Ben-Hur (film, 1959)

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Ben-Hur

Description de l'image  Ben hur 1959 poster.jpg.
Titre original Ben-Hur
Réalisation William Wyler
Scénario Karl Tunberg
Acteurs principaux
Sociétés de production Metro-Goldwyn-Mayer
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre Péplum
Sortie 1959
Durée 214 minutes (3h34)

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Ben-Hur est un film américain de William Wyler sorti en 1959.

Adapté du roman Ben-Hur: A Tale of the Christ, de Lewis Wallace paru en 1880, ce péplum épique dont l'action se situe au Ier siècle, est un monument de l'histoire du cinéma par l'ampleur de sa mise en scène et des séquences à très grand spectacle comme la bataille navale, la course de chars, et la crucifixion du Christ. Il demeure également l'un des films les plus primés avec onze Oscars.

Le roman d'origine a fait l'objet de deux autres adaptations, dont celle de 1925 avec Ramón Novarro dans le rôle-titre.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Jérusalem au Ier siècle. Judah Ben-Hur, prince de Judée, retrouve son ami d'enfance Messala venu prendre la tête de la garnison romaine de Jérusalem. Messala est ivre de la puissance que lui a conférée l'empereur Tibère, alors que Ben-Hur ne souhaite que vivre en paix, malgré la rébellion qui menace en Judée. Devant choisir entre son amitié envers Messala et sa loyauté envers son peuple, Ben-Hur choisit la loyauté, ce qui lui vaut la haine de Messala. De retour chez lui, il apprend qu'Esther, la fille de son intendant, un esclave, va se marier avec un homme qu'elle connait à peine. Ben-Hur, malgré son amour pour cette dernière, lui donne la liberté en cadeau de mariage.

Peu après, alors que le nouveau gouverneur, Valerius Gratus, parade en ville, des tuiles tombent de la maison de Judah et manquent de tuer le Romain. Messala sait son ami innocent mais, ayant pour tâche de mater la rébellion, estime qu'il sera redouté s'il se montre capable de cruauté envers un vieil ami; il trahit alors Judah en le condamnant aux galères et en jetant en prison sa mère (Miriam) et sa sœur (Tirzah). Quand Esther et son père viennent peu après s'inquiéter de leur sort, ce dernier est aussi jeté au cachot.

Sur le chemin qui le mène en captivité, alors qu'il meurt de soif, on refuse à Ben-Hur le droit de se désaltérer, il reçoit cependant de l'eau des mains d'un mystérieux homme que même les soldats romains respectent (il s'agit en fait de Jésus de Nazareth). Trois ans plus tard, les Romains décident de purger la mer Méditerranée des pirates macédoniens. Lors de l'affrontement, le responsable de la galère où peine Judah, le consul romain Quintus Arrius, tombe à la mer et Ben-Hur lui sauve la vie. Sa flotte anéantie, convaincu de sa défaite, Quintus Arrius veut mettre fin à ses jours, mais Ben-Hur l'en empêche. Recueillis plus tard, ils apprendront la victoire romaine. Pour le remercier du don de la vie, Quintus Arrius adopte Ben-Hur et lui offre la liberté.

Pendant son séjour à Rome, Ben-Hur se montre habile conducteur de chars. Malgré ses victoires et l'affection paternelle, il aspire à retourner en Judée. De retour au pays natal, il rencontre le cheikh Ilderim, propriétaire de quatre magnifiques chevaux arabes blancs, qui lui propose de devenir son aurige lors d'une course de chars qui doit se dérouler à Antioche. Bien qu'apprenant que Messala est un conducteur ayant remporté cette épreuve à de multiples reprises, Ben-Hur décline. Il rentre chez lui pour découvrir que son intendant vit encore dans son palais en décrépitude avec sa fille et un prisonnier muet rencontré lors de sa détention; il a été torturé et a perdu l'usage de ses jambes, mais a pu cacher la fortune de son maître qui est restée intacte.

