Guérande

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Guérande
Guerande et son coteau vue des marais salants
Guerande et son coteau vue des marais salants
Blason de Guérande
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Pays de la Loire
Département Loire-Atlantique
Arrondissement Saint-Nazaire
Canton Guérande (chef-lieu)
Intercommunalité Communauté d'agglomération Cap Atlantique
Maire
Mandat
Stéphanie Phan-Thanh
2014-2020
Code postal 44350
Code commune 44069
Démographie
Population
municipale
15 693 hab. (2011)
Densité 193 hab./km2
Géographie
Coordonnées 47° 19′ 41″ N 2° 25′ 46″ O / 47.3279449, -2.4294376 ()47° 19′ 41″ Nord 2° 25′ 46″ Ouest / 47.3279449, -2.4294376 ()  
Altitude Min. 0 m – Max. 61 m
Superficie 81,44 km2
Localisation

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Liens
Site web www.ville-guerande.fr

Guérande est une commune de l'Ouest de la France, chef-lieu de canton, située dans le département de la Loire-Atlantique (région Pays de la Loire). Ses habitants, les Guérandais et Guérandaises, étaient 15 693 au recensement de 2011.

La commune fait partie de la Bretagne historique, dans le pays traditionnel du pays de Guérande et dans le pays historique du Pays nantais.

Ville d'art et d'histoire depuis 2004, la commune est renommée pour ses marais salants et sa cité médiévale. C'est l'une des rares villes françaises à avoir conservé ses remparts dans leur intégralité (1 434 m de circonférence). C'est un haut lieu de l'histoire du duché de Bretagne et, historiquement, le chef-lieu d'un territoire appelé Presqu'île guérandaise, qui coïncide avec l'extension la plus méridionale de la langue bretonne avec la frange littorale du pays de Retz et Pornic.

Guérande fait partie des 21 communes appartenant au parc naturel régional de Brière.

Sommaire

Géographie[modifier | modifier le code]

Situation de la commune de Guérande dans le département de la Loire-Atlantique

Localisation[modifier | modifier le code]

Dans les marais-salants de Guérande : le Traict
En Grande Brière, le canal de Bréca

Guérande se situe à 19 km à l'ouest de Saint-Nazaire, 70 km au sud-est de Vannes et 80 km à l'ouest de Nantes.

La commune de Guérande se situe sur la presqu'île guérandaise, territoire ainsi nommé car il est entouré, à l'ouest par l'océan Atlantique, à l'est par le marais de Brière, au sud par La Loire et au nord par la Vilaine.

Relief et paysage[modifier | modifier le code]

Le Pays de Guérande est divisé en deux entités (ou terroirs) distinctes : le pays paludier et le pays métais[1], séparés par l'abrupt du Coteau de Guérande[2]. Ces deux entités se distinguent aujourd'hui par l'architecture et les activités humaines traditionnelles (économie, costumes anciens, danses traditionnelles).

Le pays paludier

Il est situé entre le coteau de Guérande et la presqu'île du Croisic et est formé par les marais salants et les terrains adjacents ; l'altitude est ici de 0 à 10 mètres. On y trouve les îles de Lénifen et de Saillé (village paludier), la presqu'île de Lanclis au nord-ouest, les villages paludiers de Kerignon, Pradel, Mouzac au pied du sillon.

Le coteau guérandais

Il correspond à une ligne de faille qui s'étend de Piriac-sur-Mer à Saint-Nazaire selon une orientation nord-ouest/sud-est, parallèle au Sillon de Bretagne au Nord-Est et de même origine que ce dernier, et à la côte de la Presqu'île du Croisic au sud. Cet ensemble de reliefs parallèles est une réactivation d'accidents tectoniques anciens, mis en place au cours de l'orogénèse hercynienne, par les derniers contrecoups de la surrection des Alpes au cours des derniers millions d'années[3]. L'altitude passe ici brusquement de 10 mètres à 40-60 mètres. La ville est implantée au point culminant (61 mètres au niveau du Parc d'Activités de Villejames) de la ligne de crête qui offre une vue à la fois sur les côtes et sur l'arrière-pays (vers les marais de Grande Brière).

Le pays métais

Il s'étend sur le revers du coteau jusqu'à Herbignac au nord et Piriac-sur-Mer à l'ouest ; il descend en pente douce vers la Brière au nord-est. L'activité d'élevage domine les paysages, cette partie nord de la commune a fait l'objet d'un remembrement récent faisant disparaître une grande part du boccage.

Une expression utilisée dans la région guérandaise exprime la situation de la cité entre les marais salants, le pays blanc (pour le sel), et la Brière, le pays noir (pour la tourbe) : « Guérande : entre Pays Blanc et Pays Noir ».

Les marais du Mès, les marais de Grande Brière et les marais salants de la presqu'île guérandaise, dont une partie relève de la commune de Guérande, sont inscrits sur la liste des zones humides d'importance internationale (convention de Ramsar). De plus, le site des marais salants de Guérande est inscrit depuis 2002 sur la liste indicative soumise par la France au comité pour une inscription au Patrimoine mondial de l'humanité.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Rose des vents Saint-Molf Herbignac Saint-Lyphard, Saint-Joachim Rose des vents
La Turballe N Saint-André-des-Eaux
O    GUÉRANDE    E
S
Batz-sur-Mer Le Pouliguen, Océan Atlantique La Baule-Escoublac

Climat[modifier | modifier le code]

La presqu'île de Guérande, particulièrement la cuvette occupée par les marais salants, jouit d'un microclimat océanique relativement sec et venté, et changeant au cours de la journée sous l'influence des marées et des brises thermiques.

Moyennes avant 1980, en général sur la période 1950 - 1975[4] réalisées par la station scientifique installée au Croisic avant 1970 :

  • Température moyenne annuelle : 11 °C
  • Moyenne annuelle des températures minimales : 9 °C (6 °C en janvier - février, à 16 °C en août)
  • Moyenne annuelle des températures maximales : 15,5 °C (9 °C en janvier - février, à 23 °C en août)
  • Nombre de jours de gelée : 18 j (Nantes : 40 j, Paris : 68 j)
  • Précipitations : moins de 700 mm par an, voire moins de 600 mm certaines années, pour une moyenne de 160 jours par an avec plus de 1 mm d'eau, mais seulement 50 jours par an avec plus de 5 mm, avec un déficit pluviométrique entre avril et septembre. Ainsi, La Baule et la région guérandaise offrent une pluviométrie parmi les plus basses de France métropolitaine[5] (Saint Nazaire : environ 750 mm/an ; Nantes : environ 780 mm/an ; l'écart sur des distances aussi courtes est lié aux reliefs, bien que ceux-ci soit peu marqués, notamment le Sillon de Bretagne au niveau de Savenay, et à l'influence thermique de l'océan Atlantique. Par exemple les orages l'été se déclarent généralement à l'Est du Sillon de Bretagne).
  • Ensoleillement : durée moyenne d'insolation : 2 000 heures (Nantes : 1 960 h, Paris : 1 800 h, Strasbourg : 1 650 h)
  • Nombre de jours avec brouillard : 25 jours (Nantes : 60 j, Paris 50 j, Strasbourg 65 j, Bordeaux : 78 j)

La zone climatique de part et d'autre de l'estuaire de la Loire (entre Noirmoutier et Port-Navalo) bénéficie en moyenne trois années sur quatre d'étés aux conditions climatiques proches de celles de la Côte d'Azur.

Grâce aux conditions climatiques particulières de la région guérandaise, outre le développement des marais salants, des établissements médicaux y ont été installés (lycée climatique de La Baule, centres héliomarins de Pen-Bron et du Croisic, centres de thalassothérapie de La Baule et de Pornichet).

Relevé météorologique (station météorologique de Saint-Nazaire - aéroport de Montoir[6])
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) 2,6 2,9 4,2 5,9 8,8 11,5 13,4 13,1 11,2 8,5 5,1 3,3 7,5
Température moyenne (°C) 5,6 6,2 8 10,2 13,2 16,4 18,6 18,2 16,3 12,8 8,6 6,3 11,7
Température maximale moyenne (°C) 8,6 9,5 11,9 14,5 17,7 21,4 23,9 23,4 21,3 17,1 12,2 9,3 15,9
Record de froid (°C)
date du record
−13,8
16/01/1985
−13,7
10/02/1986
−8,1
03/03/1965
−3
11/04/1973
−0,9
14/05/1995
2
02/06/1962
6,5
03/07/1968
4,7
31/08/1986
1,1
11/09/1972
−5,9
30/10/1997
−7,9
23/11/1988
−10,6
28/12/62
−13,8
16/01/1985
Record de chaleur (°C)
date du record
15,3
13/01/1993
19,8
28/02/1960
22,5
23/03/1996
27,5
22/04/1984
29,8
16/05/1992
37,2
26/06/1976
36
21/07/1990
36
03/08/1975
31,9
18/09/1987
26,2
03/10/1987
20,3
08/11/2008
16,4
10/12/1978
37,2
26/06/1976
Nombre de jours avec gel 9,2 7,8 4,9 1 0 0 0 0 0 0,3 4,9 8,3 36,5
Précipitations (mm) 81,3 68,3 59,3 48,9 65,3 42,6 38 39,6 58 78,6 81,9 79,5 741,3
Humidité relative (%) 87 85 81 78 79 77 75 77 80 86 87 88 82
Source : http://www.infoclimat.fr/climatologie/index.php?s=07217 Météo France sur infoclimat.fr


La végétation présente aussi des particularités liées à ce climat particulier : par exemple, le chêne vert (Quercus ilex), si caractéristique des paysages méditerranéens, est subspontané[7] et est en extension. La presqu'île de Guérande est un des points les plus septentrionaux pour cette espèce végétale. Pour la faune, depuis le XIXe siècle est observé un anoure nocturne : le pélobate cultripède connu antérieurement sur la côte languedocienne, et dont c'est la station la plus septentrionale connue (observé régulièrement dans les dunes de Batz-sur-Mer et de La Turballe). D'autres observations de même type ont suivi, notamment d'insectes méridionaux.

Urbanisme[modifier | modifier le code]

L'abondance des monuments, vestiges et sites archéologiques de toutes époques a conduit au classement de la totalité du territoire communal en zone archéologique protégée et en « zone de protection du patrimoine architectural urbain et paysager » (ZPPAUP) ainsi que, pour le secteur intramuros et sa périphérie immédiate, en « secteur sauvegardé » (depuis 1976). En conséquence, les aménagements et travaux sont obligatoirement précédés d'une autorisation spécifique et d'une fouille archéologique préventive.

Lieux-dits et écarts[modifier | modifier le code]

La commune de Guérande possède un certain nombre de lieux-dits et d'écarts sur son territoire. L'Inventaire du patrimoine en recense 65 dont les principaux sont les villages paludiers de Saillé et Clis, le village de Careil sur le coteau et La Madeleine dans la Brière. Les autres villages sont:

  • Sandun
  • Trépied
  • Kergourdin
  • Mené
  • Cogéa
  • Kerrousseau
  • Kerjacob
  • Kervrenel
  • Kergonan
  • Bouzaire
  • Miroux
  • Kerhuet
  • Léveno
  • Kergaigne
  • Kerbenet
  • Quéniquen
  • Maisons-Brûlées
  • Toullan
  • Maisons-Mulet
  • Kerignon
  • Pradel
  • Folhaie
  • Mouzac
  • Kerbironné
  • Kerbrénezé
  • Cannevé
  • Kerhaut
  • Duine
  • Kermarais
  • Gras
  • Congor
  • Kerlavy
  • Grand-Poissevin
  • Kerdino
  • Kerrobert
  • l'Hôtel-Seignac
  • Kerigodo
  • Bréhany
  • la Thébaudais
  • Haut-Mora
  • Brénavé
  • Beslon
  • Domhéry
  • Kerhas
  • Kerouaré
  • la Grand-Noë
  • Connerie
  • Kerozan
  • Bouzeray
  • Kerdando
  • Savena
  • Kervabon
  • Grigueny
  • Brézéan
  • Petit-Poissevin
  • Léquignac
  • Bézans
  • Kerpiraud
  • Kervin
  • Kescoul
  • Kerlany
  • Sissable

Étymologie, toponymie et langue[modifier | modifier le code]

La presqu'île de Guérande : une limite linguistique[modifier | modifier le code]

La langue bretonne, implantée dès le VIe siècle, sera la langue vernaculaire de la commune de Guérande jusqu’à la fin du XVIIIe siècle[8], et ne disparaîtra de la presqu'île guérandaise que dans les années 1960 (parler proche du vannetais, mais présentant suffisamment de différences pour le considérer comme le cinquième parler breton), en concurrence avec le parler gallo, langue romane de Haute-Bretagne. Ce maintien du breton s'explique en partie par les liens économiques avec le reste de la Bretagne, mais aussi par une autarcie agricole marquée, ajouté à une mixité sociale et matrimoniale réduite, limitant, jusqu'à l'arrivée du chemin de fer, les communications vers le Bassin de la Loire.

Aujourd'hui, les locuteurs du gallo sont aussi en voie d'extinction dans la région : la langue parlé par les natifs de la région est en règle générale du français teinté de gallo (disparition des conjugaisons et des diphtongaisons) et de bretonnismes (une centaine environ, qui se retrouvent dans les structures grammaticales usuelles comme dans le vocabulaire).

Origine du nom de Guérande[modifier | modifier le code]

Le nom de la commune était orthographié Guerrande jusqu'au XVIIIe siècle. Il est issu de deux mots bretons : gwenn (« blanc » en breton moderne mais également « pur, sacré » autrefois) et rann (« parcelle »). En breton moderne, Guérande s'écrit Gwerrann ou Gwenrann. Les habitants sont appelés Gwenranniz (Gwenrannad au singulier). Guérande possède aussi un nom en gallo, la langue d'oïl de la Haute-Bretagne : Gèraundd (écriture ELG)[9].


