à Encino, près de Los Angeles, en Californie.

De 1948 jusqu'à sa mort, il est marié à l'actrice américaine Jean Porter (1925-).

Filmographie[modifier | modifier le code]

Réalisateur[modifier | modifier le code]

Monteur[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Ce sont les dates données par Edward Dmytryk lui-même. Cependant les 9 autres coaccusés affirmèrent plus tard que Dmytryk avait participé aux meetings organisé par le parti communiste américain en faveur des Dix de Hollywood de 1947 à 1950. (Larry Ceplair et Steven Englund, The Inquisition in Hollywood: Politics in the Film Community, 1930-60, University of Illinois Press, 2003)

Liens externes[modifier | modifier le code]