Inquiet pour sa sœur et sa mère, Ben-Hur va interroger Messala; il se présente chez lui en toge sous sa nouvelle identité romaine Arrius le jeune et, comprenant que son ancien ami ignore le sort de ses détenus, promet de revenir le lendemain. Messala ordonne alors que l'on retrouve les prisonnières; après consultation des archives et descente dans les cachots les plus profonds, on découvre qu'elles sont encore en vie et ont contracté la lèpre, maladie contagieuse alors inguérissable. Chassées de la ville, elles se rendent en cachette dans la cour de leur ancienne demeure; Esther les aperçoit alors et, après s'être renseignées sur le destin de Judah, elles font promettre à Esther qu'elle lui annoncera leur mort afin qu'il puisse garder intacte leur image dans son souvenir, promesse qu'elle tiendra.

Il rencontre Ponce Pilate, devenu gouverneur de Judée en remplacement de Gratus, qui lui annonce qu'il est devenu citoyen romain. Il y voit le moyen de se venger de Messala, et finit donc par accepter l'offre du cheik Ilderim.

Au départ de la course, Messala arrive avec un char grec dont les roues sont munies de pointes servant à détruire les chars adverses ou blesser les chevaux. La course est terrible, car les conducteurs se livrent un combat acharné, Messala étant le plus redoutable. Il oblige Ben-Hur à se livrer à différentes prouesses pour rester dans la course et en vie, tout simplement. À la suite d'un accrochage violent entre leurs chars, Messala tombe, est piétiné par ses propres chevaux et ceux des autres chars. Ben-Hur gagne la course et accepte les lauriers de la gloire. Il se rend par la suite au chevet de l'agonisant Messala, qui lui annonce le sort de Miriam et Tirzah.

Effondré, Ben-Hur rentre chez lui. Le lendemain, malgré le danger d'être contaminé, il se rend dans la Vallée des lépreux aux portes de Jérusalem, où sont reclus les incurables et les pestiférés. Il aperçoit alors à distance Miriam et Tirzah, lesquelles sont nourries par Esther. Une altercation s'ensuit, il accuse la jeune femme de mensonge, alors qu'elle lui reproche d'être devenu comme Messala, se nourrissant de la haine et cherchant la vengeance. Mais leurs sentiments sont plus forts. Esther avoue son amour à Ben-Hur puis lui affirme connaître quelqu'un qui pourra guérir les lépreuses : Jésus de Nazareth. Ils décident de partir pour le trouver à Jérusalem.

Mais il est trop tard, car Ponce Pilate vient tout juste de le condamner à mort. Lors du chemin de croix, Ben-Hur reconnait l'homme qui l'avait autrefois désaltéré et tente de lui retourner la faveur, mais il est brutalement repoussé par les soldats romains tandis que Jésus est conduit sur le lieu de la crucifixion. Pendant qu'Esther s'en retourne vers la vallée avec Miriam et Tirzah, Ben-Hur s'apitoie sur leur sort.

Deux miracles se produisent alors : l'orage éclate, la terre tremble, et la pluie tombe, rafraichissant et lavant la terre de Judée. Les femmes, réfugiées dans une cavité au pied du mont Golgotha, lieu de supplice du Christ, sont mouillées par le sang s'écoulant des plaies de Jésus. De retour au palais, Ben-Hur les découvre guéries. Il peut envisager l'avenir avec sérénité. Le dernier plan nous montre un berger conduisant ses brebis devant le calvaire et ses trois croix dont les corps ont été descendus, se découpant sur le ciel d'une aube nouvelle, tandis que les chœurs de la chapelle Sixtine entonnent un alléluia sur le thème principal du film.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Costume de Charlton Heston et armure de Stephen Boyd

Distribution[modifier | modifier le code]

Charlton Heston (Ben-Hur)
Stephen Boyd (Messala)
Jack Hawkins (Quintus Arrius)
Hugh Griffith (Cheik Ilderim)
Haya Harareet (Esther)

Et, parmi les acteurs non-crédités :

Distinctions[modifier | modifier le code]

Récompenses[modifier | modifier le code]

Avec onze Oscar, le film est le plus primé de l'histoire du cinéma, plus tard rejoint par Titanic en 1998 et Le Seigneur des anneaux : Le Retour du roi en 2004.