Quatre hypothèses existent quant à l'étymologie de Guérande :

  1. Pays Blanc : pays (rann) au sens de territoire et blanc (gwenn) faisant référence aux salines. Cette traduction séduisante car empreinte d'une salinité toute guérandaise méconnaît le sens exact du mot rann en vieux breton : part, partie au sens de parcelle de terre, champ. Le sens donné à rann de territoire ou subdivision d'un pays n'existe qu'en breton moderne. Cette hypothèse évoquée par Léon Maître en 1894 et largement reprise par les guides touristiques ne trouve aucun écho chez les spécialistes du breton.
  2. Vindo-Randa : Guérande serait selon Alain Gallicé (1995) une bretonnisation du gaulois vindo-randa (« terre en friche» ; le mot a donné garenne en français[10]), composition celtique strictement identique en sens et en forme au breton gwenn-rann. Cependant le nom de Guérande n'est attesté qu'à partir du IXe siècle : cette date semble trop tardive pour la reprise d'une appellation gauloise dans un lieu (autour de l'actuelle Collégiale Saint-Aubin de Guérande) qui, de surcroît, semble n'être occupée qu'après la colonisation romaine pour la zone intramuros de la ville.
  3. Parcelle en friche : nous retrouvons le même sens que dans l'hypothèse gauloise, mais cette fois-ci ce sont les Bretons qui auraient trouvé un lieu abandonné et couvert de ruines. Joseph Loth (1883) s'appuie sur le gallois gwynn qui peut signifier « en friche », pour étayer cette hypothèse reprise par Henri Quilgars (1910). Toutefois, ce sens ne semble pas attesté en breton pour gwenn.
  4. Parcelle consacrée : Gildas Buron rappelle que la première attestation de Guérande mentionne en 854 « ecclesia quae dicitur Wenran[11] ». Il s'agissait donc d'une église, d'une assemblée chrétienne (sens initial de ecclesia) ou d'une paroisse, mais non d'un pays, d'un bourg ou d'une région. Des fouilles archéologiques ont de plus montré la présence d'un cimetière d'époque mérovingienne autour de cette église primitive. Il peut donc s'agir d'un toponyme signifiant « parcelle pure, ou consacrée », ce sens convenant à l'adjectif gwenn comme au mot rann, mais aussi à la nature de l'occupation des lieux.
  • Par ailleurs, Erwan Vallerie souligne, dans une région relativement restreinte, l'existence de trois toponymes proches : outre Guérande (Wenrann), il faut noter également : Guémené (Winmonid, monid ou ménez pour colline), et Guenrouet (Wenroued, roued pour chemin/passage à gué), tous de même structure, basé sur la racine wenn (ou win), ce qui renforce l'idée que le sens blanc (gwen) pour cette racine est à prendre avec circonspection. Il peut aussi être ajouté à cette liste : Vindunita insula transcription latine de l'ancien nom breton[12] de Besné[13].
  • Il est à signaler, en complément, de l'existence de nombreux toponymes non bretons mais d'origine pré-romaine basés sur la racine celto-gauloise « Rnd, ou randa » signifiant « frontières, limites, bord » particulièrement dans le Massif central. Ainsi, on y trouve des villages appelés GuérandeToulon-sur-Allier et Arfeuilles dans l'Allier ou à Lacalm dans l'Aveyron), des Guirande (Les Salles dans la Loire et à Felzins dans le Lot), et aussi, sans être exhaustif : Egarande, Chamarande, Chamérande, Ayguirandes, Eygurande, Guirandes, Burande, La Randeix, etc. Il s'agissait souvent de points de contacts entre les civitas gauloises, gué, ponts, villages jumeaux autour d'un site de commerce, etc[14]. Ces toponymes forment une ligne qui épouse la limite de l'ancien territoire des Arvernes. De même les limites du territoire Pictons sont marqués par une série de lieux basés sur la même racine, comme une rivière Guirande, au sud de Niort, qui marque la limite sud de ce territoire. Un lien entre Guérande et ces toponymes est peu probable, mais la position de limite (ou frontière) entre Namnètes et Vénètes est un élément à considérer même s'il doit être établi par une recherche archéologique.

Les formes anciennes du nom Guérande sont Werran en 854 (première mention attestée)[15], Uuenran 8 juillet 857, Uuerran 10 juillet 865, Uuenrann 5 février 870, Guarranda et Guerrandioe 1070, Gerran 1112, 1114 et 1139, Guerrandia 1112, Varrandi 1178-1241, Garrande 1305 et Guerrande à partir de 1311 jusqu'au XVIIIe siècle.

La forme attestée en 1872 dans le dialecte breton de Batz-sur-Mer, commune voisine, est Uéreñn. L'absence de gw- initial y est surprenante.

Il existe d'autres attestations indirectes du nom de Guérande en breton vannetais : le mot guéran attesté en 1774 au sens de « muletier, saunier », et aussi l'expression sé-guéran (littéralement « robe de Guérande ») qui désigne une blouse de paysan.

Histoire[modifier | modifier le code]

Menhir de Bissin

Préhistoire[modifier | modifier le code]

La presqu'île guérandaise (au sens large, et en incluant les marais de Grande-Brière motière) contient à elle seule, près de 50 % des monuments mégalithiques subsistants du département de la Loire-Atlantique[16].

La région de Guérande a en effet été occupée dès la Préhistoire, principalement à partir du Néolithique moyen (Chasséen).

Quelques sites archéologiques attestent d'occupations antérieures, remontant à l'épipaléolithique et au Mésolithique (industries microlithiques du type Tardenoisien, avec ou sans « pointe du Chatelet », trouvées en plusieurs points de la commune). Des éléments isolés font même penser à une occupation encore plus ancienne (Moustérien, vers - 85 000 ans), mais les sols granitiques et l'urbanisation n'ont laissé que peu d'éléments.

En revanche, de nombreux mégalithes témoignent de l'occupation chasséenne. En 1911 dans son inventaire, H. Quilgars[17] localise 13 dolmens et 5 menhirs sur la commune. Si certains mégalithes signalés posent question, un certain nombre sont avérés, et la majeure partie d'entre eux a disparu, comme la Pierre beurrée (ou Pierre Bréhet) haute de 3,70 m au Haut Mora, ou le dolmen de Mérionnec (fouillé en 1918). Quelques rares mégalithes ont été identifiés depuis et s'ajoute à cet inventaire[18].

On peut citer, parmi ceux existants aujourd'hui, le menhir de Bissin (haut de 3,5 m), la pierre de Congor (ou de Saillé) (dans le « Clos de la Pierre », encore planté de vignes au début du siècle, et signalé dans le cartulaire de Redon en 854[19]), l'habitat préhistorique sur un éperon barré (de type oppidum) et l'allée couverte ruinée, sur la butte de Sandun, site occupé du Chasséen ancien à l'âge du bronze, le très grand enclos mégalithique de Brétineau (ou Tertre de Boga) [20]: quadrilatère composé d'une centaine de menhirs alignés juxtaposés, certains haut de 2 mètres, aux dimensions impressionnantes = 78 m par 12 m, en faisant une des plus grandes enceintes mégalithiques d'Europe, situé près de Sandun, le rocher de Brandu[21] avec un pétroglyphe gravé, le menhir de Kerhué (ou de Quéniquen), et en limite de commune sur Saint-Lyphard, les dolmens de Kerbourg et le menhir de la Pierre Blanche, etc. (cette liste se limite aux mégalithes signalés sur les cartes ou dont la préservation ne pose pas de problème)

Les récentes fouilles du site de Sandun font actuellement référence pour la chronologie du néolithique (Chasséen) atlantique.

Protohistoire[modifier | modifier le code]

Des découvertes éparses mais assez abondantes (haches à talons en bronze notamment) indiquent une continuité du peuplement après la fin du Néolithique (Chalcolithique et Campaniforme)

Lors de la construction de la ZAC de Beaulieu et de la ZI de Villejames, des habitations, des enclos, et un « temple » (site reconstruit à l'époque romaine et transformé en fanum) ont été mis au jour[23]. Des fermes et habitations ont été mises en évidence sur l'ensemble du territoire de la commune, ainsi que des ensembles de sépultures (malheureusement fouillées au XIXe siècle). La forte densité de vestiges autour de l'actuelle cité médiévale laisse supposer que le site de Guérande est occupé depuis cette période au moins[24].

Des fours à sel (type four à augets) ont été découverts en plusieurs lieux de la région. Ils montrent une première exploitation salicole en presqu'île guérandaise. De l'eau salée et des saumures sont évaporés sur le feu dans des augets (d'où le nom de sel ignigène), pour produire des pains de sel qui seront ensuite exportés sur de grandes distances.

Stèle basse de La Madeleine / Kerbourg, période de La Tène

Plusieurs petits gisements d'étain et de plomb sont aussi exploités dès cette époque dans la presqu'île (notamment à Batz-sur-Mer, à Crossac et autour de Donges, l'étain alluvionnaire à Pénestin ou à Piriac a pu aussi être exploité) pour la fabrication du bronze et des ports d'exportation de ce métal sont signalés dans l'estuaire de la Loire par les géographes grecs : Strabon parle de Corbilo et Ptolémée d'Alexandrie de Brivates Portus, mais leurs positions actuelles sont purement conjecturales (Donges, Saint-Nazaire, Penhoët, Clis ?)[25].

À la fin de l'âge du Fer (époque de la Tène), au sud, La Loire est la frontière entre les Namnètes et les Pictons. Au Nord, la presqu'île guérandaise se trouve à la frontière entre les Vénètes et les Namnètes. Elle est probablement dans la sphère d'influence vénète, au moins pour sa partie ouest (Plusieurs stèles basses ont été découvertes : deux à Clis, une à La Madeleine-Kerbourg, au total une quinzaine ont été identifiées), mais elle est mentionnée par les auteurs antiques comme territoire namnète[26], la limite entre les deux cités étant habituellement fixée sur la Vilaine[27]. La position de la presqu'île entre la Vilaine (Vicenonia en gaulois tardif) et la Loire, l'une, voie navigable desservant les Redones et l'autre, voie navigable entre les Namnètes et les Pictons qui avaient un port important à Rezé, en font carrefour important, y compris par mer avec les Vénètes et les Grecs (Massaliotes notamment)[28].

L'époque gallo-romaine[modifier | modifier le code]

Page de la Notitia dignitatum, en bas à droite : Grannona du Tractus Armocani

Le site d'implantation de la cité médiévale n'a pas révélé de traces d'ensembles monumentaux gallo-romains[29], même si de nombreux vestiges attestent d'une occupation à cette époque, dès le Ie siècle d'après quelques monnaies[30] et des céramiques trouvées lors de travaux récents[31]. Mais les recherches archéologiques ont été très ponctuelles, et ont été menées essentiellement à la périphérie de l'agglomération moderne (lieux-dits : Bois Rochefort, Pradonnais, Moulin de Beaulieu, etc.) ; aussi, certains auteurs remettent en cause l'existence d'un vicus (agglomération rurale). Ils pensent plutôt à un site d'habitat diffus, plus ou moins dense, le long des axes de circulation ou reliés à ceux-ci.

Une voie carrossable relie cette agglomération à Nantes (Portus Namnetum) par les rives de La Loire, et se prolonge vers l'ouest jusqu'à Clis et Piriac-sur-Mer. Une autre voie (appelée le « Pavé de Beaulieu » car dallée) relie le site à Vannes (Durioritum), traversant la Vilaine soit par un pont à Rieux (Duretie) soit par bateau à La Roche-Bernard[32]. Le site d'implantation de la cité est donc à l'intersection de deux voies carrossables secondaires. Toutefois, la presqu'île guérandaise reste à l'écart des axes principaux, la voie carrossable principale qui relie Nantes à Vannes est de l'autre côté des marais de Grande-Brière. Mais la Loire navigable toute l'année entre Ancenis et son estuaire est un axe majeur de communication particulièrement entre Nantes et la cote Atlantique depuis la préhistoire, pour preuve lors de la conquète romaine, la flotte qui affrontera les Vénètes est construite sur les rives de la Loire entre Angers et Nantes (le site de construction est variable selon les auteurs, le texte de La Guerre des Gaules sur ce point étant peu précis).

Le coteau de Guérande et son arrière-pays sont densément occupés aux IIe siècle-IIIe siècle par de grandes exploitations agricoles (villae). Une forte densité de constructions a notamment été découverte à Clis au XIXe siècle où un ensemble monumental à abside de 67 mètres sur 49,50 a été fouillé par Léon Maitre. Un mur en opus regulatum haut d'un mètre, et long d'une dizaine, est encore visible aujourd'hui entre Clis et Maisons brûlées, au Réquer, à mi pente sur le coteau (lieu-dit : Château Grannon).

Au IVe siècle, Guérande fait partie de la province romaine de Troisième Lyonnaise (Lugdunensis Tertia) dont le chef-lieu est Tours (Tours est donc aussi siège archiépiscopal) ; une garnison y serait stationnée. En 448, les Armoricains chassent temporairement les Romains de la région. De retour, la garnison romaine se serait implantée à Grannona[33] (qu'une hypothèse assimile à Château Grannon près de Clis, voir paragraphe précédent et notes pour critiques).

La région est évangélisée sous la conduite de Saint-Germain l'Auxerrois dans le deuxième quart du Ve siècle et terminée à l'époque des évêques de Nantes Euménius et Félix (549-582) au VIe siècle.

De l'effondrement de l'Empire Romain, en 476, jusqu'en 486 (bataille de Soissons), la presqu'île guérandaise, est intégrée au royaume gallo-romain de Syagrius. Une hypothèse assimile une des résidences (villae) de ce dernier « Roi », appelée Clivus (ou Clivius), au village de Clis.

Le Moyen Âge[modifier | modifier le code]

De la colonisation bretonne à la féodalité : du VIe siècle au XIe siècle[modifier | modifier le code]

Après la bataille de Soissons, le territoire de la presqu'île de Guérande passe sous la domination des Francs, comme l'ensemble des territoires appelés par la suite Neustrie, notamment le comté de Nantes. Mais vers 560, une bataille oppose Clotaire Ier, futur roi des Francs et le « roi » breton Canao Ier, probablement en presqu'île de Guérande[34]. Lors de l'occupation de Nantes par Lambert II, la presqu'île de Guérande redevient territoire breton.

La fondation de Guérande est datée du haut Moyen Âge[35], plus précisément de la seconde moitié du VIe siècle. En effet, selon des sources médiévales postérieures[36], la fondation du Bro Wenrann et celle de l'occupation continue du site jusqu’aujourd'hui, est attribuée à la colonisation bretonne contemporaine du roi du Broërec Waroch II (entre 575 et 595). La cité s'implante autour d'une église, d'où l'origine probable de son nom qui signifie « champ/parcelle, consacré/pur » (cf. infra: Origine du nom de Guérande).

Cette implantation bretonne s'est faite corrélativement à une entrevue dans sa résidence nommée Aula Quiriaca[37] de Waroch avec Félix de Nantes, évêque de Nantes et le lettré et futur évêque de Poitiers, Saint Fortunat, entrevue rapportée par ce dernier dans ses Epistolae[38]. La rencontre, située vers 580, de ces trois importants personnages fait penser à une négociation entre les parties ayant des intérêts stratégiques entre Loire et Vilaine c'est-à-dire : les Bretons (Waroch) et les Francs de Nantes (Saint Félix) et du Poitou (Fortunat). Il est aussi rapporté que l'avancée bretonne est arrêtée à Saint-Nazaire en 577 par une intromission divine[39].

Du VIe siècle au IXe siècle, le « Bro Wenrann » est beaucoup plus étendu que ce qu'on appelle actuellement la presqu'île de Guérande : il inclut Donges au sud, Pontchâteau à l'est, La Roche-Bernard au nord.

Une population de colons bretons venant de Bretagne insulaire (des Cornouailles) s'implante durablement dans la région au VIe siècle. Elle sera renforcée par une seconde vague d'immigrants au cours du siècle suivant. Le Pays guérandais (entre Brière et Atlantique) constitue l'avancée la plus au Sud de la langue Bretonne (limite sud des noms de lieu en Ker- ; plus de 50 % des toponymes de la commune sont d'origine bretonne certaine[40]).

La cité (re)trouve son Saint Patron avec la translation des reliques de Saint Aubin[41] probablement dès 556, et au plus tard durant la seconde moitié du VIIe siècle[42]. Une tradition tenace fait de Aubin d'Angers un enfant du pays. Aubin d'Angers a été moine puis abbé au monastère de Tincillac[43] en Bro Wenrann [44], qu'il quitte pour devenir évêque d'Angers de 529 à 550. Cette translation d'un saint originaire de Bretagne révèle les liens entre l'anjou franc et la région guérandaise, ainsi que l'existence d'une communauté chrétienne suffisamment influente pour obtenir ces reliques.

Vers 800, Charlemagne reconquiert très temporairement les territoires entre Loire et Vilaine, ainsi que le sud du Pays de Vannes (ou Broërec) notamment la presqu'île de Rhuys et Vannes. Les Marches sont alors reconstituées, mais les populations de langue bretonne restent dans la presqu'île de Guérande.

Les institutions religieuses se développent dans la cité comme le montre la construction d'une seconde église au VIIIe siècle et dont on a retrouvé des éléments remaniés sous l'actuelle Collégiale[45]. Nominoë, Roi et unificateur de la Bretagne, instaure un évêché (très temporaire et non reconnu par l'Église romaine) à Guérande, et sépare ainsi la région guérandaise de l'évêché de Nantes, sous influence franque, pour la rattacher à l'influence bretonne, et à l'archevêché de Dol. En 851, à la suite de la bataille du Grand-Fougeray, Charles le Chauve, coempereur et roi des Francs, et Erispoë, roi « héréditaire » de la Bretagne, se rencontrent à Angers pour signer le traité d'Angers qui donne à la Bretagne les pays rennais, le nantais et le Pays de Retz (partie nord de l'Herbauges). Par la suite, le pays de Guérande demeurera jusqu'en 1789 dans le Duché de Bretagne.

À la suite de ce traité, probablement dans un souci d'apaisement des relations avec l'archevêché de Tours et l'évêché de Nantes, l'évêché de Guérande est supprimé, et le Pays de Guérande est définitivement rattaché à l'évêché de Nantes en 857. De cette situation politique est restée une double tutelle sur la ville de Guérande : l'évêque de Nantes et le Duc de Bretagne se partageront jusqu'à la Révolution les droits et propriétés sur la cité. C'est aussi durant cette période que se structurent les premières institutions urbaines de la ville, dont la constitution d'une milice armée pour défendre la cité. Cette milice sera jusqu'au XVIe siècle une force armée reconnue pour sa qualité militaire, et utilisée dans des conflits régionaux ou extérieurs jusqu'à la Révolution comme troupe constituée[46].

C'est en 854 qu'apparait la première mention écrite connue (et explicite) de la ville de Guérande, ainsi que de l'existence d'une église avec un autel contenant les reliques de Saint Aubin [47].

Puis, en 854-855 apparaissent les premières mentions écrites[48] des salines dans les alentours de Guérande : à Clis et à Saillé. Si la récolte du sel est une pratique très ancienne, ce document montre que la construction des salines, selon la conception actuelle des marais salants de Guérande, se fait bien avant le IXe siècle. (Il s'agit probablement d'un héritage gallo-romain.)

Vers 870, le Roi Salomon de Bretagne, installe à la tête de la paroisse de Guérande et des églises et chapelles qui y sont rattachées, un chapitre de quatorze chanoines. Le chapitre de Guérande est donc un des plus anciens de France[49].

La région est affectée par plusieurs incursions des Normands de 843 à 1013 (voir Histoire de Nantes[50]). Les Vikings débarquent à Batz en 843 et ils utiliseront comme point d'appui la Presqu'île de Guérande et du Croisic par la suite. Ces incursions auront pour conséquence la désorganisation politique et économique de la région, la Basse-Loire est la région qui sera la plus affectée de Bretagne[51]. Les implantations monastiques sont abandonnées, et les moines, se replient en amont d'Angers, puis en Bourgogne. Vers 900, les normands s'implanteront à La Roche-Bernard sur La Vilaine (en 919), ainsi que dans l'estuaire de la Loire, dans l'Île Bothy, de part et d'autre de la presqu'île de Guérande, et ils occupent Nantes durant une vingtaine d'années.

En 939, les Normands quittent la Bretagne, les raids se font plus rares après 960, le Pays de Guérande reprend sa place dans le Duché de Bretagne qui se réorganise sous le règne d'Alain Barbetorte dit al louarn.

Le Moyen Âge jusqu'à la guerre de succession[modifier | modifier le code]

À la mort d'Alain le Grand, comte de Vannes, Alain Barbetorte reçoit en partage des terres et des apanages dans Guérande et aux alentours, une autre partie allant à l'évêché de Vannes[52].

La chatellenie de Guérande

À la fin du Xe siècle, le territoire du Plou Wenrann est réduit au nord-est, le long de la Vilaine, par la création d'une baronnie autour du château de la Roche bâti par le viking Bernard et ses descendants, à l'origine de l'actuelle La Roche-Bernard[53].

Au XIe siècle, le territoire est à nouveau divisé en trois seigneuries : la châtellenie de Guerrande de langue bretonne, la châtellenie du Pont (actuel Pontchâteau), et la Vicomté de Donges, ces deux dernières majoritairement de langue gallèse[54].

À Guérande, le duc est représenté par un vicarius (viguier), attesté vers 1055. La ville reste donc sous la tutelle directe des ducs. Il est probable que c'est à cette époque que l'évêque de Nantes installe dans la ville, à côté du viguier, un Sénéchal des régaires, pour administrer les biens et droits repris de l'évêché de Vannes. En 1142-1147, la présence active des Chanoines est attestée dans une série d'actes.

La prospérité des XIIe siècle et XIIIe siècle

Au XIIe siècle- début XIIIe siècle, une nouvelle collégiale est construite en style roman (chapiteaux historiés dans la nef, style roman final « pré-gothique ») sur les fondations plus anciennes. C'est à cette époque que la ville prend son extension actuelle ; des fortifications sont construites. La ville de Guérande se dote alors d'une flotte de navires rouliers qui vont exporter le sel et le vin sur les côtes françaises et vers les pays d'Europe du Nord, particulièrement l'Angleterre. La Loire et la Vilaine sont aussi des axes commerciaux importants. La grève du Traict, dans les marais salants, est utilisée comme port, les navires remontent certains des étiers des marais salants (secteur des hameaux de Congor et Pradel) pour charger le vin et le sel.

1156 : Le comté de Nantes passe sous domination Plantagenêt jusqu'à l'intégration du comté au domaine ducal en 1203.

En 1160, une charte indique l'existence d'une Domus des Hospitaliers de Saint Jean de Jérusalem. Il ne reste aucun élément de cette implantation templière, elle devait probablement être située à l'extérieur des murs selon l'usage de l'ordre, probablement dans le faubourg Saint-Armel. La chapelle Saint-Jean rue de Saillé n'est donc pas le site initial de l'hôpital des hospitaliers.

Un acte de 1234 confirme la présence d'une communauté juive[55] qui disparaitra avec l'ordonnance du Duc Jean I de 1234 qui ordonne l'expulsion des juifs de Bretagne. La rue de la Juiverie témoigne encore aujourd'hui de la présence de cette communauté de commerçants et d'usuriers. Elle a pu se développer sous la tutelle de l'évêque de Nantes.

Tout ces éléments montrent un développement urbain et économique important de la cité de Guérande durant l'âge d'or de la bretagne durant le XIIe siècle et XIIIe siècle.

Intervention du roi de France Philippe Auguste

En 1206, Philippe Auguste[56] destitue les viguiers du Duc au profit de sénéchaux royaux. Guérande est alors intégrée dans la sénéchaussée de Nantes, dont les limites sont celles de l'évêché et de l'ancien comté. La chatellenie de Guérande est temporairement partagée entre André de Vitré et Eude (ou Eudon) de Châteaubriant. En 1207, Philippe Auguste rend le duché à Guy de Thouars et la chatellenie de Guérande est reconstituée[57]. En 1214, un acte d'arbitrage indique que Guérande est à la « disposition » de Pierre de Dreux, dit Mauclerc, baillistre de Bretagne.

Organisation du chapitre collégial

Le 13 juillet 1312, une bulle du pape Clément V institue à la tête du chapitre de la collégiale un prévôt avec mitre et crosse. La nomination du prévôt sera ensuite systématiquement ratifiée par le pape et le duc de Bretagne (puis le roi de France). Au chapitre est adjoint un théologal, qui fait office de curé de la paroisse, et une fabrique qui gère les biens de la paroisse. En outre, le collège a la gestion d'une psalette (chœur et école de chanteurs), d'une serpenterie (école de musique et musiciens) et d'une régence (école ouverte aux psalteurs et aux enfants des paroissiens qui y font leurs « humanités »). Le sacré collège sera dissout à la Révolution (voir le tableau de Jacob Catrou dans la Collégiale Saint-Aubin de Guérande, peint en 1642, classé MH).

Gabelle et commerce du sel

En 1341, lors de l'institution de la gabelle, impôt sur le commerce du sel, Guérande, étant ville productrice de sel, bénéficie d'une exemption. Le commerce du sel en Bretagne et vers le Nord de la France (pour la salaison du poisson, notamment vers Boulogne-sur-Mer), ainsi que l'Europe du Nord[58], permet l'essor économique de la région guérandaise. Mais l'ensablement inexorable du Traict et l'augmentation du tonnage des navires entraîne, à partir du XIVe siècle, le déplacement des activités portuaires vers Le Croisic et Le Pouliguen.

Maison du Potier, XVIe - XVIIe, place du Pilori

Guérande et la guerre de Succession de Bretagne (1341-1364)[modifier | modifier le code]

La guerre de Succession de Bretagne, entre deux prétendants à la succession de Jean III, Jean de Montfort et Charles de Blois, doit être replacée dans le contexte de la guerre de Cent Ans. À l'échelle locale, ce conflit a eu pour conséquence, malgré la destruction de la ville de Guérande, de redonner un souffle à la région.

La situation de Guérande au début du conflit

Un acte daté du 26 décembre 1332 indique que Guerrande, Baas, Saillé appartiennent à Jean de Bretagne, comte de Montfort. C'est un bien qui lui vient de sa mère Yolande de Dreux, comtesse de Montfort l'Amaury, descendante de Pierre Mauclerc, et c'est le seul qu'il possède alors dans le Duché de Bretagne. La Ville, suivie par une vingtaine d'autres places fortes bretonnes, prend le parti de Jean de Montfort ; cette loyauté, confirmée jusqu'à la fin de la guerre, explique l'attachement que les ducs de Bretagne de la dynastie de Montfort montreront pour la région guérandaise.

Le sac de Guérande (1342)

Printemps 1342 : le sac de Guérande[59], par les troupes espagnoles, génoises et françaises sous le commandement de Louis de la Cerda, dit Louis d'Espagne, Amiral de France, du parti de Charles de Blois, dont il est le cousin. Après un bref siège, au motif que la ville serait tenue par des troupes anglaises (ce qui est très probablement faux à ce moment du conflit), la ville et les cinq églises sont pillées et incendiées, si l'on en croit le récit de Jean Froissart. Selon la chronique du siège, le pillage permit de collecter un grand butin, plus que les hommes n'en purent porter. La population aurait été passée au fil de l'épée ; il y aurait eu 8 000 morts selon d'autres sources, proches de Louis d'Espagne, mais probablement excessives, puisqu'il n'y avait que 3 000 à 4 000 habitants dans la cité et les faubourgs. Dans une autre version[60], les bourgeois de la ville furent mis à la rançon, et les incendiaires des églises pendus. Les troupes franco-espagnoles démantèlent les fortifications.

Cette chronique du siège nous fournit indirectement des informations sur la ville : elle est décrite comme une place fortifiée stratégique du fait de son contrôle de la côte, peuplée, riche et commerçante, productrice de vin, avec des navires en grève[61]. Curieusement, le sel n'est pas signalé comme une source de richesse. Les Croniques et ystoires des Bretons de Pierre le Baud confirme l'ampleur du butin des asiègeants.

Ce sac ne serait qu'un coup de main[62] aux conséquences limitées[63], car dès l'année suivante, courant 1343, la place de Guérande est toujours sous l'autorité de Jean de Montfort, administrée pour lui par Guillaume du Verger, avec le titre de lieutenant du comte. Des troupes anglaises et bretonnes y stationnent[64], et Guillaume du Verger fait réparer les fortifications et les renforce en faisant creuser des fossés. Cependant, durant l'été 1344, les troupes de Charles de Blois sont de nouveau autour de Guérande [65]. Ce siège semble s'être encore conclu par une nouvelle reddition de la cité, Charles de Blois nomme un capitaine : Foulque de Laval pour administrer la cité. Très rapidement la ville revient sous l'autorité de Jean de Montfort.

La mort de Jean de Montfort (1345)

Après la mort de Jean de Montfort en 1345, son fils, le futur Jean IV poursuit le conflit. Les troupes guérandaises restent fidèles au parti Montfort, bien que l'évêque de Nantes soit passé au parti de Charles de Blois. En 1355, Edouard III, roi d'Angleterre et tuteur du futur Jean IV de Bretagne prescrit la remise des places fortes au Duc de Lancastre.

Le premier traité de Guérande (1365)

Le 12 avril 1365, le premier traité de Guérande est signé dans la Collégiale Saint-Aubin de Guérande, alors en cours de reconstruction, un lieu symbolique pour le parti vainqueur, puisque cette ville était la seule des Montfort en Bretagne au début du conflit. Le traité met fin à la guerre de Succession de Bretagne et voit Jeanne de Penthièvre renoncer au duché en faveur du fils de Jean de Montfort, Jean IV.

Voir aussi : Premier Traité de Guérande (1365)

La fin du Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Création de la sénéchaussée de Guérande

La paix retrouvée, Guérande, ville ducale, devient en 1365 le siège d'une sénéchaussée distincte de celle de Nantes. Cette sénéchaussée s'étend sur treize paroisses, c'est-à-dire presque toute la presqu'île : d'Herbignac, Assérac, Mesquer et Saint-Molf au nord, jusqu’à Saint-Nazaire et Montoir-de-Bretagne au sud. Le Croisic et Batz-sur-Mer y sont intégrés. Donges reste administrée par la Sénéchaussée de Nantes.

Le conflit avec le roi de France et le second traité de Guérande (1381)

En 1371 : nouveau siège et prise de Guérande par Bertrand Du Guesclin.

Les nobles bretons se rebellent contre Jean IV qui s'exile en Angleterre dans ses possessions de Richemont. En 1378, le roi de France profite de cette situation pour essayer de s'emparer de la Bretagne, mais la noblesse bretonne rappelle Jean IV et le conflit reprend contre la France. En 1379, Olivier III, seigneur de Clisson tente de prendre la ville, mais après un bref siège, les troupes bretonnes et guérandaises sortent et poursuivent son armée jusque dans ses terres autour de Blain.

Un second traité de Guérande est signé le 4 avril 1381 entre le duc Jean IV et Charles VI dans la chapelle de Notre-Dame la Blanche (intramuros) récemment reconstruite. Ce traité règle définitivement les problèmes de succession dans le duché de Bretagne et clarifie les rapports entre le royaume de France et le duché de Bretagne.

Voir aussi : Second Traité de Guérande (1381)

La paix retrouvée
Remparts

Signe de ces nouveaux temps de paix, le mariage de Jean IV, duc de Bretagne, avec Jeanne de Navarre, est célébré à Saillé, au cœur des marais salants, en 1386. Les remparts actuels sont construits après ces conflits sur les ruines des fortifications antérieures, principalement sous le règne de François II[66].

Blason du Monastère Saint-Yves, XVIIIe

En 1404, le duc Jean V approuve la création du couvent dominicain Saint Yves situé dans le faubourg Bizienne ; en 1405, il instaure une foire annuelle au profit de ce monastère (les 20 et 21 mai). Le pape Benoît XIII donne son accord en 1409, alors que la construction est déjà commencée.

L'époque moderne[modifier | modifier le code]

Le règne d'Anne de Bretagne

Au cours de la « guerre folle », en pleine mobilisation, la duchesse Anne, par une lettre du 9 avril 1484, octroie aux Guérandais divers privilèges, en compensation de la fourniture de troupes et pour s'assurer du soutien financier de la ville durant ce conflit : elle « anoblit les Marais salants, les dispensant d'impôts... ». Les Guérandais n'oublieront pas ces privilèges, pas plus que ceux donnés aux habitants de la Grande Brière (l'indivision actuelle des marais de Grande Brière sont une conséquence de ces lettres patentes, même s'il n'y a pas continuité avec la situation actuelle[67]).

En mémoire de ses nombreux séjours dans « sa bonne ville »[68] et de sa fidélité à la Maison de Montfort, Anne de Bretagne aurait, selon la tradition, donné une couronne d'or à Guérande, une d'argent à Saillé, et une de cuivre doré à Trescalan (aujourd'hui dans la commune de La Turballe). Les deux premières ont disparu, mais la troisième existe encore, et est toujours portée par les mariés lors de leurs noces.