Nominations[modifier | modifier le code]

Production[modifier | modifier le code]

Le clou du film, la fameuse course de chars, exigea cinq mois de préparation et 78 jours de tournage. Elle fut prise en charge par Andrew Marton et Yakima Canutt, spécialistes des scènes d'action. Le décor de l'arène, qui s'étendait sur 8 hectares, comportait une piste de 1 400 mètres tournant autour de statues monumentales de 16 mètres de haut. Il pouvait recevoir entre 6 000 et 15 000 figurants sur le plateau creusé à Cinecittà[7].

L'emploi d'une pellicule large de 65 mm, dont l'image photographiée était anamorphosée par un prisme au rapport 1,25 (soit une surface 275% plus grande que celle du 35 mm standard), permettait une prise de vue particulièrement nette, très lumineuse, aux couleurs vives et sans grain, presque trois fois plus large que haute (2,76:1). Les cameramen utilisaient des pick-up supportant le matériel et leurs techniciens roulants au plus près des équipages. Lors des collisions, de petites charges de dynamite commandées par les conducteurs pulvérisaient les roues, tandis que les chevaux étaient automatiquement décrochés de leur attelage et poursuivaient leur galop sans être blessés, chaque char pesant plus de 400 kilogrammes. Une des six volumineuses caméras MGM 65 dont le prix s'élevait à l'époque à 100 000 dollars l'unité fut détruite pendant la poursuite, deux auriges ayant mal négocié un virage[8].

Les chevaux blancs de l'attelage de Ben-Hur auraient été transportés de Tchécoslovaquie en avion première classe. Ce sont en réalité trois équipages de quatre chevaux semblables de race Lipizzan, qui apparaissent à l'écran ; dressés l'un au trot, un autre au grand galop auprès des plateformes supportant les caméras, et le dernier au saut d'obstacle. Pour les séquences dangereuses que Charlton Heston ne fut pas autorisé à effectuer lui-même par les assurances, un moulage souple de son visage fut appliqué sur les traits du cascadeur Joe Canutt (fils de Yakima Canutt), afin de parfaire l'illusion que l'acteur conduisait lui-même l'ensemble [9]. La scène où Ben-Hur est rejeté à l'extrémité de son char et parvient à y remonter, est en réalité un accident imprévu, survenu au cascadeur. Les prises ont été gardées et intégrées dans le film avec un plan rapproché de Joe Canutt portant le masque souple de Ben Hur sur le visage, suivi sous un angle différent d'une prise plus serrée de Charlton Heston filmé sur le timon et enjambant le char pour reprendre sa place en se saisissant à nouveau des rênes.

Deux médecins et deux infirmières étaient en permanence dans un poste de secours aménagé près du plateau et disposant de vingt lits. Neuf conducteurs d'attelages furent sérieusement blessés.

Finalement, les prises gardées au montage ne constituent qu'une part infime de l'ensemble de celles tournées. En durée, le rapport entre les deux n'est en effet que de 1 sur 263 [10].

Exploitation[modifier | modifier le code]

Format de projection[modifier | modifier le code]

Il est difficile de définir quel est le format de projection original du film dès lors que l'Ultra Panavision 70 a été créé pour permettre un ratio variable, tout comme le Todd-AO, mis au point par Michael Todd en 1954 pour concurrencer le procédé Cinérama, trop coûteux et complexe.

Depuis la sortie de La Tunique en 1953 (premier film en CinemaScope), l’immense majorité des salles possédant deux projecteurs 35 mm (les plateaux horizontaux à boucle unique n’existant pas encore) était équipée de lentilles anamorphiques Hypergonar de rapport 2,66:1, puis 2,55:1 après ajout des pistes sonores magnétiques, et d'écrans correspondants[11]. Les besoins de place pour la piste optique avaient par la suite ramené l'image au format 2,35:1. Les écrans restés au format supérieur étaient alors réduits en largeur par des bordures mobiles en velours noir dont les supports métalliques se déplaçaient sur rails horizontalement – et verticalement pour le 70 mm – pour encadrer les différents formats projetés à l’époque[12].

Les salles « haut de gamme » avaient opté quant à elles pour des projecteurs 70 mm (comme le Philips DP 70 ou le Victoria 8)[13], offrant une image au ratio 2,20:1 de qualité nettement supérieure au 35 mm anamorphosé, la lentille Hypergonar provoquant parfois à l'époque des déformations géométriques et un manque de netteté indésirables. Enfin, quelques salles très haut de gamme s'étaient équipées en Cinérama et autres systèmes équivalents, dont le Kinopanorama ( écran de 240 mètres carrés ) à Paris où des copies 70 mm sphériques furent exploitées.

Les finances de la MGM étant en danger à la fin des années 1950 et le projet Ben-Hur ayant été lancé pour la remettre à flot, le studio ne pouvait pas se permettre d'essayer d'imposer un nouveau format. La nécessité était donc de réaliser un film qui pourrait être projeté simultanément en 35 mm anamorphosé au ratio 2,55:1, tout en ayant la qualité visuelle suffisante pour tirer des copies 70 mm au ratio 2,20:1, voire en Cinérama. Dans ce but, les producteurs choisirent de tourner avec des caméras 65 mm munies d'un prisme anamorphique de rapport 1,25 (créditées au générique sous l'appellation MGM Camera 65) offrant un ratio de 2,76:1[14].

Ce système nommé par la suite Ultra Panavision 70 permit de sortir des copies au ratio 2,59:1 (proche du rapport Cinérama), des copies anamorphosées 35 mm recadrées (soft matte) en 2.55:1 et 2.35:1 ainsi que des copies « plates » [15] 70 mm au ratio 2,20:1, afin de diffuser le film dans un maximum de salles.

Lors de sa sortie en salles en 1960, Ben-Hur a été majoritairement projeté en copies 35 mm 2,55:1 avec 4 pistes magnétiques stéréo ; en France des copies 2,35:1 furent également distribuées du fait de l'ajout d'une demi piste optique de secours d'une largeur de 1 mm, enfin des tirages 35 mm anamorphosés avec seulement 1 piste optique monophonique ont circulés pour les salles non équipées [16]. Il a aussi été exploité en copies « plates » 70 mm au ratio 2,59:1 avec 6 pistes magnétiques stéréo dans les salles de prestige, les 5 mm supplémentaires (par rapport au format du négatif) permettant l'ajout de deux pistes sonores magnétiques de part et d'autre des perforations, diffusées à l'extrême-droite et à l'extrême-gauche de l'écran. Quelques rares salles 70 mm s'équipèrent d’un écran 2,76:1 et de la lentille anamorphique au rapport 1,25, mais cela reste très anecdotique.

Lors de sa nouvelle exploitation en 1969, des copies plates, ainsi que quelques copies sphériques 70 mm pour écrans courbes, furent projetées aux côtés des 35 mm anamorphosées 2,55:1 déjà existantes. Si le format original de tournage de Ben-Hur est donc bien le 2,76:1, son format de projection lui a majoritairement été le 2,55:1.

Box-office[modifier | modifier le code]

Le film a engrangé 74 millions US$ de recettes lors de sa première exploitation aux États-Unis[17] et totalisé au cours des 50 dernières années 13 853 547 entrées en France (dont 1 199 966 à Paris) plaçant Ben Hur en tête des films sortis en 1960[18].

Ressorties[modifier | modifier le code]

Ben-Hur est sorti en Blu-ray aux États-Unis le 27 septembre 2011 et en France le 26 octobre suivant. Pour la première fois, le négatif original 65 mm a été scanné en 6K haute définition et est présenté dans son format original de 2,76:1 (offrant ainsi une image plus large mais moins haute que lors de l'exploitation en salles).

Le film est accompagné d'un documentaire inédit d'une durée de 78 minutes sur la vie de Charlton Heston, illustrée par des photos et films de famille en 16 mm couleurs tournés par son épouse Lydia Clarke. Le commentaire est assuré par leur fils Frazer, qui lit de nombreuses pages du journal intime de son père, rédigé pendant les neuf mois du tournage, dont le premier « tour de manivelle » fut donné le 20 mai 1958 aux studios Cinecittà de Rome.

Après restauration, le film est disponible à l'exploitation en salles en DCP (Digital Cinéma Package) qui est l'équivalent en cinéma numérique de la copie argentique du cinéma traditionnel.