Guérande après l'union perpétuelle (1532)

Le « Château » est démoli en 1614 à la requête des États de Bretagne. Ce « logis » probablement fortifié avait servi de maison seigneuriale aux ducs de Bretagne lors de leurs séjours à Guérande et d'atelier monétaire à Jean de Montfort durant la Guerre de Succession de Bretagne. Sa localisation précise demeure incertaine faute de recherches archéologiques et de textes historiques précis[69]. La porte Saint-Michel, qui servait de logis au lieutenant de police et au lieutenant militaire de la Place de Guérande, représentant le duc de Bretagne, n'était pas la résidence ducale. En 1682, c'est le Palais épiscopal qui est à son tour rasé à la demande de l'évêque de Nantes Gilles de Beauveau, il était situé rue du Château Gaillard, coté nord, entre la rue et les remparts. Le manoir de Calon dans le faubourg Saint-Michel servira de résidence aux évêques de Nantes lors de leur déplacement annuel à Guérande par la suite.

Les États de Bretagne se réunissent plusieurs fois à Guérande, notamment en 1625, probablement dans le bâtiment servant de Cohue et de Tribunal qui était localisé à l'emplacement des halles actuelles ou dans le monastère Saint-Yves. Le Chapitre et la Ville de Guérande envoyaient chacun des députés aux États et au Parlement de Bretagne.

Au cours des XVIIe siècle et XVIIIe siècle, la ville se transforme, des demeures bourgeoises en granite remplacent les maisons du XVe siècle et XVIe siècle. Ces hôtels particuliers et ces maisons représentent près de 50 % du bâti visible aujourd'hui dans le secteur intra muros. En 1686, place Saint-Aubin, un nouvel édifice publique est construit, les halles avec un auditoire à l'étage.

La conspiration de Pontcallec

La noblesse de la presqu'île de Guérande, particulièrement celle de la cité, se joint à la « Conspiration de Pontcallec » entre 1717 et 1719. La plupart d'entre eux signeront l'acte d'union de la « conspiration ». Parmi les familles qui se sont jointes à la conspiration, on retrouve les Morvan de Kerpondarmes, alors députés de Guérande aux États de Bretagne, les Rohan-Pouldu, qui ont un hôtel en ville et des terres dans la presqu'île, les Kerpoisson, les Rollan, Roger, Lizet, etc. Les conspirateurs se sont alors fortement armés, dans l'attente d'un renfort de troupes espagnoles, qui n'arriveront jamais.

En 1789, le couvent dominicain, situé à l'extrémité du « faubourg Bizienne », est vendu comme « bien national », et, servant de « carrière », est en grande partie détruit dès cette époque[70].

L'Époque contemporaine[modifier | modifier le code]

Les révoltes paysannes de 1793, le dernier siège de Guérande.

En mars 1793, des jeunes gens refusent le tirage au sort dans le cadre de la levée en masse, des révoltes éclatent en Mayenne, dans le Léon, le Morbihan, l'Ille-et-Vilaine, la Loire-Inférieure, la Vendée et le Maine-et-Loire. Entre les 11 et le 20 mars, les deux tiers de l'Ouest sont touchés.

Le 19 mars 1793, avec des renforts arrivant de Savenay, quelques centaines de paysans font le siège de Guérande qui ouvre ses portes grâce semble-t-il à la complicité d'une partie des Gardes Nationaux stationnés dans la ville. Les conséquences de ce siège suivi d'une mise à sac pour les vivres et les munitions, sera importante pour les archives municipales et départementales : en effet, celle-ci seront recherchées par les insurgés dans les édifices municipaux ou ecclésiastiques, ainsi que dans les offices notariaux et d'avocats et détruites volontairement sur la place du Marché-au-Bois. Une grande part des inconnues de l'histoire de la ville viennent de ces événements. Les insurgés recherchaient les listes de conscriptions et tous documents permettant d'établir les assiettes fiscales espérant par ce moyen échapper aux nouveaux impôts, et l'enrôlement dans l'armée. Ces troupes se dirigent ensuite vers Penchâteau (au Pouliguen) espérant ainsi y prendre les canons qui défendent la côte, puis avec d'autres troupes venant de Pontchâteau, elles se rassemblent devant La Roche-Bernard et gagnent Rochefort-en-terre[71].

Les Cent-Jours 

Pendant les Cent-Jours, le marquis de Coislin, chef local de l’insurrection royaliste, a son quartier général à Pontchâteau. Rayonnant avec sa troupe, il a quelques engagements à Campbon et à Guérande contre des détachements ralliés à Napoléon.

Les restructurations administratives 

Lors de la création des communes et des départements en 1789-90, la sénéchaussée de Guérande (et de Campsillon) disparait. Les paroisses qui en faisaient partie deviennent généralement des communes. Le territoire communal de Guérande est formé à partir des paroisses et trêves de Guérande, Saillé, Trescalan et La Madeleine. Le bourg de La Madeleine est même coupé en deux avec Saint-Lyphard.

Guérande devient tout de même chef-lieu de district, mais la délimitation du Morbihan et de la Loire-Inférieure ampute le Pays guérandais de trois communes du nord de la presqu'île : Pénestin, ancienne trève de la paroisse d'Assérac, Camoël et Férel, anciennes trèves de la paroisse d'Herbignac.

De surcroît, lors de la création des arrondissements en 1800, Guérande perd son statut de chef-lieu qui est attribué à Savenay (puis à Saint-Nazaire en 1868). Perdant son rôle de centre religieux et administratif, la ville perd ses fonctions de commandement qui était au cœur de la cité depuis le Moyen Âge.

En 1865, Guérande subit un nouvel amoindrissement du fait de la séparation de l'ancienne paroisse de Trescalan, qui deviendra par la suite la commune de La Turballe.

L'évolution économique, le déclin des marais salants

Les marais salants de Guérande, principale source d'approvisionnement en sel pour l'Europe du Nord, maintiennent leur prospérité jusqu'au milieu du XIXe siècle. En 1840, on dénombre encore 2 350 paludiers ; 25 577 œillets sont cultivés, 493 seulement ne le sont pas. Cependant, dans la deuxième moitié du XIXe siècle et au XXe siècle, l'industrialisation de la production du sel des salins du Midi et de l'Est provoque la chute des cours du sel et l'effondrement du commerce des salines de la côte atlantique : il ne reste que 370 paludiers en 1934. Le développement économique et industriel de Saint-Nazaire isole le Pays guérandais, qui se tourne vers ses ressources agricoles (élevage et culture maraîchère). La ville vit au rythme des foires aux bestiaux mensuelles, avec chaque année le point d'orgue de la foire aux bœufs et aux porcs du 30 juin qui attire des acheteurs et des vendeurs de toute la région, et même bien au-delà.

Gare de Guérande, vers 1902
L'arrivée du chemin de fer

Le développement des stations balnéaires (Le Pouliguen, Pornichet, puis La Baule) et du tourisme, la construction de la voie ferrée[72] La Baule-Guérande, embranchement de la ligne Saint-Nazaire-Le Croisic, entre 1872 et 1879, donnent à Guérande un nouveau souffle économique, avec notamment le développement du commerce des bovins vers Nantes. L'inauguration de la ligne reliant la gare de La Baule-Escoublac à celle de Guérande (située au nord de la cité médiévale, « rue de l'Ancienne Gare », au croisement du « faubourg Sainte-Anne » et de l'« avenue Anne-de-Bretagne »), a lieu le 11 mai 1879. Dans un premier temps, trois trains de voyageurs desservent Guérande chaque jour, puis six. Le projet initial prévoyait le prolongement de la ligne de Guérande à La Roche-Bernard, mais cela n'est pas immédiatement réalisé.

En 1905-1906, est construite une ligne d'intérêt local « Guérande, Piriac, Herbignac » de la Compagnie du Morbihan (CM), inaugurée le 1er juillet 1907. Cette ligne à voie métrique a fonctionné jusqu'au 1er juin 1938, époque où se manifeste la concurrence des premières lignes de cars. Cette seconde gare, proche de la précédente (voir paragraphe précédent) se trouvait à l'emplacement de la caserne des pompiers et de la gendarmerie. Durant cette période, un raccordement entre Herbignac et La Roche-Bernard permettait de relier Guérande à Vannes et à la presqu'île de Rhuys. Mais seul le tronçon « Guérande - La Turballe - Lérat - Piriac » était suffisamment fréquenté[73].

Le déclin du chemin de fer

Quant à la ligne Guérande-La Baule, relevant du réseau de l'État à partir du début du XXe siècle, elle est sur le déclin à partir de 1940 : le trafic voyageurs est réduit aux trains ouvriers vers Saint-Nazaire. Le trafic voyageur cesse définitivement en 1955, tandis que le trafic marchandises se poursuit jusqu'en juillet 1971.

À la fin de la Seconde Guerre mondiale, à cause de l'existence de la Poche de Saint-Nazaire, l'occupation allemande se prolongea à Guérande comme sur l'ensemble des localités voisines de l'estuaire durant 9 mois de plus (d'août 1944 au 11 mai 1945), la reddition effective de la poche intervenant 3 jours après la capitulation de l'Allemagne.

La portion de voies ferrées entre la gare de Guérande et la zone industrielle de Villejames est déclassée en 1981 laissant place à l'actuelle avenue Anne de Bretagne. Le reste de la voie jusqu’à la Baule est à son tour déclassé en 1990 et récemment transformé en piste cyclable, élément important du réseau Vélocéan. La gare est détruite, ce qui modifie la physionomie du quartier où vont s'élever des logements, une éphémère zone commerciale, la nouvelle poste et le centre culturel Athanor. Depuis quelques années, ce secteur de la ville subit de nouvelles transformations, avec la création d'une zone paysagère (la coulée verte, vers le Bois Rochefort) et la construction à la place de l'ancien centre Leclerc d'un cinéma multiplexe de 6 salles avec des restaurants et de nouvelles voies piétonnes.

En 1970-1971 : Création du Parc naturel régional de Brière, un des premiers parcs régionaux de France. Le flanc nord du coteau de Guérande, vers les marais de Grande Brière, est dans son périmètre. La limite du Parc naturel correspond au tracé de la Route bleue, voie express qui doit relier Vannes à Saint-Nazaire[74], par le barrage d'Arzal sur la Vilaine. Seul le tronçon de Guérande aux Moutiers-en-Retz est réalisé actuellement. Cette limite exclue les Marais Salants de l'emprise de protection du Parc naturel régional, pour faciliter l'extension touristique et l'emprise immobilière de La Baule envisagée à cette époque.

Héraldique et logotype[modifier | modifier le code]

Blason au-dessus de la porte Saint-Michel.
Blason Blasonnement :
D'argent à quinze mouchetures d'hermine de sable posées 5, 4, 3, 2 et 1.
Commentaires : Ces armes figuraient, jusqu'aux années 1990, sur les documents municipaux officiels. Elles furent concédées à la ville, en 1819, par le roi de France Charles X, mais leur usage est antérieur, car elles figurent déjà sur le timbre d' une cloche du carillon de la Collégiale daté de 1642 (classé MH). Les mouchetures d'hermine évoquent le blasonnement d'hermine plain de la Bretagne, rappelant l'appartenance passée de la ville au duché de Bretagne. Armes confirmées par Ordonnance de Charles X du 11 décembre 1829 (moyennant 91 Francs de « droits de sceau »).
Blason ville fr Guérande (Loire-Atlantique) Losange.svg

Il existe une variante de ce blason en losange : d'hermine plain, en losange. Ce blason en losange a pour supports deux lions casqués.

Blason guerande.svg

Pour Victor Adolphe Malte-Brun, les armes de Guérande sont : de gueules, à deux lions passants d'argent.

Blason-guerande-2.jpg

Ornements extérieurs : exemple du timbre de l'horloge de la Collégiale, daté de 1642. Description : d'argent à quinze mouchetures d'hermine, posées 5, 4, 3, 2 et 1 ; l'écu timbré d'un lion casqué d'argent, et soutenu par deux lions aussi casqués du même. Ce blason (timbré de la couronne, et entouré de la cordelière de la duchesse Anne de Bretagne) est aussi celui qui figure sur la porte Saint-Michel (mais l'état actuel fait suite aux restaurations de la porte Saint-Michel de 1895-1900).

Drapeau[modifier | modifier le code]

La ville de Guérande possèderait un drapeau (ressemblant à celui du Québec) : une croix noire sur fond blanc (appelée « Kroaz du », utilisée aussi par les troupes des ducs de Bretagne), avec une moucheture d'hermine dans chaque quartier; il était porté par les navires armés par la ville, notamment pour le commerce du sel et du vin vers l'Europe du Nord.

Cette bannière, comme les armes de la ville, montrent et rappellent que Guérande était une possession ducale, et pas un fief ni une ville ayant bénéficié d'une émancipation urbaine. La milice de Guérande constituait aussi le noyau, avec d'autres, des bataillons permanents des armées du duché de Bretagne, puis du royaume de France.

Special-guidon-breton.png Guidon de la fin du Moyen Âge.

Banniel Gwenrann.svg Drapeau rétabli par les habitants de Guérande depuis 1999.

Guérande, Loire-Atlantique, France - Logo.jpg

Logo de Guérande : devant le soleil indispensable aux salines, tas de sel (appelé mulon) rassemblant la production de la saison.


Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Organisation administrative actuelle[modifier | modifier le code]

Le canton de Guérande comprend les communes de : Guérande, Mesquer, Piriac-sur-Mer, Saint-André-des-Eaux, Saint-Molf et La Turballe.

Guérande fait partie de la communauté d'agglomération Cap Atlantique, avec La Baule, Batz-sur-Mer, Le Croisic, etc.

Administration ancienne[modifier | modifier le code]

Sire de La Bouexière, sénéchal royal de Guérande de 1706 à 1767
  • La ville est d'abord administrée sous la double tutelle d'un sénéchal des Régaires nommé par l'évêque de Nantes et d'un viguier nommé par le duc de Bretagne. Les premiers viguiers connus sont Geoffroy (vers 1065), Rouaud (1066-1084 puis en 1086), un Geoffroy à nouveau, puis son fils Berard vers 1145.
  • À partir de 1342, un capitaine de ville renforce l'autorité ducale, le premier connu est Guillaume du Verger. À la suite de nombreux conflits entre les représentants de l'évêque de Nantes et ceux du Duc, une ordonnance de 1418 organise la juridiction de la ville et de ses faubourgs.
  • Au moins à partir de 1451, (probablement avant 1413), la ville est administrée sous l'autorité d'un Procureur-Syndic, d'un miseur et d'un contrôleur, nommés par la communauté urbaine et paroissiale, au sein du Général, et députe [75] avant cette date aux États de Bretagne[76].
  • Vers 1550, jusqu'en 1692 : le Procureur-Syndic est remplacé par un maire nommé par les bourgeois des paroisses de Guérande, Careil, Saillé et Trescalan.
  • 1692 - 1789 : La fonction de maire de Guérande devient une charge vénale, l'élection au sein du général devient formelle. La fonction est alors souvent occupée par le député de la ville aux États ou au Parlement de Bretagne, ou assez souvent par le sénéchal de la ville.
  • Liste des maires de Guérande sous l'ancien régime[77] :
Période Maire Maire alternatif (ou comaire)
Règne de Louis XIV (1643-1715)
1692-1696  ?  ?
1696-1700 François Duhil (ou du Hil), sieur du Breil (1696) Aubin Borré (1697)
1700-1703 Guillaume Calve, sieur de Touloc (1700) Pierre Larragon, Procureur Syndic (1701)
1703-1709  ?  ?
1709-1711 Joseph Le Baud (1709)  ?
1711-1716 François Duhil (ou du Hil) (1711) Guillaume Laragon, sieur de Kerbézo (1713)
Régence (1715-1723)
1716-1718 Thomas Hemery, avocat  ?
1718-1722 Le Texier, sieur de Kerhillier (élu en 1718 puis 1719)  ?
Règne de Louis XV (1723-1774)
1722-1727 Réné Bourdic, sieur de Guémadeuc, Sénéchal des Régaires  ?
1727-1730 Jean-Baptiste Fournier  ?
1730-1734 Jean-Baptiste Fournier (deuxième mandat) Louis Mouton, Avocat au Parlement de Bretagne (1731)
1734-1738 Gabriel Mouton, (frère ainé du précédent)  ?
1738-1740 Thomas Hemery  ?
1740-1742 le sieur Fournier de La Gillardais  ?
1742-1745 Christophe Georgelin, sieur de Maufredais (1742) [78] Yves Gannat[79], avocat (1744)
1745-1748 Duvivier, greffier de la Sénéchausée Christophe Georgelin, sieur de la Maufredaye (1746)
1748-1750 Yves Gannat, Avocat  ?
1750-1756 Joseph Tiffoche, Sénéchal et Subdélégué de l'Intendance de Bretagne [80] Yves Payen, sieur de Trohudal, lieutenant de la sénéchaussée royale de Guérande, Maire alternatif (1752).
1756-1762 Jean-Baptiste Duvivier, Greffier de la Sénéchaussée (né 1715, mort 1785) Joseph Tiffoche, Sénéchal et Subdélégué, Maire alternatif
1762-1764 Jean-Baptiste Duvivier Gabriel Honoré Vrignaud, Alloué de la Sénéchaussée, Maire alternatif, député aux états de Bretagne en 1756 et 1760
1764-1765 Gabriel Honoré Vrignaux de Plusquepois[81] Jean-Baptiste Duvivier, Maire alternatif.
1765-1770 Joseph Tiffoche, Sénéchal et Subdélégué (2e mandat) Joseph Belliotte, sieur de la Ville-Alain, comaire
1770-1771 Mathieu Rouaud de la Villemartin, (ou de la Ville-es-Martin, près de Saint Nazaire)  ?
1771-1773 Joseph Tiffoche, Sénéchal et Subdélégué (3e mandat)  ?
1773-1776 Joseph Tiffoche, Sénéchal et Subdélégué (4e mandat)  ?
Règne de Louis XVI (1674-1789)
1776-1779 Gabriel Honoré Vrignaux de Plusquepois (2e mandat)  ?
1779-1785 Le sieur Amelot  ?
1785-1789 Mathieu Rouault de la Villemartin[82] (1743 - 1803), Procureur de la Sénéchaussée  ?