Analyse[modifier | modifier le code]

Ben-Hur: A Tale of the Christ (traduit sur les versions françaises des affiches en 1960 par « Ben-Hur : Un récit des temps évangéliques »)

Que ce soit en V.O. ou en V.F., ce titre en son entier, voulu dès l'origine en 1880 par l'auteur du roman Lewis Wallace, place donc au cœur de l'histoire Jésus de Nazareth. De fait, déjà dans la version de Fred Niblo en 1925, les scènes où apparait la silhouette du Christ sont présentées en couleur.

En 1959, le scènariste Karl Tunberg et le réalisateur William Wyler font le choix de demander au compositeur Miklos Rosza de transposer le thème principal dans une version très douce interprétée sur un orgue d'église et diffusée dans les haut-parleurs d'ambiance des salles de projection, procurant soudainement paix et sérénité. Ce thème revient tout au long du film quand il est fait allusion à Jésus. Par exemple, quand mourant de soif sur le chemin le conduisant à Tyr, un charpentier de Nazareth, bravant l'interdiction des gardes romains, donne à boire à Ben-Hur. Ou bien dans la galère lorsque Judah Ben-Hur dit : « Une fois déjà un homme m'a aidé dans la peine, j'ignore encore pourquoi... ». Même chose quand sous la tente du Chek Ildérim, le vieux Balthazar lui dit que dans sa jeunesse, l'enfant qu'il a vu naître à Bethléem est bien le fils de Dieu.

Ben-Hur se défend face à cette croyance dont arrive à le convaincre finalement Esther; et il n'en sera certain que lorsqu'il reconnaîtra sur le chemin de croix, l'inconnu qui cinq ans plus tôt l'avait désaltéré dans le désert. À ce moment du film la séquence s'inverse sur l'écran, et ce n'est plus le Nazaréen qui suit du regard Ben-Hur aller aux galères, c'est Ben-Hur qui voit impuissant, Jésus marcher vers l'ultime sacrifice. Les manteaux rouges de deux centurions se rejoignent alors, donnant l'impression qu'un rideau de scène se ferme. Le plan suivant montre Jésus crucifié et on entend trois coups de masse enfonçant le clou dans les pieds du supplicié; TROIS COUPS, comme au théâtre, et c'est bien de cela qu'il s'agit puisque va commencer l'ère de la nouvelle alliance. À la question de Ben-Hur : « Qu'a-t-il fait pour mériter cela ? », Balthazar répond : « Il a accepté de prendre sur lui tous nos péchés, c'est pour çà qu'il dit être venu en ce monde ». « Pour cette fin », déplore Judah. « Ce commencement », rectifie le vieil homme. Alors le regard de Ben-Hur se transforme, la haine, la colère, et le désir de vengeance, disparaissent à l'instant où en mourant Jésus devient Christ. Les éléments se déchainent, l'orage éclate, du pied de la croix le sang s'écoule et va se méler à l'eau qui dévalle sur le sol de la Terre sainte, et au-delà partout dans le monde. Cela nous est montré grâce à un traveling arrière et en plongée courant à travers les troncs noueux des oliviers; la caméra ne stoppera sa course que pour découvrir, en un panoramique vertical, un ciel d'un bleu paisible et une intense lumière à travers les feuillages. Quand Judah rentre enfin chez lui c'est pour avouer à Esther : « Même au moment de sa mort je l'ai entendu dire - mon Père pardonne leur, car ils ne savent ce qu'ils font - et au son de sa voix tout esprit de haine m'a abandonné ».

Autour du film[modifier | modifier le code]

  • William Wyler exigea des acteurs à l'accent britannique pour les Romains, et à l'accent américain pour les Juifs. Soucieux de ne pas choquer Chrétiens et Juifs, il demanda la présence de représentants du Vatican et de la communauté juive pour tous les aspects religieux du film.
  • Judah et Messala ne pouvant avoir des yeux de couleurs semblables, Stephen Boyd fut contraint de porter des lentilles marron pour le rôle.
  • D'autres acteurs se sont vus offrir le rôle de Ben-Hur : Rock Hudson, Paul Newman et Burt Lancaster. Ce dernier déclina l'offre car il était en désaccord avec la violence morale de l'histoire. Quant à Paul Newman, c'est par coquetterie : il prétendit ne pas avoir les jambes adéquates pour porter les costumes, argument peu convaincant puisque Judah Ben Hur étant juif n'est jamais amené à endosser un uniforme d'officier romain qui effectivement aurait découvert ses mollets.
  • Afin d'éviter que les décors (représentant 300 sites différents) soient réutilisés sans permission par des producteurs italiens, la MGM a décidé de les faire détruire à la fin du tournage.
  • La galère utilisée dans certaines scènes de combat a également posé beaucoup de problèmes :
    • le modèle réalisé d'après les plans d'un spécialiste historique était trop lourd et ne tenait pas sur l'eau lors des essais en mer. Elle fut donc installée dans une piscine avec des câbles attachés à l'ancre pour assurer sa stabilité.
    • l'eau de la piscine n'ayant pas la couleur de la Méditerranée, un chimiste fut engagé pour y remédier. Cependant, les composants chimiques qu'il utilisa créèrent une croûte à la surface de l'eau, qu'il fallut arracher à grands frais des flancs du navire.
    • les volumineuses caméras 65 mm (coûtant chacune 100 000 $ à l'époque) ne pouvant être manœuvrées à bord, la galère fut enlevée de la piscine, coupée en deux et placée sur un plateau pour le tournage des scènes intérieures.
    • les rames, trop longues, durent être raccourcies ; mais devenues trop légères à manœuvrer, elles en devenaient non crédibles. Le problème fut résolu cette fois en utilisant des vérins hydrauliques qui les tiraient vers le bas.
  • De nombreuses italiennes ont « sacrifié » leur chevelure (environ 200 kilos) pour confectionner les perruques et barbes que devaient porter les milliers de figurants.
  • Au total 381 000 mètres de pellicule en 65 mm furent impressionnés[19].
  • La course de chars a nécessité à elle seule près de trois mois de prises de vues (78 jours) avec pour certains plans la présence de 15 000 figurants, les chevaux dressés ne pouvant travailler au-delà de 45 minutes[20].
  • Mario Luraschi, dresseur et cascadeur équestre dans près de 500 films, répondant à une question de Bernard Achour, déclare : « Selon moi, c'est dans Ben-Hur que les chevaux sont le mieux dressés »[20].
  • Malgré tout le soin apporté à la séquence, on peut à de nombreuses reprises apercevoir les traces de pneus du véhicule ayant servi pour les prises de vues. Les plus flagrantes sont visibles à 25'14 sur le 2e blu-ray, dans le tournant au 4e tour de course, à gauche de l'image. D'autre part à l'instant du saut perilleux du char au-dessus de l'obstacle (chapitre 8 à 27 minutes et 6 secondes) on voit très brièvement mais nettement une caméra 65 mm posée à même le sol en légère contre-plongée et abritée du soleil par un support bâché, au bas du bord droit de l'écran.
  • L'expression française « Arrête ton char, Ben-Hur » existait précédemment sous la forme d' « Arrête ton charre » au sens de « charrier », puis aurait été modifiée dans le parler populaire après le succès du film en 1959[21].
  • C'est le seul film de la MGMLéo, le lion emblématique, est statique et muet au générique à la demande expresse de William Wyler [22].
  • Lors de la sortie en France en 1960, la MGM équipa certains des théâtres de son parc privé d'un système sonore « bi-amplification », tel le cinéma Plaza à Toulouse, une luxueuse salle de 1890 places. Les fréquences inférieures à 120 Hz étaient séparées sur les bandes sonores magnétiques par un seuil de coupure et traitées par des amplificateurs spécifiques alimentant des haut-parleurs d'écran de 55 cm de diamètre ne réagissant qu'au bas spectre compris entre 120 et 20 Hz. Les effets ainsi obtenus donnaient un relief acoustique très efficace à la partition musicale de Miklós Rózsa, ainsi qu'aux séquences spectaculaires telles que la bataille navale, la course de chars ou le déchaînement des éléments au moment de la mort du Christ puis du miracle qui s'ensuit. Cette application ne fut pas reprise pour les sorties ultérieures de Ben-Hur après la fermeture de nombreux cinémas vendus en 1963, aux États-Unis et en Europe (dont le Plaza) à la suite des problèmes financiers de la MGM.
  • L'excellence du travail de doublage en français de Jean-Claude Michel poussa Charlton Heston à lui écrire une lettre élogieuse, dont voici un extrait : « j'ai toujours été opposé aux versions doublées des films. Un acteur est naturellement très sensible de voir son propre travail réinterprété par un autre acteur, et presque impossible à satisfaire. Pourtant ce que vous avez accompli dans le rôle de Judah Ben-Hur m'a satisfait énormément. Cela a dû être d'une difficulté presque incroyable de rendre avec une telle précision l'interprétation et l'ambiance émotionnelle que j'ai créées en anglais. [..] Si les Français aiment ce que j'ai fait dans ce film, c'est vous que je dois remercier. Je souhaite vous en exprimer toute ma reconnaissance.Très sincèrement, Charlton Heston[23] ».
  • Arguant du fait que le film représentait la personne de Jésus, Ben-Hur fut interdit de projection en Arabie saoudite. Dans certains pays communistes tels que l'ex-Yougoslavie, les scènes où apparaît le Christ furent coupées.
  • Comme l'explique le cheik arabe interprété par l'acteur Hugh Griffith, les quatre chevaux blancs que guide Ben-Hur lors de la course de chars portent tous des noms d'étoiles : Antarès, Aldébaran, Altaïr et Rigel.