(Cette liste est incomplète, les dates indiquées sont celles des actes sur lesquels le nom figure, souvent celle de leur entrée ou fin de fonction). La charge était en général achetée pour une période de deux ou trois ans, parfois quatre, seul ou à deux, le second élu alors appelés « maires alternatifs ».

Liste des maires[modifier | modifier le code]

L'article histoire des maires de France retrace l'évolution des modalités d'élection ou de nomination des maires de la commune.
  • La période 1790 - 1800 a vu plusieurs édiles aux statuts variables se succéder.
  • Le premier maire, avec des fonctions telles que nous les connaissons aujourd'hui, est élu sous le Consulat en 1800 (Constitution de l'an VIII, Loi d'organisation administrative de la France du 28 pluviôse an VIII = 17 février 1800), comme dans toutes les communes de France.
Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Consulat - Ier Empire
1800 1806 Jean-Marie Chotard conseiller général, député
1806 1816 Louis-Armand Mérese notaire
Restauration - Monarchie de Juillet
1816 1821 Louis-Jacques de Sécillon lieutenant-colonel - Ordre du Saint-Esprit
1821 1830 Louis-Marie de Couëssin commandant
1830 . Félix Thomas Quilgars notaire, juge de paix
1830 1833 Gilles Muterse de la Ville au Blaye
1833 . François Victor Frangeul boulanger
1833 1847 Louis Armand Mérese notaire, conseiller général
1847 . Jérome Bernus loueur de voitures, bijoutier
1847 1848 Jean Kerguistel médecin
1848 . Citoyen - Challau
IIe République
1848 1849 (comte) François-Louis Fournier de Pellan propriétaire
1849 1851 Jean Kerguistel médecin
1852 . François Victor Frangeul vétérinaire
IIe Empire
1852 1854 Tranquille-Louis de Morat
1854 1855 Émile Antoine Mérese médecin (mort 1855)
1855 1860 François-Louis-Marie Fournier de Pellan (mort 1860)
1860 1861 Jacques Marie Martin de la Moutte receveur principal des Douanes
1861 1865 (comte) Henri Isle de Beauchaine propriétaire
1865 1870 Gustave Lallement
1870 1871 Émile Grazais médecin
IIIe République
1871 1878 (vicomte) François-Louis-Marie Fournier de Pellan (fils) propriétaire
1878 . Pierre-Marie du Bouays de Couesbouc médecin
1878 1879 Édouard de Monti
1880 . Paul Quirouard notaire
1881 1882 Jean-Baptite Dubois commerçant
1882 1882 Eugène de Bregeot propriétaire
1883 1884 Louis de Couëssion propriétaire
1884 1887 Émile Grazais médecin
1887 1889 Paul Le Quen d'Entremeuse propriétaire
1889 1892 Jean-Baptiste Dubois propriétaire
1892 1912 Paul Gustave Le Quen d'Entremeuse propriétaire
1912 1929 Émile Pourieux négociant
1929 1935 Joseph Bigare propriétaire
1935 1945 Paul Pichelin colonel
IVe et Ve République
1945 1958 Émile Pourieux (fils) Divers droite négociant
1958 1979 Jean Ménager UDR comptable
1979 1986 Jean Rousseau UDR entrepreneur de maçonnerie
1986 1995 Michel Rabreau RPR pharmacien
1995 2006 Jean-Pierre Dhonneur[83] UMP directeur de banque
2006 2008 Annick Mahé UMP
2008 juillet 2013 Christophe Priou UMP cadre de Chambre de Commerce et d'Industrie, ancien maire du Croisic, député
2014 En cours Stéphanie Phan Thanh Divers droite

La ville de Guérande est traditionnellement ancrée à droite, tendance qui se confirme lors des différents scrutins nationaux ou locaux où les partis de droite remportent une majorité des suffrages exprimés dans la commune.

Jumelages[modifier | modifier le code]

Guérande est jumelée avec :

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

Selon le classement établi par l'Insee en 2010, Guérande est une commune urbaine, une des 11 communes de l'unité urbaine de Saint-Nazaire, qui s'étend de Donges au Croisic[84] ; elle fait donc partie de l'aire urbaine de Saint-Nazaire[85] et de l'espace urbain de Nantes-Saint-Nazaire[86].

Évolution démographique[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 15 693 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements des communes de plus de 10 000 habitants ont lieu chaque année à la suite d'une enquête par sondage, contrairement aux autres communes qui ont un recensement réel tous les cinq ans[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
7 236 7 222 7 252 7 779 8 190 8 239 8 503 8 577 8 648
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
8 540 8 524 6 749 6 705 6 804 6 912 7 062 7 020 7 054
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
6 913 6 852 6 609 5 760 6 082 6 164 6 163 6 014 6 567
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 -
6 389 6 499 7 644 9 140 11 665 13 655 15 226 15 693 -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[87] puis Insee à partir de 2004[88]. , pour le recensement de 1836, archives départementales de la Loire-Atlantique[89])
Histogramme de l'évolution démographique


Remarque : la baisse démographique visible entre 1861 et 1866, est lié à la séparation de La Turballe érigée en commune distincte en 1865.

Pyramide des âges[modifier | modifier le code]

La population de la commune est relativement jeune. Le taux de personnes d'un âge supérieur à 60 ans (22,5 %) est en effet inférieur au taux national (22,7 %) tout en étant toutefois supérieur au taux départemental (20,8 %). À l'instar des répartitions nationale et départementale, la population féminine de la commune est supérieure à la population masculine. Le taux (50,7 %) est du même ordre de grandeur que le taux national (51,9 %).

Pyramide des âges à Guérande en 2009 en pourcentage[90]
Hommes Classe d’âge Femmes
0,1 
90 ans ou +
0,7 
5,0 
75 à 89 ans
8,0 
14,9 
60 à 74 ans
16,1 
23,9 
45 à 59 ans
23,4 
18,6 
30 à 44 ans
19,1 
17,0 
15 à 29 ans
15,1 
20,6 
0 à 14 ans
17,5 
Pyramide des âges du département de la Loire-Atlantique en 2009 en pourcentage[90]
Hommes Classe d’âge Femmes
0,3 
90 ans ou +
1,0 
5,6 
75 à 89 ans
9,1 
12,1 
60 à 74 ans
13,4 
20,1 
45 à 59 ans
19,7 
21,3 
30 à 44 ans
20,1 
20,1 
15 à 29 ans
18,5 
20,5 
0 à 14 ans
18,3 

Enseignement[modifier | modifier le code]

  • Lycées
    • Lycée Galilée, inauguré en 1991, l'établissement comprend 520 à 530 élèves en enseignement général (construit pour limiter les déplacements des élèves de la presqu'île vers Saint-Nazaire ou La Baule).
    • Lycée Professionnel Expérimental « Olivier Guichard ». Ouvert en 1971, inauguré par Olivier Guichard, député maire de La Baule, ancien ministre de l'éducation nationale, alors ministre de l'équipement, le 23 novembre 1973. Sous la triple tutelle de l'éducation nationale, du ministère de l'agriculture, et de celui des transports, il comprend des sections de pisciculture (depuis 1975) et forme au BTS aquicole (depuis 2002), de conchyliculture (1976), de mécanique automobile et agricole (1972), d'horticulture, de floriculture, de travaux paysagers et une section d'hôtellerie (1973).
    • Lycée La Mennais (établissement privé), inauguré en 1991.
  • Collèges
    • Collège Jacques Brel. Créé en septembre 1970, il comptait alors 150 élèves, ce nombre est monté jusqu'à 800 dans les années 1980, avant l'ouverture du Collège du Pays Blanc. Actuellement l'établissement accueille 450 élèves. Ouverture en 1988 d'un nouveau bâtiment, avec les sections technologiques et les salles de musique.
    • Collège du Pays Blanc
    • Collège Saint Jean-Baptiste (établissement privé)
  • Écoles primaires et maternelles
    • Groupe scolaire du Bois Rochefort. Construit dans les années 1960 en remplacement de l'ancienne école publique intramuros devenu trop exigüe (dans l'ancien hôpital Saint-Jean), ce groupe scolaire comprend actuellement : une école maternelle de 4 classes, et une école primaire de 9 classes.
    • Groupe scolaire du Pradonnais. École maternelle de 4 classes, et école primaire de 9 classes (dont une classe CLIS).
    • Groupe scolaire Jean de la Fontaine, à La Madeleine, comprend une maternelle avec 4 classes et une école primaire avec 5 classes.
    • École publique de Saillé, récemment rouverte, comprend deux classes : une maternelle et une primaire.
    • École Diwan, scolarité en langue bretonne.
    • Groupe scolaire Saint Aubin (établissement privé), 18 classes[91].
    • Groupe scolaire Sainte Marie (établissement privé), 10 classes.
    • Groupe scolaire Saint Joseph à La Madeleine (établissement privé), 7 classes.
    • Groupe scolaire Notre Dame de Lourdes à Saillé (établissement privé), 3 classes.

Santé[modifier | modifier le code]

L'hôpital a été créé intra-muros par les moines Saint-Sauveur, pour accueillir les plus démunis. En 1527, les Chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem lui donnent le nom d'hôpital Saint-Jean. En 1736, Louis XV crée un autre établissement faubourg Saint-Michel : l'hospice Saint-Louis, tenu par la congrégation religieuse des filles de la Sagesse jusqu'au début des années 1970. En 1858, l'hôpital s'installe sur le site actuel où, progressivement, il s'agrandit, connaît de nombreuses réformes et restructurations.

Le 1er janvier 2003, le Centre hospitalier de Guérande et l'Hôpital Local du Croisic fusionnent et deviennent : L'Hôpital Local Intercommunal de la Presqu'île

Le 1er janvier 2010,L'hôpital devient :L'Hôpital Intercommunal de la Presqu'île

Culture[modifier | modifier le code]

Infrastructures culturelles[modifier | modifier le code]

  • Un multiplexe de six salles. Ouvert en 2009.
  • Le musée de la Poupée (situé dans l'ancien hôpital Saint-Jean).
  • Terre de Sel : c'est la branche commerciale de la coopérative des paludiers du bassin salicole de Guérande. Situé à Pradel, ce site propose de faire découvrir aux visiteurs les marais salants. C'est aussi un espace muséographique, une boutique, un espace pour des réceptions, etc.[92]
  • La Maison des Paludiers. Situé en plein cœur de Saillé, cet économusée propose deux options de visite : la muséographie et la visite de saline[93].
  • Centre culturel Athanor (salle d'expositions temporaires et bibliothèque municipale).
  • Médiathèque Samuel Beckett située dans le Centre culturel Athanor. Équipement municipal de lecture publique offrant plus de trente mille documents (livres, revues, CD, DVD) à la consultation et au prêt.

Manifestations[modifier | modifier le code]

  • La Fête Médiévale de Guérande: Cette fête annuelle a lieu pendant deux jours en mai, autour du week-end de la Pentecôte. Chaque année, un thème différent est abordé. Des festivités et des animations ont lieu pendant toute la journée et aussi le soir (moment de convivialité dans les tavernes autour des remparts).
  • Festival annuel de Musique « La Voix des Orgues », dans la collégiale Saint Aubin propose depuis 1956 des concerts les vendredi soir en juillet et août[94],[95].
  • Festival du livre en Bretagne. Publication d'un livre par le festival en 2008 : Dernières nouvelles de Guérande. Collectif avec Franck Darcel, Christiane Kerboul-Vilhon, Stéphane Pajot, Dominique Labarrière, .
  • Les Celtiques de Guérande au mois d'août. Concerts, spectacles, fest-noz, ateliers, jeux traditionnels, marches chantées... Moments forts à vivre et à partager en famille ou entre amis, les animations présentées lors du festival s'articulent autour d'un thème en cohérence avec la culture celtique et le patrimoine guérandais.
  • Festival Terres Blanches, nombreux concerts de musiques internationales et de scène française sur deux jours en juillet (Après une première édition en 2006, en 2007 participation de Yannick Noah, de Thomas Dutronc en 2009, de Hugues Aufray et Johnny Clegg en 2010, parmi les groupes et chanteurs qui se sont produits durant ce festival).
  • Fête des Métais (depuis 1980, annuelle, site variable selon les années, autour du Village de La Madelaine), concert et animations rurales et folkloriques : concours, lutte bretonne, records mondiaux (plus grande crêpe du monde et plus grande poêle, plus grand pot-au-feu...), etc.
  • Tous les ans se tient au mois d'août le stage de l'Académie Internationale de Musique de Guérande et des Pays de le Loire, événement majeur dans le monde de la musique classique, classé premier stage de France. Beaucoup de concerts au sein de la ville y sont organisés.

Associations culturelles[modifier | modifier le code]

  • Les Amis de Guérande. Association « Loi 1901 », fondée en 1928. Cette association a créé et administré pendant 77 ans le musée de la Porte Saint-Michel (logis du Gouverneur), aujourd'hui musée municipal, et édite (un ou deux numéro selon les années) les « Cahiers du Pays de Guérande » depuis 1968. La société organise conférences, visites à thèmes et excursions ; ses prix annuels récompensent les restaurations de maisons ainsi que des œuvres, des talents ou des aptitudes au service du Pays guérandais. La société a également mis en place plusieurs commissions : Généalogie, Héraldique, Mémoire vivante, Paléographie, Bibliothèque, Patrimoine
  • La Madeleine, Hier et Aujourd'hui. Association « Loi 1901 » fondée en 1978 qui est à l'origine de la résurrection des feux des Rameaux (butte de Sandun notamment) et de la création de la Fête des Métais (annuelle) en 1980. L'association a aussi permis la sauvegarde et a contribué à la restauration des nombreux fours à pain, de fontaines, de croix et d'un oratoire.
  • Cercle Celtique Bro Gwenrann. Association « Loi 1901 », fondée en 1949. Le cercle œuvre pour la danse bretonne en Loire-Atlantique. Autour de 4 sections, il est composé de 200 membres, dont 80 enfants. Ses activités vont de l’initiation à la mise en scène de chorégraphies. Le groupe participe régulièrement aux grands festivals de la région et se classe parmi les meilleurs ensembles de Bretagne. Chaque été, au mois d’août, l’association organise son propre festival « Les Celtiques de Guérande ».
  • La voix des orgues. Association « loi 1901 », fondée en 1955. Elle a pour objectif la promotion de l'orgue de la Collégiale St Aubin et son entretien par l'organisation de concerts, de classes de maître ou toutes autres activités culturelles en rapport avec l'instrument.

Médias[modifier | modifier le code]

Hebdomadaire paraissant le vendredi (le marché de Guérande est le samedi, et celui de Saint-Nazaire le vendredi ). C'est le titre de presse locale qui a le plus fort tirage de la Loire-Atlantique (18 000 à 20 000 exemplaires, minimum 17 000 vendus). Propriété du Groupe Hersant (GHM) dans le groupe de presse France-Antilles. Fruit de la réunion du Guérandais, fondé en 1890 et de Guérande Journal, s'est d'abord appelé La Presqu'île Guérandaise sous titré Organe d'Intérêt Régional et de Propagande Touristique des Plages et du Pays Guérandais. À la libération, il se renomme La Presqu'île Guérandaise Libérée (l'hebdomadaire le plus répandu en presqu'île et sur la côte d'amour). Pas de site internet.

Langue bretonne[modifier | modifier le code]

L’adhésion à la charte Ya d’ar brezhoneg label 1 a été votée par le Conseil municipal le 18 octobre 2010.

À la rentrée 2013, 36 élèves étaient scolarisés à l’école Diwan (soit 2,3% des enfants de la commune inscrits dans le primaire) [96].

Sports[modifier | modifier le code]

Équipements sportifs[modifier | modifier le code]

  • Le principal complexe sportif de la ville de Guérande est le Complexe Jean Ménager. Il réunit une salle multisports (le club de basket-ball y est implanté), un dojo, une salle affectée au tennis de table ainsi qu'une salle à utilisation variable. En extérieur, le complexe est composé de trois terrains de football en herbe, un terrain de football stabilisé ainsi qu'un terrain de rugby aux dimensions réduites. Des installations sont ou ont été existantes pour pouvoir y exercer des épreuves de lancer (javelot, marteau, poids) mais seuls les scolaires les utilisent. Un skate parc a été implanté en 2007. Enfin, quatre courts de tennis extérieurs existent et sont libres d'accès. Les amateurs de tennis peuvent également se rendre à la Salle de Tennis de Bréhadour où sont présents deux courts couverts et deux courts extérieurs.
  • Pour répondre aux besoins croissants d'infrastructures sportives de la ville, la Salle des sports de Kerbiniou a été construite pendant les années 1990. Salle multisports, elle est le siège de l'USGPH, club de Handball. La Salle des sports intercommunale de La Madeleine, salle multisports située au nord-est de la commune permet de répondre à une demande importante des administrés sur un territoire éloigné des autres infrastructures sportives. Enfin, la Salle du Pays Blanc a été construite en même temps que le collège du même nom. Le club de gymnastique s'y est implanté.
  • Dans un but sportif et de loisir, le Centre aquatique Jean-Pierre Dhonneur a ouvert ses portes le 24 septembre 2007. Le centre est composé d'un bassin sportif de 25 mètres, d'un bassin ludique, d'une pataugeoire d'un bassin de balnéothérapie et d'un toboggan.
  • Un bowling situé à Kerbiniou.
  • Un karting situé à Villejames.

Sentiers de randonnées[modifier | modifier le code]

Guérande est le point de départ de deux sentiers de grande randonnée

Associations sportives et clubs[modifier | modifier le code]

  • Tennis Club Guérandais (TCG) ;
  • Union Sportive Guérande Presqu'île Handball (USGPH) (2009 : évolue en 4e division nationale, en division pré-nationale) ;
  • Saint-Aubin de Guérande Football Club (La Saint-Aubin est une union sportive bientôt centenaire ) ;
  • Association Sportive La Madeleine Football (ASMF);
  • Presqu'île Guérandaise Athlétic Club (PGAC) ;
  • Judo Club Guérandais ;
  • Guérande Basket ;
  • Association Sportive La Madeleine Basket.
  • Gwenrann Football Gaélique.

Économie[modifier | modifier le code]

Emploi et industries[modifier | modifier le code]

Guérande est la seconde ville du comté de Nantes du XIIe siècle au XIXe siècle, puis du département de la Loire-Atlantique, tant sur le plan économique que par le nombre d'habitants. L'industrie textile « à domicile » y est très implantée jusqu'au XVIIIe siècle ainsi que l'orfèvrerie. La position administrative, la production de sel et l'agriculture (élevage et vignobles) ont assuré cette situation jusqu'au transfert vers Saint-Nazaire au début du XIXe siècle des administrations (sous-préfecture et tribunal) et l'essor industriel (construction navale et chimie) de l'estuaire de la Loire. Sa proximité avec ces nouveaux centres de développement économique, lui ont toutefois permis de retrouver grâce au développement des infrastructures de transport une nouvelle orientation économique.

L'économie locale est actuellement toujours majoritairement orientée, par la surface qui lui est consacrée, vers l'agriculture (élevage de bovins et maraîchage, ce dernier en cours de régression, et industrie salicole avec ses dérivés). Le remembrement récent de la commune a toutefois porté un arrêt aux productions d'intérêt local, et a permis l'extension des grandes exploitations.

Les activités tertiaires et l'artisanat (PME-PMI) sont particulièrement dynamiques. La majeure partie de ces entreprises sont implantés proches de la rocade dans la « Zone d'activités de Villejames » qui comprend une zone artisanale ainsi qu'une zone commerciale en expansion. Situé également à proximité de la Route Bleue, mais de l'autre côté de la rocade, le nouveau « parc tertiaire de Kerbiniou » connait lui aussi un essor. À l'entrée de La Baule la zone d'activités des Salines est pour sa plus grande partie située sur la commune de Guérande, ce que nombre de visiteurs ignorent.

Le secteur industriel est surtout représenté par des moyennes entreprises tels que MSL (composants électroniques) ou la SODIPA (emballages alimentaires)[97]. Les activités liées au tourisme et aux loisirs (hostellerie, restauration, et commerces associés) sont en constante augmentation depuis 20 ans et forment le bassin d'emploi majoritaire de la commune. Aussi le caractère saisonnier de nombre d'emplois liés au tourisme engendre une précarité qui fragilise notamment les plus jeunes. Une antenne de l'ANPE (désormais pôle-emploi) a été ouverte dans la commune en 2004.

La population active guérandaise se caractérise également par des migrations pendulaires vers le bassin d'activités nazairien : en effet celui-ci concentre une grosse partie des emplois industriels de la région (Chantiers navals STX France, Airbus, Zone de Brais).

La ville voit dans ses murs, chaque semaine le « grand marché » du samedi sous les halles et en centre-ville (autour de la Collégiale Saint-Aubin de Guérande) et le « petit » marché le mercredi. Le marché de Guérande est une institution pluricentenaire (celui du samedi est antérieur au XIIe siècle) toujours vivante, et toute l'année.

Agriculture[modifier | modifier le code]

Les coteaux de Guérande, exposé au sud-ouest sont un terroir favorable aux maraîchers qui produisaient une carotte rouge-orangé, moyenne et de gros diamètre : « la carotte guérandaise », encore cultivée au conservatoire des espèces végétales de l'Institut national de la recherche agronomique.

Sur ce coteau était aussi produit un vin rouge réputé, de bonne garde pour l'époque - 3 à 5 ans selon les années -, qui était vendu dans le reste de la Bretagne et exporté vers l'Angleterre. Cette production a régressé au cours du XVIIIe pour disparaître au début du XXe siècle. Il a traversé néanmoins la crise du Phylloxera, et quelques ceps survivent encore dans des parcelles abandonnées ou dans des talus. Les vignes étaient plantées en bas de coteau, de Trescalan à Careil principalement, sur des sols colluvionnés argileux et profonds. Les parcelles les plus réputées étaient le « Clos Saint Aubin », (ou Clos de la Pierre) entre Guérande et Saillé, et le « Clos de Marsillé »[98].

On trouve encore par-ci par-là quelques rangs de vignes (à usage personnel)[99] dans l'arrière-pays, avec notamment quelques plans de Noah qui ont échappé à l'arrachage et à la vigilance des « douanes ».

La polyculture est en régression générale dans la presqu'île guérandaise, la pression foncière et la rentabilité économique ayant eu en grande partie raison de cette activité. L'élevage bovin est en extension, particulièrement depuis le remembrement de la fin des années 1980.

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

La cité médiévale[modifier | modifier le code]

Plan de Guérande, vieille ville

L'enceinte urbaine fortifiée, XIIIe ‑ XVIe siècles[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Remparts de Guérande.

Classé Monument historique en 1877.

  • L'enceinte fortifiée de Guérande :

Guérande est l'une des rares cités médiévales à avoir conservé ses remparts dans leur intégralité. C'est aussi l'une des mieux conservées de France. Elle a été peu remaniée depuis sa phase de construction principale (au XVe siècle) et très peu « restaurée » au XIXe siècle... Elle comprend actuellement 10 tours, 4 portes, dont deux flanquées de tours, et une poterne (ouverte au XIXe siècle), reliées par une courtine, sur une longueur de 1,434 kilomètre (pour comparaison : l'enceinte intérieure de la cité de Carcassonne mesure 1,250 km).

L'enceinte a fait l'objet de restaurations récentes (depuis les années 1970) pour la consolider et restituer les éléments d'élévations confirmés. Les ormes atteints par une épidémie et morts dans les années 1980, n'ont pas été remplacés par d'autres essences. Seuls ceux plantés sur le Mail, classés Monument historique, ont été remplacés par des nouveaux ormes résistants à la maladie.

Aujourd'hui, seulement une partie des remparts a été restaurée : les travaux sont en effet très couteux (environ 2 000 € par mètre linéaire). Une partie est néanmoins possible d'accès dans le cadre du musée de la porte Saint-Michel ou via les visites guidées proposées par l'office de tourisme de Guérande.

L'enceinte fortifiée est percée de 4 portes d'entrée :

  • la Porte Saint Michel ;
  • la Porte Vannetaise ;
  • la Porte de Saillé ;
  • la porte Bizienne.

L'enceinte fortifiée n'était pas le seul élément défensif dont disposait la cité :

  • Le mail ou boulevard, construit à la fin du XVe siècle ou au début XVIe siècle, situé entre la porte Saint-Michel et la porte de Saillé pour la partie encore conservée, constituait une première ligne de défense, en renfort des remparts devenant de moins en moins efficaces avec le développement de l'artillerie d'attaque, et permettait de plus d'y déployer des canons. Son aspect actuel résulte des aménagements du duc d'Aiguillon qui l'a fait rehausser et transformer en promenade arborée. Cette butte tire son nom du mail, un ancêtre du croquet et sport que pratiquaient les gentilshommes.
  • Les douves, sèches à l'origine, ont été creusées entre le Mail et les remparts pour renforcer les fortifications. Elles entouraient autrefois entièrement l'enceinte fortifiée. Elles ont cependant été en partie bouchées à cause de l'odeur qu'elles dégageaient (une partie des habitants y jetaient leurs déchets). Une partie a cependant été conservée entre la porte Bizienne et la porte Vannetaise.

La Collégiale Saint-Aubin, XIIe siècle - XVIe siècle[modifier | modifier le code]

La Collégiale de Saint-Aubin, situé au centre de la cité médiévale, est classée monument historique depuis 1853. La reconstitution de l'histoire de ce bâtiment est complexe, les recherches archéologiques effectuées au XIXe siècle puis sur les trois places périphériques lors des réaménagements réalisés ces dernières années ne lèvent que partiellement les questions posées.

Autres édifices intra-muros[modifier | modifier le code]

Chapelle Notre-Dame-la-Blanche

Classée monument historique en 1910. Construite en style gothique au XIVe siècle sous Jean de Montfort. Elle était la propriété des ducs de Bretagne contrairement à la collégiale qui elle était détenue par l'évéché. C'est dans cette chapelle qu'est signé le second traité de Guérande, le 4 avril 1381, qui rétablit Jean IV comme duc de Bretagne. Cette chapelle est vendue comme bien national durant la Révolution Française avant d'être rachetée par l'abbé Sorin (alors curé de Guérande) en 1853. L'une des particularités de cette chapelle est qu'elle ne possède pas de transept mais seulement une nef unique.

  • Chapelle Saint-Jean et ancien hôpital.

Ancienne chapelle dont le nom rappelle la présence des templiers, puis des hospitaliers à Guérande. Toutefois, elle n'est pas sur le site d'une maison templière ou d'une commanderie, toujours situés hors les murs. Cette chapelle appartient à un ensemble de bâtiments qui constituait le premier hôpital de Guérande et qui présente encore coté Place Saint-Jean un corps de bâtiment à 2 étages. La chapelle a été construite au début du XVe siècle (façade rue de Saillé). Cet ensemble a été transformé au XIXe siècle en école publique, puis en bibliothèque municipale. Il est utilisé aujourd'hui comme salle d'exposition (Collection de poupées actuellement) et comme salles de réunions. Ces bâtiments mériteraient une restauration pour dégager les éléments anciens et une restitution des volumes de la chapelle, cloisonnée en plusieurs pièces.

Monuments des faubourgs[modifier | modifier le code]

Couvent des Ursulines
  • Le couvent des Ursulines

Inscrit Monument historique en 2001. Situé dans le faubourg Saint-Michel, le couvent des Ursulines tire son nom des religieuses qui s'y installent en 1646. Elles construisent un grand corps de couvent à aile en retour, achevé en 1704. L'ensemble est complété de deux ailes en retour et d'une grande chapelle au XIXe siècle.

Moulin du Crémeur
  • Le Moulin du Diable (ou du Crémeur)

Inscrit Monument historique en 1901. Moulin en poivrière à l'architecture caractéristique, fin du XVe siècle. Il porte les armes de la famille de Carné, dont un gisant est visible dans la Collégiale.

Plusieurs moulins sont encore visibles autour de Guérande : Drézeux, Colveux, Bout de la Rue, Kercabu, Beaulieu, Trévaly, Saillé, Careil, Moulin de la Place, Kerbironné, Clis, Cardinal, Tréveday, Bouzeray. Mais de nombreux autres ont été détruits au XIXe siècle.

Sites et monuments des environs[modifier | modifier le code]

Les marais salants de la presqu'île guérandaise[modifier | modifier le code]

Article connexe : Marais salants de Guérande.

Les marais salants de Guérande est un marais d'eau salée d'environ 1 700 hectares.

Certaines parties des marais et du « Traict » sont classés en Réserve naturelle (étape majeure pour les oiseaux migrateurs) ou sous le contrôle du Conservatoire du littoral. Le Traict et les marais sont classés site Natura 2000. Ces marais sont aussi inscrits depuis 1971 sur la liste des zones humides à protéger de la Convention de Ramsar.

Les marais salants de Guérande, comprennent deux bassins salicoles :

  • Le bassin de Guérande: le plus grand et le plus connu entre Guérande et la presqu'île du Croisic, sur le Traict
  • Le bassin du Mès, plus modeste, à Mesquer. C'est le bassin salicole le plus au Nord de l'Europe.

Ils font partie des marais salants de l'Atlantique, situés pour plus des trois quarts d'entre eux, entre la Gironde et la presqu'île de Quiberon.