Autres adaptations[modifier | modifier le code]

Films
Télévision
Théâtre

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Claude Aziza, « N'arrête pas ton char, Ben-Hur ! » in L'Histoire no 312, septembre 2006, pp. 30-31 Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Ned Price, Les Années laser no 180, novembre 2011, pp. 90-91 Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • L'Histoire de la réalisation de Ben-Hur, programme officiel de la MGM édité par Random House pour la sortie du film en 1960 Document utilisé pour la rédaction de l’article

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Assisté de Yakima Canutt et Andrew Marton pour la course de chars, ainsi que Sergio Leone et Mario Soldati pour la 2e équipe (non crédités au générique).
  2. Pour les copies anamorphosées. 2,50:1 « recommandé » pour les copies « plates ».
  3. Par soft matte, au lieu du format habituel 2,35:1. Cf. Ultra Panavision 70 - Anamorphic 65/70 mm System.
  4. Plus une piste mono optique de secours.
  5. Fiche IMDb
  6. a, b, c, d, e et f Carton de doublage inséré sur les copies 70 mm
  7. Film 16 mm tourné sur le plateau en 1959-1960 figurant dans les bonus de l'édition prestige 4 DVD éditée en 2005 par Turner Entertainment.
  8. Ray Freiman, L'Histoire de la réalisation de Ben-Hur, Random House, 1960.
  9. Laurent Bouzerau, Charlton Heston et Ben-Hur : Une vie épique, documentaire bonus du coffret Blu-ray 50e anniversaire.
  10. Ben Hur : Le Film épique qui a changé le cinéma, documentaire bonus des coffrets DVD édition prestige et Blu-ray 50e anniversaire
  11. Traité des techniques audio-visuelles de Jean Vivié
  12. 1,37:1, 1,66:1, 2,35:1 (35 mm) et 2,20:1 (70 mm).
  13. Traité des techniques audio-visuelles par l'Ingénieur général Jean Vivié (1973)
  14. (en) Martin Hart, « Solving The Mysteries of MGM Camera 65 and Ultra Panavision 70 », WidescreenMuseum.com, septembre 2002 (accédé le 30 janvier 2012).
  15. C'est-à-dire non amorphosées.
  16. Stock de l'agence MGM sud-Ouest à Bordeaux (1960).
  17. « Business », IMDb
  18. [PDF] Box-office 1960, sur le site du CNC, 2010.
  19. Random House1960
  20. a et b Les Années laser no 199, p. 52.
  21. expressio.fr
  22. The Internet's largest film Technology Resource
  23. Le Cinéma et la Musique en haute définition, catégorie bandes son.