On parle de marais salants parce que c'est le lieu où les paludiers récoltent environ 15 000 tonnes de gros sel par an pour environ 300 tonnes de fleur de sel. Cette dernière bénéficie d'une charte de qualité, et le sel de Guérande, d'un Label rouge. Par ailleurs, ces marais salants sont classés « Sites remarquables du goût ».

Les Marais de Brière (dit le « Pays Noir »)[modifier | modifier le code]

Article connexe : Brière.

La Brière est un territoire de 490 km2 dont 170 km2 de zones humides. Son marais d'eau saumâtre appelé « Le Marais de Grande Brière » couvre à lui seul 70 km2. Ce sont 21 communes qui font partie de ce territoire et dont Guérande fait partie.

Dans une volonté de préservation de cet environnement, le parc naturel régional de Brière a été créé le 16 octobre 1970 (révisé le 6 juin 2001).

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Anne de Bretagne, séjourne plusieurs fois à Guérande avec sa cour au monastère Saint-Yves, notamment vers 1490-1491, avant son mariage avec Charles VIII à Langeais. Elle y reviendra brièvement avant d'entamer son Tro Breiz, en 1498 et avant son second mariage avec Louis XII.
  • François Guillemot de Villebois, amiral russe, né à Guérande le 3 mars 1681, mort le 13 mai 1760 à Tartu (Estonie).
  • Anne François Augustin de La Bourdonnaye, Vicomte et général, né à Guérande le 3 septembre 1747, mort à Dax le 6 octobre 1793.
  • Louis de Sol de Grisolles (1761 - 1836), officier de la marine royale puis chef chouan.
  • Louis François Foucher de Careil, général de division durant les guerres napoléoniennes (né à Guérande le 18 février 1762 – mort à Garches le 22 août 1835). Il apparaît sur la 11e colonne des noms gravés sous l'arc de triomphe de l'Étoile.
  • Paul-François Dubois, (1793 - 1874) journaliste et homme politique français.
  • Gustave Clétiez (Guérande 1830 - 1896), organiste, peintre et céramiste. (céramiques à la riche décoration visibles au Musée de Batz-sur-Mer).
  • Claude-Marie Vasselon dit Marius Vasselon (1841-1924), est un artiste peintre qui séjourna en presqu'île guérandaise.
  • Maurice Denis, (1870 - 1943) séjourne en 1903 à Guérande, il se liera avec plusieurs peintres de la région, dont Eugène Chapleau, il reviendra plusieurs fois en presqu'île de Guérande (Piriac, et Le Croisic principalement).
  • Henri Quilgars, (Guérande 1877 - Piriac-sur-mer 1937) Ancien élève de l'école des Chartes et du Louvre, archéologue et historien. Il a écrit de nombreux ouvrages sur le patrimoine et l'histoire de la presqu'île Guérandaise entre 1900 et 1930.
  • Fernand Guériff, (1914 - 1994) historien et ethno-musicologue.
  • Gustave Tiffoche, (Saint Nazaire, 1930 - Guérande, 2011) céramiste, sculpteur et peintre.
  • Pierre Loquet, militant nationaliste breton, né en 1930 à Guérande.
  • Pierre-Yves Le Rhun, né en 1936, géographe et militant breton, défenseur des marais salants de la presqu'île de Guérande.
  • Claude Lorieux, journaliste et spécialiste du Moyen-Orient au journal Le Figaro, né le 17 décembre 1936 et décédé le 25 avril 2005 à Guérande. Il a parcouru tout le Proche et Moyen-Orient et écrit un livre : Chrétiens d'orient en terre d'islam.
  • Mgr Hervé Gaschignard (né à Saint-Nazaire en 1959), ancien curé de Guerande, évêque d'Aire et Dax depuis 2012.
  • Pascal Bertho, née en 1964 à Guérande, auteur de scénarios et dessinateur de bandes dessinées.
  • Denys Quistrebert, auteur de bandes-dessinées, né en 1971 à Guérande.

Culture populaire[modifier | modifier le code]

Dans la littérature[modifier | modifier le code]

  • Honoré de Balzac, (1799 - 1850) écrit le roman Béatrix en 1839 après un séjour à Guérande, et dont une partie de l'action s'y déroule.
  • Gustave Flaubert (1821 - 1880), Par les champs et par les grèves (voyage en Bretagne), évocation de la campagne guérandaise, écrit avec son ami Maxime du Camp lors de leur séjour à Guérande en 1847.
  • Émile Zola (1840 - 1902), lors d'un séjour à Piriac-sur-mer en 1876 écrit une nouvelle Les coquillages de M. Chabre où le protagoniste fait une excursion à Guérande.
  • Alphonse Daudet, une chronique publiée en 1889 décrit Les courses à Guérande dans le recueil publié sous le titre Souvenirs d'un homme de lettres[100] »
  • L'abbesse de Guérande par Charles Le Goffic (1921).
  • Julien Gracq, dans sa nouvelle La Presqu'île publiée en 1970, fait parcourir la presqu'île de Guérande à son personnage désœuvré, en la rebaptisant Coatliguen.
  • Bernard Clavel, auteur des textes de Fleur de sel, sur les marais salais de Guérande, photos de Paul Morin, Éditions Le Chêne, 1977 et réédition 1985.
  • Jean-François Parot, dans L'énigme des Blancs-Manteaux (2000), et dans les romans policiers suivants, son héros Nicolas Le Floc'h, marquis de Ranreuil et vicomte de Tréhiguier, commissaire au Chatelet sous Louis XV, est né à Guérande. La ville y est évoquée en souvenirs de jeunesse dans le premier tome de la série, ainsi que le château de Ranreuil (transformation de Ranrouët (?) à Herbignac) seigneurie imaginaire pouvant aussi être localisée en Presqu'île de Guérande, Tréhiguier est localisé sur l'estuaire de la Vilaine dans la commune de Pénestin.

Au cinéma[modifier | modifier le code]

Quelques scènes de longs métrages ont été réalisées dans la commune, parfois avec la participation de ses habitants :

  • Octobre et novembre 2007 : durant un mois, tournage de la saga télévisuelle de l'été 2008 : La Main blanche , téléfilm en 4 épisodes produit par la société VAB pour la chaîne TF1. Réalisateur : Dennis Berry, auteur : Anthony Maugendre, avec Ingrid Chauvin révélée par la précédente série Dolmen et Bruno Madinier dans les rôles principaux. De nombreuses scènes sont réalisées dans la cité médiévale, les marais salants, et au manoir de Drézeux[101].
  • Son frère (septembre 2003), Lion d'argent à Berlin, de Patrice Chéreau, avec : Bruno Todeschini, Eric Caravaca, Nathalie Boutefeu, Catherine Ferran, Maurice Garrel, Antoinette Moya, Robinson Stévenin, Sylvain Jacques, Fred Ulysse, Pascal Greggory. Tourné en presqu'île guérandaise, notamment dans les Marais Salants entre Clis et Saillé.
  • Les Révoltés de Lomanach (1953), long métrage franco-italien, de Richard Pottier avec Amedeo Nazzari (Barnaud), Dany Robin (Monique), Michel Vitold (Rabuc), Carla Del Poggio (Henriette), Jacques Castelot(M. de Rocheville), Max Amyl, Luc Andrieux (un soldat qui veut dormir), Paul Azaïs (un garde), Christine Bally (une fille), Linda Cini, Robert Dalban (un soldat), Jean Danet (Varadec), Jean Debucourt (marquis de Lomanach), Guy Favières (un chouan), Michel François (Jean de La Tour), Geneviève Gérald (Maria), Gisèle Grandpré (la solliciteuse), Suzanne Grey, Marcelle Hainia (une douairière), Françoise Honorat (une fille), Tony Jacquot (l'abbé), Madeleine Lambert (la comtesse), Robert Le Béal (Martilier), Pierre Leproux, Albert Michel (un soldat qui se rase), Geneviève Morel (Yvonne), Jean Paqui (Kervalet), René Pascal. Si l'essentiel du film est tourné en studio, quelques scènes ont été tournées en extérieur en Brière, à Guérande et plus précisément dans le domaine de Colveu ainsi qu'à La Baule.
  • La Glu (1927) de Henri Fescourt avec Rouer, Rozet, Boyer, Lequesne, Dubosc, Marnay, Maillard, Jorge, Pager, Réal
  • « Guérande » est parfois un nom de personnage de film (liste non exhaustive) :

- Philippe Guérande (philipp Guerand en Anglais) journaliste incarné par Édouard Mathé dans Les Vampires, film muet en 10 épisodes de Louis Feuillade tourné en 1915.

- Christine de Guérande (Christine Sugère) incarnée par Marie Bell dans Un carnet de bal film réalisé par Julien Duvivier, sorti en 1937.

- Le Marquis et la Marquise de Guérande incarnés par Sami Frey et Laura Antonelli dans Les Mariés de l'an II avec Jean-Paul Belmondo, sorti en 1971.

- Un second rôle de barbouze dans Le Grand Blond avec une chaussure noire avec Pierre Richard, sorti en 1972.

- Monsieur Guérande incarné par Fernand Ledoux dans le film d'Henri Verneuil : Mille milliards de dollars, sorti en 1980.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Henri Quilgars, Géographie historique du Pays de Guérande, du VIe au Xe siècle, Saint Brieuc, Imp. Prud'homme, 1911.
  • Henri Quilgars, À travers le Pays de Guérande, 1914
  • Henri Quilgars, À travers la Ville de Guérande, 4e édition, 1930
  • Fernand Guériff et G. Le Floc'h, Terroirs du Pays de Guérande, Imprimerie de La Presqu'île Guérandaise, 1961, 229p.
  • Fernand Guériff, La Collégiale Saint Aubin de Guérande, édition Jean-Marie Pierre, 1985

Gérard Locu-agrégé de l'Université-: Images de la presqu'île guérandaise en 1900. Éditions des Paludiers. 1977.

  • Marcel Maulini, Vidimus sur l'archéologie préhistorique de la presqu'île guérandaise, revue OGAM, tome XI, fascicule 4-5, no 64-65, septembre 1959.
  • Marcel Maulini, Vidimus sur l'archéologie préhistorique de la presqu'île guérandaise revue OGAM, tome XVI, fascicule 1-3, no 91-93, janvier-juin 1964.
  • Coll. (SEPNB), Le Parc Naturel Régional de Brière, 1re partie, revue Penn ar Bed, n° spécial, no 69, juin 1972, 84p.
  • Coll. (SEPNB), Le Parc Naturel Régional de Brière, 2e partie, revue Penn ar Bed, n° spécial, no 71, décembre 1972, 76p.
  • Coll. (SEPNB), La Presqu'île guérandaise, 1re partie, revue Penn ar Bed, n° spécial, no 81, juin 1975, 80p.
  • Coll. (SEPNB), La Presqu'île guérandaise, 2e partie, revue Penn ar Bed, no 83, n° spécial, décembre 1975, 76p.
  • F. Lucas, Le littoral entre La Turballe et Donges, revue Penn ar bed, no 97, juin 1979, 14p.
  • Coll., sous la direction de MM. Barbaroux et Bellancourt, Initiation à la géologie et à la Préhistoire, Guide du parc naturel régional de Brière. Sans date (1976 ?), 64p.
  • Coll. sous la direction de la Société des Sciences naturelles de l'Ouest de la France (SSNOF), Marais salants, connaissance des richesses naturelles de la Loire-Atlantique, 332p., 1980. ISSN 0224-1773.
  • P.-R. Giot, J.-L. Monnier et J. L'Helgouach, Préhistoire de la Bretagne, éd. Ouest-France, collection Université, 2e édition revue et complétée, 1998.
  • A. Gallicé et al., Collection Carré Patrimoine, Guérande, éd. Création et recherche, 2000.
  • A.Gallicé/J.Lancien, Petite histoire de Guérande Geste éditions 2007 190 p.,
  • A.Gallicé et al., Le Guide du Pays guérandais, 36 balades-découvertes, Geste éditions 2008 400 p.
  • A.Gallicé et al. Guérande, cité médiévale, Geste éditions 2008, 214 p.
  • C. Devals et L. Pinault, Bretagne, le pays de Guérande, patrimoine archéologique, revue Archéologia, no 377, avril 2001.
  • J.-P. Nennig, Le Chemin de fer de Saint-Nazaire au Croisic et à Guérande, JPN éditions, 2006, 240p., (ISBN 2-9519898-4-9)
  • G. Salaün, Trésors de Guérande, cat. d'exposition, musée Dobrée, Nantes, 2001.

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Atlas historique des Pays et Terroirs de Bretagne, Ph. Jouët et K. Delorme, éditions Skol Vreiz, cartes synthétiques des pages 123-125.
  2. Appelé « sillon de Guérande » par André Vigarié, Yves-Henri Nouailhat et al., Loire-Atlantique, éditions Bonneton, Paris, 1998, page 248, mais aussi, contradictoirement, dans le même ouvrage, dans la partie rédigée par le même auteur, il est indiqué que seul le Sillon de Bretagne, ligne de reliefs allant de Nantes à Quimper est ainsi dénommé (p. 248), « Sillon de Guérande » est pour l'auteur une analogie.
  3. La région n'est pas considérées comme sismique, de très rares séismes s'y produisent - une fois tous les 10 ans en moyenne et toujours de très faibles amplitudes (3 à 4 au maximum) - le long de failles aujourd'hui sous-marines allant de la Baie de Bourgneuf à Belle-Île en Mer, parallèles au système décrit ici.
  4. Atlas climatique de la France, Météorologie nationale, 1978.
  5. Bulletin de la Société des sciences naturelles de l'Ouest de la France, SSNOF, Nantes, Hors série 1er trimestre 1980 : marais salants.
  6. Bien que distant d'une trentaine de kilomètres, les pluviosités et ensoleillements à Saint-Nazaire sur l'estuaire de la Loire présentent des différences faibles mais signifiantes par comparaison entre les mesures effectuées en continu au Croisic durant l'entre deux guerres et durant les années 1950-1960, et par les mesures effectuées par les bénévols.
  7. C'est-à-dire : possiblement introduit (à une époque indéterminée mais très ancienne) et se reproduit naturellement sans intervention humaine
  8. La langue gallaise avec de nombreux bretonnismes supplante progressivement comme langue vernaculaire le breton dans le nord de la commune (pays métais) à partir du XVIIIe siècle jusqu'à la guerre 1914-1918.
  9. « Villes bretonnes, noms gallo », Geobreizh (consulté le 18 mars 2013)
  10. Dictionnaire Le Robert (T.1) indique que Garenne dérive du mot latin du médiéval warenna issu peut-être du francique Warôn : garder, surveiller, avoir soin de.
  11. Ce que l'on peut traduire par : Une église que l'on appelle/dénomme Guérande.
  12. La forme initiale bretonne de ce nom n'est pas connue aujourd'hui.
  13. Atlas historique des Pays et Terroirs de Bretagne, par P. Jouët et K. Delorme, édition Skol Vreizh, p. 54
  14. voir Dossier de la revue Pour la Science, no 61, octobre 2008, p. 32.
  15. Source : Cartulaire de Redon. L'usage du W montre probablement que le scripteur était de culture bretonne, contrairement à ses suivants qui utilisent le UU.
  16. L. Pirault. Inventaire des monuments mégalithiques et préhistoriques de la presqu'île guérandaise, carte archéologique, 2 vol., Nantes, SRA Pays de la Loire, 1994.
  17. in Bulletin de la Société préhistorique française, tome 8, no 1, p. 74 à 80, année 1911. (cf BNF base Gallica)
  18. Voir par exemple l'article Les mégalithes de la presqu'île guérandaise de Lionel Pirault, revue Ar Men, no 152 (mai-juin 2006), ou les livres et articles de Henri Quilgars.
  19. Cette citation dans un document du haut Moyen Âge en fait un des très rares mégalithes les plus anciennement connu du territoire français.
  20. voir : Introduction à l'étude du tertre de Brétineau à Guérande, Revue archéologique de l'Ouest, no 15, 1998, par S. Cassen, L. Visset, D. Le Gouestre et H. Poulain
  21. Faute d'une recherche archéologique, ce site est pour le moins énigmatique : pour certains auteurs il s'agit d'un chaos granitique, avec des gravures ou pétroglyphes de l'âge du fer, comme la « Pierre de Méniscoul », voisine, sur la commune de Piriac. Avant l'invasion de la végétation, le site est décrit comme un dolmen ruiné. En toute objectivité, il est difficile de conclure dans l'état actuel du site et en l'absence de recherches archéologiques modernes.
  22. Datation incertaine : entre le Chalcolithique et la Têne, il est à rapprocher de la Pierre de Meniscoul autrefois proche, actuellement déplacée dans le centre ville de Piriac.
  23. C. Devals et L. Pinault. « Bretagne, Le Pays de Guérande, patrimoine archéologique », revue Archéologia, no 377, avril 2001.
  24. Cela reste incertain, faute de découvertes et de fouilles dans la cité intramuros.
  25. « Brivates Portus, ou l'improbable port antique et la bataille des érudits », Cahier des Amis de Guérande, no 44, année 2004.
  26. Auguste dut, vers 27-13 av. J.-C., confirmer le territoire dans le cadre administratif de la civitas Namnetum, la cité des Namnètes, province de Lyonnaise. D’une surface supérieure à 400 000 ha, la cité des Namnètes occupait le territoire compris entre la Vilaine et le Semnon qui la séparaient des Vénètes, à l’ouest, autour des vallées de l’Erdre et de l’Isac qui la séparaient du territoire des Redons, au nord, en incluant la zone aurifère de Craon-Pouancé, au nord-est, avec une frontière passant par Bécon et Ingrandes, à l’ouest du pays des Andécaves, et par la Loire, au sud, frontière entre l’Aquitaine, dont les Pictons, et la Lyonnaise, dont les Namnètes. Les Vénètes et les Namnètes se partageaient sans doute les zones situées à l’ouest de la Grande Brière, entre Loire et Vilaine : le pays guérandais, les régions du Croisic, de Batz, et du Pouliguen, zones où se concentrent une quinzaine de stèles gauloises analogues à celles qui marquent le pays vénète (Morbihan) alors qu’elles sont absentes du reste de l’actuelle Loire-Atlantique. (de Jacques Santot, conservateur du Musée Dobrée à Nantes)
  27. La frontière sur la Vilaine repose sur le découpage gallo-romain des cités considéré comme reprenant - sauf exception - celui antérieur à la conquète.
  28. Ce sont en effet les marins grecs qui ont fourni le fond des descriptions de Ptolémée, toutefois, le commerce grec à cette époque est indirect : les marchandises passent par Bordeaux venant par voies terrestres et fluviales de la Méditerranée par Toulouse et le seuil du Lauragais.
  29. Les fouilles anciennes ayant été très ponctuelles, nous manquons d'informations en fait. De plus, le sol étant granitique, tout élément de calcaire ou de marbre a été récupéré dès l'antiquité pour en faire de la chaux !
  30. Collection du musée Dobrée, Nantes.
  31. Fouilles archéologiques de sauvetage INRAP, 2005-2006, place Saint Aubin et place de la Psalette.
  32. Ce point de passage était situé à la limite de l'influence des marée dans l'estuaire de la Vilaine, traversable par basse mer à gué, hors des périodes de crues de la Vilaine. Actuellement la construction du barrage d'Arzal a modifié profondément la topographie du fleuve en ce point.
  33. Place forte du « Tractus Armoricani » cité dans la Notitia dignitatum, mais non localisée, faute d'éléments archéologiques permettant de la relier à un site connu ou d'indications dans d'autres écrits, la localisation « Grannona » - Clis proposée à la fin du XIXe est hasardeuse et seulement basée sur la consonance d'un toponyme, dont l'ancienneté n'est pas établie de plus. Grannona serait plutôt localisé entre le Boulonnais et le Cotentin...
  34. Localisation de cette bataille mal connue, « au sud des Marches de Bretagne », près de Guérande d'après les « Chroniques » de Saint Grégoire de Tours.
  35. Henri Quilgars, Géographie historique du Pays de Guérande, du VIe au Xe siècle, Saint-Brieuc, Imp. Prud'homme, 1911.
  36. Manuscrits des abbayes de Redon, Noirmoutier et Tours : Chroniques et Cartulaires.
  37. Résidence Princière de Waroc'h et de ses suivants en pays guérandais située entre Guérande et Piriac, près du village de Lérat
  38. Lettre no 25.
  39. Miracle du Baudrier d'or, cité par Grégoire de Tours
  40. Atlas historique des Pays et Terroirs de Bretagne, cf Biblio, et cartes IGN au 1/25000e.
  41. Né vers 468-469(?), en « Pays Vénètes ou Bro Ereg », soit le Pays de Vannes, selon les appellations de l'époque, et dont Guérande fait alors partie, et mort à Angers en 550.
  42. Une première distribution des reliques de saint Aubin a eu lieu entre 560 et 570, et peut-être même avant : lors de la première translation du sarcophage du saint, dans la cathédrale d'Angers, en 556.
  43. Lieu nommé dans deux sources : « Tincillacensis locus » dans les « Epistola » de l'évêque Fortunat et « Monasterium Tincillacense » dans la « Vie de Saint Aubin »
  44. Donc Pays de Guérande au sens large. La localisation précise actuelle est discutée, mais cette localité apparaît encore dans le cartulaire de l'abbaye de Redon au Xe siècle. Certains auteurs la placent sur la rive sud de la Vilaine entre La Roche-Bernard et Redon dans la commune de « Théhillac », d'autres auteurs la placent en Anjou
  45. fouilles de Léon Maitre, 1899
  46. Les guérandais, en fait des miliciens de l'ensemble des paroisses de la (future) sénéchaussée : du Croisic au Sud à Herbignac au Nord, et d'Escoublac à l'Est, apparaissent dans un nombre important de comptes-rendus de batailles, tant lors de la défense du duché, que par la suite dans des campagnes aux frontières du royaume. La première mention explicite de cette milice se situe lors des raids normands.
  47. Cartulaire de l'Abbaye de Redon p. 370, sur un acte de donation : « anno 854 : Factum est [...] in ecclesiam Wenrann ante sanctum altare in quo habentur reliquae Sanctus Albini »
  48. Donations à l'abbaye de Redon par le Roi Erispoë - Cartulaire de l'Abbaye de Redon - BN
  49. Cette origine royale du Chapitre est confirmée par Louis XIV, même si aucun document contemporain de la fondation ne permet aujourd'hui de le confirmer.
  50. Principales incursions : juin 843, 853, 878-879, 919, 959-960, 1013
  51. Il est toutefois peu probable que les conséquences aient été au-delà, mais les sources écrites et les recherches archéologiques laissent cette question en suspens, aucun site archéologique dans la presqu'île ne montre une implantation normande significative et durable.
  52. Des salines sont notamment données en 970 par l'évêque Orscand de Vannes à l'abbaye d'Angers après sa visite du tombeau de Saint-Aubin d'Angers - Voir ce nom.
  53. La châtellenie de La Roche est attesté ainsi que le castrum en 1010; avec la mention d'un Rivallon « Fils de Bernard », seigneur de La Roche, vicking arrivé lors des occupations de l'estuaire de la Vilaine autour de 920-940.
  54. La châtellenie de Donges est attestée en 1040-1050, celle du Pont en 1070.
  55. Cet acte mentionne les juifs Creisson et Bonostru de Guérande dans une créance du prieur Geoffroy de Donges.
  56. Le roi de France intervient dans une période de crise de succession, l'héritière du duché est à ce moment sous contrôle royal.
  57. D'après Alain Gallicé et Josick Lancien, in Guérande, Geste édition, 2007
  58. Le port de Guérande, puis du Croisic, est un port d'échange avec la Hanse
  59. Froissart, Chroniques, livre I, chapitre CLI
  60. Dans les quatre versions complètes des Chroniques de Froissart, le siège de Guérande (qu'il appelle « Garlande ») est présenté de trois façon différentes quoique concordantes.
  61. La localisation de ce port d'échouage n'est pas indiquée. Les sites possibles sont : entre Lanclis et Clis dans le traict ou bien : au niveau du Pouliguen et de la Bôle (La Baule) ; en revanche, le secteur de la Turballe n'offre pas de grèves abritées.
  62. Cette destruction semble attestée par des fouilles archéologiques de l'Inrap en 2005-2006 sous la Place d'Armes, qui montrent une réorganisation foncière et la création de cette place après une couche de destruction et d'incendies datée du milieu du XIVe siècle
  63. D'après Alain Gallicé, in Cahier du Pays de Guérande no 41, année 2001, in : Le Pays de Guérande au Moyen Âge p. 5-9
  64. le Roi d'Angleterre Edouard III, allié de Jean de Montfort, ordonne fin 1343 d'assurer la défense de Guérande.
  65. un acte de Charles de Blois daté du 8 août indique « en nos tentes devant Guérande »
  66. Des éléments du rempart antérieur restent visibles entre la tour Sainte-Anne et la porte Vannetaise ainsi qu'au niveau de la porte de Saillé.
  67. L'indivision administrative actuelle est postérieure à la Révolution, mais elle a été possible car il n'y avait pas eu de morcèlement ni de parcellaire de la zone humide, dont le statut était proche de celui des alpages.
  68. Durant l'hiver 1488-1489 en particulier, la cour s'installe à Guérande en raison d'une épidémie qui sévit à Nantes.
  69. Selon certains auteurs, dont A. Gallicé (cf. bibliographie), ce château devait être situé intramuros près de la porte de Saillé, pour d'autres, il serait localisé entre l'ancien cimetière et la rue Vannetaise et la chapelle Sainte-Anne, qui a été démolie au XIXe, aurait été un de ses éléments, pour d'autres encore, il serait à placer hors les murs dans le faubourg Bizienne.
  70. Les derniers éléments des bâtiments ont été rasés entre les deux guerres mondiales ; le mur de clôture a disparu récemment, lors de la construction d'un lotissement. Un calvaire rappelle l'emplacement du monastère.
  71. Pour complément d'info : voir « La Royauté de Guérande » ou la contre-révolution dans le district de Guérande, J. Lancien (Ass Bretonne 2004) non lu par l'auteur du texte / mais signalé par un autre coauteur.
  72. J.-P. Nennig, Le Chemin de fer de Saint-Nazaire au Croisic et à Guérande, JPN éditions, 2006, 240p., ISBN 2-9519898-4-9
  73. Dès sa mise en exploitation, la ligne métrique de la CM était déficitaire d'environ 30 %.
  74. et à Pornic, par le pont de Saint-Nazaire
  75. i.e. nomme un représentant permanent aux États de Bretagne.
  76. Son premier député connu est Jean du Cellier, Procureur, en 1455 ; mais en 1451, le rôle des États signale la ville de Guérande comme défaillante (= député absent)
  77. Liste des maires de l'ancien régime : d'après Henri Quilgars, in « Petite histoire du Pays de Guérande, des origines à 1789 », 1922, et article La Presqu'île sous la révolution, Pierre de la Condamine, journal « La Presqu'île de Guérande », vendredi 2 juin 1989
  78. Christophe Georgelin : nommé Sénéchal de la juridiction du Cardinal en Guérande en 1742, député de Guérande aux états de Bretagne en 1741, 1742 et 1746
  79. Yves Gannat est en 1737 : avocat à la Cour, sénéchal de la juridiction de l'Abbaye de Redon à Piriac, substitut du Procureur du Roi à la Police de Guérande
  80. Joseph Tiffoche : né le 12 septembre 1708 à Pernef, paroisse d'Ambon, Sénéchal, avocat à la Cour des Comptes et subdélégué de l'Intendance de Bretagne, Sénéchal de la juridiction de Campsillon à Piriac à partir de 1742, maire en 1750 puis en 1754, et deux nouveaux mandats consécutifs en 1771 et 1773 ; Député de la Ville, il ne participe toutefois pas aux états en 1773, sa santé devenant fragile, dernier acte connu de sa main, signé comme subdélégué à Guérande en 1778. Très apprécié pour son travail par le Duc d'Aguillon, alors Commandant en Chef de Bretagne, il dirige l'embellissement de la ville de Guérande en aménageant les boulevards, comblant les douves, et dirige la construction de la jetée du port de Piriac.
  81. Gabriel Honoré Vrignaux de Plusquepois, Alloué de la Sénéchaussée et Lieutenant général de Police, Maire en 1764 , député aux états six fois de 1776 à 1782, il succède à Joseph Tiffoche comme subdélégué à l'Intendance de Bretagne, puis au moment de la création des départements en 1790, il est administrateur de la Loire Inférieure.
  82. Mathieu Rouault de la Villemartin (1743 - 1803), Procureur de la Sénéchaussée, Maire en 1785, puis à nouveau de 1787 jusqu'en 1789, il participe alors à la rédaction des Cahiers de doléances de Guérande, et traversa la tourmante révolutionnaire dans son Hôtel de la rue Saint Michel.
  83. Décès de Jean-Pierre Dhonneur le 12 septembre 2006 au Maroc
  84. « Unité urbaine 2010 de Saint-Nazaire (44601) », sur insee.fr, Insee (consulté le 30 novembre 2012).
  85. « Zonage en aires urbaines 2010 de Saint-Nazaire (046) », sur insee.fr, Insee (consulté le 30 novembre 2012).
  86. « Carte thématique », sur statistiques-locales.insee.fr, Insee (consulté le 30 novembre 2012) ; cheminement : sur la petite carte de France, onglet Départements, puis choisir le département, puis menu déroulant Couches d'aide à la sélection.
  87. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  88. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2011
  89. « Guérande 1836 », sur Archinoë, portail d'indexation collaborative, archives départementales de la Loire-Atlantique (consulté en 31 décembre 2012).
  90. a et b « Résultats du recensement de la population de la Loire-Atlantique - POP T3 - Population par sexe et âge en 2009 », sur recensement-2009.insee.fr, Insee (consulté en 10 décembre 2012).
  91. http://ecole-saint-aubin-guerande.jimdo.com/
  92. Site de la Terre de Sel
  93. Site de la maison des Paludiers
  94. Le premier concert a eu lieu le 13 juillet 1956, interprété par Louis Yhuel et Félix Moreau qui interprétèrent des œuvres de F. Couperin, J.-S. Bach, C. Franck et L. Vierne
  95. Site de l'association La Voix des Orgues
  96. http://www.opab-oplb.org/98-kelenn.htm
  97. Guérande sur le site de linternaute
  98. Une association « Les Clos du Coteau » a remis en culture le « Clos Rignac » en avril 2008 avec des plants d'aunis (vin rouge) et de chenin (vin blanc).
  99. il reste officiellement, au 1er janvier 2007, trois hectares de vignes sur la commune pour deux propriétaires déclarés.
  100. Début du texte de la chronique : « Et d'abord, arrêtons-nous un peu dans cette charmante et rare petite ville de Guérande, si pittoresque avec ses anciens remparts flanqués de grosses tours et ses fossés remplis d'eau verte. Entre les vieilles pierres, les véroniques sauvages fleurissent en gros bouquets, des lierres s'accrochent, des glycines serpentent, et des jardins en terrasse suspendent au bord des créneaux des massifs de roses et de clématites croulantes. Dès que vous vous engouffrez sous la poterne basse et ronde où les grelots des chevaux de poste sonnent joyeusement, vous entrez dans un nouveau pays, dans une époque vieille de cinq cents ans. » A. Daudet fait ensuite une description colorée de l'ambiance des courses de chevaux.
  101. hebdomadaire L'écho de la Presqu'île, semaine du 26 octobre 2007, p. 44